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Freddy - Ne Vous Endormez Pas - Samuel Bayer

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MessageSujet: Freddy - Ne Vous Endormez Pas - Samuel Bayer   Dim 4 Jan - 18:46




Titre original : A Nightmare On Elm Street

Titre français : Freddy - Les Griffes de la Nuit

Réalisateur : Samuel Bayer

Scénario : Wesley Strick & Eric Heisserer, d'après les personnages de Wes Craven

Photographie : Jeff Cutter

Montage : Glen Scantlebury

Musique : Steve Jablonsky

Genre : Horreur / Slasher

Studios : Platinum Dunes New Line Cinema

Pays d'Origine : USA - 30 avril 2010

Date de sortie en France : 12 mai 2010

Durée : 95 mn

Audio : anglais, français

Sous-titres : français, anglais, néerlandais

Sous-titres pour malentendants : anglais


Rôles Principaux : Jackie Earle Haley (Freddy Krueger) - Rooney Mara (Nancy Holbrook) - Kyle Gallner (Quentin Smith)


Le personnage de Freddy Krueger, avec son chapeau mou, son pull-over rayé rouge et vert et ses célèbres gants terminés par des lames de rasoir, fut, dit-on, inspiré à son créateur, Wes Craven, par un étrange personnage, coiffé d'un chapeau, plutôt âgé et qui tenta un soir, entre chien et loup, de s'introduire dans la maison de ses parents, sous les yeux mêmes de l'enfant, alors à sa fenêtre. Le petit garçon eut si peur que le souvenir ne le quitta pas jamais et que, devenu réalisateur de longs-métrages, l'adulte le fit renaître pour l'exorciser. Il supprima le côté trop "vieux" du personnage, pas assez hollywoodien sans doute ou trop révélateur peut-être , et fit de lui le parfait Croquemitaine, celui qui, s'il ne peut vous tuer que dans son domaine : le monde des cauchemars, est par contre immortel même quand, par erreur ou par avidité, il se risque dans votre réalité. Le film sortit sur les écrans en 1984 avec, dans le rôle-titre, un impressionnant et redoutable Robert Englund dont beaucoup ont oublié qu'il fut aussi le "gentil" alien de "V" dans la première version de la série. (Ah ! non, ça ne nous rajeunit pas, inutile de me le dire ! )

Freddy - qui doit par contre son nom à un ancien condisciple de Craven, lequel avait eu le tort de prendre ce dernier comme souffre-douleur - allait connaître un succès phénoménal. Il faut dire que le premier opus relève du grand art tout en conservant ce côté spontané, sans surenchère d'effets spéciaux, propre aux films des années soixante-dix et du début des années quatre-vingt. Sous son maquillage de grand brûlé, Englund révèle son profil d'acteur racé et il "devient" son personnage, jonglant avec ses expressions faciales, avec l'humour terriblement féroce qu'il manie en vrai croquemitaine et la haine qu'il exsude sans complexe aucun. La sexualité n'est pas oubliée car l'aspect sexuel de ce premier "Freddy", avec la scène fameuse où la main-lames de rasoir sort du bain dans lequel s'est endormie la jeune Nancy, est indéniable quoique certainement beaucoup plus discret et plus raffiné qu'on ne le restituerait de nos jours.

Succès oblige, Wes Craven poursuivra, de manière inégale, cela va sans dire, avec Robert Englund dans son sillage, et réalisera sept films à partir de son personnage-fétiche. Dans ce cas-là, en dépit des inégalités de scénario ou de réalisation, on devient "fan" et on le reste. Les maladresses elles-mêmes de la série de films sont parties prenantes du culte que, pour des raisons d'ailleurs peu explicables, toute une génération va vouer à Freddy Krueger. Si l'on en supprimait une seule, le spectateur aurait une attaque, c'est tout dire.

En 2010, les studios hollywoodiens prennent le pari de produire un remake de "Freddy." Vous le savez, notre XXIème siècle est celui de l'argent à tout prix - pas nécessairement de la qualité. Avec Wes Craven et Robert Englund, "Freddy" était une mine d'or. Craven et Englund ayant pris de l'âge et ayant, à leur avis, l'un comme l'autre, fait le tour du personnage, pourquoi ne pas proposer à d'autres de reprendre les rôles de réalisateur et d'idole-culte ? L'exercice est certes délicat. Rares sont, dans tous les genres d'ailleurs, les remakes qui se révèlent soit égaux, soit supérieurs au film originel. Il en a toujours été ainsi (voyez l'incroyable descendance cinématographique du Dr Jekyll et de son encombrant Mr Hyde, qui va, dans mes souvenirs, de Frederic March à Jack Palance) : c'est un peu comme au poker - ou au yam's annonce.

Samuel Bayer et Jackie Earle Haley ont-ils fait quitte ou double ? Eh ! bien, pour le comédien, une chose est sûre : il respecte le travail de Robert Englund (comment oublier celui-ci d'ailleurs ? ) et, en parallèle, il parvient à créer un Freddy Krueger qui lui appartient pourtant en bonne et due forme. Rappelons combien est difficile, fût-ce pour de grands acteurs, de prendre la "suite" de l'un de leurs confrères qui a su imposer le type original d'un personnage. (Les amateurs de la série anglaise "Dr Who", qui considèrent en grande majorité que le "meilleur Docteur" reste David Tennant, le savent bien quand ils contemplent le travail, en tous points remarquable mais oh ! combien difficile, de son successeur, Matt Smith.) Le scénariste donne aussi beaucoup plus de texte à dire à notre nouveau Freddy mais la voix ... Enfin, en français, le doubleur, Julien Kramer, use d'une voix sensiblement plus basse, plus grave que celle de Henri Djanik, qui post-synchronisait Robert Englund. A moins qu'il n'accentue cet effet pour coller à la voix original de Hailey. Et, forcément, pour les aficionados de la première heure, dont je suis, ça fait tout bizarre. Pas désagréable mais bizarre. Quoi qu'il en soit, Robert Englund en personne a adoubé l'interprétation de Jackie Earle Haley et, ma foi, en ce qui me concerne, je l'ai trouvé vraiment à la hauteur.

Maintenant, pour ce qui est du réalisateur ... On sent Bayer à la fois passionné par son sujet, décidé à se démarquer de Craven (qui n'a pas été consulté, ce qui ne lui a pas plu et on peut le comprendre ) et en même temps, on le voit presque marcher sur des oeufs. Il sait que certaines scènes du premier "Freddy" doivent être reprises, il sait aussi que l'histoire ne peut être modifiée. Alors, il a recours à d'excellents effets spéciaux, dont Craven n'a jamais pu profiter, cela s'entend, et écrase en quelque sorte le champignon en évoquant la pédophilie de Freddy. Or, aussi incompréhensible que cela puisse paraître (car, logiquement, et dès 1984, Freddy ressemble bien à un pédophile massacré par des parents aveuglés par la douleur), ce dernier effet tombe ici à plat. Quant aux effets spéciaux ... Bon, d'accord. Mais dites, on ne pourrait pas revenir au cinéma et à la télévision du Bon Vieux Temps, avec des ficelles énormes et des bricolages sensationnels ? Parce que, franchement, les effets spéciaux, à force d'en mettre, ça ampute le film de son âme. Et puis, ces photos de Nancy (qu'on ne voit pas), prises par Freddy quand elle était enfant, fallait-il vraiment révéler leur existence ? Freddy Krueger, c'est Croquemitaine. Un sadique, soit, un tueur complètement déjanté, soit encore, mais, pour ma génération, un pédophile avéré, certes pas. Freddy tue les enfants non parce qu'il leur voue un "amour" pervers mais au contraire parce qu'il ne les aime pas du tout et qu'ils l'énervent au plus haut point. Normal : Freddy, c'est Croquemitaine. Après ça, on va prétendre que le Joueur de Flûte de Hamelin - d'ailleurs évoqué dans le bonus du DVD - n'était rien qu'un affreux pédophile, lui aussi. Et après le Joueur de Flûte, ce sera qui ? ...

Il est vrai que, tout comme la littérature, le cinéma (et la télévision quand elle n'est pas aux ordres) reflètent les grandes peurs de l'époque qu'ils traversent avec nous. Cela explique peut-être pourquoi Bayer a misé là-dessus. Mais rien à faire : ça n'accroche pas.

Bref, jugement assez mitigé sur ce film qui ose tout en y allant sur la pointe des pieds et en se prenant parfois lesdits pieds dans le tapis. Seule certitude : Jackie Earle Hailey est excellent et l'on ne peut que s'incliner devant sa performance.

Mais ne vous inquiétez pas : une de ces prochaines fois, entre deux posts littéraires, on parlera du premier "Freddy". Promis. Juré. A bientôt !

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