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Georg Trakl

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ignatius
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MessageSujet: Georg Trakl   Sam 17 Déc - 12:07

Georg Trakl est né à Salzbourg le 3 février 1887, il est mort le 3 novembre 1914. C'est donc un poète autrichien fulgurant, mort à 27 ans (d'une overdose de cocaïne)
Considéré comme poète expressionniste, sa poétique manie des images symbolistes très fortes et récurrentes (comme "la soeur"; il était amoureux de la sienne), très colorées également. C'est un poète du sombre, du noir, de l'horreur, de l'abandon de l'homme par dieu, d'une recherche de mystique.

Je suis une ombre loin d'obscurs villages.
À la source du bois j'ai bu
Le silence de Dieu.
Sur mon front vient du métal froid.
Des araignées cherchent mon cœur.
Il y a une lumière qui s'éteint dans ma bouche.
De nuit je me trouvai sur une lande.




Grodek (dernier poème)

Vers le soir, les forêts d'automne retentissent
des armes de la mort, les plaines dorées,
les lacs bleus et par-dessus le soleil
encore plus sombre roule ; la nuit enserre
des guerriers mourants, la lamentation sauvage
de leurs bouches en éclat.
Mais en silence s'amoncelle au fond du pâturage
nuée rouge, là vit un dieu coléreux,
le sang est vidé, froid de lune
Toutes les routes débouchent dans la pourriture noire
Sous les rameaux d'or de la nuit et des étoiles,
Vacille l'ombre de la sœur au travers du bois muet
Pour saluer les esprits des héros, les têtes en sang
Et doucement sonnent dans les roseaux les flûtes
obscures de l'automne
Ô deuil plus fier autel d'airain
La flamme chaude de l'esprit nourrit aujourd'hui
une douleur violente,
Les descendants qui ne verront pas le jour.



Psaume


C’est une lumière que le vent a éteinte
C’est une cruche d’incrédule que l’après midi un ivrogne abrège
C’est un vignoble brûlé et noir avec des trous plein d’araignées
C’est une pièce qu’ils ont peinte avec du lait
Le Fou a péri C’est une île de la mer du Sud
Pour accueillir le Dieu du soleil On bat les tambours
Les hommes mènent des danses guerrières
Les femmes balancent les hanches en pédoncules de plantes et fleurs de feu
Quand la mer chante Ô notre paradis perdu !
Les nymphes ont déserté les forêts d’Or
On enterre l’Etranger Alors se soulève une pluie scintillante
Le fils de Pan apparaît en forme de terrassier
Qui au midi s’assoupit au brûlant asphalte
Ce sont de petites filles dans une cour de ferme aux robes pleines d’une misère à vous déchirer le cœur
Ce sont des chambres emplies d’accords et de sonates
Ce sont des ombres qui s’embrassent devant des miroirs aveuglés
Aux croisées de l’hôpital se réchauffent des convalescents
Un blanc vapeur au canal charrie des épidémies sanglantes
La sœur étrange apparaît derechef dans les mauvais rêves de personne
Reposant dans le coudrier elle joue avec ses astres
L’étudiant peut-être un double la contemple longuement de la fenêtre
Derrière lui se tient son défunt frère Dans le sombre de la chambre aiment se mouvoir devant lui de curieuses choses
Dans la rouge jacinthe blêmit l’apparaître de la jeune infirmière
Le jardin est au soir Dans le cloître errent en voltigeant des chauves souris
Les enfants du maître de maison arrêtent de jouer et cherchent l’Or céleste
C’est une nuée qui se dissout Dans le feuillage le jardinier s’est pendu
Dans la maison de verre nagent au comble des couleurs brunes et bleues C’est le déclin vers lequel nous parvenons
Où les morts d’hier reposaient s’affligent des Anges aux blanches ailes broyées
Sous les chênes errent des Démons aux fronts brûlants
Dans le marais font silence des végétations écoulées
C’est un vent chuchotant dont Dieu déserte les errances tristes
L’Eté a brûlé le blé Les pâtres ont émigré
Où l’on continue d’aller on sent une vie plus aurorale
Les moulins et les arbres vont vides dans le vent vespéral
Dans la ville détruite la nuit relève des tentes noires

Comme tout est vain !



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Georg Trakl

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