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la première guerre mondiale en littérature.

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charpentier hélène
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Dim 29 Déc - 9:59


L'humoriste Pierre Dac a été marqué par la première guerre mondiale. je ne sais plus si je vous ai communiqué le compte-rendu de cette conférence.

Conférence au lycée Oehmichen  à Châlons en Champagne le mardi 20 avril 2010.
Un châlonnais célèbre : Pierre Dac, par Monsieur René Doucet.


Présentation du conférencier.

Il s’agit de Monsieur René Doucet, ancien directeur de l’ENSAM de Châlons, premier adjoint au maire et chargé des affaires culturelles et du patrimoine. Il précise qu’il a été également professeur agrégé de lettres au lycée Oehmichen de 1973 à 1986.


Il est précisé en préambule que l’ensemble de la vie du grand humoriste n’est pas nécessairement connu. Pierre Dac est un être complexe, resté modeste et qui a eu des moments sombres dans une existence assez tourmentée .Ce fut aussi un grand patriote et un grand résistant récompensé par plusieurs distinctions.

Enfance et scolarité.

André Isaac pour l’état-civil, est né à Châlons le 15 août 1893 au 70 de la rue de la Marne. Son père Salomon Isaac était boucher. Sa famille maternelle, la famille Kahn, était une famille juive qui avait choisi de quitter  l’Alsace après la défaite de 1870 pour s’installer au chef lieu de notre département. Ses parents auront deux  garçons : Marcel et André. André Isaac n’a pas vécu longtemps  dans cette ville  qu’il a quitté à l’âge de trois ans, mais il y est revenu régulièrement  pour rendre visite à ses grands- parents.  
Son père très patriote, élève ses fils dans le respect et l’attachement au pays. Le jeune André subit deux influences qui marqueront sa vie : celle de son grand- père qui nourrit une aversion profonde envers les Prussiens et celle de son père, qui avait un goût prononcé pour le comique et qu’il saura transmettre à son fils.
A l’école André est doué pour le  français, la musique et le violon en particulier. Un problème majeur est sa timidité maladive qui lui fait perdre ses moyens devant ses professeurs.
En 1906 il entre au lycée Colbert dont il sera mis à la porte en 1908 pour avoir accroché un hareng saur dans le dos de son professeur de maths. Il n’est pas non plus persuadé de ses dons de violoniste.

Une jeunesse marquée par la première guerre mondiale.

En août 1914 il est incorporé et fait preuve d’un grand enthousiasme patriotique et aussi d’une grande témérité au combat, ce qui peut paraître paradoxal en raison de sa timidité dans la vie de tous les jours. Devant ses camarades soldats il n’hésite pas à faire des pitreries afin de les distraire. Il sera sanctionné par sa hiérarchie pour insubordination car il parodie ses supérieurs. Il a l’occasion d’assister à un spectacle de chansonniers, élément qui sera probablement à l’origine de sa vocation.
En juin 1915 il est blessé au bras gauche par un éclat d’obus, ce qui marquera la fin de sa carrière de violoniste. Apprenant la mort de son frère Marcel, élément ô combien tragique, il demande  à repartir au combat. En 1916 il est à Douaumont et en 1917 à Ypres où il est à nouveau blessé par un éclat d’obus  à la cuisse et atteint de plusieurs brûlures au crâne  qui lui vaudront de rester en convalescence jusqu’à l’armistice.

 Le désarroi de l’après-guerre et les débuts difficiles.

Il sort très pessimiste de ce conflit et ne sait que faire de sa vie. Il va exercer une suite de petits métiers : représentant de commerce pour de nombreux produits, mais en raison de sa grande timidité il fait preuve d’une totale inefficacité, va d’échec en échec et doit abandonner cette brève carrière. Il entre alors dans la compagnie G7 comme chauffeur de taxis à Paris. Malheureusement il n’a aucun sens de l’orientation, oublie les noms de rues et percute un jour un réverbère place des  Invalides, ce qui terminera également  cette carrière éphémère. Il déclare aux religieuses transportées dans son véhicule : « Mes sœurs, les voies du seigneur sont impénétrables mais les nôtres s’arrêtent ici. »
Il n’a pas non plus beaucoup de chances dans sa relation avec les femmes .Il éprouve une grande passion pour plusieurs d’entre  elles, mais ne sait jamais comment déclarer sa flamme. Il fera même une tentative de suicide car un poème adressé à sa bien aimée n’aura pour effet que de la faire rire. Il rencontrera cependant une compagne compréhensive et connaîtra une vie de couple durable et heureuse. Vers 1920 il fréquente les cabarets de Montmartre. Il passe une ou deux auditions soldées toujours par un échec. Il passe un jour dans un cabaret de la Commune libre de Montmartre. Son spectacle consiste surtout à débiter d’étranges maximes comme
« Les meilleurs moments dans la vie à  deux, c’est quand on est seul »
Il invente pour ainsi dire un nouveau type d’humour, basé sur le calembour, l’absurde et le loufoque forme emphatique de « louf » signifiant » le fou » dans le louchébèm, argot, des bouchers.

En 1922, il obtient enfin un contrat dans le cabaret de « La vache enragée. » après avoir bredouillé au directeur des maximes tournant en dérision l’absurde  et les paradoxes insolites de la vie quotidienne par un travail sur les mots. Il se définit comme un chansonnier d’actualité, d’où son pseudonyme de Pierre DAC. Il passe de cabaret en cabaret, publie dans différentes revues, mais il reste malgré tout très solitaire.  Se démarquant des chansonniers de l’époque, il ne se contente pas de fournir au jour le jour un article satirique sur l’actualité. Au contraire, il travaille beaucoup, exploite les richesses et les subtilités de la langue, tout en gardant le recul qui lui est propre, ce qui lui inspire peut  être la maxime suivante :

« Celui qui part de zéro pour n’arriver à rien, n’a de merci à dire à personne »

Le succès des années Trente à la radio.

Il se refuse à toute confidence sur sa vie privée bien qu’il soit très sollicité par les journalistes. Il rédigera une notice biographique, naturellement humoristique, pleine d’humour absurde et de jeux de mots.
Au début des années trente  il va participer à la grande aventure de la radio  et sera à l’origine de la création de Radio Cité qui insufflera  un nouveau ton radiophonique. Il crée « l’Académie des travailleurs du Chapeau »  qui se transformera en «  Club des Loufoques. »
En 1937, avec Rauzéna, il anime l’émission « La Course au Trésor » qui consiste à trouver les objets les plus insolites possibles dans des conditions farfelues. En mai 1938 il lance le journal  « L’os à moelle » avec de nombreux collaborateurs, dont Robert Rocca et le dessinateur Jean Effel. Les rubriques sont celles d’un hebdomadaire normal mais le contenu est cocasse : reportage sur la foire à la patte- mouille, interview de l’eau d’une piscine et des petites annonces parodiant les offres d’emploi comme :
« Demande cheval sérieux, connaissant bien Paris, pour faire seul les livraisons »
Le grand succès de « L’os à moelle » fait naître un phénomène de mode : on porte alors un os en  bakélite  
à la boutonnière.

  Le combat d’un humoriste dans la tourmente de la seconde guerre.

En 1938 Pierre Dac est mobilisé durant quelques semaines .Il s’abstient de toute prise de position politique, mais elle transparaît si on sait lire ses textes entre les lignes ;
Il doit fuir Paris et se réfugie en Bourgogne avec  sa compagne. De là il se rend à Toulouse, y retrouve d’autres chansonniers et rejoint » Le théâtre des Deux Anes », situé en zone libre ; Il tente de rejoindre Londres en passant par l’Espagne, mais repéré par le régime franquiste, il est arrêté et emprisonné à Barcelone jusqu’en juillet 1942. Extradé en France il passe devant un tribunal qui ne le condamne qu’à un mois de prison et 1000 francs d’amende, ceci grâce à un magistrat très compréhensif, et non acquis aux thèses pétainistes. A Toulouse il vit dans la clandestinité, repart pour l’Espagne  avec un faux passeport au nom de Pierre Duval. A nouveau arrêté il est transféré au Portugal, gagne ensuite Alger d’où il s’embarque pour Londres.
Dès son arrivée il intervient sur  Radio Londres et y jouit d’un succès considérable, ce qui lui vaut les attaques acerbes de Radio Paris, l’accusant d’être un apatride. Une polémique naît sur les ondes de Radio Londres avec Philippe Henriot, né à Reims et figure emblématique de la collaboration. Pierre Dac répond par une lettre brève et cinglante où il exprime le dévouement de sa famille et le sacrifice de son frère à la France . Voir le lien ajouté plus en bas de ce compte-rendu. Philippe Henriot sera exécuté par des résistants peu après.
Sa femme, restée à Paris est arrêtée.
Il continue son action sur Radio Londres jusqu’à la libération et rencontre le général De Gaulle qui lui exprime sa gratitude. Son humour a permis aux auditeurs de garder le moral. Il devient sous lieutenant

L’après-guerre et la rencontre de Francis Blanche.

Nommé correspondant de guerre, il réalise ensuite dans l’Allemagne libérée des interviews d’anciens collaborateurs du régime nazi .Il relance un journal  « L’os libre » mais qui ne connaîtra pas le succès de son prédécesseur «  L’os à moelle ». Un peu oublié il a tendance à se renfermer sur lui-même .Il regrette les excès de l’épuration, critique  les résistants de la dernière heure. A partir de fin 1947 il fonde une nouvelle revue intitulée « Le droit d’en rire ». C’est en 1949 qu’il rencontre Francis Blanche et crée avec lui « Le parti d’en rire », l’émission « Furax » et le feuilleton «  Malheur aux barbus ». L’émission « Furax », devenue « Signé Furax » sera reprise sur Europe 1.Il retrouve alors la célébrité  dès les années 50, mais malgré ce succès il sombre dans la dépression et fera plusieurs tentatives de suicide. Il reprend des activités en 1961et surmonte la maladie.. Il rencontre l’équipe des «Branquignoles » crée le MOU, Mouvement Ondulatoire  Unifié, avec Jean Yanne et Goscinny et renoue avec le succès. Le MOU soutient sa candidature à la présidentielle de 1965 mais, à la demande de l’Elysée, il retire sa candidature. Très affecté par la mort de Francis Blanche en 1974, il meurt l’année suivante, le 9 février 1975 d’un cancer du poumon  à l’âge de 82 ans.
Son neveu dira : « Il est mort d’un manque de savoir-vivre »
La presse ne manquera pas de lui rendre hommage. Plusieurs biographies et études lui sont consacrées en particulier celle de Jacques Pessis : « Pierre Dac, mon maître 63. » chez François Bourin en 1992 et réédité en 2005 aux éditions du Cherche midi.  
Châlons en Champagne, sa ville natale, ne l’a pas oublié.
Voici le lien où Pierre Dac répond à Philippe Henriot.

http://tde.typepad.com/thierry_do_blog/2010/08/frere-pierre-dac.html
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Dim 29 Déc - 10:19

Hélène, c'est passionnant ! et très très sympathique ! comme beaucoup, j'adorais Pierre Dac, que je connaissais pas du tout, je découvre ! merci !
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mer 8 Jan - 14:32

On trouve aussi une évocation de la Guerre de 14-18 dans l'ouvrage d'Agatha Christie " A biography" , notamment, l'atmosphère en Angleterre avant la guerre et à la déclaration de guerre;
Agatha Christie, évoque les rumeurs de guerre, qui circulaient dans les milieux proches de l'armée et du gouvernement; ces rumeurs n'avaient aucune effet sur le grand public et l'homme de la rue; elle écrit =
"La guerre nous paraissait absolument improbable et irréelle; nous n'avions pas été en guerre directement depuis au moins 50 ans; comment pourrions-nous être en guerre ? Lorsqu'un archiduc fut assassiné dans les Balkans, cela nous parut très lointain et de peu d'importance, de toutes façons, on assassinait dans les Balkans, tout le monde le savait; Et soudain, la Guerre fut là, nous étions en guerre, l'Angleterre était en guerre;"
Le fiancé d'Agatha Christie qui est officier dans l'armée de l'air est mobilisé immédiatement; il savent tous les deux que l'aviation va ouvrir les hostilités et que l'aviation allemande est supérieure en effectifs, armement, puissante et bien entraînée; ils s'attendent à ce que le colonel Archibald Christie soit au nombre des victimes; ils se marient donc la veille de Noël 1914, très rapidement, après des hésitations de la part d'Archie, qui redoute de laisser une veuve et un enfant; Archie aura très peu de permissions, quelques jours par an; il parle très peu des assauts;
De son côté, Agatha s'engage dans les hôpitaux comme infirmière, puis fait son apprentissage de pharmacienne; vers la fin de la guerre, son mari est muté à terre, puis transféré au ministère et ils s'installent à Londres;
Agatha aura eu le temps, inspirée par ses études de pharmacienne d'écrire son premier roman "La mystérieuse affaire de Styles" et d'inventer son personnage de détective Hercule Poirot, un réfugié belge, inspiré par les réfugiés belges;
Elle parle avec froideur et sans pathétique de cette période, ce qui cependant laisse à penser que ce fut une période difficile, compensée pour partie par l'insouciance de la jeunesse; ils sont âgés d'un peu plus de 20 ans;
Enfin, elle évoque, l'hystérie des gens lors de la victoire et lors de la fin de la guerre dans les rues; son ton est celui de l'étonnement; pourtant directement concernée par la guerre, elle l'évoque comme un passé qui n'a pas été malheureux ni tragique il faut y voir "l'understatement" britannique;





Dernière édition par Elisabeth le Jeu 9 Jan - 15:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mer 8 Jan - 18:05

Je ne crois pas l'avoir dans mes nombreux Agatha Christie celui-ci.
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mer 8 Jan - 18:25

Je ne sais pas si je me suis bien exprimée, c'est sa Biographie ( ses Mémoires, donc) écrite par elle-même; c'est paru après sa mort; notamment, elle garde le silence complet sur sa fameuse "disparition";
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mer 8 Jan - 18:51

Si, si, j'avais bien compris !
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mer 8 Jan - 19:02

Ah, excuses moi, je ne sais plus si j'étais très claire en disant "l'ouvrage" ! c'est très agréable à lire;
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mer 8 Jan - 19:54

Il faudra que je regarde dans mon tas de bouquins !
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Jeu 30 Jan - 15:49

Je rajoute ici un reportage sur Tardi, dessinateur de BD, dont j'ai évoqué l'oeuvre plus haut dans ce fil;
Il est rare de voir la guerre de 14-18 en BD;
Tardi est à l'honneur, il ouvre le Festival de la bande dessinée d’Angoulême, dont la réputation n'est plus à faire, avec cette oeuvre, une façon de faire Mémoire, jusque dans la BD  

                                                                                       

L’exposition phare du 41e Festival est aussi un événement d’actualité : Tardi et la Grande Guerre donne le coup d’envoi des commémorations du centenaire de 14-18, tout en célébrant l’un des plus grands auteurs de la bande dessinée contemporaine.
                       
                                                           
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Jeu 30 Jan - 15:52

Voici l'article du commissaire de l'exposition

" Hanté depuis toujours, à travers son histoire familiale et son parcours d’artiste, par la dimension effroyable de la Guerre de 1914 – 1918, cette « Grande Guerre » qui devait être la « Der des der » pour tout ceux qui l’avaient vécue dans leur chair ou même seulement approchée, Jacques Tardi a commencé voilà presque quarante ans à en faire la matière d’une partie significative de son oeuvre. Son intérêt pour le sujet ne s’est jamais démenti depuis. Unanimement salués par les historiens pour la justesse du témoignage et la rigueur de la représentation, ses albums C’était la guerre des tranchées ou plus récemment Putain de guerre ! avec Jean-Pierre Verney, consacrés par un très large public, font aujourd’hui figure de repères majeurs de la bande dessinée d’expression française.
De nombreux autres ouvrages de Tardi, tout au long de son itinéraire d’auteur, font également référence de manière plus lapidaire ou fugace à la Première Guerre mondiale – sans oublier les nombreuses illustrations qu’il a consacrées à ce sujet au fil des années.
Ambitieuse par son propos comme par la quantité de documents originaux auxquels le public pourra ainsi avoir accès, l’exposition monographique que présente le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême explore l’univers de la Grande Guerre tel que l’a observé et raconté Jacques Tardi. Inaugurée fin janvier 2014 dans le cadre de sa 41e édition, cette grande exposition lance symboliquement les commémorations du centenaire de la Guerre 1914 - 1918.
La Première Guerre mondiale est présente dans l’oeuvre de Jacques Tardi depuis les origines, ou peu s’en faut. Le dessinateur, amusé et narquois, se souvient encore d’un récit court sur ce thème proposé il y a bien longtemps à René Goscinny, à l’époque héroïque de l’hebdomadaire Pilote, et refusé par ce dernier au motif que l’évocation qu’y faisait Tardi des militaires, évidemment peu flatteuse, aurait été « démoralisante » pour le jeune lectorat du magazine comme pour les adultes chargés de son éducatio
n…"

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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Jeu 30 Jan - 20:44

Il faudra que je le lise !
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Jeu 13 Mar - 14:16

Je signale que un quotidien ( je crois que c'est le Monde, ou alors, le mensuel Lire) publie tout un exemplaire au sujet des écrivains de la "Grande" guerre;
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mar 1 Avr - 13:44

Voici - plus original- encore un écrivain inspiré par la grande guerre = Thierry Bourcy;



Thierry Bourcy est scénariste et réalisateur.
Il a créé le personnage de Célestin Louise qu’il entraîne dans des enquêtes faisant revivre avec force et émotion la période tragique de la guerre de 14-18. Toutes les enquêtes de Célestin Louise sont publiées par Nouveau Monde Éditions.
[ copié-collé]

Célestin Louise, flic et soldat dans la guerre de 14-18, de Thierry Bourcy
« J’avais pensé au départ m’inspirer de l’esprit d’Arsène Lupin, dont les aventures ont bercé mon
adolescence, mais très vite l’horreur des scènes que je découvrais a chassé cette idée. Célestin
Louise, ni gentleman, ni cambrioleur, mais flic d’origine modeste, va porter sur la guerre et ses
atrocités un regard qui, au fil des enquêtes, deviendra de plus en plus désabusé, sceptique,
mais jamais cynique. »
Des tranchées boueuses aux hôpitaux de campagne, du feu de la mitraille aux embusqués de
l’arrière, de la première ligne aux provinces endeuillées loin du front, le soldat Célestin Louise
mène l’enquête alors qu’autour de lui le monde s’écroule.


L'interview
Comment est né le personnage de Célestin Louise ? Ses aventures se prolongeront-elles au-delà de la Grande Guerre ?
Célestin Louise est né de la demande d’un éditeur, mon éditeur originel, les éditions du Nouveau Monde, à la suite du téléfilm que j’avais écrit pour France 2 et Arte, La Tranchée des espoirs, téléfilm réalisé par Jean-Louis Lorenzi, avec qui je l’ai co-écrit. C’est un téléfilm qui traitait d’un épisode de fraternisation pendant la Guerre de 14, à la toute fin de la guerre, en 1918. A la suite de ce joli téléfilm, qui a bien marché d’ailleurs, les éditions du Nouveau Monde m’ont proposé d’écrire un roman historique sur cette même époque.
Au cours du scénario m’avait traversé l’idée d’un flic. Je ne peux pas vous dire d’où vient cette idée. J’étais en train d’écrire une scène et je me suis dit « Tiens, ce serait marrant un flic qui ferait des enquêtes policières dans les tranchées ! ». Et puis l’idée est repartie. Mais c’était sans doute une bonne idée puisqu’elle est finalement restée dans un coin de ma tête. Et quand Yannick Dehée m’a proposé d’écrire un roman historique, j’ai eu l’idée d’un polar historique, de reprendre cette idée d’un flic. Il n’avait pas de nom à l’époque et j’ai pris le nom de mon grand-père paternel, Célestin. Je l’avais appelé Célestin Louis au début. Puis finalement je l’ai féminisé un peu, en quelque sorte, en ajoutant un « e » à son nom. Ça a donné Célestin Louise. Il est donc né ainsi : d’une divagation pendant l’écriture d’un scénario !
Quant à prolonger ses aventures au-delà de la Grande Guerre, je ne le pense pas. Je suis en train de réfléchir au 6e tome, qui va se passer en 1919, donc en quelque sorte après la guerre, mais dans la mouvance de la guerre, ce sera la dernière histoire de ce cycle*.
Pourquoi avoir choisi la Grande Guerre comme toile de fond et le roman policier comme genre pour l’évoquer ? (Aurélie S., Châteauroux)
Parce que j’étais très documenté sur cette période à l’issue de l’écriture de La Tranchée des espoirs. Donc c’est l’initiative d’un éditeur qui m’a poussé à approfondir et à développer l’écriture romanesque dans cette période. Quant au côté policier, j’avais eu cette idée. Je suppose que c’est plus facile de s’abriter derrière un policier. Ça permet d’être à l’abri en quelque sorte, de moins se dévoiler en tant qu’auteur.

Comment vous êtes-vous documenté sur cette période de l’histoire ? Et quels romans en particulier avez-vous lus ?
La documentation est d’abord passée par des photos car, effectivement, c’était pour un téléfilm au départ. Les photos m’ont beaucoup inspiré. Donc j’en ai vu des milliers, dans des revues, dans des livres et même dans des stéréoscopes qu’on m’a prêtés. J’ai vu beaucoup de photos de cette époque. C’était la première chose dont je me suis vraiment imprégné. J’ai besoin de travailler comme ça, par le visuel, ce qui m’a permis après d’imaginer les décors, de bien voir où se passait l’histoire. Ensuite, il y a eu bien sûr les romans. Il y a les écrivains de guerre, c’est-à-dire ceux qui ont vraiment participé à la guerre. J’ai lu bien sûr Les Croix de bois de Roland Dorgelès [Albin Michel, NDLR], Le feu d'Henri Barbusse, livre qui m’a beaucoup marqué, Orages d’acier, d’Ernst Jünger [Le Livre de Poche, NDLR], A l’ouest rien de nouveau, d’Erich Maria Remarque [Le Livre de Poche, NDLR], bien sûr et La main coupée, de Blaise Cendrars. J’ai lu des romans plus récents, Cris, de Laurent Gaudé [Actes Sud, NDLR], qui est un très beau livre, avec une très belle écriture et le livre d’Alice Ferney dont je n’ai plus le titre en tête [Dans la guerre, d’Alice Ferney, Actes Sud, NDLR], l’histoire d’un soldat avec son chien, très beau livre aussi. Qu’est-ce qui me vient à l’esprit encore ? Léon Werth, très belle écriture, un peu plus incisive, plus critique à l’égard des officiers, dans Clavel chez les majors [Viviane Hamy, NDLR], un livre que je conseille vraiment, belle écriture. Voilà grosso modo le premier corpus de romans sur lequel je me suis appuyé.
J’ai lu des ouvrages de documentation aussi, comme celui de Pierre Miquel sur Les Poilus [Plon, NDLR], ou un recueil d’articles d’Audoin-Rouzeau, sur différents aspects de la guerre. C’était très intéressant. J’ai lu pas mal d’articles aussi dans des revues diverses. J’ai retrouvé des bouquins chez les bouquinistes, sur les instruments de musique dans la guerre par exemple. Et puis alors bien sûr, le très joli Découvertes Gallimard [La Grande Guerre, d'Annette Becker et Stéphane Audoin-Rouzeau, NDLR], qui est très bien fait, avec une iconographie magnifique. Donc je me suis appuyé sur tous ces livres et aussi, ce qui m’a énormément servi, des Mémoires. Il y a le fameux Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier 1914-1918 [La Découverte, NDLR], qui est devenu presque un classique dans les Mémoires de 14. Il y a un vrai style, c’est un tonnelier qui écrivait très bien ! Et puis j’ai lu les Mémoires d’un artilleur [par Édouard Lapène, Éditions du Quotidien, NDLR], parce que la guerre des artilleurs était très différente de celle des fantassins. Ce sont des livres un peu plus confidentiels, un peu plus difficiles à trouver. Les Mémoires d’un lieutenant également, un type qui a fait l’École normale, rue d’Ulm et qui a été mobilisé. Il y a aussi les Mémoires d’un fantassin aux Éditions Mille et une nuits. J’ai lu des correspondances également, recueillies par Nicolas Offenstadt [« Si je reviens comme je l'espère » : Lettres du front et de l'arrière, 1914-1918, Grasset, NDLR], toute une famille avec trois frères, qui sont sur le front, une sœur qui travaille à Paris, les parents, tout un réseau de lettres entrecroisées. J’ai lu des documents privés qu’on m’a prêtés aussi, des gens qui retrouvaient des Mémoires de leurs propres grands-parents. Puis quelques journaux d’époque comme L’Illustration. Je me méfie beaucoup des journaux, car il y avait de nombreux articles de propagande, mais ils donnent quand même un reflet de l’ambiance de l’époque.
J’ai relu les cent premières pages de Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline, car évidemment ça parle de Paris pendant la guerre. Ça m’a servi surtout pour le deuxième volume [L'arme secrète de Louis Renault, NDLR]. J’ai lu une biographie de Louis Renault également. En fait, chacun de mes livres m’a amené dans des directions différentes. J’ai lu plusieurs livres spécifiques pour chacune des aventures de Célestin Louise. J’ai relu quelques Arsène Lupin aussi, en particulier L’éclat d’obus [de Maurice Leblanc, Les Éditions de Londres, NDLR]. Voilà, je crois que j’ai fait à peu près le tour ! Ah non, il y a six ou sept films également, un peu incontournables comme A l’ouest rien de nouveau, de Lewis Milestone, Les sentiers de la gloire, de Stanley Kubrick, Quatre de l’Infanterie, de Georg Wilhelm Pabst, Les Croix de bois [de Raymond Bernard, NDLR], un très joli film italien de Francesco Rosi, Les hommes contre. J’ai vu un ou deux documentaires, l’un anglais, sur la tranchée, l’autre français, sur tous les objets que les soldats y fabriquaient. Et puis les films de Bertrand Tavernier, La vie et rien d’autre et Capitaine Conan essentiellement. J’ai écouté des musiques d’époque aussi.
Quels livres et/ou films conseilleriez-vous aux élèves pour compléter leurs connaissances sur la Première Guerre mondiale ?
Je dirais que Les Poilus, de Pierre Miquel, c’est bien en termes de documentation historique. En termes romanesques, ça reste Le feu, de Barbusse, que je trouve le plus incroyable, le plus fort. Après, A l’ouest rien de nouveau est bien, c’est le côté allemand. Dans le genre « beau style », il y a quand même Jünger. Cendrars… c’est Cendrars ! S’il s’agit vraiment de se documenter sur l’époque, est-ce que Cendrars a dit toute la vérité ? Est-ce qu’il n’a pas enjolivé les choses ? On ne peut pas savoir. C’est flamboyant, c’est magnifique, donc je le conseillerais d’un point de vue romanesque.
En tout cas, je dirais Pierre Miquel et Le feu d'Henri Barbusse d’abord. Et après, ceux que j’ai cités précédemment.

Comment la guerre a-t-elle fait évoluer le personnage de Célestin Louise ? Est-il représentatif des policiers de son époque ?
La guerre a fait évoluer Célestin d’une manière « moderne » en fait. C’est un flic au départ. Il va découvrir cette boucherie et prendre ses distances, par rapport au commandement d’abord, car il se rend compte qu’il y a des choses qui ne vont pas. Il va prendre ses distances, ensuite, car c’est un homme d’origine modeste, qui réalise qu’il n’y a que les pauvres qui se font tuer là. Il n’y a pas beaucoup de bourgeois et d’aristocrates dans les tranchées. Donc ça va lui donner aussi un retour un peu social. Puis il va prendre des distances par rapport à ce gigantesque massacre qu’est la Guerre de 14. Donc il va se décaler et devenir de plus en plus, je ne dirais pas cynique, mais sombre, au fur et à mesure des aventures. Et c’est pour ça que je veux faire une dernière histoire où il va carrément quitter et la police et la France. Un homme marqué par quatre ans de guerre et d’horreurs ne peut plus rester. Il a besoin de se reconstruire une vie ailleurs.
Je pense qu’il n’est pas tellement représentatif des policiers de son époque, pour la bonne raison que beaucoup de policiers sont restés en fonction dans les villes. Les gendarmes aussi, qui étaient les pires ennemis des Poilus. Dans les Mémoires que j’ai lus, j’ai trouvé peu de traces de policiers mobilisés dans les tranchées. Il n’y en a quasiment pas. Mais maintenant, les policiers de cette époque, je les connais à travers le travail que j’ai fait sur Les Brigades du Tigre. Ça reste donc parcellaire. Je n’ai pas brossé une fresque de la police pendant la Grande Guerre ! Mais je pense que Célestin s’en démarque, de toutes façons.
Quelle place devrait-on donner selon vous à la littérature policière dans l’enseignement du français ? Et à quels auteurs en particulier ?
C’est une question difficile, car elle dépasse largement les réflexions que je me fais. Je ne me suis jamais vraiment posé la question. Je sais que j’ai lu des livres qui sont vraiment à la frontière. On ne peut dire que c’était des policiers. Il y a ce qu’on appelle le roman noir. Qu’est-ce qu’un roman noir ? C’est un livre sombre. Zola pourrait être considéré comme auteur de roman noir aujourd’hui. En France, on a de très beaux auteurs de romans policiers. Je pense à mon copain Patrick Patrick Pécherot par exemple, qui a plusieurs fois été primé pour Tranchecaille, qui se trouve aussi pendant la Guerre de 14. Patrick Pécherot est un écrivain qui est classé souvent dans les « noirs », quoique son dernier livre est paru dans la « Blanche » [L’homme à la carabine, NDLR] et j’en suis très content pour lui ! Un écrivain comme lui peut très bien être étudié aujourd’hui, même si c’est du polar. Je viens de terminer Le village de l’Allemand, de Boualem Sansal, qui est paru en Folio. C’est extraordinaire ! C’est très noir. Il y a un commissaire, sorte de personnage servant de fil rouge. Ça pourrait aussi bien être un policier. C’est un livre absolument bouleversant, qui m’a pris pendant toute la lecture. Donc je pense qu’on peut trouver effectivement, autour de cette frontière un peu floue entre les polars et les romans noirs, certainement trouver des auteurs. Maintenant, je ne peux pas vous donner beaucoup de titres. Parce qu’en fait je lis peu d’auteurs français en polar, je m’en rends compte. Je lis les livres de Patrick Pécherot et je pourrais les conseiller. Autrement, les autres auteurs français que j’ai lus sont peut-être un tout petit peu parfois ciblés « polar », donc peut-être moins ouverts sur une réalité sociale que ceux de Patrick Pécherot. Mais quand on lit par exemple Le Boucher des Hurlus, de Jean Amila, qui est dans la collection Folio Policier, l’histoire de ces mômes à la fin de la Guerre de 14, qui vont finir par retrouver le responsable d’un massacre, un général, est-ce que c’est un polar ? Je ne sais pas. C’est magnifique. Je pourrais le conseiller pour le français, car c’est très bien écrit. Mais c’est une question qui me dépasse un petit peu, car encore une fois je lis trop peu de romans policiers français.

[ je ne peux mettre ici la vidéo, elle n'est pas sur youtube]

* Thierry Bourcy a finalement décidé de poursuivre les enquêtes de Célestin Louise : les 6e et 7e tomes, Le crime de l’Albatros et Les ombres du Rochambeau, ont paru respectivement en 2012 et 2014 chez Nouveau Monde Éditions. Le crime de l’Albatros sera disponible dans la collection Folio Policier en septembre 2014.
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Lun 7 Avr - 10:47

Voici une présentation de Paysages de l'insomnie de Gisèle Bienne que je retrouve dans mes archives des années 2004-2005.

Paysage de l’insomnie.

Ce roman de Gisèle Bienne a été publié aux éditions Climats en 2004. L’auteur, rendu célèbre par Marie Salope, roman évoquant les tourments d’une adolescente manquant de coquetterie, dans les années 1975, a également écrit d’autres ouvrages dont certains pour la jeunesse. Née en 1946, Gisèle Bienne est originaire de l’Aube et vit à Reims.
Le titre, Paysages de l’insomnie, est élucidé par l’illustration de la couverture : un cimetière militaire planté de croix noires sur une pelouse grise. La photo est en noir et blanc. Un arbre ressemblant à un if, se dresse comme une grosse pierre noire qui bloque l’entrée du monde des disparus. En lettres jaunes et lumineuses, le titre se détache, tel un rayon d’espoir : l’écriture c’est la lumière de l’espoir dans l’horreur de la guerre et des souvenirs qui vous obsèdent.

Marcel, dont nous ne connaîtrons que le prénom, est un miraculé de la guerre 14-18. Il est rentré au pays sans une égratignure et retrouve la ferme familiale auprès de sa mère veuve, sa jeune épouse, leur jeune enfant et le vieux commis. La vie devrait pouvoir reprendre son cours puisque la guerre est finie. En fait plus rien n’est comme avant. Dès les premières pages l’orage gronde et compromet la récolte. Il gronde aussi dans la tête de Marcel qui se révolte, explose et quitte le repas. La guerre le ronge toujours. Il la voit partout jusque dans les taupinières : « …. ce réseau de galeries obscures lui évoquent ce qui se trame en politique à l’insu des hommes- réunions particulières, décisions secrètes, préparatifs des États à la guerre, guerre qu’il a fallu faire en aveugle, saison après saison, année après année, dans la terre, comme des taupes, comme des larves, la terre minée qui se déchiquette sous le chaos des explosions » A la fin du livre, Marcel a enfin trouvé le repos, celui du sommeil de la mort. Son fils a grandi mais c’est encore un enfant de 4 ou 5 ans. Il vivra entre sa mère, une tante et le nouveau commis. C’est « le prince héritier du malheur. »
Cette issue bien sombre est régulièrement annoncée par des événements décisifs ou des détails en apparence insignifiants. Parmi les événements décisifs, citons l’habitude d’aller au café chaque semaine au Café d’en haut retrouver les mutilés de la guerre ; Là, on boit plus que de raison et on se refait la guerre sur le mur de la salle, pour mieux l’apprivoiser. « Le pli est pris » constate la mère. Le passé se prolonge dans le présent et le présent devient la quête obstinée de « l’avant ». L’avant, c’est la chienne Fanny, c’est Mathilde, la promise évincée par l’épouse rencontrée pendant les combats dans la Somme. Fanny conduit Marcel chez Mathilde. La double vie ne saurait être la solution et Mathilde décide d’aller vivre à Paris. La mère et la belle-mère meurent de chagrin et de vieillesse à la fois. Marcel se réfugie dans l’alcool, l’alcool fort, cette eau de vie qui ramène à la vie si on l’utilise à bon escient comme désinfectant mais qui apporte la mort si on y cherche l’illusion du réconfort. On assiste à l’évolution pathologique du mal : les insomnies, les délires, les vomissements, la maigreur, le refuge dans la solitude et l’obsession de « la tromperie universelle. Certain détails, anodins en apparence, soulignent régulièrement que le goût de vivre ne revient pas : le journal ne l’intéresse pas, les barreaux de l’échelle ne sont pas remplacés et puis un jour, ce ne sont plus les marronniers qu’il contemple mais le monument aux morts « un cadeau de la République. »

Cependant, quelques éclaircies ponctuent le récit et apportent une lueur d’espoir, l’espoir d’une vie qui va se reconstruire. Marcel propose à sa femme un voyage dans la Somme et une sortie à Paris ; Il veut progresser en allemand pour écrire à Franz, l’ennemi devenu ami. Il aime le théâtre, où la vie est jouée et dominée par la mise en scène. Il s’engage dans la création du syndicat mais reste distant à l’égard de la politique. Son instruction et ses élans de générosité sont appréciés. L’électricité est installée à la ferme. Il joue comme son enfant comme n’importe quel père. Mais la guerre l’a détruit et a brisé le ressort du goût de vivre. Pour lui, pour les autres, plus rien ne sera jamais comme avant.

Tous les personnages sont atteints par le cataclysme de la guerre, à commencer par les hommes envoyés au front et Marcel en particulier. Marcel, personnage principal est à la fois le héros qui a frôlé la mort sur les champs de bataille et l'antihéros qui ne peut plus remonter ni la pente de l’après -guerre ni les barreaux de cette échelle dont les barreaux ne seront jamais remis. Les autres hommes victimes de la guerre sont les éclopés, les mutilés, les invalides : l’un a perdu une jambe, l’autre plusieurs doigts et le troisième n’a plus de bouche. Marcel est revenu indemne, mais c’est « un automate abîmé. » Le désespoir, l’humiliation, cela ne se voit pas, sauf entre compagnons d’infortune.
Les femmes ont souffert elles aussi et elles souffrent encore en silence, qu’elles soient mères, épouses ou sœurs. Irénée, l’épouse angélique et fragile a perdu son frère et son beau-frère. Elle perdra sa mère puis son mari, Marcel. La mère de Marcel souffre de la souffrance de son fils. Mathilde a perdu, puis sa mère. Elle perdra la foi. Elle a perdu Marcel qui lui était destiné avant la guerre. Elle le perd une seconde fois en décidant d’aller vivre à Paris. Marcel perd donc à la fois sa maîtresse et son épouse sage et douloureuse qui ne sait plus aimer avec son corps car elle est devenue « une chapelle fermée à double tour. » Son éducation ne l’a pas préparée à l’amour charnel et le couple s’est peu à peu disloqué. Mathilde, aussi brune qu’Irénée est blonde, accueille Marcel, mais elle comprend que cette liaison ne la conduira nulle part. Elle renonce aux prières où s’accroche Irénée, renonce à Marcel, et part construire une vie nouvelle à Paris dans un univers où elle se sentira moins prisonnière.

Les lieux deviennent progressivement étouffants. Pour Mathilde, c'est la chambre. Pour Irénée, c'est la maison à entretenir et si Marcel roule à bicyclette sur les chemins en direction du village de Mathilde, s'il s'accorde quelques pauses dans les champs auprès des chevaux, s'il s'acharne un jour dans le jardin contre les orties, on le voit lui aussi s'attacher aux lieux clos : la chambre de Mathilde, le Café d'en haut, l'ancienne chambre de Kléber et l'écurie, son ultime refuge où il relit les lettres de sa mère , dissimulées dans un coffre rempli d'avoine. Le temps s'écoule, sans qu'il soit vraiment possible de le mesurer en avançant vers un avenir qui se reconstruit. Certes, l'enfant apprend à marcher, à parler et s'éveille à l'univers de la ferme tandis que Marcel " a oublié la promesse faite à Lucas". Les marronniers et les travaux des champs ponctuent les saisons mais Marcel travaille à la façon d'un " somnambule" et sa tête est" pleine de brouillard et d'images tenaces." Le présent se confond avec la quête obstinée de " l'avant " et qui se heurte sans cesse aux souvenirs de la guerre. Le temps ne doit plus s'écouler et la pendule du café reçoit des menaces. Le temps, c'est l'affaire des femmes. La mère de Marcel remonte le balancier de l'horloge et Irénée sait bien que demain sera lundi. Pour Marcel, les repères de l'espace et du temps se perdent dans le brouillard d'un univers hostile qui bascule dans le fantastique annoncée dès la dédicace : " A ceux qui parlaient à la lune, à leur ombre, à un arbre, à un mur ou à leur verre de vin."

Quand il quitte le Café d'en haut " après avoir apprivoisé la guerre après coup " sur le mur où surgissent les souvenirs, Marcel parle à la lune et aux nuages, propos d'homme ivre résumant la situation : " Des salopards, ils ont séquestré ma jeunesse, ils ont ratiboisé mes copains ", s'accordant quelques familiarités et glissant dans l'ivresse verbale accusatrice du monologue intérieure. Il en veut aux "assoiffés de galons " à " l’Église " et à tous ceux qui l'ont trompé. Il finit par dialoguer avec les orties, " une troupe de soldats brandissant leurs hallebardes."Au fil du récit, le pronom " il " l'emporte sur son prénom, repris inlassablement comme s'il manquait d'autonomie comme une marionnette manipulée jusqu'à la disloquée par des décideurs inconnus. C'est un " somnambule", un " automate abîmé." A la mort de sa mère cependant, il emploie le pronom " je " pour établir le constat du gâchis :" Je rentre vivant et entier, je rentre enfin, et ça ne va pas !C'est vrai que je ne suis plus capable de prendre des décisions, que je ne supporte plus de recevoir un ordre." Les états d'âme amers et le ressassement des souvenirs laissent place aux dialogues souvent écourtés par l'affrontement avec la mère ou l'épouse; dialogues empreints de non-dits et de souffrance retenue. Le seul dialogue constructif qui soit possible, c'est avec Kléber, le vieux commis; le sage qui sait que même en temps de paix, les hommes ne se font pas de cadeaux. Kléber a fini son temps et doit laisser la place. Il est trop vieux pour réparer les dégâts de la guerre.

Tel est le message essentiel du roman : la guerre est le mal absolu qui n'en finit pas de ronger et de détruire ceux qui ne l'ont pas décidée. Elle laisse ses traces visibles et invisibles, les pires qui soient, celles que l'on panse vaille que vaille , en se réfugiant dans l'alcool pour les uns, la prière ou la fuite pour les autres, ou encore dans l'écriture. Marcel meurt au milieu des lettres de sa mère. Il les a lues et relues pour comprendre qu'elle avait vécu " la guerre en train de se faire jour après jour. " Avant de quitter ce monde et d'en finir avec les souffrances, il se rapproche enfin d'elle. De même Irénée se rapproche de son mari et des mutilés. Acceptant l'enterrement civil de son mari, comme celui-ci avait accepté de remettre en place le crucifix dans leur chambre, elle mesure toute l'estime portée porté au défunt " l'écrivain public de la région." La cérémonie des obsèques civiles est poignante. Kléber, le simple commis de ferme, ne craint pas d'affronter le prêtre fanatique pour faire respecter les dernières volontés de Marcel : " Si on retire à un homme ses idées, si on les falsifie derrière son dos au moment où elles prennent toute leur portée, qu'est-ce qui lui reste à cet homme ? "
Kléber aide Marcel à quitter la scène en héros. L'homme humble et sage de la terre enseigne la tolérance.

La pièce a été portée à la scène par Gerard Thévenin et sa troupe : " Le théâtre à pattes."
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Lun 2 Juin - 14:51

Petite annonce pour ceux qui habitent Paris et ses environs



Chers amis,

J'ai le plaisir de vous convier à une rencontre-discussion organisée  
par les Éditions Gallimard à la librairie Le Divan (203 rue de la  
Convention, Paris 15e), le mercredi 4 juin à 19h autour de la parution  
de "La Grande Guerre des écrivains" et du dernier livre de Jean-Pierre  
Guéno, "Entre les lignes et les tranchées". Jean-Yves Tadié nous fera  
l'honneur d'animer cette rencontre.
En espérant vous rencontrer à cette occasion,

Antoine Compagnon
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Lun 2 Juin - 15:09

Merci pour l'info Elisabeth !
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Lun 2 Juin - 15:10

C'est la liste du collège de france qui invite, donc, je suppose que ça vaut le coup......
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Lun 2 Juin - 15:12

Je viens d'aller voir le site de cette librairie. Visiblement, les libraires ont l'habitude d'y faire faire des conférences. Je trouve l'idée plutôt sympa.
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mar 3 Juin - 13:54

Voilà = je ne me suis pas fait bien comprendre =
Le site de la librairie ( certainement très bien) n'est en rien comptable de la qualité de la conférence;
Ce que je voulais dire était que cette intervention, j'y ai été conviée par la liste de contact "Eurydice" qui est la liste de contact du Collège de France; ( En littérature, une référence);
Sans quoi, on ne comprend pas la signature d'Antoine Compagnon, qui est professeur au Collège de France;
Il est signataire de cet ouvrage =




http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-classique/La-Grande-Guerre-des-ecrivains




Et je regrette énormément de vivre si loin;
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mar 3 Juin - 15:54

Mais si, j'avais bien compris. Je disais juste que cette librairie a l'air de faire faire des conférences sérieuses, ce qui ne fait qu'ajouter au sérieux, bien entendu, du Collège de France.
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Mar 3 Juin - 15:58

Je n'ai fait que clarifier le sens de mon info, qui était sommaire, rien de plus;
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MessageSujet: Re: la première guerre mondiale en littérature.   Sam 28 Juin - 17:42

Voici deux nouveaux témoignages sur "la grande guerre" de 14-18 =

Les blés deviendront paille de Georges Coulonges et Le roi en son moulin de Gilbert Bordes;
Deux témoignages parallèles, et, ce qui est intéressant, involontaires; ce qui signifie que les écrivains n'ont nullement prémédité de faire office de témoins de la guerre;
Chaque roman a son implantation géographique, son intrigue, ses personnages, aussi différents qu'il est possible;
Et moi, je les ai lus par hasard, n'ayant pas prémédité non plus, là, de lire une évocation de la guerre;

C'est ce qui rend le constat plus efficace et convaincant;
Dans le roman de Georges Coulonges, nous avons l'histoire de Janotte, une fille et petit fille d'imprimeurs, attachée à cette profession et à ses valeurs; une profession, bien sûr, marquée par - comment pourrait-il en être autrement ?- la lecture de ce qu'elle imprime = c'est à dire de nombreuses déclarations politiques, des réflexions sociales; en ce début du XXème siècle, on est marqué à la fois par le désastre de Sedan et par la Commune; deux sensibilités qui s'opposent, et parfois se mêlent; les uns rêvent de Paix et de justice sociale; les autres veulent venger la Partie; la séparation de l'Eglise et de l'Etat a porté les passions à l'extrême; à Montauban ville de garnison, en 1914, la troupe des dragons réprime une manifestation pacifiste, dont Janotte fait partie; pourchassée par un Dragon, elle parvient à s'échapper; mais sans savoir qu'il l'a remarquée, déjà avant la manifestation et la connaît;
Albin Cluquel n'est pas seulement militaire, il est aussi le fils unique et l'héritier de Timotée Cluquel patron d'une usine de chapellerie;
De son mariage avec Janotte, il naîtra un fils et on pourra oublier la guerre;
Tout le roman baigne dans l'évocation de la guerre et du Montauban de cette période - retrouvé avec émotion, dont mon Lycée et ses nombreux élèves tombés au front- ;
Je l'ai déjà dit, on peine, aujourd'hui à prendre conscience des ravages psychologiques que ce conflit a généré;

De même, le roman de Gilbert Bordes, évoque le destin d'un soldat revenu indemne qui est "pris" comme mari et héritier pour sa fille par un riche meunier dont les deux fils sont tombés au front; "remplaçant" chanceux, et donc méprisé, - pourquoi est-il revenu, lui, et non les autres ?- Adrien est malheureux et soffre d'isolement; ravagé par des souvenirs qu'il ne peut partager avec les survivants, souvent infirmes ou handicapés, il vit "sa chance" comme une malédiction, comme un signe de lâcheté, alors que tel n'a pas été le cas;
Ici aussi, Bordes évoque les ravages psychologiques de la guerre, les rancunes, les malhonnêtetés, les médisances; comme si les morts ne suffisaient pas, la guerre a contaminé les esprits;
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la première guerre mondiale en littérature.

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