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bientôt "l'Avent"

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Elisabeth
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MessageSujet: bientôt "l'Avent"    Lun 25 Nov - 5:41

Au programme
- une couronne à fabriquer ( je vais voir avec ma provision de fleurs artificielles) plus des branches d'arbres et ??? ce que je vais trouver.....4 bougies !
- un calendrier, au début de cette mode on en trouvait de splendides, j'aime moins aujourd'hui, je vais peut-être le faire aussi.....
- placer le sapin au salon à décorer songeusement
- sortir la crèche
...et un grand ménage !

spoiler:
 
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MessageSujet: Re: bientôt "l'Avent"    Lun 25 Nov - 9:23

Le 1er décembre, je vais placer le sapin - en espérant que le plus jeune des chats ne fera pas trop de bêtises avec ! La crèche, cela fait longtemps que je n'en fais plus mais cette année, peut-être ...

Il y a surtout les cadeaux à prévoir - et à acheter.

Le grand ménage ... euh ... ce sera pour après ... :oops:
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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
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Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
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La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: bientôt "l'Avent"    Lun 25 Nov - 11:09

Si, si, une crèche ! pour l'étoile magique, dis.....s'il te plait !!!  
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: bientôt "l'Avent"    Lun 25 Nov - 14:13

Mon rêve = un noël en Bretagne
J'avais ??? j'étais un bébé au dernier.....Réveillée en hurlant par le feu dans la cheminée + cloches à minuit !!

                                                                                         




Chaque année, je le dis.....Mais bon X noëls imposés, avec nièces bimbos, prêtes à tordre le nez sur cidre et crêpes !
Cette année - je n'en parle pas trop pour garder la chance - bien envie ! les crêpes c'est long mais pas cher, le cidre non plus....Reste déco à rêver !
En attendant, je fais la course aux contes de noël bretons......
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: bientôt "l'Avent"    Jeu 28 Nov - 14:12

Voici pour la nostalgie et la magie, le récit des souvenirs de la bûche de Noël en Bretagne = de Jules Simon

" En Bretagne, la plus grande fête de l'année était la fête de Noël, et ce que nous, pauvres paysans, nous aimions le plus dans cette fête, c'était la Messe de minuit. Maigre plaisir, pour vous autres citadins qui aimez vos aises ; mais qu'était-ce pour nous, paysans, qu'une nuit blanche?
Même quand il fallait cheminer dans la boue et sous la neige, pas un vieillard, pas une femme n'hésitait. On ne connaissait pas encore les parapluies à Saint-Jean-Brévelay, ou du moins on n'y connaissait que le nôtre, qui était un sujet d'étonnement et d'admiration. Les femmes retroussaient leurs jupes avec des épingles, mettaient un mouchoir à carreaux par- dessus leurs coiffes, et partaient bravement dans leurs sabots pour se rendre à la paroisse. Il s'agissait bien de dormir !
Personne ne l'aurait pu. Le carillon commençait dès la veille après l'Angélus du soir, et recommençait de demi-heure en demi-heure jusqu'à minuit ! Et pendant ce temps-là, pour surcroît de béatitude, les chasseurs ne cessaient pas de tirer des coups de fusil en signe d'allégresse ; mon père fournissait la poudre. C'était une détonation universelle. Les petits garçons s'en mêlaient, au risque de s'estropier, quand ils pouvaient mettre la main sur un fusil ou un pistolet.
Le presbytère était à une petite demi-lieue du bourg ; le recteur faisait la course sur son bidet, que le quinquiss (le bedeau) tenait par la bride. Une douzaine de paysans l'escortaient, en lui tirant des coups de fusil aux oreilles. Cela ne lui faisait pas peur, car c'était un vieux chouan, et il avait la mort de plus d'un bleu sur la conscience. Avec cela, bon et compatissant, et le plus pacifique des hommes, depuis qu'il portait la soutane, et que le roi était revenu.
On faisait ce soir-là de grands préparatifs à la maison. Telin-Charles et Le Halloco mesuraient le foyer et la porte de la cuisine d'un air important, comme s'ils n'en avaient pas connu les dimensions depuis bien des années. Il s'agissait d'introduire la bûche de Noël, et de la choisir aussi grande que possible. On abattait un gros arbre pour cela ; on attelait quatre bœufs, on la traînait jusqu'à Kerjau (c'était le nom de notre maison), on se mettait à huit ou dix pour la soulever, pour la porter, pour la placer : on arrivait à grand-peine à la faire tenir au fond de l'âtre ; on l'enjolivait avec des guirlandes ; on l'assurait avec des trônes de jeunes arbres ; on plaçait dessus un gros bouquet de fleurs sauvages, ou pour mieux dire de plantes vivaces. On faisait disparaître la table du milieu ; la famille mangeait un morceau sur le pouce. Les murs étaient couverts de nappes et de draps blancs, comme pour la Fête-Dieu ; on y attachait des dessins de ma sœur Louise et de ma sœur Hermine, la bonne Vierge, l'Enfant Jésus.
Il y avait aussi des inscriptions : Et homo factus est ! On ôtait toutes les chaises pour faire de la place, nos visiteuses n'ayant pas coutume de s'asseoir autrement que sur leurs talons. Il ne restait qu'une chaise pour ma mère, et une tante Gabrielle, qu'on traitait avec déférence et qui avait quatre-vingt-six ans. C'est celle-là, mes enfants, qui savait des histoires de la Terreur ! Tout le monde en savait autour de moi, et mon père, plus que personne, s'il avait voulu parler. C'était un bleu, et son silence obstiné était peut-être conseillé par la prudence, dans un pays où il n'y avait que des chouans.
L'encombrement était tel dans la cuisine, tout le monde voulant se rendre utile et apporter du genêt, des branches de sapin, des branches de houx, et le bruit était si assourdissant, à cause des clous qu'on plantait et des casseroles qu'on bousculait, et il venait un tel brait du dehors, bruits de cloches, de coups de fusil, de chansons, de conversations et de sabots, qu'on se serait cru au moment le plus agité d'une foire.
A onze heures et demie, on entendait crier dans la rue : Naoutrou Personn ! Naoutrou Personn ! (M. le recteur, M. le recteur). On répétait ce cri dans la cuisine, et à l'instant tous les hommes en sortaient ; il ne restait que les femmes avec la famille. Il se faisait un silence profond. Le recteur arrivait, descendait de son bidet que je tenais par la bride (c'est-à-dire que j'étais censé le tenir, mais on le tenait pour moi ; il n'avait pas besoin d'être tenu, le pauvre animal). A peine descendu, M. Moizan montait les trois marches du perron, se tournait vers la foule découverte, ôtait lui-même son chapeau, et disait, après avoir fait lé signe de la croix: Angélus Domini nuntiavit Mariae ". Un millier de voix lui répondaient.

La prière finie, il entrait dans la maison, saluait mon père et ma mère avec amitié, M. Ozon, le maire, qui venait d'arriver de Pénic-Pichou, et M. Ohio, le maréchal ferrant, qui était greffier du juge de paix. M. Ozon, M. Ohio étaient les plus grands seigneurs du pays. Ils savaient lire ; ils étaient riches, surtout le premier. On offrait au recteur un verre de cidre qu'il refusait toujours.

Il partait au bout de quelques minutes, escorté par M. Ozon et M. Ohio, puis, aussitôt, on se disposait à bénir la bûche de Noël. C'était l'affaire de dix minutes. Mon père et ma mère se tenaient debout à gauche de la cheminée. Les femmes que leur importance ou leurs relations avec la famille autorisaient à pénétrer dans le sanctuaire, ce qui veut dire ici la cuisine, étaient agenouillées devant le foyer en formant un demi-cercle.

Les hommes se tenaient serrés dans le corridor, dont la porte restait ouverte, et débordaient dans la rue jusqu'au cimetière. De temps en temps, une femme, qui avait été retenue par quelques soins à donner aux enfants, fendait les rangs qui s'ouvraient devant elle, et venait s'agenouiller avec les autres. Tante Gabrielle, revêtue de sa mante, ce qui annonçait un grand tralala, était à genoux au milieu, juste en face de la bûche, ayant à côté d'elle un bénitier et une branche de buis, et elle entonnait un cantique que tout le monde répétait en chœur.

Vraiment, si j'en avais retenu les paroles, je ne manquerais pas de les consigner ici ; je les ai oubliées, je le regrette ; non pas pour vous, qui êtes trop civilisés pour vous plaire à ces souvenirs, mais pour moi. Et, après tout, je n'ai que faire de la chanson de tante Gabrielle, puisque je ne sais plus un mot de bas-breton. L'air était monotone et plaintif, comme tout ce que nous chantons chez nous à la veillée ; il y avait pourtant un crescendo, au moment où la bénédiction allait commencer, qui me donnait ordinairement la chair de poule…"


Jules SIMON.
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MessageSujet: Re: bientôt "l'Avent"    Jeu 28 Nov - 14:27

Et voici un conte du Trégor =

Miracle à Saint-Michel-en-Grève
(conte de Noël)
Jean Urvoy


"Un soir d'hiver, vers la fin de décembre, une mère et son enfant cheminaient à grand-peine dans le sable des dunes qui, à cette époque déjà lointaine, protégeaient Saint-Michel-en-Grève des fureurs de la tempête.
La nuit était calme et douce, comme il arrive parfois en Bretagne. Les éléments faisaient trêve. Seule au moins bruissait la mer calmée et, sur cette basse sonore qui ne s'arrête jamais, se détachait la plainte des moutons au pacage.
Les étoiles scintillaient et leurs reflets palpitaient dans les mares et les eaux des rivières du Roscoat et du Yar qui serpentent à travers les grèves.
Après avoir contourné les croix du cimetière penchées sous l'effet du vent, le couple parvient enfin à l'église. La mère pousse la porte qui grince et les voilà tous les deux dans la nef qui sent la pierre humide, l'encens et la cire refroidie. Ils s'approchent de la crèche. La lumière de quelques bougies fait sortir de l'ombre les détails du jubé et les statues peinturlurées de couleurs violentes.
L'enfant, les yeux cachés par un bandeau, est effrayé par le silence du lieu et se blottit craintivement contre sa mère qui le cache dans les plis de sa mante.
"Maman, qu'est ce qu'il y a dans l'église, à côté de moi ?
- Un ecce homo, mon Yannick.
- Qu'est-ce que c'est, un ecce homo ?
- C'est une statue qui représente le Christ montré aux Juifs alors qu'il vient d'être frappé jusqu'au sang par les soldats de Ponce Pilate. Il a une couronne d'épines sur la tête, un manteau rouge et les poings liés. Ecce homo !
- Ponce Pilate ? Qui était Ponce Pilate ?
- Le Chef des Romains. Tu sais bien, on dit dans le Credo "a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié".
- Crucifié ?
- Jésus-Christ, dépouillé de ses vêtements, fut crucifié, cloué à une croix par les pieds et les mains, entre deux voleurs. Arrivé au Golgotha, ils l'y crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l'un à droite, l(autre à gauche.
- Et à côté ?
- Une Vierge de pitié, comme celle que nous avons vue, avant que tu ne sois malade, au pèlerinage de Saint-Carré
Itron Varia Sant-Kare
Mamm Jezus, Mamm a druez

Le Christ mort a été descendu de la croix et remis à sa mère. Il est nu et rigide, ses yeux sont pleins de sang. Il repose sur les genoux de Marie comme lorsqu'il était un petit enfant.
- Et plus loin, tout au fond ? Je sens sur mes joues un souffle de chaleur.
- C'est la crèche. Il y a saint Joseph, la Vierge Marie.
- C'est la même Vierge Marie ?
- Oui, mais c'est le jour de la naissance de son fils, aussi est-elle tout à sa joie. A genoux, les mains jointes et souriantes, elle regarde, avec amour, son enfant couché sur la paille. A côté, saint Joseph dans sa robe de bure. Derrière, le bœuf et l'âne tendent le cou, regardent, et de leur souffle réchauffent le nouveau-né.
"Il y a aussi, entourant la grotte où s'est réfugiée la sainte Famille, des collines faites de papier rocher, où paissent des moutons de plâtre, que gardent des bergers, houlette au poing.
"Plus loin encore, sur une route aride, guidés par une étoile, cheminent des Rois mages, leurs chameaux et leurs serviteurs. Ils viennent de l'Orient, à travers les déserts, pour adorer l'enfant Dieu.
La mère du Christ, maman, c'est comme toi, tu étais heureuse, et fière quand je suis né, car, tu me l'as dit bien souvent, j'étais un beau petit garçon ; malheureuse quand je suis devenu aveugle et encore malheureuse maintenant, dis, maman ?"
La mère, que ces paroles atteignent au plus profond du cœur, ne répond pas. Elle pousse légèrement l'enfant vers une chaise et lui dit dans un souffle :
"Mets-toi à genoux, dis ta prière, Yannick, prie la Vierge Marie qui, sois-en certain, ne nous oublie pas et veille sur nous :
En anv an Tad
Hag ar mab
Hag ar spered santel …."

Et les larmes coulent sur le visage de la mère.
"Viens, mon petit, il se fait tard, il faut que je monte à la boulangerie, puis on retournera à Kerbiriou.
- Je suis fatigué, maman, et puis je me cogne partout, si tu veux bien je vais m'asseoir et t'attendre ici.
- Tu n'auras pas froid dans cette église humide ? Tu n'auras pas peur ? Ecoute le vent qui vient de se lever, écoute la mer qui brise à Toul-ar-Vilin !
- Oh ! non ! Pourquoi aurais-je peur puisque je suis avec le petit jésus ?"
La mer part au village après avoir doucement refermé la lourde porte.
Yannick, resté seul, tourne son visage vers la crèche qu'il ne peut voir. Une poutre craque, le vent qui souffle sur la mer lui apporte les cris mélancoliques des oiseaux perdus sur les sables des grèves et les bêlements des moutons parqués dans les dunes prochaines.
Une sorte d'engourdissement s'empare petit à petit de l'enfant qui s'endort recroquevillé sur sa chaise. Il rêve.
Et bientôt, pour lui, la crèche s'anime, les personnages ne sont plus des santons d'argile peinte, mais des êtres de chair et de sang.
Le nouveau-né vagit, agite ses petits bras, et la Vierge Marie fredonne à mi-voix, pour l'endormir. Saint-Joseph casse du bois, allume du feu et vaque aux soins du ménage. Les animaux, le boeuf et l'âne, remuent la tête et font tinter leurs chaînes.
Derrière et au-dessus de la grotte, des collines rocailleuses de la Judée, âpre et nue, pays triste où, parmi les pierres éclatées, fleurit l'asphodèle au feuillage blême. Et sur ces hauteurs désolées, des bergers, autour d'un maigre feu, commencent les veilles de la nuit. Les étoiles brillent au ciel.
Tout à coup, il y a dans l'église, dans ce qui est devenu le pays de Bethléem, et au-dessus de la crèche, une série de palpitations lumineuses. On dirait qu'une lumière, cachée derrière les collines, augmente par instants d'intensité puis s'affaiblit pour grandir à nouveau, tout envahir et s'éteindre enfin.
Les bergers apeurés se serrent les uns contre les autres et lèvent la tête pour scruter le ciel.
Les palpitations recommencent bientôt, puis la lueur grandit, grandit jusqu'à venir toucher, éclairer le groupe des bergers qu'elle environne de sa gloire. A ce moment, venant d'une faille entre deux rochers, se présente à eux un personnage tout resplendissant de lumière. Devant leur frayeur, et leur attitude menaçante, il fait un geste d'apaisement et leur dit "Je suis l'Ange du Seigneur ….N'ayez point de crainte, car je vous annonce une grande nouvelle. Tout le peuple sera dans la joie. Aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur vient de naître qui sera le Messie. Allez à Bethléem pour adorer le nouveau-né. Vous le trouverez dans la grotte proche de l'hôtellerie, sur la petite place où débouche la route de Jéricho ; là où pousse un grand pin.
- Dans une grotte le Messie ? Impossible, répond le maître berger, il n'a pu naître que dans un palais !
- Souvenez-vous pourtant des paroles du prophète Zacharie.
"Ton roi viendra à toi, juste et sauveur … humble ! …". Vous avez bien entendu, humble ! Il a voulu venir au monde sans éclat, comme le dernier des hommes, pour bien prouver dès l'abord qu'il est né surtout pour les déshérités, pour ceux dont la vie sans joie n'est qu'une longue suite de peines, de fatigues et de souffrance… Les autres, les nantis, les riches ont-il besoin de lui ? …
"Le Sauveur qui est le Christ vous est né.
"Allez à Bethléem ! Vous le reconnaître à ceci, c'est que vous le trouverez emmailloté et couché dans une mangeoire.
"Allez, allez à Bethléem voir le tendre agneau qui vient de naître et réjouissez-vous, poussez des cris de joie car, pour vous, le temps du vrai bonheur est proche."
Alors une voix s'élève et chante :
"Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !"
Un choeur invisible, une multitude de l'armée céleste l'accompagne, louant Dieu et disant : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté."
Puis les voix se taisent, la lumière s'affaiblit lentement et s'éteint.
L'Ange du Seigneur disparaît comme évanoui, et les bergers se retrouvent seuls autour de leur feu qui charbonne, se demandant q'ils n'ont pas été victimes d'un enchantement, s'ils n'ont pas rêvé tout éveillés.
Mais comprenant enfin que le temps marqué par les prophéties est échu, ils se disent les uns aux autres : "Allons à Bethléem, voyons ce qui s'y est passé, cet événement que le Seigneur nous à fait dire. " Ils s'y rendirent en hâte, chargés de provisions, chantant et jouant de leurs instruments : luths, tambours et pipeaux …
Yannick les voit descendre la colline et se diriger vers la ville où des lumières scintillent.
Quand les bergers furent entrés dans la grotte, ils y trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né dans la crèche. Et l'ayant vu, ils publièrent la révélation qui leur avait été faite touchant cet enfant. Puis ils s'en repartirent, louant et glorifiant Dieu.
Les bergers disparus au détour du chemin qui menait vers les collines où paissaient leurs troupeaux, la scène demeura vide un moment, et l'on ne voyait plus dans la pénombre que la mère et son fils. Mais, tout à coup, dans une lumière dorée, apparurent un fond de paysage, les Mages et leur cortège d'un faste et d'une somptuosité indescriptibles. Il y avait en tête Melchior, roi des Perses, Gaspard, roi des Indiens, et Balthazar, roi des Arabes qui chevauchaient de front devant une cavalerie innombrable que conduisaient douze capitaines, et des chariots et des bêtes de somme chargées de présents : de la myrrhe, de l'aloès, de la pourpre, du nard précieux, de la cinnamone, de l'encens, de l'or et des pierres précieuses. Et tout le cortège avec ses rois, le diadème en tête, ses hommes d'armes, ses capitaines, ses chariots, ses bêtes de charge, au son d'une fanfare éclatante, monte vers Bethléem, la ville.
Puis tout s'efface, la Judée farouche, la grotte misérable, les bergers et leurs troupeaux, le cortège magnifique des Rois mages.
Et maintenant, la petite église de Saint-Michel-en-Grève est baignée d'une lumière bleutée d'une douceur infinie. Nous sommes en Galilée, à Nazareth pour tout dire, sur les hauteurs au pied desquelles, dans une gorge profonde, sommeille le lac de Tibériade.
C'est là, dans une modeste maison, que Jésus, entre son père le menuisier et sa mère, vit ignoré du reste du monde, parmi les pêcheurs du lac, les vignerons, les laboureurs et les artisans.
Autour d'eux, une terre féconde et plantureuse, des champs d'orge et de blé, des oliviers, les fuseaux noirs des cyprès sur des coteaux au profil harmonieux fleuris de coquelicots et de reines-marguerites ; dans les vallées où bruissent les eaux vives descendues de l'Hermon, la neige parfumée des amandiers en fleur.
C'est là que l'enfant Dieu, à l'exemple de son père nourricier, travaille et façonne jougs, flèches d'attelages, lits, coffres, sièges, huches et pétrins. Il croit et se fortifie, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu est sur lui.
Le temps s'écoule encore …
Maintenant Marie porte la robe étroite des veuves, car le bon charpentier, sa tâche accomplie, a quitté ce monde. Jésus est devenu un homme, celui qui prêche dans les synagogues.
Mais ce soir, il est dans la pauvre église, près de l'enfant aveugle. Tout vêtu de blanc, il resplendit de lumière.
Il se tourne vers l'enfant et lui dit :
"Yannick, petit Yannick, m'aimes-tu, crois-tu en moi ?
- Oh ! oui, mon doux Jésus.
- Alors, tu verras la gloire de Dieu, car je suis la lumière et la vie. Je suis venu en ce monde pour que voient ceux qui ne voient pas. Ta foi t'as sauvé."
Le Christ s'avance alors, étend la main et les doigts miséricordieux touchent les paupières de l'enfant qui s'éveille aussitôt.
Comme s'il en avait reçu l'ordre, il arrache le bandeau qui couvrait ses yeux.
La porte de l'église grince, quelqu'un entre, hésite un moment sur le seuil.
L'enfant se retourne vivement. Dans la clarté qui vient de la mer et du ciel, il aperçoit sa mère, enveloppée de sa mante noire, la tête auréolée de ses cheveux blonds.
Oh ! maman, comme tu es belle !
- Mon Yannick, tu vois ? Que Dieu soit béni !"
Et l'enfant raconte à sa mère non seulement le rêve merveilleux qu'il vient de vivre, mais le moment ineffable qu'il a connu quand le Christ l'a touché de ses doigts de lumière et il dit :
"Pourquoi, maman, Jésus m'a-t-il guéri ?
- Dieu qui sait que tu l'aimes a voulu en cet anniversaire de sa naissance te redonner la vue, afin que tu puisses le glorifier dans les jours à venir et jusqu'au moment où tu iras le rejoindre au ciel près de sa mère qui a tant souffert pour lui.".

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MessageSujet: Re: bientôt "l'Avent"    Jeu 28 Nov - 20:50

Merci Elisabeth ! Tu crées une atmosphère "magie de noël" et je trouve ça bien sympathique.
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: bientôt "l'Avent"    Ven 29 Nov - 8:32

:oops: Merci Lydia, c'est gentil.......
Un peu de magie......
Il faut.......
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MessageSujet: Re: bientôt "l'Avent"    Ven 29 Nov - 15:30

Allez, quelque(s) conte(s) aujourd'hui...........  

"Tous mes contes ont d’abord été recueillis dans la langue où ils m’ont été contés, c’est-à-dire en breton. Je les reproduisais, sous la dictée des conteurs, puis je les repassais plus tard à l’encre, sur la mine de plomb du crayon, enfin, je les mettais au net et les traduisais en Français, en comblant les petites lacunes de forme et les abréviations inévitables, quand on écrit un récit ou un discours parlé. J’ai conservé tous mes cahiers, qui font foi de la fidélité que je me suis efforcé d’apporter dans la reproduction de ce que j’entendais, sans rien retrancher, et surtout rien ajouter aux versions de mes conteurs."

Le Korrigan et le Bossu

"On raconte qu'un jour, un bossu vint à passer près d'une clairière. Il aperçut des korrigans qui s'amusaient à chanter :
- Lundi, mardi, mercredi, ... lundi, mardi, mercredi ...
- Ben alors, les korrigans, elle est pas finie, votre chanson ? moi je peux vous donner la suite ! se moqua gentiment notre bossu.
- Attention, dirent les korrigans, si ce que tu nous promets n'est pas à la hauteur de nos souhaits, tu seras sévèrement puni de ton audace !
Et le bossu de chantonner :
- Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi, et puis le dimanche aussi et voilà la s'maine est finie !
- Hourra ! crièrent les korrigans tellement ils étaient contents ! Notre chanson est plus longue à présent ! Dis-nous c' que tu souhaites : argent, beauté ?
-Ben, si vous pouvez, j'aimerai bien me séparer de ma bosse.
Sitôt dit, voilà les korrigans qui s'emparent du bossu, et le jettent dans un trou. Quand il réapparaît, le voilà tout droit, notre bossu ! Tout beau !
Souvent, les intrépides ont moins de chance. Quiconque essaie d'entrer dans la ronde des korrigans se voit piégé toute la nuit jusqu'à épuisement. Ce sont des êtres facétieux qui peuvent se révéler dangereux.
"Vengeance de lutin, on n'en voit pas la fin" dit le proverbe.
"

La reine des Korrigans

" Il était une fois un pauvre pêcheur qui s'appelait Pierre Cavalin. Il demeurait en haut d'une falaise surplombant la mer.
Ce soir-là, il faisait mauvais temps. Pierre, assis au coin de la cheminée, mangeait une bonne soupe au lard avec quelques tartines de pain beurré.
Tout à coup on frappa. Pierre alla ouvrir la porte. Une vieille femme, toute ruisselante, vêtue de guenilles entra.
Le pauvre pêcheur l'invita à s'approcher du feu et à partager sa nourriture. La pauvresse but sa soupe avec appétit. Alors, elle lui dit qu'elle était la reine des korrigans. Pour le récompenser de sa bonté, elle l'invita dans son palais au pied de la falaise. Elle lui dit d'apporter trois sacs. A minuit pile, Pierre entrait dans la grotte des Korrigans.
Dans une grande salle toute illuminée dansaient des centaines de Korrigans habillés de rouge. Le pêcheur fut entrainé par les lutins dans une ronde interminable. Pierre aperçut des coffres emplis d'or.
La reine lui dit qu'il pouvait en prendre autant qu'il voulait à condition de partir avant le chant du coq.
Il mangea, dansa toute la nuit. Quand le soleil commença à se lever, il se précipita pour remplir ses sacs d'or.
Soudain, le chant du coq retentit. Pierre courut vers la sortie. Il avait trop attendu : Lorsqu'il arriva chez lui, il ouvrit ses sacs et constata que son trésor s'était transformé en cendres. Pierre était désolé.
A la tombée de la nuit, la reine des Korrigans revint le voir. Elle eut pitié de lui. Elle lui offrit un plat magique, en terre, qui se remplirait de nourriture à chaque fois qu'on le désirerait.
Pierre Cavalin conserva le plat en terre toute sa vie durant et ainsi, il n'eut plus jamais faim.
"

Le plus petit des Korrigans

" Anicet le Bossu faisait métier de jouer du biniou. Sitôt qu'il y avait une noce dans le pays, on le voyait arriver l'instrument sous le bras et suivi de son chien Gwendal. Il jouait le temps qu'il fallait et souvent plus.
- A se revoir la compagnie ! Allez Gwendal, derrière ! Et le voilà parti allant d'un côté à l'autre, de gauche à droite, de droite à gauche.
Il est vrai que la dernière bolée de cidre est souvent la bolée de trop !
- Je ferai mieux de me coucher, oui ! et il se laissa tomber au pied d'un rocher tapissé de fougères sèches.
Il n'eut guère le temps de dormir ; il fut vite réveillé par les aboiements plaintifs de Gwendal qui n'en finissait pas de trembler sur ses pattes.
- Vrai, il se passe quelque chose de pas normal ! et c'est alors qu'il entendit tout un remue-ménage à un mètre à peine, sous une énorme pierre.
- Seigneur Dieu! Un repaire de korrigans ! C'est bien ma chance ! et de répéter chaque fois qu'un des lutins sortait de la terre :
- Le bonjour à toi ... et à toi aussi ... le bonjour à vous tous !
- et le bonjour à toi ! Répondit celui qui avec sa barbe en pointe, des sourcils broussailleux avait des allures de chef.
Et à son signal, les korrigans se mirent tous à danser autour d'Anicet en chantant : Dilin ha dimern, Mar de achiui hou tra ho Ké ha ké ha ké Mar de achiui ou traou Ka hé ké ha ké ... (Lundi et Mardi si vous achevez votre travail, regrets et regrets vous aurez !) La chanson s'arrêtait là.
Il y avait bien une suite, mais aucun korrigan n'en connaissait le premier mot ! Alors ils reprenaient sans cesse les mêmes paroles, attendant vainement la suite.
- Tu connais la loi des korrigans ? demanda celui qui avait des allures de chef.
- Ma foi non !
- Soit tu trouves la fin de la chanson et tu deviens l'homme le plus riche du monde...
- et si je ne trouve pas ?
- je ne sais pas encore. On te changera peut être en crapaud ! ou bien on te collera une deuxième bosse sur le dos ! Attends un peu... J'ai une autre idée ! Sais-tu quel jour nous sommes ?
- ma foi non !
- Le 23 septembre... Le jour de la Saint-Kadog, le saint patron des korrigans ! La tradition veut que ce jour-là nous racontions des histoires, des histoires de lutins, bien sûr, et toujours en exagérant. Alors, puisque tu es là, nous te choisissons comme juge. A toi de décider, entre trois de nos conteurs lequel est le plus vantard. Seulement souviens-toi de ce que je vais te dire : "Per gwirion n'eo ked mad da laret !" (toute vérité n'est pas bonne à dire !).
Le premier korrigan commença ainsi :
- Ne cherchez pas ! je suis le plus petit. Et c'est de famille ! A l'époque où mon pauvre père vivait et où un lutin était encore un lutin, il passait sous le poitrail d'un cheval sans avoir à se baisser ! et on l'applaudit comme il se devait.
Le deuxième était déjà plié en deux par le fou rire :
- Eh bien moi, mon père était plus petit encore ! Pensez un peu : d'une niche de chien il s'était fait une demeure de cinq pièces !
Et on l'applaudit tout autant. Vint le troisième concurrent.
- Quelle chance vous avez tous les deux d'avoir connu vos pères ! Le mien est mort bien avant ma naissance. C'est ma mère qui m'a appris qu'il s'était tué en tombant d'une échelle alors qu'il cueillait des fraises dans la région de Plougastel !
- alors ? Lequel des trois a le plus exagéré ?
- Pas plus l'un que l'autre.
- Comment, rugit le troisième korrigan-conteur, n'ai-je pas mieux menti que les autres ?
- Peut être, mais si je l'avais dit, les deux autres m'auraient assommé.
- Ca c'est sûr ! Dis donc, tu as oublié d'être bête, toi !
- je me suis souvenu : "Toute vérité n'est pas bonne à dire !"
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bientôt "l'Avent"

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