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L'Orphelinat - Juan Antonio Bayona

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MessageSujet: L'Orphelinat - Juan Antonio Bayona   Dim 18 Jan - 20:59




Titre original : El Orfanato

Titre français : L'Orphelinat

Réalisateur : Juan Antonio Bayona

Scénario : Sergio G.Sánchez

Photographie : Óscar Faura

Montage : Elena Ruiz

Costumes : Maria Reyes

Décors : Iñigo Navarro

Musique : Fernando Vélazquez

Genre : Horreur / Thriller psychologique

Studios : Wilde Side Video

Pays d'Origine : Espagne - 11 octobre 2007

Date de sortie en France : 5 mars 2008

Durée : 106 mn

Audio : français, espagnol

Sous-titres : français

Sous-titres pour malentendants : néant

Rôles Principaux : Bélen Rueda (Laura) - Fernando Cayo (Carlos, son mari) - Roger Princep (Simón, leur fils) - Montserrat Carulla (Benigna) - Géraldine Chaplin (Aurora) - Oscar Casas (Tomás)




On peut ranger ce film, produit par Guillermo del Toro, dans deux catégories. Il mêle en effet disons l'épouvante - plus que l'horreur pure - au thriller psychologique. On a le choix entre une véritable histoire de fantômes d'enfants assassinés et devenus maléfiques ou alors l'effacement dans la folie d'une mère qui ne trouve que ce moyen pour exorciser son deuil. La différence, sous des formes très diverses (le petit Tomás défiguré de naissance, la maladie de Simón sur laquelle on a peu de renseignements précis, l'adoption aussi bien de Laura que de Simón, le fait de se retrouver orphelin, la folie qui transforme Benigna en empoisonneuse) règne de toutes façons en maîtresse sur le film tout entier.

Le scénario démarre bien, plutôt sous le signe de l'Angoisse que de l'Epouvante. La maison choisie, tant par ses extérieurs que par ses décors, est tout bonnement superbe, somptueuse, une sorte d'anti-"Hill House". Même si ce lieu a été un orphelinat jadis, il est vaste, en pleine nature, et possède incontestablement un certain style. Le ton rouge m'a semblé dominer - sauf dans la version gore de cette couleur. "L'Orphelinat" n'est pas un film gore - et c'est tant mieux. Mais il aurait pu le devenir si le scénario avait évolué dans un autre sens. Aurais-je préféré ? Dans un sens, peut-être.

En effet, que nous propose-t-il, ce scénario ? Une femme, qui fut pensionnaire dans cette maison, puis adoptée, revient sur les lieux avec son mari, un médecin spécialisé, et leur petit garçon, lui aussi adopté (mais on ne le lui a pas dit) et qui souffre d'une maladie qui le contraint à prendre bien régulièrement ses médicaments. Leur but : transformer l'ancien orphelinat et son parc en un centre d'accueil pour enfants différents. Cinq ou six, pas plus. A côté, la mer et une plage de sable fin, avec une grotte où va jouer le petit Simón. C'est là que cet enfant, qui a déjà deux amis imaginaires, fait la connaissance du troisième, lequel, selon lui, serait un garçonnet de son âge nommé Tomás. Fait important, Laura, bien qu'elle ne croit pas à la "réalité" de Tomás mais pour satisfaire au caprice de son fils, autorise celui-ci à inviter l'enfant à venir jouer de temps en temps chez eux.

Arrive le jour de l'inauguration du centre. Les parents et les enfants sont là. Tout le monde a un masque ou un chapeau rigolo. Tout le monde s'amuse. Mais Laura s'est fâchée avec son fils et l'a laissé seul dans sa chambre. Quand elle veut se réconcilier avec lui, elle a beau fouiller partout : l'enfant a disparu.

Ici, le scénario oscille, puis bascule lourdement. Police, recherches diverses, une équipe de mediums sur les lieux, le père qui n'en peut plus et veut quitter la maison, la mère qui s'y refuse car elle veut retrouver son fils et son fils EST, elle le sent bien, dans la maison, les saisons qui passent, le père qui s'exile à l'hôtel et la mère qui reste seule. Elle remet certaines pièces dans l'état où elle les a connues jadis. En particulier le dortoir des enfants, de ces enfants dont elle sait maintenant qu'ils ont été empoisonnés, après son départ, par une employée qui venait de perdre son fils, Tomás, plus ou moins à cause de ces enfants. Et c'est comme si le temps reculait. Le phare situé face à la propriété se remet à fonctionner, Laura court, cherche, n'en peut plus et finit par dénicher son fils, glacé mais bien vivant - en tous cas, il parle comme vous et moi. Un instant cependant, sa tête bascule et il semble bien mort. Alors, la mère fait le voeu que son fils revive. Et le miracle s'accomplit.

A moins qu'il ne s'accomplisse pas puisque Simón accepte de revivre à condition qu'elle reste à jamais avec lui et les enfants morts de l'orphelinat, qui se réveillent tous dans leurs lits et, reconnaissant la Laura qu'eux-mêmes ont connue enfant, lui réclament l'éternelle histoire de "Peter Pan" et des Enfants perdus.

La fin montre le mari allant déposer des fleurs sur la tombe de sa femme et de son fils, lesquels ont été enterrés avec les ossements des petits orphelins de jadis. Il rentre ensuite dans la maison, recueille sur le sol la médaille de St Christophe qu'il avait donnée à sa femme et pendant qu'il se redresse, il fixe la porte à double battant et il sourit, en regardant quelqu'un qui entre. Mais qui ?

C'est certainement un film très émouvant mais le genre hybride est à manier avec la plus grande délicatesse. Oserai-je l'écrire ? J'ai été déçue. A mon sens, le scénariste, pour des raisons qui n'appartiennent qu'à lui, n'a pas joué le jeu jusqu'au bout. Une haine comme celle que devait ressentir le petit Tomás envers les enfants qui, en lui enlevant le sac qui dissimulait toujours son visage, l'avaient contraint à rester dans la grotte et à y périr noyé - il avait trop honte de sortir et de se laisser voir tel qu'il était - ne s'efface pas comme ça. Il y a aussi le désir de vengeance des enfants après avoir été empoisonnés par la mère de Tomás. Suivre cette voie, à mon avis logique, aurait donné un film d'horreur pure qui eût pu se révéler très efficace.

Choisir l'autre voie, Laura devient folle et se compose un monde de douceur et de tendresse qui unit enfin ses anciens camarades et son fils, lui-même adopté alors qu'elle trône au milieu d'eux, comme la Wendy du conte de J. M. Barrie, est d'autant plus frustrant que, jusque là, le réalisateur s'est donné beaucoup de mal pour nous brancher sur la fiche "épouvante." Certes, on peut comprendre, on suit même, on se résigne mais ... Mais dans ce cas, que signifie la fin ? S'il y a chute, j'avoue qu'elle m'a complètement échappé.

Oui, je l'admets sans honte : quelque chose a dû m'échapper dans ce film à la beauté formelle pourtant incontestable. Mais de splendides décors, une photographie qui rend à plaisir leur somptuosité et une actrice principale excellente dans sa performance de mère endeuillée qui refuse la Mort ne peuvent compenser un montage plutôt mou et quelques effets de terreur qu'on comprend mal - pourquoi par exemple Tomás attaque-t-il Laura dans la salle de bains ? Ce n'est qu'après avoir éteint mon lecteur que je me suis rappelé que, autant les films réalisés par Guillermo del Toro déçoivent très rarement, autant ceux qu'il produit - comme c'est le cas pour "L'orphelinat" - sont pour moi toujours sujets à caution.

Enfin, nous en reparlerons et puis d'abord, ce n'est que mon avis personnel. (Et en plus, j'ai toujours détesté l'histoire de Peter Pan, qui ne voulait pas grandir, na !)  

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