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Il y a 100 ans, Sarajevo.......

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Elisabeth
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MessageSujet: Il y a 100 ans, Sarajevo.......   Sam 28 Juin - 17:56

Aujourd'hui, est le centenaire du 28 Juin 1914, date de l'assassinat à Sarajevo de l'archiduc d'Autriche, François -Ferdinand de Habsbourg et de son épouse Sophie Chotek, Comtesse Hohenberg;

Par un jeu compliqué d'alliances, l'Empereur François-Joseph est poussé à la guerre; on lui a prédit qu'elle serait un cataclysme;
Mais, malgré tout, il persiste, et un mois après l'assassinat de son neveu, déclare la guerre à la Serbie en lui imposant des conditions inacceptables;



Il a fallu tout un concours de circonstances, vraiment, pour que  Gavrilo Princip le jeune Serbe, - dont on n'est pas encore certain qu'il appartienne à l'organisation de "la main noire" - parvienne à tirer à bout portant à trois reprises, d'abord sur Sophie, puis sur François Ferdinand;
Une telle imbrication de malchances qu'on a l'impression d'une malédiction;

Aujourd'hui et pour une dizaine de jours, après des refus et contestations, Sarajevo se souvient; mais l'Europe a eu bien du mal à s'accorder sur ces cérémonies;


Dernière édition par Elisabeth le Sam 28 Juin - 18:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il y a 100 ans, Sarajevo.......   Sam 28 Juin - 18:02

" Dimanche 28 juin 1914. Hôtel Bosna, à Ilidza. Après une messe dans un salon transformé en chapelle, l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône des Habsbourg, 53 ans, vêtu de son uniforme d’apparat surmonté d’un shako à plumes de coq bleu-vert, et sa femme Sophie Chotek, en capeline blanche, montent dans une calèche.

Direction la petite gare de cette ville thermale. Ils y déjeunent. À 9 h 25, un train spécial les conduit à Sarajevo, ville située à 10 km à l’ouest. À leur arrivée, à 9 h 35, le général Oskar Potiorek, gouverneur austro-hongrois de Bosnie les invite à monter à bord d’une Daimler Gräf und Stift, décapotable allemande en forme de landau. Les six autos du cortège s’ébranlent vers l’hôtel de ville.

Très tôt ce matin-là, Gavrilo Princip, 19 ans, un étudiant serbe de Bosnie, quitte son pied-à-terre sis au 3, rue Oprkanj, derrière le bazar. Souffrant depuis plusieurs mois de tuberculose, il flotte dans son costume sombre.

Teint blafard, visage émacié, il va d’abord s’incliner sur la tombe de Bogdan Zerajic, un jeune Serbe qui s’est suicidé en 1910 après son attentat manqué contre l’administrateur austro-hongrois de Bosnie. Il rejoint ensuite ses cinq comparses dans un café du quartier turc.

Membres du groupuscule Jeune Bosnie, opposés à l’annexion de ce territoire par les Habsbourg et officieusement soutenus par l’organisation pan-serbe de la Main noire, Princip et ses amis rêvent du rattachement de tous les Slaves du Sud au sein d’un État unique qui aurait Belgrade (en Serbie) pour capitale.

Pour eux, la visite de l’archiduc à Sarajevo sonne comme une provocation. Le 28 juin reste l’anniversaire d’une célèbre bataille que les Serbes livrèrent contre les Turcs, en 1389. Armés de bombes, de pistolets, équipés de capsules de cyanure au cas où ils seraient pris, les conspirateurs se postent à divers endroits du trajet annoncé de François-Ferdinand.

À 10 h 15, le cabriolet archiducal arrive à hauteur d’un premier conjuré, qui hésite à agir. Un second, posté trente mètres plus loin, n’a pas ce scrupule. Sa grenade blesse deux des gardes du corps de l’archiduc. La délégation arrive à l’hôtel de ville et écourte la cérémonie organisée par le maire Fehim Effendi Curcic.

L’archiduc souhaitant se rendre au chevet des blessés à l’hôpital, son cortège repasse par le quai qui longe la rivière Miljacka. À l’angle de l’épicerie fine Moritz-Schiller, en face du pont Latin, son chauffeur, le Tchèque Leopold Sojka, se rend compte qu’il fait fausse route.

Il freine pour engager la marche arrière. Gavrilo Princip est à deux pas de là. Il sort son revolver, un Browning 1910, de 9 mm, et tire deux coups. Il est 11 h 15. Sophie Chotek est touchée, puis l’archiduc.

Il souffle à son aide de camp : « Ce n’est rien… » Et à son épouse : « Sophie, chérie ! Ne meurs pas ! Reste en vie pour les enfants ! » Conduit au Konek, la résidence du gouverneur, il expire à 11 h 25. Sophie s’éteint elle aussi. Trois semaines plus tard éclate la Première Guerre mondiale.

Cent ans après, l’Empire austro-hongrois a depuis longtemps disparu. Restent les lieux, témoins du drame. La bourgade d’Ilidza a été absorbée par la ville de Sarajevo. L’hôtel Bosna, quant à lui, est en réfection. De 1996 à 2000, il a abrité le quartier général des forces de l’Otan, stationnées dans le pays après la signature des accords de Dayton, traité qui a mis fin à la guerre de Bosnie, en 1995.

La chambre où ont dormi l’archiduc et Sophie servait de bureau au commandant en chef de cette force internationale. À moins d’un kilomètre de là, une ruine. Seuls les plus vieux se souviennent qu’il s’agit de l’ancienne gare ferroviaire d’Ilidza.

La ligne de chemin de fer a été fermée en 1958 et la gare vendue à la découpe. Touché par un obus pendant la guerre et usé par le temps, le toit de tuiles s’est affaissé. Des herbes ont envahi le hall, des toxicomanes squattent l’ancienne salle d’attente.

Un parking sauvage remplace ce qui était jadis le quai. Seuls, Emir et sa femme y vivent encore. Emir éructe sa colère : « La Bosnie veut-elle oublier son passé ? L’Autriche aussi ? Sinon, comment comprendre que ce bâtiment soit à l’abandon ? C’est une honte ! »

Désormais, pour aller d’Ilidza à Stari-Grad, la vieille ville, il suffit d’emprunter le tramway, ligne 3. Construit en 1879, c’est l’un des plus anciens d’Europe. Après vingt minutes de trajet, descendre à l’arrêt Latinski Most (pont Latin).

C’est le lieu de l’attentat. Une plaque indique l’endroit exact où Gavrilo Princip a ouvert le feu. Un musée a pris la place de l’épicerie Moritz-Schiller. Durant la période yougoslave, de 1921 à 1992, il s’appelait le musée Jeune-Bosnie, du nom de l’organisation de Gavrilo Princip.

En 2007, après sa rénovation, il a été rebaptisé Musée 1878-1918 « pour indiquer que les quarante ans de présence austro-hongroise en Bosnie ne se résument pas à l’attentat de 1914 », commente le guide. À l’extérieur, six motards vêtus de cuir noir font la queue. Venus d’Autriche sur leur bécane, ils veulent voir où l’ex-héritier de leur défunt empire a été tué.

À l’intérieur, les statues de cire de François-Ferdinand et de Sophie, le pantalon que portait le meurtrier le jour J, des photos de son procès, une copie de son revolver et une vidéo passant en boucle une reconstitution filmée de l’événement. Un visiteur demande au guide : « Selon vous, Gavrilo Princip était-il un patriote ou un terroriste ? » "
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