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Edward Lear

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Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
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MessageSujet: Edward Lear   Edward Lear Icon_minitimeVen 11 Mai - 14:49

12 mai 1812, Holloway - Londres (Grande-Bretagne) : naissance d'Edward Lear, illustrateur, poète & écrivain.

Né dans une famille de la classe moyenne, il était le vingt-et-unième enfant d'Ann et Jeremiah Lear. Comme cela arrive souvent dans ces familles sur-nombreuses, ce fut l'une de ses soeurs, elle aussi prénommée Ann et de vingt-et-un ans son aînée, qui l'éleva. Celle-ci adorait littéralement le petit garçon et devait continuer à veiller sur lui jusqu'à sa mort, c'est-à-dire alors que Lear lui-même allait sur ses cinquante ans. En raison de la précarité financière qui était celle de la famille, Ann s'établit dans une petite maison, avec son jeune frère.

Le jeune Edward avait de graves problèmes de santé. A partir de six ans, il souffrit de crises d'épilepsie sans oublier les bronchites et l'asthme qui s'abattirent sur lui. Et puis, tout à la fin de sa vie, vint une cécité partielle. Il devait conserver un souvenir inoubliable de sa première attaque d'épilepsie. Celle-ci survint lors d'une foire à laquelle il avait accompagné son père. Le phénomène effraya bien entendu énormément l'enfant mais l'embarrassa plus encore. Et, tout au long de son existence, il devait manifester honte et culpabilité au sujet de cette maladie que les Anciens considéraient pourtant comme une manifestation de la divinité.

Les journaux intimes de Lear révèlent qu'il apprit à reconnaître les prémices de ses crises, ce qui lui permettait de se retirer à temps, loin du public. Mais il ne dit rien de précis sur la façon dont il s'y prenait pour les repérer. Rappelons que, à l'époque à laquelle il vivait, la société judéo-christianisé continuait à associer le "haut mal" à la possession démoniaque, ce qui a sans doute pesé sur les sentiments de culpabilité et de mise à l'écart dont, même devenu adulte, il ne put jamais se débarrasser.

L'épilepsie et la manière dont on la regardait sont peut-être à l'origine des signes de dépression que Lear commença à manifester dès ses sept ans. Il faut ajouter à ces raisons l'instabilité familiale ambiante. Bien entendu, l'âge ne devait rien arranger.

Lear voyagea beaucoup mais choisit, dans les années 1870, de s'établir à San Remo, en Italie, sur cette côte méditerranéenne qu'il aimait tant. Il baptisa sa villa "Villa Tennyson." Sur le plan affectif, il demanda par deux fois la même femme en mariage mais sa muse était de quarante-six ans sa cadette et les parents, comme l'intéressée, lui opposèrent à chaque fois un refus poli mais ferme.

Sur le plan amical et relationnel, Lear
avait tout un cercle d'amis et de correspondants, notamment, dans les dernières années, le chef albanais d'origine souliote Giorgis [= les Souliotes sont les habitants du massif montagneux du Souli, en Epire, connus pour avoir participé à la Guerre d'Indépendance grecque, entre 1821 et 1830.] Lear avait aussi un grand ami en la personne de son chat, Foss, qui mourut en 1886 et fut inhumé en grande cérémonie dans le jardin de la villa Tennyson.

Edward Lear ne tarda pas à le rejoindre puisqu'il mourut chez lui, à San Remo, le 29 janvier 1888, d'une maladie de coeur qu'il soignait depuis 1870.

A l'occasion du centenaire de sa mort, un timbre à son effigie a été frappé par les Postes britanniques et, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, cette année donc, la municipalité d'Islington a préparé un certain nombre de manifestations culturelles.
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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

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Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. - Pierre Desproges

Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman. - Pierre Desproges
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MessageSujet: Re: Edward Lear   Edward Lear Icon_minitimeVen 11 Mai - 15:05

A compter de ses seize ans, Lear dessine pour gagner sa vie. La Société Zoologique le prend comme "dessinateur ornithologique", puis, de 1832 à 1836, il travaille pour le comte de Derby, qui possède un zoo privé. A l'âge de dix-neuf ans, il publie "Illustrations of the Family of Psittacidae / Illustrations de la Famille des Psittacides", un volume bien accueilli qui autorise certains critiques à évoquer à son sujet l'ornithologue et peintre franco-américain John Audubon.

A partir de 1837, Lear voyage en Italie. A son retour, il publie deux volumes d'illustrations : "Illustrated Excursions in Italy", les premiers d'une longue série. Il donne - brièvement - des cours de dessin à la reine Victoria, laquelle avait été enchantée par ses "Excursions". Après cet intermède princier, Lear retourne en Méditerranée car il veut dessiner toute la côte - ou presque.

En 1848/49, il est en Grèce. Bien que déjà malade du coeur, il entreprend un grand tour des Indes et de Ceylan entre 1873 et 1875. Il produit toute une foule de lavis au style tout à fait reconnaissable, qu'il expose dans son atelier entre ses huiles et ses aquarelles. Il marque une prédisposition pour les paysages fortement exposés au soleil, magnifiés par d'intenses contrastes de couleurs.

Lear n'a jamais cessé de peindre. Son grand rêve était d'illustrer les poèmes de Tennyson. A la fin de sa vie, un volume comprenant un petit nombre d'illustrations à cet effet a été publié. Mais le projet n'est jamais allé très loin.
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MessageSujet: Re: Edward Lear   Edward Lear Icon_minitimeVen 11 Mai - 15:50

En 1846, Lear publie "A Book of Nonsense", un recueil de limericks. (En principe, le limerick est un poème humoristique de cinq vers rimés, en général irrévérencieux ou irréligieux, voire grivois.) Le livre connaît trois éditions et va populariser la forme du limerick, que Lear n'appelle pas d'ailleurs ainsi mais "nonsense verses."

En 1865, il remet le couvert avec "The History of the Seven Families of the Lake Pipple-Popple" avant de publier, en 1867, son texte le plus fameux en matière de nonsense : "The Owl and the Pussycat", composé pour les enfants du comte de Derby.

Tous ces recueils - car il y en eut bien d'autres - connurent un très grand succès du vivant même de leur auteur. Cependant, la rumeur courait que "Edward Lear" n'était qu'un pseudonyme et que le véritable auteur des vers n'était autre que leur dédicataire, le comte de Derby. Les défenseurs de cette thèse en voulaient pour preuve le fait que les deux hommes s'appelaient Edward et que "Lear" est l'anagramme de "earl" - comte en anglais. Inutile de préciser que rien d'autre ne soutient cette thèse pour le moins farfelue.

Les limericks de Lear se distinguent par une grande facilité en matière d'invention verbale et un instinct poétique imparable dans la sonorité des mots. Il est évident que le lecteur perd beaucoup à la traduction de ces vers qu'il faut lire - et dire - dans le texte comme, par exemple, celui-ci :

Citation :

[...] ... They dined on mince, and slices of quince
Which they ate with a runcible spoon ;
And hand in hand, on the edge of the sand,
They danced by the light of the moon,
The moon,
The moon,
They danced by the light of the moon. ... [...]

Les moins anglophones eux-mêmes apprécieront. Wink

Bien que célèbre pour les néologismes qu'il créait, Lear n'hésitait pas à employer d'autres procédés afin de dérouter plus ou moins son lecteur. Par exemple, "Cold Are The Crabs" est dans la droite ligne du sonnet classique, tout au moins jusqu'au dernier vers et sa chute finale.

En principe, le limerick comporte quatre vers groupés, suivi du cinquième qui se détache nettement de l'ensemble. Mais les pièces de Lear sont de formes très diverses. Dans ses manuscrits, il semble qu'il écrivait en fonction de l'espace dont il bénéficiait sous l'illustration. Ainsi, sur la couverture de l'une des éditions d'un recueil, le limerick tient en fait en deux vers. Il s'agit de :

Citation :

[...] ... There was an Old Derry down Derry, who loved to see little folks merry;
So he made them a book, and with laughter they shook at the fun of that Derry down Derry. ... [...]


D'autre part, chez Lear, le premier et le dernier vers se terminent par le même mot. Dans la plupart des cas, ce sont de vrais "nonsenses" et ne relèvent pas de cet humour patraque, plus ou moins bancal, auquel cette forme de vers est maintenant associée.

Le lecteur sera sans doute heureux d'apprendre que les textes d'Edward Lear ont été traduits en français. "Nonsense", "Perroquet", "Poèmes sans queue ni tête", "Sire Hibou et Dame Chat" et quelques autres, tous sont disponibles, sur le Net et chez tout libraire qui se respecte. Qu'on se le dise et bonne lecture ! Edward Lear Chapeau2
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