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Femmes Serial Killers - Peter Vronsky

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MessageSujet: Femmes Serial Killers - Peter Vronsky   Ven 9 Jan - 20:06




Female Serial Killers : How & Why Women Become Monsters

Traduction : Patricia Barbe-Girault, avec la collaboration de Peter Vronsky

ISBN : 9782757841495

Extraits



Ben non, il n'y a pas que les hommes qui tuent : les femmes trucident aussi - et elles le font depuis la nuit des temps. Cela a probablement commencé dans les cavernes préhistoriques mais Vronsky n'a évidemment pas pu recenser ces cas-là. Pour autant, le lecteur ne sort pas frustré de son étude sur les "tueuses en série", qu'il répertorie surtout chez les Anglo-Saxonnes, Britanniques et essentiellement Américaines. Dans le tableau en fin de livre, on trouve cependant Hélène Jégado mais je ne me rappelle pas Marie Besnard quoique Simone Weber soit également citée. En un premier temps, dans une espèce de "prologue", l'auteur évoque les tueuses pré-modernes, d'Agrippine la Jeune, mère de Néron, jusqu'à la marquise de Brinvilliers. Il faut dire que, à ses yeux, le "moderne", en cette matière très contestée et tout aussi contestable, commence avec l'apparition, en 1888, de Jack l'Eventreur dont, rappelons-le une fois encore pour les rares personnes qui l'ignoreraient, l'identité ne fut jamais prouvée de manière irréfutable.

La question principale que se pose Vronsky est la suivante : pourquoi les femmes tuent-elles ? En effet, chez les tueurs en série (est tenu pour un ou une tueur (tueuse) en série toute personne ayant à son actif au moins trois assassinats, en général étalés dans le temps, à la différence du tueur dit "de masse", qui monte au haut d'un clocher pour abattre un maximum de personnes en un temps record et que l'on retrouve, avec des variantes, dans l'incarnation du criminel de guerre), le goût du pouvoir et la satisfaction sexuelle sont les deux moteurs qui importent. Le tueur en série mâle est manifestement  "accro" - si l'on ose le terme - à un rituel impliquant l'enlèvement, la torture et parfois la nécrophilie, rituel dont les tueuses femelles - à condition qu'elles agissent seules, sans aucun complice "dominant" masculin - considèrent, avec un certain mépris, comme une perte de temps - et probablement une preuve supplémentaire de l'imbécillité masculine . Si la satisfaction sexuelle, avec pénétration, compte énormément pour le tueur, la tueuse, elle, "prend son pied" au moment de la mort seule. Ce plaisir, en apparence plus subtil bien que tout aussi pervers, est-il d'ordre sexuel ? Au vu de ce qu'ont raconté quelques tueuses en série du XIXème, parlant, avec cette pudeur unique des victoriens, de "sensation voluptueuse" en voyant étouffer ou s'empoisonner leurs victimes, on peut y discerner en effet un indéniable côté sexuel. Mais ce n'est pas toujours le cas. En revanche, la soif de dominer, la soif de pouvoir sont, elles, toujours au rendez-vous, comme chez le tueur.

Chez les "modernes", peut-on par exemple trouver une quelconque satisfaction sexuelle dans la manière dont Aileen Wuornos abattit ses victimes ? Le cas ici, est atypique : Wuornos était fille d'un schizophrène dangereux, elle eut - comme tant de tueurs et de tueuses en série - une enfance très chaotique avec, sinon viols, en tous cas divers sévices sexuels, elle en vint à considérer son corps à la fois comme un capital et comme une charogne (les deux sont parfaitement compatibles), elle s'adonna à l'alcool et aux drogues et, après avoir manifesté sa recherche éperdue du père dans une première partie de sa vie exclusivement hétérosexuelle (elle s'est même mariée, à un homme évidemment beaucoup plus âgé qu'elle), elle glissa vers le lesbianisme après un séjour en prison. Mais, à bien lire le récit de sa vie par Vronsky, on a plutôt l'impression que Wuornos ne se "trouva" jamais sur le plan sexuel. L'affectif dominait chez elle : elle voulait qu'on l'aime, telle qu'elle était. C'est un rêve que nous faisons tous. Certains ont la chance de le connaître, d'autres en font leur deuil et certains ne s'en consolent jamais. Wuornos fut de ceux-là et les sept crimes qu'on lui impute - rien que des hommes, ni femme, ni enfant - sont avant tout des meurtres de colère devant ce rejet qu'elle ne comprenait pas - on ne le comprend jamais mais, bien qu'intelligente, Wuornos avait un Quotient Emotionnel qui, c'est certain, l'a handicapée toute sa vie et a fini par la conduire droit dans le Couloir de la Mort.

Vronsky n'oublie pas les "Anges de la Mort", ces femmes, mères, infirmières ou appartenant à un personnel de santé, qui rendent à dessein malades leurs enfants, leurs proches, leurs patients, souvent des bébés, voire des nourrissons. (Rien par contre sur ces femmes qui "nieraient" leur grossesse avant de conserver précieusement le petit corps du nouveau-né dans leur congélateur : mais là aussi, on est en présence, semble-t-il, de cas atypiques, surtout quand ces femmes se sont révélées, dans le passé, excellentes mères et épouses.) Les "Veuves Noires", quant à elles,  tuent avant tout pour l'argent et constituent par conséquent la catégorie la plus commune - et il faut bien dire la plus méprisée - des tueuses en série. Très impressionnantes parfois comme l'incontournable Dorothea Puente, qui finit par rédiger en prison un livre de recettes de cuisine toutes adorées par celles et ceux qu'elle avait occis, elles possèdent tout de même une sorte de vulgarité qui provient de leur motif principal : non, assurément, s'il existe une "aristocratie" chez les tueuses en série, les "Veuves Noires" n'en font pas partie.

Autre catégorie abordée par l'auteur : les femmes qui se comportent normalement jusqu'au jour où elles ont le coup de foudre pour un homme qui, lui, se révèle un tueur dans l'âme. Il semble - attention ! il semble, seulement - que ces femmes tombent sous la coupe du mâle, par définition dominant, et qu'elles le suivent dans le crime. Mais en étudiant bien les couples ici exposés, on se rend compte que l'apparence est souvent trompeuse : dans le couple des "Tueurs de la Lune de Miel", Vronsky désigne clairement la femme, Martha Beck, comme la meneuse ; pour le couple britannique des "Tueurs de la Lande", il est plus prudent mais insiste sur la nature déviante de Myra Hindley tout en reconnaissant qu'elle eut une enfance normale et que c'était même une très gentille petite fille. Dans le cas Karla Homolka / Paul Bernardo, à notre avis, les deux sont aussi responsables l'un que l'autre : il est en tous cas très difficile de démêler chez eux le dominant du soumis. 

Pour achever ce petit panorama d'un vaste et terrible problème humain, Vronsky évoque certaines SS de sexe féminin dont la fameuse Ilse Koch. Chapitre discret qui pointe aussi du doigt la psychopathie de masse induite par certains régimes totalitaires, non pour excuser ceux qui s'y sont laissés prendre mais pour essayer de trouver quelques pistes supplémentaires.

Dans l'ensemble, un ouvrage intéressant mais peu recommandé aux âmes sensibles. Un seul regret : pour l'instant, l'étude de Vronsky sur les tueurs en série de sexe masculin n'a pas encore été traduite.

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