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Lima Barreto (Brésil)

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Masques de Venise
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MessageSujet: Lima Barreto (Brésil)   Dim 12 Mai - 11:08

13 mai 1881, Rio de Janeiro (Empire du Brésil / Brésil actuel) : naissance d'Afonso Henriques de Lima Barreto, dit Lima Barreto, romancier.

Son père, typographe de formation et monarchiste de conviction, entretenait des liens étroits avec Afonso Celso de Assis Figueiredo, vicomte d'Ouro Prato, qui fut le dernier Premier ministre de l'Empire brésilien. Sollicité, le politicien accepta d'être le parrain du jeune Lima Barreto qui lui doit ainsi son prénom. La mère de l'enfant mourut hélas ! quand celui-ci était encore très jeune et il se retrouva très vite en pension dans une école privée tenue par Teresa Pimentel do Amaral. Peu après, il intégra le Liceu Popular Niteroiense et ce fut son parrain qui lui paya ses études. Après un diplôme obtenu en 1894, l'adolescent put s'inscrire au célèbre Colégio Pedro II de Rio de Janeiro. Diplômé là aussi, il passa ensuite à l'Ecole Polytechnique qu'il dut malheureusement abandonner en 1904, lorsque son père commença à manifester un déséquilibre mental et qu'il se retrouva donc contraint d'endosser la responsabilité de chef du clan auprès de ses jeunes frères.

Depuis ses vingt-et-un ans, Lima Barreto écrivait pour les journaux. Mais ce fut en 1905 qu'il se fit vraiment connaître avec une série d'articles sur la destruction du Morro de Castelo qui parurent dans le Correio da Manhã. En  1911, avec quelques amis, il co-fonde le périodique Floreal qui, bien qu'il n'ait jamais compté que deux numéros, recevra un bel accueil de la part de la critique.

A cette époque, Lima Barreto a déjà publié son premier roman, "Recordações do Escrivão Isaías Caminha", texte semi-autobiographique écrit sur le ton satirique qui offre un portrait ironique de la société brésilienne. Mais son chef-d'oeuvre reste "Triste Fim de Policarpo Quaresma / Triste Fin de Policarpo Quaresma", sorti en 1911 sous forme de feuilleton avant d'être repris en format livre en 1915.


Dans les dernières années de sa vie, l'écrivain souffre de graves crises de dépression qui le font sombrer dans l'alcoolisme et entraîne plusieurs internements en milieu psychiatrique.

Lima Barreto s'éteint d'une crise cardiaque, à Rio de Janeiro, le 1er novembre 1922.
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MessageSujet: Re: Lima Barreto (Brésil)   Dim 12 Mai - 11:32

La personnalité sarcastique de Barreto est passée tout entière dans ses livres. Il prend pour cible privilégiée la médiocrité qu'il perçoit dans la peuple brésilien, tout particulièrement lorsque cette médiocrité siège au gouvernement ou fait la pluie et le beau temps dans les milieux commerciaux et militaires. Sur ce sujet, l'une de ses oeuvres les plus représentatives demeure sans conteste "Os Bruzundangas", un recueil de nouvelles publiées dans les journaux sur une période de vingt ans.

Lima Barreto s'en prend également, et de manière très sévère, au style ampoulé et difficile qui, en littérature, avait la faveur des milieux dirigeants brésiliens parce que, selon eux, il symbolisait à la fois "l'intelligence" et le "haut statut social." En guise de représailles, l'intelligentsia brésilienne devait se montrer extrêmement critique envers celui, rien moins que classique, qui est en quelque sorte la marque de fabrique de Lima Barreto.

L'écrivain brésilien aime aussi à explorer dans le moindre détail la psychologie de ses personnages. Mais il le fait de manière fort différente de celle des Réalistes Joachim Maria Machado de Assis et - pour le Portugal - José Maria de Eça de Queiroz. A l'époque, on ne tenait pas cette caractéristique pour une qualité. Pourtant, cela permet à Lima Barreto de développer une foule de situations curieuses qui mettent en valeur les croyances et les pensées de ses héros : Policarpo Quaresma par exemple est un patriote radical mais surtout quasi utopiste que sa foi politique conduit à une fin tragique. Il est assez naïf pour penser que la "nature originelle" du Brésil peut être rétablie. Cette innocence excessive condamne de même le personnage de Clara dos Anjos à une vie de déshonneur. Et, chez les antagonistes, Lima Barreto explore leur hypocrisie, leur ignorance et leur indifférence à la souffrance de l'Autre. Dans son livre paru à titre posthume, "Clara dos Anjos", Cassi Jones représente ainsi le psychopathe social dans toute sa redoutable gloire : absence d'intérêt pour les sentiments d'autrui, narcissisme et plan détaillé pour atteindre ses buts personnels, si vils que soient pour ce faire les moyens employés.
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MessageSujet: Re: Lima Barreto (Brésil)   Dim 12 Mai - 12:00

La "Triste Fim de Policarpo Quaresma" constitue, nous l'avons vu, l'oeuvre majeure de son auteur. C'est l'histoire d'un patriote brésilien de tendance radicale, nommé Policarpo Quaresma. Son rêve le plus cher est de voir un jour le Brésil compter par les puissances mondiales les plus importantes. Mais, de ce fait, il pointe du doigt beaucoup de problèmes sociaux et politiques et réalise entre autres que les Brésiliens aiment bien plus la culture de la Vieille Europe que celle de leur pays tout neuf. A sa modeste échelle, Policarpo tente de modifier cette réalité mais l'affaire se terminera mal.

On y voit Quaresma expédier une lettre au Gouvernement, lettre dans laquelle il propose de remplacer la langue officielle du Brésil, à savoir le portugais, par le tupi, un langage parlé par les Indiens. Répercutée aux journaux, cette lettre permet de couvrir de ridicule son malheureux auteur qui se retire alors à Curuzu, dans la campagne de Rio de Janeiro, et s'attèle à une nouvelle activité.

Avec l'aide d'un vieux Noir, il se bâtit une petite ferme et essaie de vendre ce qu'il produit à la capitale. Il espère que les gens vont enfin se rendre compte de la valeur réelle des terres agraires du pays. Malheureusement, une maladie s'abat sur ses champs et il doit livrer une véritable guerre aux fourmis et à la vermine. Là-dessus, un politicien local, en quête de voix pour les prochaines élections, s'arrête chez Policarpo mais celui-ci refuse toutes ses offres et affirme qu'il ne lui donnera pas sa voix. Par vengeance, le politicien fait tout pour ruiner la ferme de Quaresma. Mais, au même moment, un énorme chaos se répand à travers tout le pays, provoqué par différents petits groupes révolutionnaires.

Alors qu'il combat pour l'Armée, Quaresma n'a aucune peine à se rendre compte de nombre de problèmes qui rongent la structure militaire. Une fois de plus, il expédie une lettre, cette fois-ci au président, Floriano Peixoto, homme brutal et ignorant, afin d'obtenir de meilleurs traitements pour les prisonniers de guerre mais aussi pour les soldats. Peixoto, ayant lu la missive, en conclut que Quaresma est un révolutionnaire et le condamne à mort. Dans les dernières pages du roman, le malheureux est fusillé pour haute trahison.

"Os Bruzundangas" est un recueil de nouvelles sur la vie et les coutumes des habitants de Bruzundanga, pays imaginaire qui représente en fait le Brésil et que Lima Barreto imagina pour échapper à la censure. Il y dépeint, histoire par histoire, le règne de la corruption dans tous les secteurs du pays, de la politique à l'éducation.

Enfin, le roman posthume "Clara dos Anjos" a pour héroïne une jeune fille issue d'une famille pauvre des faubourgs de Rio de Janeiro. Elle tombe passionnément amoureuse de Cassi Jones, personnage entièrement dépourvu de scrupules et par ailleurs très riche héritier. Jones, qui n'en finit pas de mettre ses conquêtes enceintes et de les abandonner, parvient à ses fins avec Clara, d'autant plus innocente que ses parents l'ont élevée de façon très sévère. La jeune fille se retrouve enceinte. Jones prend évidemment la fuite et la malheureuse se retrouve abandonnée et "déshonorée."

"Clara dos Anjos" s'attache tout particulièrement à dépeindre le triste destin de la Femme brésilienne quand elle naît dans un milieu défavorisé. "Nous ne sommes rien, dans cette vie", déclare simplement l'héroïne à la fin du livre ...

Certains textes de Lima Barreto ont été traduits en français. Parmi eux : "Vie et mort de Gonzaga de Sá", chez L'Harmattan.
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MessageSujet: Re: Lima Barreto (Brésil)   Dim 12 Mai - 12:14


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