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Séjour en Gironde, septembre 2011.

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charpentier hélène
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MessageSujet: Séjour en Gironde, septembre 2011.   Sam 1 Oct - 14:27

Me voici de retour d'un agréable séjour en Gironde. Je ne sais pas si je pourrai joindre le lien des photos de mon amie Chantal. En attendant voici mes impressions encore que Chantal soit l'auteur de toute une page. Séjour en Gironde du 10 au 17 septembre 2011.


Le groupe des 24 canards violets de la Marne arrive Le 10 septembre au soir à Lacanau Océan au village vacances « La Forestière. » Rappelons que les canards violets sont les personnes ayant reçu les Palmes académiques, décoration de couleur violette, pour services rendus à l’Education et à la jeunesse. Nous sommes bien accueillis et bien installés. Je partage la chambre de Chantal car nous nous étions bien entendues en Sologne en 2009. Il fait beau et nous entendons le bruit sourd de l’océan tout proche. Il suffit de monter la dune en prenant soin d’ôter ses chaussures pour aller lui rendre visite. Au retour je ramasse trois belles pommes de pin pour mes deux petits-fils et mon petit neveu. Nous découvrirons le lendemain un autre accès accessible aux fauteuils et poussettes.
Les deux premiers jours sont consacrés à la découverte de Bordeaux et celle de Saint-Emilion. A Bordeaux, ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, J’admire le résultat du programme de ravalement des façades, l’aménagement des quais entrepris à partir de 1996 et le tramway alimenté par le sol. Comme Chantal est un ancien professeur d’histoire –géographie, elle a été volontaire pour le compte-rendu de ces deux premiers jours et je vais lui laisser la parole.

« Bordeaux, en ce dimanche 11 septembre est « La belle endormie ». Seulement depuis 2007, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Qu’en est-il de ce lieu, quand, vers 1570, le maréchal de Montluc écrivait: « ceste ville est bonne et riche », et au XVIIIe siècle, l’intendant Tourny a voulu en faire « la plus belle ville du royaume » ?
Bordeaux a 240 000 habitants, elle est à la tête de la Communauté Urbaine de Bordeaux qui regroupe 600000 personnes. La visite du musée des Arts décoratifs, puis un point de vue à partir de la Garonne sur le bateau Burdigala avant de terminer par une balade à pied nous ont permis de comprendre la ville actuelle.
Fondée au IIIe siècle avant J.C., près de l’estuaire de la Gironde au confluent de la Garonne et de la Devèze, Burdigala est une prospère cité gallo-romaine dont les deux axes urbains, cardo et decumanus, restent les artères très fréquentées que sont les rues Ste Catherine et St Remy, Porte-Dijeaux. .Après les invasions barbares, la venue au pouvoir des comtes de Poitiers, ducs d’Aquitaine et le second mariage d’Aliénor avec Henri Plantagenêt en 1137, qui font passer la ville sous autorité anglaise pour 300 ans, ne freinent pas la prospérité de la ville, celle- ci étant assurée par le commerce du vin. Le tonnage des exportations réalisé en 1307 ne sera dépassé qu’en 1950 ! 1453, marque le retour sous l’autorité du roi de France, le fort de Ha et le château Trompette( déformation du nom de rivière Trompeyte !), qui se situaient respectivement à l’emplacement de l’école de la magistrature et place des Quinconces, en témoignent., la population étant opposée au centralisme monarchique. Dans ce contexte, de nombreux humanistes ont vécu à Bordeaux, ville dont Montaigne a été, un temps, le maire.
Le XVIIIe siècle connaît un développement sans précédent du négoce. Comme Nantes, Bordeaux pratique le commerce triangulaire avec l’Afrique et les Antilles. En 1789, elle est le premier port de France. L’intendant bâtisseur Tourny effectue de grands travaux, ainsi il aménage les quais de la ville de manière monumentale : les maisons ont toutes des façades blanches de style classique agrémentées de balcons en ferronnerie, la place royale avec le palais de la Bourse montrent le prestige économique et financier de l’époque. Désormais un miroir d’eau de 3500 m2 met en valeur ce patrimoine.
La Révolution Française réprime la volonté de libéralisme des Girondins, et la colonne de la place des Quinconces avec la statue de La liberté brisant ses fers en témoigne. Au XIXe siècle, les transformations s’enchaînent, Napoléon fait construire le Pont de pierre sur la Garonne, lien coloré avec le quartier de la Bastide reposant sur 17 arches ( comme les 17 lettres de Napoléon Bonaparte ?…), puis le train arrive, avec lui de l’industrie, les quais réaménagés relancent la pêche lointaine.
Il faut attendre l’impulsion de Jacques Chaban Delmas, maire de 1947 à 1995 pour redynamiser la ville, avec le quartier de Mériadeck rasé et reconstruit, la création d’infrastructures comme le pont d’Aquitaine. Désormais les hangars des quais ont fait place à des parcs ou à des espaces commerciaux ou culturels. Le tramway sillonne la ville, un nouveau pont est en construction, Bordeaux est une ville active mais les services lui apportent plus que le port. Son activité a changé. Maintenant ce sont des bateaux de croisière qui accostent quai des Chartrons.
Nous avons, au hasard de nos cheminements, découvert toutes ces facettes de Bordeaux. Le musée des Arts Décoratifs, ancien hôtel particulier édifié par P.R. de Lalande, conseiller au parlement , bâtiment situé au cœur de la ville près du palais Rohan qui abrite la mairie, contient 30000 objets qui montrent la vie des négociants, celle des propriétaires de plantations dans les colonies et autres personnes aisées au travers de leur mobilier, armoires imposantes en bois exotiques massifs , de leur vaisselle, plus épaisse si on l’expédiait aux Antilles, de leurs objets décoratifs, un palmier qui est en réalité …un poêle chez un propriétaire de plantation.. Nous avons aussi appris comment on se rinçait l’œil ! Oui, la poussière sur les chemins ne donnant pas le choix…
A l’issue de cette visite, qui présentait l’âge d’or de la ville, nous sommes allés déjeuner Au ciné d’antan. A l’étage de cet établissement dédié au cinéma, nous avons rencontré quatre membres de l’Amopa de la Gironde.
Le repas a été l’occasion d’échanges amicaux dans une ambiance très chaleureuse.
La journée s’est terminée sous le soleil à proximité de la fontaine de la place des Quinconces sur un problème de mathématiques qui dépasse la ville de Bordeaux et dont la solution nous sera donnée par notre président !
Chantal. »



La petite ville de Saint-Emilion, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO compte environs 6000 habitants. En ce dimanche ensoleillé du 11 septembre les touristes sont encore nombreux et il est permis d'imaginer l'affluence estivale dans les rues et les boutiques de souvenirs. La petite ville de Saint-Emilion, également classée au patrimoine de l’UNESCO, porte le nom d’un moine breton venu évangéliser le secteur au VII° siècle et où il resta 17 ans. L’église monolithe creusée dans la roche, œuvre colossale dont on ne soupçonne pas les dimensions importantes de l’extérieur, conserve le souvenir du moine généreux, entre légende et réalité. La renommée du vignoble avec appellation d’origine datant de 1936 est indépendante du moine ayant donné son nom à la ville.
En descendant du bus, je remarque que les vendanges ne sont pas commencées alors qu'en Champagne c'est chose faite. Il est vrai que nous avons eu un printemps très chaud et que l'été pluvieux n'a pas fait reculer la maturité exceptionnellement précoce. J'observe également que les grappes superbes se situent uniquement sur la rangée inférieure la plus proche du sol. Mon mari me fournira quelques explications possibles : moins de raisins pour une meilleure qualité, meilleure réverbération du soleil sur les grains s'il y a des pierres sur le sol, protection éventuelle des grappes par le feuillage supérieur en cas de grêle.
Nous flânons dans les rues avant de nous rendre au restaurant de la place de l'église. Le chemin le plus court qui nous est indiqué pour nous y rendre n'est pas le plus sûr. Je le trouve même particulièrement dangereux pour les personnes âgées ou moins âgées souffrant d'ostéoporose. Notre groupe est composé d'enseignants retraités dont certains sont octogénaires. La pente est très raide et le sol est couvert de pierres inégales glissantes. Les chaussures à talon sont à proscrire. La rampe centrale s'interrompt régulièrement, laissant le piéton sans aucun appui. Il aurait été préférable de nous faire passer par une rue parallèle beaucoup moins dangereuse.
L'après-midi est consacrée à la visite de l'église monolithe, creusée dans la roche. Les dimensions importantes de l'édifice sont insoupçonnables de l'extérieur car l'édifice est une œuvre colossale atteignant 20 m de hauteur quand on se trouve à l'intérieur. Les photos sont interdites. Le moine breton Emilion, est donc venu évangéliser la région au VII° siècle et il a vécu 17 ans dans cette petite ville à laquelle il a donné son nom. Il semble bien qu'une tombe retrouvée dans l'église monolithe soit celle du saint dont la biographie riche en événements exemplaires mêle légende et réalité. Une chose est certaine : le moine n'a pas introduit la culture de la vigne dans cette région. Saint Emilion au VII° siècle, n'est pas Dom Pérignon, ce moine du XVII° siècle qui, n'inventa pas le champagne comme on le raconte trop souvent, mais mit au point le procédé d'assemblage des meilleures cuvées du terroir.
Restons donc à Saint-Emilion. Je trouve deux jolis tee-shirts, d'un beau rouge foncé pour mes petits fils, brodés de feuilles de vigne et de raisins. J'ai délaissé Chantal pour flâner cette fois avec Nicole, l'organisatrice du séjour et soudain, SURPRISE, nous voici face à Patrick, le jovial chauffeur de bus qui nous accompagna en Sologne en 2009. Lui et son épouse ont trouvé du travail dans la région pour être plus proches de leurs enfants étudiant dans la région si j'ai bien compris. Patrick s'ennuie de Reims et son entreprise de transports ardennaise. Son épouse travaille au ministère de la Justice. Dès que possible, ils remonteront vers la Marne et les Ardennes. La nouvelle se propage et les participants du voyage en Sologne sont heureux de saluer Patrick et sa sympathique épouse. Ensemble nous admirons le superbe panorama du haut de la place surplombant l'église sans oublier de prendre une photo de groupe, avec notre chauffeur mais aussi Patrick et son épouse, avant de prendre le chemin du retour.
Comme nous ne rentrons pas trop tard au village -vacances de Lacanau, Chantal et moi en profitons pour aller contempler l'océan tout proche. Nous y retournerons après le repas pour admirer les couleurs au soleil couchant. Chantal prend de nombreuses photos. Je me contente de contempler, d'écouter le bruit des vagues et de rêver.

Le cap Ferret et le bassin d’Arcachon.
Nous nous rendons au Cap Ferret et plus particulièrement au village de L'HERBE, fief de la riche famille Lesca. Léon Lesca a contribué à la construction du port d'Alger au XIX° siècle. Il revient très riche de son long séjour en Algérie et achète un immense domaine au village de L'HERBE. Il se fait construire une très belle villa dans le style architectural mauresque au milieu d'un superbe jardin. Comme il est catholique pratiquant et qu'il doit traverser le bassin en bateau pour se rendre à la messe sur Arcachon chaque dimanche, il fait construire une chapelle dans le style mauresque également. Elle vient d'être restaurée. Sur la façade on distingue les symboles de trois religions : la croix chrétienne, le croissant musulman et l'étoile juive. L'inscription " A mon Dieu " est inscrite dans la pierre en calligraphie arabe au- dessus de la porte d'entrée. Le clocher associe la croix et le croissant. Nous sommes autorisés à découvrir l'intérieur pour admirer le tabernacle et les décorations murales. L'acoustique est très mauvaise et je demande au guide si on donne des concerts dans cette chapelle. Il me répond que les concerts sont donnés à l'extérieur. Par ailleurs seuls les habitants de L'HERBE sont autorisés à se marier dans cette chapelle particulièrement protégée des vols et dégradations. Léon Lesca avait également fait construire une école dans la région et il rétribuait lui-même les instituteurs.
La superbe villa algérienne a été vendue, démolie et remplacée par un immeuble cubique dans le style des années 60.
Nous continuons à pied vers le village de L'HERBE inscrit à l'inventaire des villages pittoresques depuis 1981. Nous circulons dans un dédale de ruelles étroites et parfois fleuries séparant les cabanes, modestes et coquettes à la fois, des ostréiculteurs. Notre guide connaît bien les habitants. Il fait la bise à une vielle dame, salue ici, échange quelques mots plus loin. Le village est blotti entre la dune et l'océan.
Un instant je suis transportée dans le temps et l'espace à Dieppe en 1958. J'avais 12 ans. Un oncle de ma mère vivait dans une cabane au pied de la falaise et face à la mer, comme ici. Gardien du camp de camping, sa cabane, appartenant à la SPA accueillait les chiens, les chats et quelques pigeons. Comme j'avais été heureuse cet été là ! Mes cousins me parlaient parfois des hôtels luxueux et confortables de la plage mais cela ne m'intéressait pas du tout. J'étais si bien avec eux au pied de la falaise. A L'HERBE, c'est la même chose. La vie simple, saine et laborieuse est là dans ce minuscule village. De l'autre côté de la rue, un autre monde commence. De luxueuses villas déjà endormies ne se réveilleront qu'à la saison prochaine. Elles n'éveillent en moi aucun souvenir, aucune envie. A L'HERBE, je retrouve Dieppe où j'ai reçu " une mer de tendresse et de pure innocence." Sur le chemin du retour Chantal ne peut s'empêcher de photographier un doudou perdu et délicatement posé sur un piquet. Elle et moi sommes devenues grands-mères après avoir été mères. Nous connaissons l’importance d’un doudou…
L'après-midi est consacrée à une promenade en bateau dans le bassin d'Arcachon. Nous contournons l'île aux oiseaux. Michel, le pilote, nous explique qu'elle est protégée et qu'à la saison des migrations, des dizaines de milliers d'oiseaux font escale ici et que le spectacle est féérique. Aux oiseaux présents toute l'année (grimpereau, cisticole des joncs, héron garde- boeufs, grande aigrette , goéland marin) s'ajoutent les migrateurs nichant sur la réserve ( gorgebleue à miroir blanc, loriot d'Europe, bergeronnette printanière, petit gravelot, milan noir) et les migrateurs en escale régulière et hivernants ( grue cendrée, bécasseau, oies de Sibérie et bien d'autres.) Rien à voir avec le ballet des bateaux qui envahissent chaque été le bassin. Certes les retombées économiques sont incontestables mais la pollution par les carburants sans parler de la pollution visuelle, mise en évidence par Yann Arthus Bertrand, ne l'enchante guère. Il affirme que 85% des propriétaires de ces bateaux qui envahissent le splendide bassin d'Arcachon sont des enseignants retraités et nous lui répondons par un éclat de rire joyeux.Il nous explique qu'en dehors de la saison estivale, les bateaux sont tenus de disparaître. Où sont-ils ? Il ne veut pas le savoir car ce qui compte c'est que les pêcheurs et les ostréiculteurs travaillent en paix pour élever dignement leur famille. Deux de ses amis ostréiculteurs sont justement à bord et nous distribuent les huitres, le pain, le beurre et le petit vin blanc. Je regarde les autres se régaler car je n'ai pas faim et pour être franche j'ai hâte d'être sur la terre ferme. Le bateau va bientôt faire demi -tour non sans avoir signalé la chapelle visitée le matin et la dune du Pyla. Nous y sommes peu après. Je ne l'avais pas gravie depuis 1965 avec les enfants d'une colonie de vacances. Un escalier a été installé et les marchands de souvenirs ne manquent pas. J'ai acheté les tee-shirts à saint-Emilion. Inutile de s'attarder.
Nous ne rentrons pas trop tard et Chantal et moi aurons le temps d'aller rendre visite à l'océan. Pour en savoir plus sur l'île aux oiseaux, aller sur : www.parc-ornithologique-du-teich.com

La Gironde, terre de Montaigne, Montesquieu et Mauriac.
Dimanche 11 septembre après notre visite de Saint-Emilion, nous avions poussé jusqu'au château de Montaigne. Il a brûlé au XIX° siècle et a été restauré. Propriété privée, il ne se visite pas. Néanmoins la célèbre tour dont la photographie illustre nombre de manuels scolaires est ouverte au public. Il n' y a presque rien à voir sinon une malle de voyage car Montaigne, esprit curieux et ouvert- anthropologue avant la lettre mais cet avis personnel demeure à vérifier - a beaucoup voyagé. Les maximes latines inscrites dans les poutres sont toujours là. Chantal a pris la photo de groupe devant le château. La boutique de souvenirs vend essentiellement du vin de la propriété. Après tout, l'œuvre de Montaigne a plutôt sa place ailleurs. Elle s'étudie au lycée, à la fac de lettres et dans le calme d'un p'tit coin tranquille. Nous avons flâné dans le jardin, offert une ou deux figues aux deux ânes, repéré la tour de Madame, épouse de Montaigne, et regagné le bus.
Aujourd'hui mercredi 14, la journée est consacrée à Montesquieu et Mauriac. Le château de la Brède entouré de larges douves est situé dans un parc immense. L'ancienne bâtisse militaire a conservé quelques éléments du château fort : les passerelles, le souvenir des 5 ponts-levis, les arbalétrières, les mâchicoulis et la tour de défense du XIII° siècle. L'arrivée des canons a rendu inutile ce type d'architecture et les guerres d’Italie des XV° et XVI° siècles ont permis de découvrir des beautés architecturales d'une tout autre facture. Le château de la Brède devient alors un lieu de villégiature. Montesquieu, à l'instar de Montaigne, voyage beaucoup dans toute l'Europe, fréquente les salons parisiens tout en surveillant son domaine viticole provincial. Tiens, Cela fait plusieurs points communs avec Cazotte ! Leurs idées et leurs écrits présentent de grandes différences. Montesquieu, multiplie les observations et applique un raisonnement scientifique aux faits historiques, politiques et sociaux. Il condamne la monarchie absolue. Cazotte se réfugie dans l'imaginaire, fréquente un temps les milieux illuministes, et montera à l'échafaud la Bible à la main en proclamant sa fidélité à Dieu et à son roi.
Le château est resté la propriété de la famille jusqu'en 2004. Il est maintenant administré par la Fondation Jacqueline de Chabannes du nom de la dernière descendante.
Chantal, une fois de plus, prend la photo de groupe dans la cour fermée. Les détails les plus intéressants de l'intérieur du château ne lui ont pas échappé : tableaux de la famille, mobilier, cabinet de toilette aménagé dans un mur dont l'épaisseur atteint 1,90 m... De l'immense bibliothèque, il ne reste pratiquement rien à part 2 ou 3 vitrines. Les livres sont en lieu sûr, bien protégés des dégâts du temps.
Ce soir au village vacances je présenterai Montesquieu et LES LETTRES PERSANES, publiées en 1721 sans nom d'auteur. Les sujets les plus graves, toujours d'actualité, sont abordés dans cet ouvrage agréable et badin, en apparence seulement, car il s'achève tragiquement.
Après le repas pris au restaurant des Charmilles, nous allons au domaine de Malagar où est entretenu le souvenir de Mauriac.
Les vignes entourant le domaine ont été vendangées à la machine car il ne reste que les rafles des grappes. La demeure est confortable et sobre à la fois. Un bâtiment est transformé en immense salle d'exposition agréablement conçue. Plusieurs montages vidéo en boucle permettent de voir et d'entendre l'écrivain et l'on peut s'asseoir devant l'écran. Je n'ai lu que 5 romans de Mauriac. Deux adaptations télévisées m'ont captivée : LE BAISER AU LÉPREUX et LE SAGOUIN. L'univers de Mauriac est oppressant. Les personnages sont engoncés dans les principes de leur milieu et dans les interdits religieux. Il se dégage dans ses romans comme une quête désespérée du bonheur simple et spontané. La maîtrise de la langue est exemplaire. On lit et on relit certaines phrases avec plaisir car elles épousent à la perfection les sinuosités des sentiments et des pensées qui émergent. De Montaigne à Mauriac, j’entrevois le fil conducteur de l’enfance. Montaigne et Montesquieu, appartenant à la noblesse se sont mêlés aux jeux des petits paysans, première manifestation de l’ouverture aux autres. Mauriac dans ses romans souligne lui aussi l’importance de cet éveil au monde.

Vauban.
La journée du jeudi 15 septembre nous conduira à Cussac et à Blaye à la découverte du verrou de l’estuaire de la Gironde. Nous commençons par Cussac Fort- Médoc, un des éléments composant le fameux « Tryptique » de l’estuaire : Fort-Médoc, Fort Pâté, et Blaye.
Fort-Médoc, établi dans une zone marécageuse sur la rive gauche de la Gironde, face au Fort Pâté, devait interdire le passage de la Gironde entre l’île située devant Blaye et Cussac en Médoc. Composé de 4 bastions reliés par des courtines, protégé d’un fossé inondable par des écluses , Fort- médoc n’a jamais vraiment servi ; Abandonné, puis restauré, il est devnu la propriété de Cussac en 1930.
Entre Fort-Médoc et Blaye se dresse Fort Pâté au milieu de l’estuaire ; Il est le maillon indispensable du verrou de l’estuaire. On l’appelait « l’île de Blaye » et comme cette île était recouverte à chaque forte marée un certain Ferry a eu l’idée de le ceinturer d’une digue en 1690. De forme ovale, il permet une surveillance sur 360° Sa réalisation constitue une véritable prouesse technique pour éviter que la construction ne s’enfonce dans la terre instable. Une assise en charpenterie, composée d’un « grillage » en bois de pin reposant sur des pieux est renforcée par un second « grillage » autour de l’île mais vers 1705, l’édifice s’enfonce de 2 m sous terre et les 32 fenêtres de tir deviennent inutilisables. L’île perd la moitié de sa superficie mais l’érosion sera freinée par de nouveaux travaux ente 1726 et 1730. Fort Pâté est aujourd’hui une propriété privée.
Nous prenons le bac pour aller déjeuner dans la citadelle de Blaye située sur un promontoire rocheux de la rive droite de la Gironde. Elle subit les tourments des guerres de religion au XVI° siècle puis de la Fronde au XVII° siècle.. Louis XIV veut la transformer en une grande forteresse. Fleury et Vauban entrent en action de 1686 jusqu’à 1700. Son état de conservation est excellent. Un guide nous explique l’emplacement des bastions, des demi-lunes et des deux portes. L’office de tourisme propose de nombreux documents pour compléter notre information sur les nombreux travaux de Vauban, environ 160 places fortes dont 12 sont classées au patrimoine de l’UNESCO : Arras, Saint-vaast la Hougue, Camaret sur Mer, Saint- Martin de Ré, Blaye Cussac Fort-Médoc, Ville franche de Conflent, Mont louis, Mont daphin, Besançon, Neuf-Brissac et Longwy. Au cours de ses nombreux déplacements dans le royaume, Vauban constatait la misère du peuple. Son souci était de protéger, les villes, les vies et de réformer. Il s’intéressait à la paix et au progrès humain, aux réalisations techniques comme le feront plus tard les Encyclopédistes et poussa la hardiesse à proposer des réformes pouvant remédier à l’injustice sociale de son temps. Elles ne furent pas accueillies favorablement. Pour en savoir plus sur cet ingénieur humaniste, je conseille une visite au musée Vauban à Saint-Léger Vauban dans l’Yonne.
Notre journée précédant le voyage du retour se limite à une promenade pédestre au bord de l’océan et dans les rues de Lacanau Océan le matin. Cette ville champignon vit déjà au ralenti. Nombre de résidences secondaires ont fermé portes et fenêtres. Les magasins de la rue principale vendent tout le matériel nécessaire à la pratique du surf. Une école proche de l’océan initie à ce sport mais j’ai eu l’impression qu’elle était fermée. Néanmoins des chamionnats de surf devaient avoir lieu aussitôt notre départ.
L’après-midi nous allons à Blaignan Médoc pour déguster toutes les gourmandises confectionnées avec des noisettes . http://www.noisettines. fr Cette entreprise produisant des confiseries de qualité a vu le jour en 1980 et son succès grandissant , générateur de création d’emploi lui a valu l’aide du Conseil Régional. Les noisettes enrobées d’une fine pellicule de caramel sont délicieuses et la pâte à tartiner légère et digeste ne ressemble en rien aux produits mis en vente dans le commerce.

Comme promis, Chantal m’a envoyé de nombreuses photos et pour vous y retrouver, voici quelques indications.
Photos 1 à 3 : Bordeaux
- 4 à 21 : Saint-Emilion.
- 22 à 32 : Chez Montaigne.
- 33 à 44 L’océan à Lacanau. Le président de section et son épouse.
- 45 : Louis XIV.
- 46 : Meuble du musée des arts décoratifs de Bordeaux.
- 47 et 48 : Chez Montesquieu.
- 49 à 72 : Musée des arts décoratifs de Bordeaux ;
- 73 à 80 : Au restaurant du Ciné d’antan avec la délégation AMOPA de Gironde ; Echange de cadeaux. Chantal, notre photographe pose avec la petite rouquine et une collègue de Bordeaux.
- 81 à 112 : Bordeaux. Nicole qui a organisé ce séjour et celui de Sologne pose avec son mari.
- 113 à 147 : Le village de L’Herbe et le bassin d’Arcachon.
- 148 à 159 : La dune du Pyla. Chantal cheveux au vent.
- 160 à 162 : Chez Montesquieu.
- 163 à 166 : Chez Mauriac.
- 167 à 174 : L’océan à Lacanau ;
- 175 à 195 : La Gironde et les ouvrages de Vauban.
- 191 à 195 : L’océan.
- 196 et jusqu’à la fin : Le président AMOPA des Landes n’a pas reculé devant 3 h de route pour venir nous saluer.

Donc voici le lien avec les photos de Chantal : https://picasaweb.google.com/107760440572204648407/AMOPASept2011?authkey=Gv1sRgCN-P_qKvjriiKA&feat=email#

Les mêmes en diaporama : https://picasaweb.google.com/107760440572204648407/AMOPASept2011?authkey=Gv1sRgCN-P_qKvjriiKA&feat=email#slideshow/5656636403422693730
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MessageSujet: Re: Séjour en Gironde, septembre 2011.   Dim 2 Oct - 10:01

merci pour ce reportage superbe

j'aimerais bien avoir cette trembleuse dans ma collection
je les appelle mes "tasses de marin"



EMMA
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Séjour en Gironde, septembre 2011.

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