Nota Bene

Nota Bene

Nota Bene : La Qualité, Non La Quantité - Forum Atypique Pour & Par la Littérature - Le Forum Que Vous N'Oublierez Pas De Sitôt - Histoire & Cinéma Sont Aussi Sur Nos Etagères - Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés - Extrémistes & Trolls S'Abstenir
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  ÉvènementsÉvènements  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  
Autopassion.net le site dédié à l'automobile créé par ses utilisateurs
 

Anne Perry

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
Auteur Message
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Anne Perry   Sam 11 Jan - 14:32

Bon, il ne te reste plus qu'à trouver un auteur du même acabit...
Revenir en haut Aller en bas
Elisabeth
Ecrivain Néophyte de Polars Bizarres
Ecrivain Néophyte de Polars Bizarres
avatar

Féminin
Vierge Dragon
Nombre de messages : 9035
Age : 66
Localisation : BRUGUIERES
Emploi : Professeur
Loisirs : lecture cinéma peinture cuisine jardinage déco home
Date d'inscription : 05/05/2013

MessageSujet: Re: Anne Perry   Sam 11 Jan - 15:09

Very Happy Je n'ai pas lu tous les Ellis Peter, et je vais tester un certain nombre de "Monk" on va voir;
J'avoue que je suis addict de littérature policière, surtout lorsqu'il y a un éloignement espace-temps, c'est pour beaucoup ce qui me change les idées;
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Anne Perry   Sam 11 Jan - 15:25

J'avoue connaître Frère Cadfael par la série télévisée ! C'te honte !  :oops: 
Revenir en haut Aller en bas
Elisabeth
Ecrivain Néophyte de Polars Bizarres
Ecrivain Néophyte de Polars Bizarres
avatar

Féminin
Vierge Dragon
Nombre de messages : 9035
Age : 66
Localisation : BRUGUIERES
Emploi : Professeur
Loisirs : lecture cinéma peinture cuisine jardinage déco home
Date d'inscription : 05/05/2013

MessageSujet: Re: Anne Perry   Sam 11 Jan - 15:58

Essaye d'en lire un, tu en seras "addict" aussi;
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Anne Perry   Sam 11 Jan - 15:59

Le pire, c'est que j'en ai dans ma bibliothèque !
Revenir en haut Aller en bas
Elisabeth
Ecrivain Néophyte de Polars Bizarres
Ecrivain Néophyte de Polars Bizarres
avatar

Féminin
Vierge Dragon
Nombre de messages : 9035
Age : 66
Localisation : BRUGUIERES
Emploi : Professeur
Loisirs : lecture cinéma peinture cuisine jardinage déco home
Date d'inscription : 05/05/2013

MessageSujet: Re: Anne Perry   Mer 22 Jan - 16:07




"Ashworth Hall"

En cette fin de XIXe siècle, les dissensions politiques et religieuses en Irlande n'en finissent pas d'empoisonner le gouvernement britannique ; la guerre civile menace.
A Londres, cependant, Pitt enquête sur l'assassinat d'un policier qui avait infiltré les milieux secrets irlandais;
On le retire de cette enquête, car Granville un parlementaire habile négociateur a été victime d'assassinat; et il doit diriger des pourparlers essentiels dans une réunion entre les principaux hommes politiques Irlandais Catholiques et Protestants; lui seul peut calmer les tensions entre eux et les faire parvenir à un accord;
Une rencontre secrète est alors organisée entre protestants et catholiques irlandais dans le superbe manoir d'Ashworth Hall, propriété d' Emily, soeur de Charlotte et belle soeur de Pitt veuve de Lord Ashworth, remariée à Jack Radley, jeune parlementaire;
Le commissaire Pitt se voit contraint d'assurer, en toute discrétion, la sécurité du lieu.
Aidé de l'inspecteur Tellman et de sa femme Charlotte, Pitt surveille le déroulement de cet événement à hauts risques tandis que la tension monte entre les invités.
Lorsque l'un des convives est assassiné, l'atmosphère du château pourrait bien tourner à l'explosion de violence et mettre en péril la paix de tout le royaume.
Ceci se déroule dans une atmosphère feutrée, où la courtoisie est de rigueur, et les antagonismes voilés;
Et voilà qu'une violente explosion de dynamite tue un second invité, saccageant une partie du château et visant Jack Radley;
On ne trouve pas une seconde de répit dans ce livre d'Anne Perry, au dénouement amer et inattendu;
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
avatar

Féminin
Verseau Rat
Nombre de messages : 65600
Age : 58
Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: Série William Monk : Un Etranger Dans Le Miroir   Sam 3 Sep - 19:23




The Face Of A Stranger
Traduction : Roxanne Azimi

ISBN : 9782264033048

Extraits
Personnages


Eh ! bien, contrairement à notre chère Elisabeth, je suis personnellement une fanatique des aventures de William Monk, probablement parce que je les juge dans le fond, à quelques rares exceptions près, d'un noir pour ainsi dire sublime. (Ce qui ne m'empêche pas d'avoir aussi sur mes rayons nombre d'ouvrages dont Charlotte et Thomas Pitt sont les héros, attention, hein !  ) J'y trouve également une critique sociale beaucoup plus acérée - attention encore, ce n'est que mon opinion ! : - du règne de Victoria dans les années 1850. Ceux qui se sont intéressés un tant soit peu à Jack l'Eventreur , premier "tueur en série" officiellement reconnu même s'il eut bien des prédécesseurs, non seulement en Europe mais dans le reste du monde (ne serait-ce qu'en France, si vous croyez encore que la Bête du Gévaudan n'était qu'un "loup" un peu bizarre, lisez donc l'excellent ouvrage que Michel Louis lui a consacré  (avec la fiche que Lydia nous a concoctée - je ferai la mienne plus tard ) et demandez-vous un peu si un loup, si intelligent qu'il soit, est capable de remettre à sa juste place, sur le cadavre qu'il vient d'éventrer, un bonnet ou tout autre vêtement) ne sont pas sans savoir que l'état de la police britannique, et particulièrement londonienne, était pour tout dire lamentable dans la première partie du XIXème siècle. Ce sera justement l'affaire Jack l'Eventreur qui fera beaucoup pour faire évoluer dans le bon sens cette carence scandaleuse. Encore la chose se fera-t-elle assez lentement et après cinq assassinats particulièrement atroces et audacieux qui ne sont d'ailleurs pas toujours résolus, l'ouverture des archives policières, au début de notre siècle, n'ayant pas donné grand chose.

Néanmoins, à l'époque à laquelle débute le roman d'Anne Perry, Scotland Yard existe déjà. Le problème, c'est que les policiers ne sont absolument pas considérés comme des gentlemen - on les fait en général entrer par la porte de service, comme les fournisseurs ou les domestiques - et qu'ils seraient même, à bien y regarder, plus bas, dans l'esprit d'un victorien bien né, que le plus rustre des épiciers. Or, justement, l'homme qui se réveille, complètement amnésique, à la première page d'"Un Etranger Dans Le Miroir", est policier. C'est même le plus fin limier du Yard, son supérieur hiérarchique, Runcorn (qui, pourtant, le déteste pour des raisons que nous apprendrons peu à peu), est le premier à l'admettre. Seulement, question sociabilité et ambition, il faut bien reconnaître que le William Monk qui s'est si mal sorti de son accident de fiacre au point qu'il ne se rappelle que des bribes de son "avant-la-chute", si je puis me permettre Wink , était loin d'être un modèle. Un excellent policier certes, mais froid, raide, antipathique et hautain, y compris avec ses collègues. Autre problème : ce passé, si glorieux sur le plan professionnel, gêne le "nouveau" Monk et, tout au long de ses aventures, on va le voir lutter pour découvrir les raisons qui le poussaient à afficher une telle personnalité et faire de remarquables efforts pour "renverser la vapeur." Car, là-dessus aussi, tout le monde est d'accord : William Monk est un homme intègre - une sorte d'"Incorruptible" anglais, sans les histoires politiques et sans la guillotine bien sûr puisque, chez Sa Très Gracieuse Majesté, on pend encore mais on ne guillotine pas, shocking ! Alors, si cet Incorruptible pouvait devenir sympathique ... Surtout qu'il n'est pas mal du tout, le bougre ...

Si Runcorn est relativement soulagé de voir son meilleur policier (et son meilleur ennemi) émerger des vapeurs de son délire pseudo-comateux, il n'en est pas moins heureux de lui remettre en toute traîtrise et avec tout plein d'arrière-pensées, après une petite semaine de repos tout de même Smile , une affaire qui est loin de sentir la rose et qui implique la bonne société londonienne. Le benjamin de la famille Grey, Joscelin, revenu blessé à la cheville de la Guerre de Crimée, vient d'être retrouvé dans son appartement, battu à mort et vraiment pas joli à voir. Ce n'est pas là le travail d'un professionnel mais l'acte passionnel et plein de haine de quelqu'un qui connaissait fatalement la victime. Secondé par le sympathique sergent Evan, Monk arrive presque immédiatement à cette conclusion. Il a peut-être perdu la mémoire mais son cerveau, lui, n'a rien perdu de ses talents de déduction.

Ce roman constituant le premier d'une série, il est aussi un tome d'exposition. Car, au moment de son accident, Monk s'occupait d'une autre affaire : le suicide de leur père sur lequel les Latterly (Charles et Hester, les deux enfants, et Imogen, la belle-fille) tenaient à voir la lumière faite de manière intégrale, le malheureux étant mort parce qu'il ne pouvait régler ses dettes et, visiblement victime d'un escroc de haut vol, parce qu'il ne se pardonnait pas d'avoir entraîné certaines de ses relations à investir, tout comme lui, là où il ne fallait pas. Suicide ... Ruine ... Déshonneur ... Et nous sommes sous Victoria, Reine d'Angleterre et Impératrice des Indes, pas sous un Sarko ou un Hollande, présidents respectivement "bling-bling" et "carpette intégrale."   Alors, vous imaginez le scandale ...

S'il se rappelle Imogen, qu'il croise dans une église avec son mari et sa belle-soeur, Monk ne regarde pratiquement pas cette dernière : grande pour une femme, une grande bouche aussi, pas vraiment jolie ... Par la suite, on apprend que, admiratrice de Florence Nightingale, Hester Latterly, elle aussi, a participé à la Guerre de Crimée, comme Joscelin Grey donc, mais en qualité d'infirmière. Au lecteur d'en déduire la nature de son caractère - à peu près le même que Monk, au féminin.

Hester Latterly et William Monk, retenez bien ces deux noms : vous les lirez encore souvent sur Nota Bene . Dans ce premier opus, ils se rencontrent, commencent à se disputer et à se contrarier l'un l'autre, à s'épauler aussi : bref, comment dire, si les thèmes choisis par Anne Perry n'étaient pas aussi souvent si noirs et si ciblés et si l'aspect policier à trame historique n'était pas là, on pourrait presque songer à Claudette Colbert et Clark Gable dans "New-York/Miami", en moins léger cependant, victorianisme et genre "roman noir" oblige.

Si ce que je viens de vous raconter vous a plu, alors n'hésitez pas et allez jeter un coup d'œil dans ce miroir où un "étranger" cherche en vain son véritable "Moi." Une précision qui me semble cependant nécessaire et même indispensable : au risque de vous lasser (mais rien ne vous empêche d'éviter l'obstacle en alternant avec, par exemple, un Frère Cadfaël d'Ellis Peters ou, pourquoi pas ? bonne occasion pour découvrir ce petit nouveau, avec la Frénégonde de "Quand La Fratrie S'Emmêle", de Lydia Bonnaventure, l'un de nos auteurs "Maison" (si l'auteur en question me permet cette formule,  Bouquet ), tout comme dans la série des Pitt d'ailleurs, mieux vaut lire les "Monk" par ordre chronologique. Et revenez nous dire si vous avez aimé !  N'oubliez pas surtout - celle-là, je ne pouvais pas la rater, tout de même !

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

Jean Hougron

Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. - Pierre Desproges

Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman. - Pierre Desproges


Dernière édition par Masques de Venise le Dim 4 Sep - 13:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Anne Perry   Dim 4 Sep - 10:56

Oh, merci beaucoup MDV !
Revenir en haut Aller en bas
Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
avatar

Féminin
Verseau Rat
Nombre de messages : 65600
Age : 58
Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: Re: Anne Perry   Dim 4 Sep - 12:46

De rien, chère Lydia. 
_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

Jean Hougron

Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. - Pierre Desproges

Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman. - Pierre Desproges
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
avatar

Féminin
Verseau Rat
Nombre de messages : 65600
Age : 58
Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: Un Deuil Dangereux   Lun 24 Oct - 14:16



A Dangerous Mourning
Traduction : Elisabeth Kern


ISBN : 9782264033079

Extraits
Personnages



Second volume de la série "Monk", "Un Deuil Dangereux" le découvre encore inspecteur pour le compte du Yard mais nous mène droit à sa démission (et à son installation en qualité de détective privé) parce qu'il considère l'exécution du coupable comme une énorme, et surtout volontaire, erreur judiciaire, là encore destinée à préserver une certaine classe sociale au détriment d'une autre.

Les faits sont à la fois simples et compliqués : la toute puissante famille Moidore, qui accueillait chez elle dans ses fabuleuses réceptions jusqu'au Prince de Galles [= futur Edward VII] en personne, trouve un matin l'une des filles de la maison, Octavia, revenue vivre chez ses parents à la mort de son mari, mort en Crimée lors de la fameuse "Charge de la Brigade Légère", étendue sur son lit, morte d'un coup de couteau, dans sa propre chambre. Bien qu'il n'y ait aucune apparence de violences sexuelles, on sent le crime à plein nez car, d'abord, quelles raisons aurait-eu la jeune femme de se suicider ? ensuite, se suicider d'un coup de couteau dans sa chambre ...  Et puis, ce jour-là, l'oncle Septimus surtout s'en souvient, elle était rentrée en rage de sa sortie de l'après-midi, en disant grosso modo qu'elle dénoncerait ce qu'elle avait découvert si cela s'avérait exact ...

Enfin, tout cela est très bizarre et Monk, accompagné de son inséparable Evan, le repère tout de suite.

La famille Moidore est représentative du siècle victorien, à peu près autant que les Forsyte de Galsworthy, avec cette différence néanmoins qu'il ne viendrait jamais l'idée d'assassiner quelqu'un à par exemple Soames Forsyte, l'un des personnages les plus attachants de la série.
Patriarcale à fond, elle est dominée par Sir Basil Moidore, alias la City dans toute sa gloire. Sa femme, Beatrice, est douce et soumise, comme le sont en général les femmes de l'époque. Elle appartient à cette espèce qui ne lit jamais les journaux parce que son mari le lui interdit, tout comme, jadis, le lui avait interdit son père. La génération suivante comprend, deux filles : Araminta, la plus proche de son père, la plus Moidore de l'ensemble, tantôt froide et sèche, tantôt (mais rarement) attachante, mariée, pour complaire à son père, à un homme de son niveau, Myles Kellard, lequel la trompe allègrement (dès leur nuit de noces, il l'a prise de force et il a déjà été compromis dans une histoire de viol d'une domestique sur lequel son beau-père a jeté l'étouffant manteau de sa puissance sociale) ; Octavia, la seule à avoir cherché à s'échapper et qui avait épousé de son côté un militaire, le capitaine Haslett, dont elle était amoureuse folle, militaire qui, signalons-le, a dû son affectation en Crimée à l'influence de son beau-père ; et un fils, Cyprian, assez sympathique au demeurant, marié à une créature sans grande envergure, Romola. Ajoutons à cela l'oncle Septimus, ancien militaire et frère de lady Moidore, à qui son fastueux beau-frère offre un toit pour vivre de sa petite retraite ... et ne manque jamais de le lui rappeler. Et puis la tante Fenella Sandeman, nymphomane vieillie et commère des moins sympathiques, qui, elle, est la sœur du maître de maison.

Côté office, avec tant de "maîtres" à servir, ça grouille mais je vous citerai seulement Percival, valet de pied beaucoup plus séduisant qu'il ne convient à un domestique, cynique, détestable par moments et, à d'autres, très émouvant.

Pour les Moidore, cela va sans dire, l'hypothèse du suicide pourrait peut-être passer (le désespoir de savoir son mari mort même s'il l'est depuis deux ans déjà, un brusque moment de dépression, etc ... ) mais celle du meurtre ... S'il y a eu meurtre, le coupable, évidemment, est un ou une domestique - dans une telle occurrence, on ne regarde pas au sexe. Les domestiques ne sont-ils pas de simples objets, bons à renvoyer du jour au lendemain sans lettre de recommandation et même à pendre si cela peut sauver l'un de leurs "maîtres" ?

La critique sociale est tout bonnement passionnante, l'intrigue menée au triple galop avec, outre le Sergent Evan déjà cité, Oliver Rathbone et, bien sûr, Hester Latterly, que Monk va expédier chez les Moidore pour donner des soins à une lady Beatrice gravement atteinte par la mort de sa fille cadette, en croupe d'un Monk déterminé à obtenir la vérité, celle-ci dût-elle être mal-pensante et scandaleuse.

Quatre-cent-soixante-dix-sept pages qu'il vous sera impossible de laisser tomber tant vous voudrez connaître le mobile - un mobile ignoble qui a conduit à une véritable tragédie. Un mobile qui rampe de loin, qui naît même des Moidore et de l'air du temps : paraître à tout prix, et de la haine d'un homme qui ne supporte pas qu'on se rebelle. Si la fin n'est pas gaie et même écœurante dans le fond, elle a au moins le mérite de libérer en quelque sorte Monk de son vieil ennemi Runcorn mais laisse présager aussi des aventures un peu plus délicates encore à mener : qu'est-ce qu'un détective privé à Londres, en cette époque, alors que les membres officiels de la Police doivent passer par la porte de service pour entrer chez ceux-là mêmes qui réclament leur aide ?

L'un des meilleurs Anne Perry. A lire ABSOLUMENT. Ah ! j'oubliais : Monk continue, bien sûr, à enquêter sur son propre passé. Donc, si vous pouviez respecter l'ordre chronologique de la série ... A bientôt pour une nouvelle fiche et, d'ici là, bonne lecture !

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

Jean Hougron

Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. - Pierre Desproges

Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman. - Pierre Desproges
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
avatar

Féminin
Verseau Rat
Nombre de messages : 65600
Age : 58
Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: Défense & Trahison (Série Monk)   Mer 2 Nov - 14:10



Defend & Betray
Traduction : Roxane Azimi


ISBN : 978264033055

Extraits

Personnages



Lentement, à trot menu, nous en arrivons au troisième tome de la série Monk. Serons-nous déçus ? Non. Enfin, personnellement, je ne l'ai pas été Wink . Mais je vous préviens : j'ai déjà dit que cette série était beaucoup plus "noire", à mon sens, que celle mettant en scène Charlotte & Thomas Pitt et ce n'est certes pas "Défense & Trahison" qui prouvera le contraire au lecteur innocent. Alors, pour dévorer ce troisième tome, accrochez-vous ferme, moussaillons ! Et n'oubliez pas : oui, ces choses-là arrivent. Dans n'importe quel milieu d'ailleurs. Et nous nous devons de les combattre de toutes nos forces.

Tout débute à nouveau dans une riche famille londonienne, celle des Carlyon, avec la mort du général (rien moins) Thaddeus Carlyon, le fils aîné de la maison, qui a fait la Crimée et qui, chose amusante, s'est élevé à un grade plus important que celui de son père, lequel, lui, bien en vie, n'est que colonel en retraite. Sur la carrière militaire du défunt, il n'y a pas grand chose à dire : elle fut des plus honorables et son pire ennemi ne pourrait le traiter de lâche, fût-ce dans la Mort. Courageux, posé, intelligent, bon époux, bon père aussi bien sûr : un homme parfait.  petitange  Maintenant, pour être franche, cette tendance qu'ont certains affreux personnages à vouloir tuer les hommes (et les femmes) parfaits ne m'a jamais beaucoup étonnée : j'ai eu moi-même des parents parfaits - et un père aussi parfait, je m'en flatte, que feu Thaddeus Carlyon. Mais, malgré mon mauvais fond, probablement légué par des ancêtres imparfaits , j'ai résisté et j'ai attendu avec dignité que l'Ankou les envoyât naturellement ad patres. L'épouse du général, lady Alexandra, elle, n'a pas eu cette patience : elle n'hésite pas à s'accuser elle-même et à se laisser emprisonner dans l'attente de son procès. Oui, elle a tué son mari, oui, elle a enfoncé la hallebarde, oui, elle l'a fait et non, elle ne regrette rien. Si vous n'êtes pas content, c'est du pareil au même, na !

Heureusement pour notre malheureuse héroïne, Edith, la soeur du décédé, est amie avec Hester Latterly. Intéressée par l'histoire qu'elle lui raconte - cet homme si parfait qui, un cigare à la main, tombe de la balustrade du grand escalier tout droit sur la hallebarde d'une antique armure qui se trouvait là pour faire bien (et c'est cette hallebarde qui le tue : la chute n'y aurait pas suffi) - Hester en parle bien sûr au monsieur âgé - et bien sympathique -, un militaire en retraite, dont elle s'occupe actuellement et puis, dès l'annonce des aveux de lady Alexandra, elle en informe également Oliver Rathbone qui, bien sûr, demande à Monk d'enquêter pour lui.

Or, en dépit de nos vœux personnels (car le personnage est réellement sympathique), les aveux de lady Alexandra ne sont pas des affabulations. Monk, Rathbone et Hester en sont eux aussi désolés mais, recherches accomplies, cette femme dit la vérité et ne manifeste, qui pis est, aucun remords. De la tristesse, certes, notamment celle de se retrouver séparée à jamais de son jeune fils, Cassian, mais rien d'autre. Rathbone accepte néanmoins de prendre sa défense parce que notre incontournable trio d'enquêteurs - sauf Monk, un moment un peu sceptique - finissent par ne plus croire du tout au mobile invoqué. Il faut bien dire que, dès le départ, cette banale histoire d'une galanterie exagérée dont Thaddeus aurait fait preuve envers leur hôtesse, Mrs Furnival, provoquant ainsi la fureur de son épouse, apparaissait de constitution assez fluette ...

Mais si ce mobile-là ne tient pas, quelle est donc la vraie raison qui a incité une femme aussi bien éduquée que lady Alexandra Carlyon à assassiner un homme que, par ailleurs, elle décrit comme un bon mari qui ne la laissait manquer de rien ?

Comme toujours, Anne Perry dresse un portrait redoutablement précis et crédible de la famille en cause : le père, le colonel Carlyon, qui semble bien mou et dominé intégralement par son épouse, lady Felicia, femme altière et, à vrai dire, peu sympathique ; Damaris Erskine, née Carlyon, fille mariée à un juriste fort aimable, Peverell Erskine, adoré entre parenthèses par leur neveu ; Edith, célibataire et déjà citée, qui finira par devenir la secrétaire du vieux militaire chez qui travaille Hester, et, nous l'avons déjà évoqué, le tout jeune Cassian, fils désormais orphelin de Thaddeus et Alexandra. Ajoutons au cercle la vieille gouvernante, Miss Buchan, personnage-clef du roman, et le médecin de la famille, le suave, courtois et très compétent Dr Hargrave.

L'ambiance victorienne est toujours aussi prégnante, avec ses préjugés qui entraînent, une fois de plus, la critique acerbe et en filigrane de l'auteur. A ceci près que, à la découverte du véritable mobile de lady Alexandra, Perry nous rappelle que toutes les époques ont connu ce genre de causes qui peuvent mener une mère ou un enfant à l'assassinat pur et simple.

Je ne vous en dirai pas plus et vous laisserai découvrir en paix "Défense et Trahison", l'un des meilleurs de la série, à mon goût en tous cas.

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

Jean Hougron

Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. - Pierre Desproges

Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman. - Pierre Desproges
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Elisabeth
Ecrivain Néophyte de Polars Bizarres
Ecrivain Néophyte de Polars Bizarres
avatar

Féminin
Vierge Dragon
Nombre de messages : 9035
Age : 66
Localisation : BRUGUIERES
Emploi : Professeur
Loisirs : lecture cinéma peinture cuisine jardinage déco home
Date d'inscription : 05/05/2013

MessageSujet: Re: Anne Perry   Ven 11 Mai - 15:46




Voici le dernier Anne Perry dans la série Les enquêtes de Thomas Pitt


Un innocent à l'Old Bailey


Le temps a bien passé depuis L'étrangleur de Cater Street, qui voyait la première entre vue entre un jeune inspecteur, perspicace et distingué, bien éduqué, quoique toujours fagoté comme l'as de pique et la jeune fille de la maison, Charlotte, rebelle discrète, curieuse de la vie et incasable de ce fait, quoique fort jolie; ces deux là étaient faits pour s'entendre, et c'est ce qu'il feront, au prix d'un déclassement social pour Charlotte, mais jamais regretté.......
Le fils de celui qui est devenu Sir Thomas Pitt, et chef de la Spécial Branch, Daniel Pitt, jeune avocat, est sur sa première affaire. Alors que sa plaidoirie - décisive - s'annonce, il est convoqué au tribunal de l'Old Bailey où se déroule un procès retentissant. Un écrivain est jugé pour le meurtre brutal de son épouse. Daniel doit seconder l'avocat de la défense.
Lourde tâche de défendre et d'éviter la pendaison à un être violent et méprisable alors que l'on n'a aucune preuve en sa faveur, et qu'il s'obstine à conserver ses coupables secrets;

Mais bientôt, le jury déclare l'accusé coupable. L'écrivain continue de clamer son innocence, arguant être la victime d'un coup monté. On chercherait à empêcher la parution d'un de ses textes sulfureux impliquant l'inspecteur Victor Narraway. Si l'homme est un personnage public, il est aussi l'ami et le mentor de Sir Thomas Pitt lui-même.

Avec les réputations de ses proches en jeu, Daniel a vingt et un jours pour découvrir la vérité et éviter la pendaison d'un innocent.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Anne Perry   

Revenir en haut Aller en bas

Anne Perry

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2 Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum: Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nota Bene :: NOIR COMME LE SANG :: Romans Policiers A Trame Historique -