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Pâques en poésies.....Emile Verhaeren, Marcel Pagnol, Apollinaire

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Elisabeth
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MessageSujet: Pâques en poésies.....Emile Verhaeren, Marcel Pagnol, Apollinaire   Mer 9 Avr - 17:05

Émile VERHAEREN "Les blés mouvants"

A Pâques

Frère Jacques, frère Jacques,
Réveille-toi de ton sommeil d'hiver
Les fins taillis sont déjà verts
Et nous voici au temps de Pâques,
Frère Jacques.

Au coin du bois morne et blêmi
Où ton grand corps s'est endormi
Depuis l'automne,
L'aveugle et vacillant brouillard,
Sur les grand-routes du hasard,
S'est promené, longtemps, par les champs monotones ;
Et les chênes aux rameaux noirs
Tordus de vent farouche
Ont laissé choir,
De soir en soir,
Leur feuillage d'or mort sur les bords de ta couche.

Frère Jacques,
Il a neigé durant des mois
Et sur tes mains, et sur tes doigts
Pleins de gerçures ;
Il a neigé, il a givré,
Sur ton chef pâle et tonsuré
Et dans les plis décolorés
De ta robe de bure.

La torpide saison est comme entrée en toi
Avec son deuil et son effroi,
Et sa bise sournoise et son gel volontaire ;
Et telle est la lourdeur de ton vieux front lassé
Et l'immobilité de tes deux bras croisés,
Qu'on les dirait d'un mort qui repose sous terre.

Frère Jacques,
Hier au matin, malgré le froid,
Deux jonquilles, trois anémones
Ont soulevé leurs pétales roses ou jaunes
Vers toi,
Et la mésange à tête blanche,
Fragile et preste, a sautillé
Sur la branche de cornouiller
Qui vers ton large lit de feuillages mouillés
Se penche.

Et tu dors, et tu dors toujours,
Au coin du bois profond et sourd,
Bien que s'en viennent les abeilles
Bourdonner jusqu'au soir à tes closes oreilles
Et que l'on voie en tourbillons
Rôder sur ta barbe rigide
Un couple clair et rapide
De papillons.

Pourtant, voici qu'à travers ton somme
Tu as surpris, dès l'aube, s'en aller
Le cortège bariolé
Des cent cloches qui vont à Rome ;
Et, leurs clochers restant
Muets et hésitants
Durant ces trois longs jours et d'angoisse et d'absence,
Tu t'éveilles en écoutant
Régner de l'un à l'autre bout des champs
Le silence.

Et secouant alors
De ton pesant manteau que les ronces festonnent
Les glaçons de l'hiver et les brumes d'automne,
Frère Jacques, tu sonnes
D'un bras si rude et fort
Que tout se hâte aux prés et s'enfièvre aux collines
A l'appel clair de tes matines.

Et du bout d'un verger le coucou te répond ;
Et l'insecte reluit de broussaille en broussaille ;
Et les sèves sous terre immensément tressaillent ;
Et les frondaisons d'or se propagent et font
Que leur ombre s'incline aux vieux murs des chaumières ;
Et le travail surgit innombrable et puissant ;
Et le vent semble fait de mouvante lumière
Pour frôler le bouton d'une rose trémière
Et le front hérissé d'un pâle épi naissant.

Frère Jacques, frère Jacques
Combien la vie entière à confiance en toi ;
Et comme l'oiseau chante au faîte de mon toit ;
Frère Jacques, frère Jacques,
Rude et vaillant carillonneur de Pâques.

Marcel Pagnol

ŒUFS DE PÂQUES

Voici venir Pâques fleuries,
Et devant les confiseries
Les petits vagabonds s'arrêtent, envieux.
Ils lèchent leurs lèvres de rose
Tout en contemplant quelque chose
Qui met de la flamme à leurs yeux.
Leurs regards avides attaquent
Les magnifiques œufs de Pâques
Qui trônent, orgueilleux, dans les grands magasins,
Magnifiques, fermes et lisses,
Et que regardent en coulisse
Les poissons d'avril, leurs voisins.
Les uns sont blancs comme la neige.
Des copeaux soyeux les protègent.
Leurs flancs sont faits de sucre. Et l'on voit, à côté,
D'autres, montrant sur leurs flancs sombres
De chocolat brillant dans l'ombre,
De tout petits anges sculptés.
Les uns sont petits et graciles,
Il semble qu'il serait facile
D'en croquer plus d'un à la fois ;
Et d'autres, prenant bien leurs aises,
Unis, simples, pansus, obèses,
S'étalent comme des bourgeois.
Tous sont noués de faveurs roses.
On sent que mille bonnes choses
Logent dans leurs flancs spacieux
L'estomac et la poche vides,
Les pauvres petits, l'œil avide,
Semblent les savourer des yeux.

Le lapin

Je connais un autre connin
Que tout vivant je voudrais prendre.
Sa garenne est parmi le thym
Des vallons du pays de Tendre.

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

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MessageSujet: Re: Pâques en poésies.....Emile Verhaeren, Marcel Pagnol, Apollinaire   Mer 9 Avr - 18:45

Bien sympa cette idée !
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MessageSujet: Re: Pâques en poésies.....Emile Verhaeren, Marcel Pagnol, Apollinaire   Ven 18 Avr - 6:57

Pâquépapikpac

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Toute la frangue en messe et en cloches
Pâquépapikpac
Ils vont jamais à la messe et ce dimanche là ils y vont
Pâquépapikpac
Cela est juste et bon
L'élévation
Le sermon
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Toute la frangue en messe et en cloches
Filles et femmes en voilettes et grand chic
Pâquépapikpac
Cela est juste et bon
Même con
Même sans purée
Pâquépapikpac
Le kiki qui fait tic tac dans le futal
En tressaute déjà tôt matines du radada d'après midi
Quand les cloches feront la sieste
Pâquépapikpac
Le penseau bedonne de pensées pieuses
Juste le temps de l'élévation
Cela est juste et bon
Même pauvre comme Job sur son tas de fumier
Pâquépapikpac
Toute la frangue en messe et en cloches
Le papa Raffarin n'avait pas sucré le lundi
De paquépapikpac
Et le mardi qui vient
On retroue le cul à la racaille
Et on remet cent balles dans le dada
Pâquépapikpac
Mardi c'est reparti
Pour une crade messe dans la frangue en détresse
Et rebelote
Pâquépapikpac
Gare au dix de der

... Texte "de Pâques" (à la Yugcib) écrit en avril 2010...
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MessageSujet: Re: Pâques en poésies.....Emile Verhaeren, Marcel Pagnol, Apollinaire   

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Pâques en poésies.....Emile Verhaeren, Marcel Pagnol, Apollinaire

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