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la première guerre mondiale en littérature.

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charpentier hélène
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MessageSujet: la première guerre mondiale en littérature.   Jeu 14 Nov - 17:07

Ne sachant où placer mes impressions sur un récit de Jean Tedesco dont j'ignore tout, voici mes impressions de lecture sur l'ouvrage qui suit.

La première illusion du Capitaine Tramp.

Cet ouvrage de Jean Tedesco comporte 175 pages et a été publié aux éditions Georges Crès et Cie  en 1919 avec des frises de Tito Saubidet.
Nous n’avons pas d’informations sur l’auteur qui a également publié Sonatine pour l’absente.

L’intrigue dépouillée de ce roman tient en six chapitres. Deux amis passionnés par l’étude séparés à la sortie de l’Université sont plongés dans la vie active. Le narrateur a travaillé sans enthousiasme dans la banque de son père avant sa mobilisation et H.K. Tramp a décidé de faire le tour du monde à pied. Ils se retrouvent au cœur de la première guerre mondiale, échangent à nouveau leurs pensées font le point sur ce qu’ils ont vécu l’un et l’autre avant d’être séparés de nouveau.

Cette intrigue se déroule d’abord dans un village de l’Artois détruit par les bombardements de la première guerre mondiale où le narrateur retrouve après l’avoir quitté à la sortie de l’Université cinq ans auparavant,  «  son seul ami d’études. Dès le jour de son arrivée à l’Université, je ne sais quelle force mystérieuse m’avait attiré vers lui. Pourquoi entre mille, l’avais-je irrévocablement élu ? Pourquoi, dès qu’il était apparu, m’étais-je détaché du groupe de mes anciens camarades de collège, dont je connaissais les familles et les habitudes, pour me diriger vers cet inconnu, et pour lui donner en quelques jours mon amitié ? Car il était pour tous un inconnu. Nul ne l’avait vu dans aucun collège d’Angleterre ou d’Ecosse. Son nom n’évoquait aucun souvenir dans la mémoire de personne. »
Ce retour en arrière, occupe presque tout le premier chapitre, et le narrateur venat de retrouver son ami évoque les moments heureux de sa jeunesse studieuse dans «  le jardin mélodieux d’Oxford, où les grands arbres pleins d’oiseaux s’élevaient, riches de feuilles jeunes et fraîches dans l’air paisible et transparent. » Ce décor de paix consacré à l’étude est coupé du monde  par «  un grand mur de lierre par-dessus lequel on voyait à peine la tour carrée du collège voisin, fière de son passé et de sa grâce austère. »  Une amitié de maître à disciple s’épanouit. Ils vivent «  la plus belle des existences. Mais était-ce là vivre ? Non c’était penser. » L’inconnu a beaucoup voyagé et révèle au narrateur «  conquis et enlevé d’un coup d’ailes vers toutes les possibilités(…) qu’il existait des pays voisins du nôtre, aussi puissants, quelquefois plus riches et presque toujours plus beaux. » Au fil des échanges, l’Angleterre lui apparaît comme un continent exigu et la parenté des hommes «  consistait dans leur persistante médiocrité, leur bas égoïsme et leurs grossier instincts. Sous des manières de vivre différentes, j’entrevis la même conception primitive de la vie. Ainsi j’acquis bientôt cette qualité si rare dans mon pays, ce privilège des intellectuels et des artistes qui est une aimable indifférence pour la patrie et l’origine des hommes. »

Suite à ces retrouvailles, la narration reprend son cours dans la baraque somme toute confortable que le génie de la division a construite pour le mess des officiers. On peut s’y réchauffer autour d’un âtre gigantesque à quatre faces, jouer au bridge, fumer, manger à sa faim, boire du whisky du porto et du champagne. Ce lieu fermé contraste avec la réalité extérieure, cette campagne d’Artois, «  Bonne terre aux moissons d’or, rivières sinueuses et gracieuses forêts profondes » qui n’est plus qu’un « champ de bataille éternel » Des hommes épuisés et couverts de boue redescendent des lignes où sont tombés les deux tiers des effectifs. Des explosions d’obus se rapprochent du village.

Le capitaine Tramp est invité à partager un repas soigneusement préparé et présenté avec raffinement. Ce repas est l’occasion de découvrir les personnages secondaires du récit : le colonel, le capitaine, le major le Padre et son ordonnance. La conversation évoque les hauts faits des héros, ces braves qui ont sauvé plusieurs fois la patrie mais le capitaine Tramp dont le narrateur et le lecteur ignorent toujours les origines tient à préciser que son bataillon, unique dans l’armée britannique est «  un bien beau ramassis d’assassins. » que la bravoure des Canadiens «  n’est pas anglaise mais cosmopolite » puisqu’ils ne sont guère que des émigrés ou des expatriés, des coureurs d’aventure venus un peu de tous les pays d’Europe pour faire fortune en Amérique et dont les fils indisciplinés, criant fort et buvant beaucoup se battent avec « l’insouciance de ceux qui n’ont rien » et en ayant «  conservé peu de chose de l’héritage des hommes.(…) Ils aiment le sol qui n’est déjà plus la Terre promise » mais il est permis de se demander s’ils ne rêvent pas « d’un lopin de bonne argile sous un ciel ancestral » valant mieux que «  la prairie sans limites. »

Le narrateur retrouve alors dans le capitaine Tramp l’ami d’autrefois, H.K. Tramp qui demeure incontestablement le personnage moteur de tout le récit.Il revenu de tous ses voyages mais aucun paysage n’a su le retenir. La solitude lui a pesé. Il a dû admettre «  que la pensée, hélas, n’était pas la belle fleur chatoyante que je croyais, mais plutôt une plante hybride, anormale, et qui n’était pas faite pour la terre où nous sommes. Que me fallait-il faire ? La seule solution possible s’imposait implacablement. Si je voulais retrouver la quiétude de tout mon être jeune, si je voulais guérir le mal, il fallait en supprimer la cause, faire l’effort de redevenir un homme comme les autres – ne plus penser. » H.K. Tramp a donc renoncé à la philosophie en sachant malgré tout qu’on ne la quitte jamais pour toujours. Le vagabond sans patrie révèle à son ami qu’il n’a rien d’autre à lui apprendre que ce qu’il sait déjà : «  je suis un cosmopolite. »
La dernière entrevue entre le narrateur et son ami  accorde laisse la place au long monologue du capitaine Tramp affirmant que «  La vie c’est le règne de l’Illusion. » et invitant à retrouver «  nos jeunesses perdues. Vivons ! » Que vivre ? L’Amour ? La Fortune ? La Gloire ? La Beauté ? Dieu ?  Mais la guerre est là et balaie l’illusion de la vie après avoir balayé la civilisation et «  l’Humanité en marche. »

 Ce récit très dense dans sa brièveté n’est pas sans évoquer Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier, publié quelques années plus tôt avant que son auteur ne soit emporté par le premier conflit mondial. Un inconnu surgit dans le quotidien de l’école primaire d’un village tranquille : «  Mais quelqu’un est venu qui m’a enlevé à tous ces plaisirs d’enfant paisible. » et tout est bouleversé. Le passage à la vie adulte s’y révèle douloureux et l’ami fidèle réapparu pour constater la mort de la femme rêvée et aimée, disparaît à nouveau avec son enfant dans les bras. La guerre n’est pas encore arrivée et la fin ouverte du roman s’achève sur l’espoir de cette vie nouvelle.

On peut également penser à un récit postérieur dont l’intrigue est tout aussi dépouillée : Le silence de la mer de Vercors. Un officier allemand est logé chez un vieil homme et sa nièce. La narration est interrompue par les longs monologues de l’officier qui rêve d’une union entre l’Allemagne musicienne, la Bête et la France littéraire, la Belle. Quand il comprend que son rêve est une illusion il s’en va car il a demandé à partir pour le front russe.


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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Jeu 14 Nov - 17:47

Comme quoi, Hélène, nous ne connaissons pas tous les bons écrivains, et on méconnaît beaucoup de très beaux livres.....Les deux références que tu donnes " Le grand Meaulnes" et "Le silence de la mer" permettent de se faire une idée de ce livre qui a l'air intéressant.....
Je le note soigneusement.....
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Ven 15 Nov - 10:16

En dépit des 175 pages ce récit est court car les marges à droite et à gauche du texte sont importantes. La police des caractères est d'une taille agréable à la lecture.

Je n'ai pas systématiquement abordé les thèmes de cette œuvre. L'inconnu, cet autre qui incarne l'amitié, et ouvre les portes de la pensée, de l'ailleurs, du rêve, de l'aventure  au risque d'oublier la réalité et le commun des mortels m'a fait penser au Grand Meaulnes mais la quête est différente, encore que le point commun soit la souffrance du passage de la jeunesse studieuse à celui de la vie adulte.
Le capitaine Tramp qui a quitté le monde de la pensée et de l'aventure et s'est engagé dans la guerre pour retrouver les hommes est finalement revenu de ses diverses illusions. Il dénonce les idées toutes faites en particulier sur la patrie et la bravoure de ses défenseurs qui ne sont finalement que des mercenaires venus de partout. A un moment j'ai pensé au film Le bar de la Fourche d'Alain Levent, dont l'action se déroule au Canada en 1916. Jacques Brel interprète le rôle d'un aventurier prenant plaisir à démolir la propagande pour l'engagement dans le conflit. Au passage il dénonce l'hypocrisie religieuse d'un pasteur séduit par les charmes d'une adolescente. H.K. Tramp se définit cosmopolite mais reconnaît l'importance du pays natal et des origines dont il est privé, ressemblant un peu en cela à Peter Schlemhihl l'homme qui a perdu son ombre de Chamisso, cet écrivain allemand né en France ayant fui la révolution de 1789 vers l'âge de cinq ans. La guerre en toile de fond, illustration de l'illusion de la conquête  glorieuse  ne fait que balayer la civilisation et anéantir l'illusion de la vie puisque la pulsion de mort l'emporte. Le Padre lui-même, représentant d'une vie spirituelle apaisante n'y peut rien : il n'a pas été capable de cueillir la rose consolatrice au milieu des orties et en a chargé son ordonnance.

La narration est sobre, ponctuée de retours en arrière confrontant  le passé et le présent et deux entrées différentes dans la vie mais décevantes l'une et l'autre au point d'engendrer le mal de vivre.  Le repas au mess des officiers met en scène les différents personnages et donne l'occasion au personnage principal d'apporter un nouvel éclairage sur les événements et corrige les certitudes des militaires gradés. Cet intermède théâtral précède le spectacle où les militaires sont venus oublier la cruauté des combats et que le narrateur doit quitter brusquement puisqu'il est appelé au chevet de son ami afin de recueillir le monologue final du Capitaine Tramp.


Dernière édition par charpentier hélène le Ven 15 Nov - 10:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Ven 15 Nov - 10:36

Ça a l'air effectivement très intéressant ! le compte rendu est passionnant.....
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Ven 15 Nov - 10:45

Ce petit ouvrage m'a passionnée il est vrai.
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Lun 18 Nov - 9:26

A l'occasion du centenaire du début de la première guerre mondiale, diverses manifestations sont prévues et le département de la Marne est concerné. La revue de L'Ecole des lettres second cycle a publié deux numéros spéciaux sur la littérature et la première guerre mondiale, l'un au 1ier juillet 1995 et l'autre au 1ier mai 1997. Les analyses très fouillées de cette revue sont particulièrement intéressantes et invitent à la lecture. C'est ainsi que j'ai découvert Le sang noir de Louis Guilloux.
Néanmoins je suis déçue que Maurice Genevoix n'y soit pas davantage mentionné.


Dernière édition par charpentier hélène le Mar 3 Déc - 15:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Lun 18 Nov - 14:07

Oui, j'ai été abonnée à l'école des lettres durant très longtemps;
A noter, que certains sites publics ( dans certaines communes) font une collecte d'archives sur la guerre de 14-18; c'est le cas des archives de Brest; ils lancent un appel public sur http://www.brest.fr/
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mar 3 Déc - 15:18

Comme je l'ai dit dans le "lecturama" je place ici les "occurences" comme nous disons c'est à dire les évocations de la guerre de 14-18 que je trouve dans mes lectures =
Tout d'abord, je reviens sur mes impressions =
Comme tous les écoliers de ma génération, j'ai étudié cette période, en 1ère, notamment, et en Terminale; et à ma grande surprise, je n'ai pas assimilé ni retenu, le fait que cela a été une guerre mondiale qui a concerné des pays éloignés géographiquement, et mis en présences une bonne partie des peuples, jusqu'au Canada, et en Amérique; ( nous n'avons pas hélas, l'invention de la mondialisation de nos jours ! )
J'ai redécouvert tout ceci avec consternation, en feuilletant la collection de l'Illustration durant cette guerre; deux tiers des articles y sont consacrés aux batailles navales et aériennes et terrestres loin de l'Europe ou à ses frontières, en Méditerranée, dans l'Atlantique; effrayant;
Dans mes lectures récentes, j'ai relevé des témoignages de J.R. Tolkien,A Biography Humphrey Carpenter;
J.R. Tolkien fut mobilisé au début de la guerre et eut juste le temps de se marier avant; après une période de formation en Angleterre dans les officiers des transmissions, il fut envoyé prés de Verdun au plus fort des combats en 1916; tous ses amis y périrent, sauf un; il fut envoyé sur le front à deux reprises et y constata l'impossibilité de se "battre" réellement, tant les moyens de transmission étaient à la fois détruits, et totalement inutiles en raison de la violence des combats, on ne pouvait parvenir à communiquer; il tomba gravement malade ( une violente fièvre due à la contagion d'une épidémie spécifique des infections des tranchées) et dut être rapatrié; à deux reprises ces fièvres redoublèrent lorsqu'on dut le renvoyer sur le front; c'est sans doute à cela qu'il doit d'avoir survécu; Carpenter insiste dans sa relation sur les dernières lettres prémonitoires qu'il échangea avec ses amis tombés au front; comme si dans ces circonstances tragiques une sorte de sens mystérieux reliait les hommes entre eux;

Dans La billebaude d'Henri Vincenot, l'écrivain pupille de la nation, évoque les campagnes bourguignonnes et la dévastation que les combats y firent; tous les hommes jeunes des villages disparus ou morts, ne laissant que les vieillards, les femmes et les enfants; une génération totalement sacrifiée; Vincenot, lui, établit la (triste) filiation entre cette guerre et celle de 1870; et son caractère de "suivi", comme si la guerre de 1870 avait dû entraîner systématiquement celle de 14-18.

Dans "Les anges des ténèbres", Anne Perry raconte la guerre d'un religieux anglais, blessé au front et rapatrié en Angleterre; le début du roman se situe au front français de Verdun, lui aussi; le lecteur prend part aux souffrances morales, physiques, psychologiques du personnage; revenu en Angleterre, il suit son dilemme aider les siens en Angleterre, car le pays est dévasté par le carnage, il y a des très nombreux tués, toute une génération, en Angleterre aussi tombe au front; ou bien, revenir dans les tranchées et être le soutien moral et religieux, spirituel des soldats de sa division; le roman s'oriente ensuite vers des épisodes méconnus, occultes de cette guerre, l'espionnage, et aussi, les manoeuvres politiques secrètes qui sous tendent ce conflit; une fois que les criminels de guerre seront démasqués et passés en jugement, le personnage du religieux anglais rejoindra le front;

Ces lectures sont éclairantes;
Il est à souhaiter que cette célébration et mise en mémoire de la guerre de 14-18 soient efficaces et parviennent au public, notamment les jeunes;
Nous faisons volontiers mémoire de la 2ème guerre mondiale; il faut y rajouter la première guerre qui semble tomber dans l'oubli; car les risques de conflit mondial sont toujours présents et nous manquons de lucidité;


Dernière édition par Elisabeth le Dim 8 Déc - 15:48, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 10:28

J'ai parcouru des documents sur la guerre de 14-18, pour me fixer les idées sur ce conflit, dont je me rends compte qu'avec le temps, mes souvenirs se sont effacés;
Étrange guerre que cette guerre, où les déclarations de guerre sont isolées de pays à pays, au sein des grandes alliances; où le carnage se porte géographiquement sur deux pays essentiellement, la France et l'Allemagne, et aussi la Belgique et l'Europe centrale, puis les frontières slaves, et Austro-Italienne; où des paix séparées tentent de se faire, et sont rompues; où des pays entrent en guerre de façon très éloignée des points névralgiques, où les guerres maritimes, aériennes, coloniales ajoutent à la complexité des fronts; où les enjeux de victoire sont multiples, où des régimes politiques telles les monarchies s'effondrent, où des révolutions se font; où les haines sont de tous ordres = philosophiques, économiques, territoriales, revanches, volontés d'expansion, refus d'invasion.....60 millions de combattants 9 millions de morts 20 millions de blessés ! une guerre totale oui, et mondiale, qui a fait basculer le monde dans une époque neuve mais qui sera marquée par la dépression économique, et psychique, là aussi sur le plan mondial;
Cette guerre est une guerre "moderne" hélas.....
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 11:02

Quelle recherche !

De mon côté je suis dans La flûte enchantée ( exposé à présenter au mois de mars puis sortie avec l'AMOPA en avril à l'opéra Bastille.)

Il me semble bien que le dialogue entre le bœuf et l'âne qui accompagne les messages d’Élisabeth vient de Jules Supervielle. Il y a quelques années nous avions donné un concert de Noël et des passages de ce dialogue lus par une comédienne s'intercalaient dans nos chants. Cela nous permettaient de souffler.
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 11:13

Hélène Charpentier a écrit:
le dialogue entre le bœuf et l'âne qui accompagne les messages d’Élisabeth vient de Jules Supervielle
Hélène tu es TRÈS FORTE !!!!! c'est une imitation.....:oops: ( dans laquelle il y a un petit bout de Marcel Aymé ( le boeuf) j'ai inventé l'âne) , mais oui, Supervielle, je l'ai cherché sans le trouver.....

Oui, cette guerre de 14-18 me "tracasse" ...j'ai feuilleté mes "Illustrations" de cette période, que nous sommes "oublieux" .....Il est vrai que 39-45 sont passés par là.....Ça me tracasse, il y a tant de risques de guerre aujourd'hui;

Flûte Enchantée, excellent pour "l'esprit de noël" !! tu viendras nous en parler ?
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 13:40

Voici un extrait du conte de Supervielle.



(…) L'âne se tient à gauche de la crèche, le bœuf à droite, places qu'ils occupaient au moment de la Nativité et que le bœuf, ami d'un certain protocole, affectionne particulièrement. Immobiles et déférents ils restent là durant des heures, comme s'ils posaient pour quelque peintre invisible.L'enfant baisse les paupières. Il a hâte de se rendormir. Un ange lumineux l'attend, à quelques pas derrière le sommeil, pour lui apprendre ou peut-être pour lui demander quelque chose.L'ange sort tout vif du rêve de Jésus et apparaît dans l'étable. Après s'être incliné devant celui qui vient de naître, il peint  un nimbe  très pur autour de sa tête. Et un autre pour la Vierge, et un troisième pour Joseph. Puis il s'éloigne dans un éblouissement d'ailes et de plumes, dont la blancheur toujours renouvelée et bruissante ressemble à celle des marées.  —II n'y a pas eu de nimbe pour nous, constate le bœuf. L’ange a sûrement ses raisons pour. Nous sommes trop peu de chose, l'âne et moi. Et puis qu'avons-nous fait pour mériter cette auréole ?— Toi tu n'as certainement rien fait, mais tu oublies, que moi j'ai porté la Vierge.Le bœuf pense par-devers lui : « Comment se fait-il que la Vierge si belle et si légère cachait ce bel  enfançon ? » (…)Le bœuf et l'âne sont allés brouter jusqu'à la nuit. Alors que les pierres mettent d'habitude si longtemps à comprendre, il y  en  avait  déjà  beaucoup  dans  les champs qui savaient. Ils rencontrèrent même un caillou qui, à un léger changement de couleur et de forme, les avertit qu'il était au courant.II y avait aussi des fleurs des champs qui savaient et devaient être épargnées. C'était tout un travail de brouter dans la campagne sans commettre de sacrilège.  Et  manger sans  commettre  de sacrilège. Et manger semblait au bœuf de plus en plus inutile. Le bonheur le rassasiait.Avant de boire aussi, il se demandait : « Et cette eau, sait-elle ? »Dans le doute il préférait ne pas en boire et s'en allait un peu plus loin vers une eau bourbeuse qui manifestement ignorait tout encore. Et parfois rien ne le renseignait sinon une douceur infinie dans sa gorge au moment où il avalait l'eau. « Trop tard, pensait le bœuf, je n'aurais pas dû en boire. »II osait à peine respirer, l'air lui semblait quelque chose de sacré et de bien au courant. Il craignait d'aspirer un ange. (…)
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 13:41

Very Happy merci, Hélène, je l'ai trouvé !
Voici le conte de Noël de Supervielle =

" (…) L'âne se tient à gauche de la crèche, le bœuf à droite, places qu'ils occupaient au moment de la Nativité et que le bœuf, ami d'un certain protocole, affectionne particulièrement. Immobiles et déférents ils restent là durant des heures, comme s'ils posaient pour quelque peintre invisible.

L'enfant baisse les paupières. Il a hâte de se rendormir. Un ange lumineux l'attend, à quelques pas derrière le sommeil, pour lui apprendre ou peut-être pour lui demander quelque chose.

L'ange sort tout vif du rêve de Jésus et apparaît dans l'étable. Après s'être incliné devant celui qui vient de naître, il peint un nimbe très pur autour de sa tête. Et un autre pour la Vierge, et un troisième pour Joseph. Puis il s'éloigne dans un éblouissement d'ailes et de plumes, dont la blancheur toujours renouvelée et bruissante ressemble à celle des marées.

—II n'y a pas eu de nimbe pour nous, constate le bœuf. L’ange a sûrement ses raisons pour. Nous sommes trop peu de chose, l'âne et moi. Et puis qu'avons-nous fait pour mériter cette auréole ?

— Toi tu n'as certainement rien fait, mais tu oublies, que moi j'ai porté la Vierge.

Le bœuf pense par-devers lui : « Comment se fait-il que la Vierge si belle et si légère cachait ce bel enfançon ? » (…)

Le bœuf et l'âne sont allés brouter jusqu'à la nuit. Alors que les pierres mettent d'habitude si longtemps à comprendre, il y en avait déjà beaucoup dans les champs qui savaient. Ils rencontrèrent même un caillou qui, à un léger changement de couleur et de forme, les avertit qu'il était au courant.

II y avait aussi des fleurs des champs qui savaient et devaient être épargnées. C'était tout un travail de brouter dans la campagne sans commettre de sacrilège. Et manger sans commettre de sacrilège. Et manger semblait au bœuf de plus en plus inutile. Le bonheur le rassasiait.

Avant de boire aussi, il se demandait : « Et cette eau, sait-elle ? »

Dans le doute il préférait ne pas en boire et s'en allait un peu plus loin vers une eau bourbeuse qui manifestement ignorait tout encore.

Et parfois rien ne le renseignait sinon une douceur infinie dans sa gorge au moment où il avalait l'eau. « Trop tard, pensait le bœuf, je n'aurais pas dû en boire. »

II osait à peine respirer, l'air lui semblait quelque chose de sacré et de bien au courant. Il craignait d'aspirer un ange. (…) "


C'est un très beau texte, que je n'avais pas réussi à retrouver.......
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 13:42

Very Happy UN CAS UNIQUE DE TRANSMISSION DE PENSÉE POUR VOUS SUR NOTA BENE
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charpentier hélène
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 13:45

ici on a le lien pour aller sur un blog qui propose l'interprétation suivante.


Jules Supervielle nous entraîne aux débuts de la chrétienté avec un conte poétique débordant d’émotion et présente ces deux animaux comme les précurseurs des deux vocations opposées ou complémentaires des premiers religieux: les ordres contemplatifs et apostoliques.

En ce moment, les personnages secondaires ont la cote: on s’aperçoit souvent que le succès d’un film ou l’intérêt d’une nouvelle reposent sur eux autant que sur le personnage principal. Que serait Zorro sans le sergent Garcia? Que serait la crèche sans le bœuf et l’âne?

Jules Supervielle a souhaité mettre en lumière les deux célèbres animaux de la crèche dans une nouvelle éponyme datée de 1931. Les deux animaux proposent deux vocations religieuses opposées et s‘agacent mutuellement.

Le bœuf est un solitaire. D’un abord effrayant avec ses deux cornes pointues, il n’est pas fait pour la société: incompris, mal à l’aise, il ne sait pas retenir ses émotions (il bave), ne sait pas se comporter dans le grand monde.

Autant l’animal est imposant, autant il souhaite passer inaperçu. Autant il est pesant, autant ses efforts tendent à ne rien déranger. Il est torturé en permanence à la simple idée de gêner. Il est dans un doute perpétuel sur le bien fondé de chacune de ses actions ou sur son mérite.

Complexé par son apparence et ses capacités, il est en admiration devant ceux qui l’entourent. Il est émerveillé par la création divine: L’habileté de Joseph, la couleur et l’éclat de la paille sont pour lui autant de miracles. C’est un contemplatif, qui n’a nul besoin d’être en lumière ou de reconnaissance pour ses actions.

Le bœuf aime que chacun soit à sa place. Le protocole a son importance. Le bœuf construit la première chapelle: une brindille et quelques brins de paille figurant l’enfant qu’il n’ose adorer directement, il est naturellement humble.  Il estime particulièrement l’un des rois mages qui efface jusqu’aux traits de son visage pour mieux refléter l’enfant divin: ainsi les cisterciens trappistes perdent-ils leur identité pour n’être plus qu’adorateurs.

Il est empli d’une telle déférence pour le sacré qu’il préfère rendre des services indirects. De même, il ne peut s’adresser directement à Dieu, il lui faut un truchement: musique sacrée par exemple.

Le silence du bœuf est riche de sens. On pense aux ordres religieux imposant des temps de silence comme les Clarisses. Empli de son adoration, il ne ressent pas d’autre besoin et se passerait volontiers de boire et de manger. C’est un ascète. Les privations et la faiblesse qui en résulte le rendent sujet aux visions.

Il se mortifie en restant sur un seul genou au point d’en faire une plaie et on pense aux frères flagellants. Il sacrifie sa vie inutilement, uniquement pour témoigner de sa foi et on pense aux premiers chrétiens dans l’arène.

Il sera laissé seul, inutile, oublié, incompris. L’aventure continuera sans lui. On pense aux couvents et monastères clos, en marge de la vie sociale.

L’âne au contraire de son compagnon attire la sympathie avec ses douces oreilles. Il sait trouver les arguments, cherche déjà à instruire les enfants: on pense aux Jésuites.

L’âne est plus pragmatique, il accepte la vie comme elle est. Peu compatissant pour les souffrances du bœuf, il cherche surtout à être en bonne place et, aucunement intimidé, est pleinement conscient de son importance. C’est un courtisan.

Il n’hésite pas à tourner l’enfant de son côté, profitant d’un moment d’inattention de la Vierge. Entendons par là qu’il n’hésite pas à modifier certains aspects sacrés à son avantage.

L’âne agit: il est celui qui porte la Vierge et l’enfant. On pense aux nombreux ordres religieux qui se consacrent à l’éducation ou aux soins aux démunis ou aux malades: les jésuites, les hospitaliers… Il a choisi la voie apostolique.

Le type de prière et leur objet marquent clairement la différence.

La prière de l’âne est une liste de réclamations: il prie pour obtenir plus de sécurité, il remet en question les choix divins le concernant, son apparence, les difficultés de sa vie.

La prière du bœuf est une action de grâces. Il se sent souvent proche de l’extase. Se sentir proche de Dieu suffit à son bonheur.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

En fait, je n'aurais peut-être jamais connu ce conte si notre chef de chœur, qui fut aussi instituteur et prof de lettres n'avait pas eu l'idée de l'incorporer à notre concert. Comme je connaissais un peu Supervielle, j'avais été d'autant plus attentive. Vers l'âge de 20 ans j'avais lu L'enfant de la haute mer et La jeune fille à la voix de violon à ma jeune sœur, ma cadette de 11 ans. Elle m'a confié des années plus tard combien ces deux contes l'avaient enchantée.


Dernière édition par charpentier hélène le Sam 7 Déc - 14:08, édité 6 fois
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 13:46

Very Happy Génial, merci, Hélène.....
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 15:26

Ces deux thèmes me ramènent à un épisode de la guerre celui du "noël de la fraternisation"

Il y eut plusieurs épisodes de fraternisation sur les lignes de front = les hommes désespérés et exténués, à plusieurs reprises, cessèrent le feu, notamment à Noël et également à Pâques; les états majors s'employèrent à rompre ces fraternisations, et pourtant....

La Trêve de Noël est un terme utilisé pour décrire plusieurs et brefs cessez-le-feu non officiels qui ont eu lieu pendant le temps de Noël et le Réveillon de Noël entre les troupes allemandes, britanniques et françaises dans les tranchées lors de la Première Guerre mondiale, en particulier celles entre les troupes britanniques et allemandes stationnées le long du front de l'Ouest en 1914, et dans une moindre mesure en 1915. En 1915, il y eut une trêve de Noël similaire entre les troupes allemandes et françaises. En 1915 et 1916, une trêve eut aussi lieu à Pâques sur le front de l'Est.

Les soldats du front occidental étaient épuisés et choqués par l'étendue des pertes humaines qu'ils avaient subies depuis le mois d'août. Au petit matin du 25 décembre, les Français et les Britanniques qui tenaient les tranchées autour de la ville belge d'Ypres entendirent des chants de Noël (Stille Nacht) venir des positions ennemies, puis découvrirent que des arbres de Noël étaient placés le long des tranchées allemandes. Lentement, des colonnes de soldats allemands sortirent de leurs tranchées et avancèrent jusqu'au milieu du no man's land, où ils appelèrent les Britanniques à venir les rejoindre. Les deux camps se rencontrèrent au milieu d'un paysage dévasté par les obus, échangèrent des cadeaux, discutèrent et jouèrent au football le lendemain matin. Un chanteur d'opéra, le ténor Walter Kirchhoff, à ce moment officier d'ordonnance, chanta pour les militaires un chant de Noël. Les soldats français ont applaudi jusqu'à ce qu'il revienne chanter.
Ce genre de trêve fut courant là où les troupes britanniques et allemandes se faisaient face, et la « fraternisation » (il s'agit plus d'une trêve de fait qu'une fraternisation volontaire) se poursuivit encore par endroits (notamment on prévient l'autre camp de se protéger des bombardements d'artillerie ou on pratique des trêves pour pouvoir enterrer ses morts) pendant une semaine jusqu'à ce que les autorités militaires y mettent un frein.
Il n'y eut cependant pas de trêve dans les secteurs où seuls des Français et des Allemands s'affrontaient.
La trêve s'est déroulée à Frelinghien (principalement) où une plaque commémorative est érigée lors d'une cérémonie le 11 novembre 2008.

Malgré la destruction des photos prises lors de cet événement, certaines arrivèrent à Londres et firent la une de nombreux journaux, dont celle du Daily Mirror, portant le titre An historic group: British and German soldiers photographed together le 8 janvier 1915. Aucun média allemand ou français ne relate cette trêve.

L'État-major fait donner l'artillerie pour disperser les groupes fraternisant les jours suivants et fait déplacer les Unités « contaminées » sur les zones de combat les plus dures. Sur le front de l'Est, les conséquences sont plus graves : la répression des fraternisations du côté russe entraîne des mutineries et concourt à la décomposition du front russe.

UN ARTICLE DANS LA VOIX DU NORD LORS DE LA COMMEMORATION


"Anglais, Allemands, Belges et Français commémorent la trêve de Noël 1914 - La Vie des Communes - Nord
PUBLIÉ LE 13/11/2008 À 04H58 "


" Le village a vécu une journée historique, mardi, avec l'inauguration de la stèle qui marque le lieu de la trêve de Noël 1914 entre soldats anglais et allemands.


Cette stèle porte les blasons des régiments Royal Welsh Fusiliers et Jäger Bataillon qui combattaient à Frelinghien en 1914 et qui ont fait une trêve au moment de Noël. Les historiens locaux et étrangers ont établi l'histoire de cet événement (notamment par des recherches au Pays de Galle) et sa localisation. Avec les familles des militaires concernés à l'époque, ils ont souhaité marquer l'emplacement de cette fraternisation, de l'échange de cadeaux et du célèbre match de football. Penelope Fillon, l'épouse du Premier ministre, avait été invitée en raison de ses origines galloises. Elle a suivi toute la cérémonie avec les délégations militaires, les associations d'anciens combattants anglais, allemands, belges et français, les associations locales et de nombreux habitants. Après la messe, un impressionnant défilé s'est rendu sur les lieux de l'ancien front de combats (près du club hippique) où a été érigée la stèle. L'après-midi, les délégations militaires présentes ont reconstitué le match de football entre soldats anglais et allemands, sans omettre l'échange de bière et de cadeaux. •"



Un film sur ce beau sujet Joyeux Noël
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 18:34

C'est un film que j'ai l'habitude de faire voir à mes élèves. Il est très beau en effet.
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 18:54

Oui, tu dois les passionner avec ce film; je n'en ai vu qu'un extrait; mais j'avais vu un téléfilm sur ce même sujet, dont j'ai oublié le titre;
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 7 Déc - 20:40

Élisabeth est revenue si habilement au fil conducteur après la parenthèse Supervielle que Lydia ne m'a même pas rappelée à l'ordre !Smile 
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Dim 8 Déc - 5:40

Very Happy Chère Hélène, c'était si joli, cet "esprit de noël" dans la guerre....! Lydia a dû comprendre qu'on "saupoudre" tous les fils "d'esprit de noël" .....
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Dim 8 Déc - 14:18

Oh, Hélène, j'ai l'impression parfois de passer pour une vilaine sorcière ! Ta parenthèse se prêtait aux propos. Et puis, comme le dit Elisabeth, la magie de Noël peut intervenir aussi un peu !
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Dim 8 Déc - 14:25

Lydia a écrit:
Oh, Hélène, j'ai l'impression parfois de passer pour une vilaine sorcière
OH ! meuh non, ma Lyli !    Hélène taquinait.....

[ PETITE HISTOIRE DRÔLE ]

j'ai mis des liens; or, voilà qu'après avoir réussi à en mettre dans la comtesse de Ségur, plouf ! plus moyen d'y arriver....C'est à 5 heures ce matin que j'ai définitivement compris = dans le clic droit dans le menu, je ne cliquais pas sur la bonne chose à faire "copier le lien" mais sur autre chose...là j'ai enfin tout compris.... 
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Dim 8 Déc - 15:23

Mais je le sais bien Elisabeth ! Wink 

Bon, l'essentiel, c'est que tu aies compris pourquoi tu n'y arrivais pas !
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Dim 8 Déc - 15:36

   
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