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Ah, ces Grands Immortels ! ...

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yugcib
Littérophage Nota Beniste Yugcibien - Specimen Unique
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MessageSujet: Ah, ces Grands Immortels ! ...    Dim 5 Jan - 10:18

... De la chanson, de cette époque "mythique" du milieu du siècle dernier, en gros de 1950 à 1970... !

J'ai regardé hier soir sur France 2, l'émission spéciale en hommage aux crooners des années 50, et en particulier dans la première partie de l'émission, à Paul Anka, aujourd'hui âgé de 72 ans, né le 30 juillet 1941.
Paul Anka, dont je me souviens de la photo sur pochette de disque 45 tours en 1958 quand j'avais dix ans (et lui 16) : il débutait et déjà ses disques se vendaient "comme des petits pains" ! A cette époque je vivais à Tunis avec mes parents, et ma mère toutes les semaines achetait le dernier "tube" à peine sorti, le dernier 45 tours à succès... C'est ainsi que la chanson "Diana", de Paul Anka... et que d'ailleurs bien d'autres, de cette époque "mythique" de tous ces "Grands Immortels" de la chanson, de la musique, du matin jusqu'au soir si ce n'était parfois du soir jusqu'au matin ; emplissait et embellissait les jours vécus, des jours qui passaient chacun d'entre eux comme de petites vies entières, des vies qui avaient un sens, une profondeur, une continuité, une âme...
... Tous ces "Grands Immortels", de la chanson, de la littérature, de la musique, du cinéma, du théâtre... De ces années du milieu du siècle dernier, jusque vers 1970 (et par extension ou prolongement jusque vers 1980)... Plus de cinquante ans après pour ceux des années 1950/1960, on les écoute encore, on les "ressort", on produit des extraits, des passages de toutes ces émissions de radio et de télé dans lesquelles ils sont passés ; et les écrivains on continue de les lire, et les acteurs, les comédiens on voit encore leurs films que l'on ne cesse de repasser d'une année à l'autre... Et même dans les soirées de fêtes de mariage, d'évènements familiaux, dans les bals musette, les bals populaires, les soirées animées avec repas et danse des associations, partout dans toutes les bourgades de France et d'ailleurs, l'on repasse, rejoue, interprète et réinterprète tous les "grands succès" de cette époque mythique qui s'étend en gros, de l'après guerre jusqu'aux "années sida"...
C'est dire, déjà seulement dans le monde de la chanson et de la musique, l'immense richesse, pour ne pas dire l'apogée, le "summum" dans le genre!
Et il en est de même, dans le monde de la littérature, du cinéma...
Je pense aux gens de ma génération (ou "à peu près", à dix ans près en plus ou en moins) qui ont vécu leur enfance et leur adolescence
dans l'atmosphère, avec la présence virtuelle mais comme réelle, de ces "Grands Immortels" : nous avions là chaque jour dans nos petites vies ordinaires telles qu'elles étaient, avec les copains les copines, les parents la famille, l'école, les fêtes les vacances la colonie la plage le centre aéré, les bals du 14 juillet la fête du bled... Comme des repères, des repères "forts", inaltérables, et cela impulsait nos rêves, nous motivait dans ce que l'on entreprenait... Et, plus que ce désir inassouvi -et lancinant- de visibilité, de célébrité, de gloire, qui, il faut le dire, était plus ou moins en nous ; il y avaient ces "repères", ces "valeurs sûres", ces "idoles", ces personnages mythiques dont on accrochait la photo dans nos chambres... et qui incarnaient à leur manière tout ce dont nous rêvions, que ne nous pourrions sans doute jamais atteindre mais qui entrait cependant dans nos vies, nos vies telles qu'elles étaient avec nos chagrins, nos enthousiasmes, nos passions, nos amours, nos déboires, nos petits drames et parfois le succès que l'on parvenait à avoir en "s'existant" auprès des copains des copines ou de tout le village ou de tout le quartier...

... Peut-on "en dire autant", pour les générations nouvelles, celles de maintenant, des années 2000, des années 1990, qui vivent leur enfance, leur adolescence, et n'ont plus tout à fait les mêmes "repères" ?
Est-ce que par exemple, ces jeunes auteurs et écrivains trentenaires, ces jeunes chanteurs, rappeurs, musiciens dans quelque groupe ; et d'une manière générale tous ces personnages hommes ou femmes jeunes ou moins jeunes, artistes, comédiens, etc... que l'on voit le samedi soir à "on n'est pas couché" ou dans des émissions télé de divertissement ou de télé réalité... Est-ce que tous ces gens là, oui, aujourd'hui peuvent être des "repères" forts", inaltérables, représenter des choses en nous en lesquelles on croit, auxquelles on rêve?
Il me semble aujourd'hui que c'est le désir de visibilité, de célébrité, de performance, qui l'emporte... Et cela le plus rapidement possible.
Avoir par exemple, des centaines d'"amis" sur Facebook", un blog visité par mille personnes chaque jour, faire un bouquin comme on fait un gâteau pour un anniversaire entre copains...
Tout cela me semble "pauvre" et me rend "nostalgique", moi qui précisément et actuellement, ne veut pas se laisser envahir par la nostalgie, cette nostalgie que j'assimile plus ou moins à une sorte de "paradis perdu tant regretté" (et qui finit mine de rien par te rendre ennemi du présent, inaccessible à ce qui va émerger dans l'avenir)...
En dépit de tout ce que je peux ressentir (et que je ressens vraiment très fort), j'ai quand même de l'espérance, à dire vrai une véritable foi en l'avenir, en les nouvelles générations, et, "ces visages qui ne sont pas encore nés", je les aime déjà... Je les rêve, je les imagine, je voudrais être avec eux, leur parler, les voir, savoir ce qu'ils attendent de la vie...
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"Nous ne pouvons savoir! Nous sommes accablés d'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères! [Arthur Rimbaud]
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MessageSujet: Re: Ah, ces Grands Immortels ! ...    Dim 5 Jan - 16:09

Je crois que toutes les générations se disent la même chose : "c'était mieux avant". Et je ne déroge pas à la règle d'ailleurs. Mais peut-être que les jeunes d'aujourd'hui auront aussi leurs immortels... Bon, il est vrai que nous sommes dans ce qu'un de mes profs appelait "la société fast-food" : on prend / on mange / on jette. Du coup, les chanteurs actuels ne font pas long feu. Mais qui sait...
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MessageSujet: Re: Ah, ces Grands Immortels ! ...    Dim 5 Jan - 18:42

... Ce qui a "changé" si je puis dire, entre ce que j'appelle "le nouveau monde" (en gros depuis 1990) et ce que j'appelle "l'ancien monde" (en gros le monde d'avant 1990) c'est que dans "l'ancien monde" il y avait des "chercheurs de talents", et des producteurs, et des éditeurs qui, des moins connus ou moins médiatisés aux plus "influents", tous, s'attachaient à soutenir, à lancer, à aider les jeunes talents, et cela dans tous les domaines (de la chanson, de la musique, de la littérature)... Ainsi, un jeune, même d'un milieu pauvre, dans un environnement familial et social peu favorable, s'il avait réellement quelque talent, de la voix, de l'imagination, s'il était à sa manière un créateur, s'il était passionné, s'il "en voulait" vraiment et était prêt à "y mettre le paquet" question travail, essayer d'y arriver, etc..., eh bien un jour ou l'autre il finissait toujours par être découvert par un "chercheur de talents", par trouver un producteur, un éditeur, enfin quelqu'un qui le fasse démarrer, et qui le "porte"...
De nos jours, c'est complètement différent : il n'y a plus de "chercheurs de talents", il n'y a que les sortes de "passages préfabriqués" que sont par exemple les émissions de téléréalité, ou bien cette sorte d'immense hall public hétéroclite, disparate, bruyant et clinquant, "bling-blingbliguant", un "hall public" qui est en fait  un lieu virtuel de réseaux sociaux du Net, une "foire d'empoigne" de cocoricohèteries des uns et des autres, un jeu de rôles où c'est le plus culotté qui gagne et encore juste pour un "tour de manège"... Enfin, tout ça n'a plus de sens, on ne peut même plus parler de justice ou d'injustice, de mérite ou pas, de talent ou pas, ça ne "ressemble plus à rien" !
Et les producteurs, les éditeurs aujourd'hui, sont tous pour l'essentiel des marchands, des vendeurs de "produits de consommation de masse" en loisirs et culture, ne "travaillant" que dans  les mêmes créneaux, avec les mêmes "têtes d'affiche" ou "produits d'appel"...
Nous sommes dans un monde qui n'a plus rien à voir avec ce qui, avant, prévalait et faisait "qu'on y arrivait"...
Et dans ce monde là, il faut bien s'y adapter, en considérer, en prendre sur soi la réalité et "faire avec" ! Et je pense que pour cette raison, pour toutes ces raisons que j'évoque, c'est "beaucoup plus dur qu'avant" pour arriver... Beaucoup plus dur d'une part, donc... Mais aussi encore plus aléatoire d'autre part...
Ne reste qu'à "s'exister"... Mais comment, où, dans quel espace, justement, "s'exister" ? Il n'y a pas de "miracle", pas de "bonne formule" nulle part !
Si le résultat (quand résultat il y a) ce n'est QUE de la visibilité -célébrité relative et éphémère, QUE le fait d'avoir mille "amis" sur des réseaux sociaux, QUE de passer à la Télé à "On n'est pas couché" (ou autre émission de talk show), QUE de "faire un bouquin" qui va "un moment faire un tabac"... Si le résultat c'est ça, eh bien ça n'a plus de sens, c'est pas "porteur", c'est pas ça qui va faire qu'on existe, qu'on vit vraiment, c'est pas ça qui va être un repère fort, une "valeur sûre", qui va donner du sens, de la profondeur à la vie qu'on vit !
C'est pas ça, l'ambition, la vraie ambition, celle qui, en te faisant devenir Grand, fait aussi devenir Grands les gens autour de toi !
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MessageSujet: Re: Ah, ces Grands Immortels ! ...    Mer 8 Jan - 9:46

... De tous ces "Grands Immortels" (écrivains, acteurs, chanteurs...) qui ont traversé le 20 ème siècle et dont certains, rares à vrai dire,  sont encore en vie en 2014 ; ceux qui m'ont le plus impressionné, pour lesquels j'ai toujours eu une prédilection, une préférence, et qui en moi ont fait vibrer une "corde sensible" (en général mais pas toujours forcément cependant); ce sont ceux qui sont "sortis de rien", qui furent des "gosses de pauvres" ou d'immigrés, et qui au début et durant une partie de leur vie, de leur jeunesse, ont "mangé de la vache enragée", inconnus, rejetés qu'ils étaient, et sur lesquels aucun producteur, aucun éditeur, aucun réalisateur ne misait... Jusqu'au jour où enfin, ils ont réussi à émerger, de quelque cabaret parisien, de quelque scène, ou par quelque premier livre écrit, remarqués puis "introduits dans le milieu" par un personnage "influent", un autre artiste, écrivain, homme de cinéma, de théâtre, producteur... Et que commençait pour eux, une "plus ou moins longue ascension" vers "les sommets de la gloire"...
On ne peut pas dire que ceux là, de ces "Grands Immortels", soient "légion" ! Mais ce sont bien ceux là (et en ce sens je suis sûr que beaucoup de gens me rejoignent) pour lesquels j'ai, disons, "une nette préférence", une "plus grande admiration" voire vénération...
Mais je le répète : "pas forcément toujours", parce qu'en fait, la personnalité, la "vision du monde", la "dimension humaine", au delà et indépendamment du talent réel, tout cela entre pour partie dans cette prédilection, dans ce ressenti que je peux avoir...
Cela dit, je pense à tous les "autres" : ceux qui sont ou furent des "fils et des filles de ... " et dont les parents sont "du milieu", dont le père ou la mère est, était déjà "un Grand Immortel", un artiste, un acteur célèbre... Ceux là, sont "nés dans la place" on va dire, et d'emblée ils ont baigné durant leur enfance puis leur adolescence "sous les feux de la rampe" et leur environnement c'est celui dans lequel vivent leur père ou leur mère et parfois leurs deux parents ensemble. Ils ont fait forcément, comme un train sur des rails, l'école qui correspondait au mieux à la voie qu'ils cherchaient, que ce soit dans le cinéma, le théâtre, la scène, la chanson, l'humour ; et, même s'ils ne se sentaient pas destinés comme leur père ou leur mère à suivre le même chemin dans la même voie, ils ont pu "se faire" dans un autre domaine, différent de celui de leurs parents...
Et là, en disant ce que je dis, il me vient une question, une question "sensible" on va dire :
"Comment un fils de..., une fille de..., un né dans le milieu avec tout l'environnement favorable et pour... S'assume-t-il lui-même, conscient qu'il ne peut qu'être, de sa condition de fils de..., de fille de..." ?
J'imagine (ou je pressens) que "cela ne doit pas être évident", d'être le fils ou la fille d'un "Grand Immortel", d'un grand artiste ou écrivain ! Pas évident de devoir s'assumer en tant que tel, conscient du fait que sans le succès du père ou de la mère, sans l'environnement pour, il en  aurait été tout autrement, sans doute rien de tout cela, une traversée de  désert, un "no man's land" d'anonymat, d'insuccès, de non reconnaissance, d'indifférence... Et j'essaye d'imaginer ce qui peut alors être ressenti par cet "héritier bénéficiaire" on va dire...
Qu'en pensez-vous ? Y avez-vous déjà pensé ?
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