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Boris Pahor (Slovénie / Italie)

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MessageSujet: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeLun 27 Aoû - 18:21

28 août 1913, Trieste (Empire d'Autriche-Hongrie / Actuelle Italie) : naissance de Boris Pahor, essayiste, nouvelliste & romancier.

Originaire de la région de Kras - ou Plateau du Karst - son père appartient à l'Administration civile austro-hongroise. Mais son installation à Trieste le rend particulièrement solidaire de la minorité ethnique à laquelle il appartient, celle des Slovènes, particulièrement active dans ce port, le plus important de l'Empire et la capitale du littoral autrichien. Or, les Slovènes sont les premiers visés par le mouvement d'italianisation fasciste et, du coup, l'Etat autrichien se fait méfiant et contraint le père du futur écrivain à la démission. Pour faire vivre sa famille, Pahor Senior se fait tout simplement marchand des quatre saisons.

Témoin d'un mouvement nationaliste qui se durcit de plus en plus pendant l'Ere fasciste, le jeune Boris est pour ainsi dire prédestiné à devenir l'un de ces intellectuels qui combattront le totalitarisme au nom de l'humanisme chrétien et des valeurs communautaires.

Il a sept ans quand, en juin 1920, il voit des commandos fascistes incendier la salle de réunion de la communauté slovène - la "Narodni dom" - à Trieste. Cet évènement fera sur lui une impression profonde. Par la suite, il se remémorera souvent son enfance dans ses essais. Il en parlera aussi dans l'un de ses derniers romans, "Trg Oberdan / Square Oberdan", ainsi nommé en souvenir de la place sur laquelle s'élevait la "Narodni dom." (Guglielmo Oberdan était un terroriste italien du siècle précédent, d'obédience nationaliste radicale, né sur le littoral autrichien.)

Entre 1919 et 1923, Pahor étudie dans une école slovénophone de Trieste, qui sera bientôt fermée par Giovanni Gentile, ministre de l'Education du régime mussolinien. L'adolescent n'a alors d'autre choix que de continuer ses études dans une école italienne. Ses parents l'inscrivent au séminaire catholique de Capodistria - qui fait alors partie de l'Italie - et il en sort en 1935, avec son diplôme en poche.

Il poursuit ses études en théologie à Gorizia mais abandonne en 1938. Ces trois années ont été assombries par l'assassinat du chef de choeur et compositeur Lojze Bratuž, agressé, enlevé, torturé puis abattu par des brigades fascistes à la veille de Noël 1936. Profondément choqué, Pahor  évoquera plus tard ce triste fait comme un tournant dans son évolution personnelle, un tournant qui confirme son désir de se consacrer à la lutte contre les fascistes et pour la cause nationale slovène.

Il a mis à profit ses séjours à Capodistria et à Gorizia pour se lancer dans l'étude du slovène courant. A cette époque, dans la Marche (ou Vénétie) julienne, l'usage, tant en public qu'en privé, de la langue slovène est formellement interdit et les relations entre les Slovènes vivant en territoire italien, c'est-à-dire sous l'emprise fasciste, et leurs compatriotes sujets du royaume de Yougoslavie, ont été brutalement rompues. Pahor va cependant se débrouiller pour publier ses premières nouvelles dans plusieurs magazines de Ljubljana, alors sous domination yougoslave. Prudent, il le fait sous le pseudonyme de Jožko Ambrožič.

De retour à Trieste dès 1938, Pahor s'y lie avec les quelques intellectuels slovènes qui oeuvrent encore sous le manteau dans la ville italienne. Parmi eux, le poète Stanko Vuk et des membres de l'organisation militante anti-fasciste slovène TIGR. En 1939, il prend contact avec le poète personnaliste et penseur slovène Edvard Kocbek, lequel l'initie aux tendances littéraires contemporaines et l'aide à améliorer son usage du slovène standard.

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MessageSujet: Re: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeLun 27 Aoû - 18:43

En 1940, Pahor doit s'enrôler et partir pour le front lybien. L'année suivante, il est muté en Lombardie, en qualité de traducteur militaire. En parallèle, il s'inscrit à l'Université de Padoue pour y étudier la littérature italienne.

Après l'armistice italien de septembre 1943, il revient à Trieste, hélas ! occupée par les Nazis. Au bout de quelques semaines, il décide de rejoindre les partisans slovènes, très actifs sur le littoral. Plus de dix ans après, il décrira ces semaines décisives dans le roman "Mesto v zali / La Ville sur la Baie", histoire d'un jeune intellectuel slovène triestin qui s'interroge sur le principe de l'action alors qu'il se retrouve confronté, tant sur le plan personnel que politique, au contexte très particulier de la Seconde guerre mondiale.

Le 21 janvier 1944, il tombe entre les mains de la Garde nationale slovène, organisation collaboratrice qui s'empresse de le remettre aux Allemands. D'abord emprisonné au Coroneo de Trieste, il est expédié, dès le 28 février, à Dachau. De là, on le transporte à Sainte-Marie-aux-Mines (Markirch) et à Natzweiler-Struthof, en Alsace. En une sorte de ballet infernal, on trouve le moyen de le renvoyer à Dachau, à Mittelbau-Dora et à Harzungen. Il atterrit pour finir à Bergen-Belsen où les Alliés le libèrent, le 15 avril.

L'expérience vécue dans tous ces camps de concentration deviendra l'inspiration majeure de son oeuvre future. Celle-ci a fréquemment été comparée à celle de Primo Levi, Imre Kertesz et Jorge Semprún. Hors les frontières slovènes, son texte le plus connu est sans conteste "Nekropola / Pélerin Parmi Les Ombres", un roman où il se rappelle son internement tout en visitant le Natzweiler-Struthof de l'Après-guerre et où il scrute comme au laser les relations humaines dans les camps de la mort.


Entre avril 1945 et décembre 1946, Pahor retrouve plus ou moins la santé au sanatorium de Villers-sur-Marne, en Ile-de-France.
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MessageSujet: Re: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeLun 27 Aoû - 19:05

De retour à Trieste à la fin 1946, Pahor constate que la ville dépend des Alliés. L'année suivante, il obtient son diplôme à l'Université de Padoue avec une thèse sur la poésie d'Edvard Kocbek. La même année d'ailleurs, il rencontre Kocbek pour la première fois. Les deux hommes sont une fois encore du même avis dans leur critique du régime communiste installé en Yougoslavie et c'est le début d'une amitié qui ne cessera qu'à la mort de Kocbek, en 1981.

En 1951, Pahor monte au créneau pour défendre l'oeuvre de son ami contre les attaques très planifiées lancées par l'establishment slovène communiste et par ses alliés sur le Territoire libre de Trieste. Le résultat : une rupture avec les cercles gauchistes locaux, auxquels Pahor appartenait pourtant depuis la fin de la guerre. Il se rapproche en fait des positions des démocrates libéraux et, en 1966, fonde, avec son camarade d'écriture triestin Alojz Rebula, le magazine "Zaliv / La Baie". Il entend y défendre "le pluralisme démocratique traditionnel" contre les pratiques culturelles totalitaires des communistes yougoslaves.

"Zaliv"
paraît évidemment en slovène à Trieste et en Italie, hors d'atteinte des autorités yougoslaves. Cela permet au magazine de devenir une tribune importante pour le débat politique, à laquelle de nombreux dissidents échappés à la Slovénie communiste peuvent venir s'exprimer. Pahor dissoudra "Zaliv" en 1990, après la victoire de l'Opposition démocrate de Slovénie lors des premières élections libres qui auront lieu en Slovénie depuis la Seconde guerre mondiale.

Entre 1953 et 1975, Pahor enseigne la littérature italienne en slovène dans une grande école de Trieste. Il est aussi l'un des membres actifs de l'organisation internationale AIDLCM ("Association Internationale des Langues & Cultures Minoritaires") qui s'est donné pour but de promouvoir les langues et les cultures minoritaires.

Sur le plan politique, il se propose comme candidat à diverses élections générales et locales, sous le drapeau de l'Union slovène.
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MessageSujet: Re: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeLun 27 Aoû - 19:17

En 1975, Pahor et Rebula publient à Trieste un livre intitulé "Edvard Kocbek: pričevalec našega časa / Edvard Kocbek : Un Témoin de Notre Temps". Le livre contient une interview avec le poète et penseur slovène dans laquelle celui-ci condamne publiquement l'exécution sommaire, en mai et juin 1945, par les tenants du régime communiste yougoslave, des douze mille prisonniers de guerre appartenant à la Garde nationale slovène.

Le scandale est grand en Yougoslavie et ses propos fournissent à ses ennemis le prétexte tant attendu pour lancer contre Kocbek une vaste campagne de diffamation et de dénigrement. Les journaux yougoslaves, contrôlés par les autorités communistes, s'en font les échos zélés. Kocbek, qui réside en Yougoslavie, est alors mis sous surveillance constante par les services secrets et il le restera jusqu'à son décès, en 1981. "Zaliv", coupable d'avoir publié des extraits du livre, sera interdit sur le territoire yougoslave. Quant à Pahor, citoyen italien vivant sur le sol italien, on lui interdit de remettre les pieds en Yougoslavie pour plusieurs années. En fait, il ne pourra y venir que pour assister aux funérailles de Kocbek.

En 1989, Pahor publiera ses mémoires sur Kocbek sous le titre "Ta ocean strašnó odprt / Cet Océan, Si Terriblement Ouvert". Publié en Slovénie par les prestigieuses éditions Slovenska matica, avec une préface du fameux historien Bogo Grafenauer, ce livre sera l'un des premiers pas qui mèneront à la réhabilitation finale d'Edvard Kocbek dans la Slovénie post-communiste.
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MessageSujet: Re: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeLun 27 Aoû - 20:27

... On peut dire que c'est là, un parcours difficile, plus que difficile à vrai dire, pour cet écrivain, Boris Pahor !
Peu d'écrivains en fait, ont eu tout au long de leur vie, un tel parcours... aussi difficile. Il faut dire aussi que cette région du monde, de l'Europe centrale et des Balkans, fut très éprouvée dans son histoire...

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MessageSujet: Re: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeMar 28 Aoû - 10:42

En dépit de son talent, il a fallu à Boris Pahor près de quarante ans pour être reconnu non seulement en Slovénie mais aussi en Italie. Si le retard pris par la Slovénie en cette affaire s'explique par sa longue appartenance au bloc de l'Est, il n'en est pas de même évidemment pour l'Italie. Non plus, à vrai dire, que pour les différents pays d'Europe Occidentale. On notera cependant que, depuis les années quatre-vingt-dix, ses oeuvres commencent à être traduites en anglais, en français, etc ...

Devenu l'une des références-clefs de la nouvelle génération d'écrivains slovènes, qui ont commencé à le lire alors que le régime communiste le tenait toujours pour une figure subversive dont il fallait interdire les textes, Pahor, son action et ses livres sont au centre de l'essai de Drago Jančar, paru dès 1993 et intitulé "L'Homme Qui A Dit Non".

Parmi les textes majeurs de Pahor, on citera : "Vila ob jezeru / La Villa Sur le Lac", "Mesto v zalivu / La Cité Sur La Baie", "Nekropola / Pèlerinage Parmi Les Ombres" sans oublier sa trilogie sur Trieste et la minorité slovène italienne : "Spopad s pomladjo / Printemps Difficile", "Zatemnitev / Jours Obscurs" et "V labirintu / Dans Le Labyrinthe".
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MessageSujet: Re: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeMar 28 Aoû - 13:31

En décembre 2010, Pahor a émis des réserves sur l'élection de Peter Bossman au poste de maire de Piran, sur la côte Adriatique. Pour lui, "élire un étranger en tant que maire n'est pas un bon signe pour notre société." Cette prise de position, M. Bossmann étant né dans une famille venue du Ghana, a évidemment fait taxer de racisme le malheureux Pahor, et ceci sans se soucier des combats qu'il avait menés toute sa vie.

L'écrivain a rejeté ces accusations bien-pensantes en expliquant qu'il n'avait rien contre la couleur de peau de M. Bossman mais qu'il estimait préférable que le maire de Piran soit issu de l'une des ethnies du coin, à savoir l'ethnie slovène ou l'ethnie italienne.

En mars 2012, le journal de droite italien "Il Giornale" a aussi publié une sévère critique de l'autobiographie de Pahor. L'auteur de cette critique qualifie l'écrivain de "nationaliste slovène" et de "négationniste", s'appuyant sur le soutien accordé par Pahor à l'historienne Alessandra Kersevan sur le sujet, toujours très épineux, des massacres des Foibe, perpétrés en Istrie par les Partisans yougoslaves - d'obédience titiste - entre 1943 et 1949. Il reprochait également à Pahor certaines observations sur l'occupation yougoslave de Trieste (entre mai et juin 1945), période durant laquelle, on le sait, l'écrivain ne se trouvait pas en Italie.

Aujourd'hui très précisément, Boris Pahor atteint le grand âge de quatre-vingt-dix-neuf ans. Boris Pahor (Slovénie / Italie) Chapeau2
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MessageSujet: Re: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeMar 28 Aoû - 13:40

Boris Pahor (Slovénie / Italie) Borisp10

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MessageSujet: Re: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeMar 28 Aoû - 19:56

..; Extraordinaire, d'arriver à cet âge là, pour un écrivain, après avoir subi tout ce qu'il a subi et combattu et agi sa vie durant !

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MessageSujet: Pèlerin parmi les ombres   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeDim 17 Fév - 15:54

Pèlerin parmi les ombres.
Nécropole


Boris Pahor (Slovénie / Italie) 83840646_p





Quatrième de couverture :



« C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste rayée recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. »

Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, Boris Pahor, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Son récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs déchirants. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.





Mon avis :



J'ai lu une quantité de témoignages de ce type. L'Histoire est ce qu'elle est et ce drame s'est répété de camp en camp. Je tenais à lire ce livre car je connais le Struthof. Enfin, quand je dis que je le connais, j'ai pleinement conscience que ce que j'ai pu visiter n'est qu'un dixième du camp existant. Ceci dit, cela suffit pour comprendre l'horreur de la situation. Mais ici, les descriptions restent assez générales. Je pense qu'il y a une certaine volonté de l'auteur de montrer qu'un camp, qu'il se trouve en France, en Allemagne ou en Autriche, reste un camp, avec son lot de désolation, de misère, de tortures. Et en cela, on ne peut qu'adhérer bien entendu, surtout lorsque l'on sait que le narrateur a transité par plusieurs.

Quelque chose est frappant dans ce récit. Il n'est pas larmoyant comme beaucoup. Bien sûr, il raconte les brimades, les sévices, les tortures, la peur. Cependant, Boris Pahor ne s'apitoie pas sur son sort. D'ailleurs, il met souvent en relief les autres, ses camarades. Et dans toute cette noirceur, il arrive à nous faire partager le peu d'humanité qu'il pouvait rester en mettant en avant les aides rencontrées. Voilà qui n'est guère évident. Vu l'horreur de la chose, cela indique une prise de recul de l'auteur et une volonté d'aller de l'avant. Près d'une trentaine de nationalités se sont côtoyées dans ce camp de la mort. Des gens qui ne se connaissaient pas, qui ne parlaient pas la même langue mais qui ont puisé au tréfonds des maigres ressources qui leur restaient pour venir en aide aux plus faibles. Quelle belle leçon de courage !

Si vous voulez vous rendre compte de ce qu'il pouvait se passer dans ces lieux infernaux, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Bien écrit, en toute simplicité et pudeur, il est à mettre entre toutes les mains.

Je remercie Babelio et les Éditions de La Table Ronde pour m'avoir offert cet ouvrage.
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MessageSujet: Re: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitimeDim 17 Fév - 16:00

Un extrait de Pèlerin parmi les ombres ici.
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MessageSujet: Re: Boris Pahor (Slovénie / Italie)   Boris Pahor (Slovénie / Italie) Icon_minitime

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