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Alien - Ridley Scott

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Masques de Venise
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MessageSujet: Alien - Ridley Scott   Lun 19 Jan - 21:46



Titre original : Alien

Titre français : Alien, Le Huitième Passager

Réalisateur : Ridley Scott & Paul Ibbetson pour la seconde équipe

Scénario : Dan O'Bannon et Walter Hill (non crédité), d'après une histoire de Dan O'Bannon et Ronald Shusett

Photographie : Derek Vanlint

Montage : Terry Rawlings, Peter Weatherley et David Crowther (pour la version "director's cut", ce qui signifie que Scott a adoubé cette version)

Costumes : John Mollo

Maquillage : Tommie Manderson

Design conceptuel : Ian Whittaker

Décors : Michael Seymore

Effets Spéciaux : Nick Allder & Brian Johson

Musique : Jerry Goldsmith

Genre : Science-Fiction / Horreur

Studios : Fox Pathé Europa

Pays d'Origine : USA - 25 mai 1979

Date de sortie en France : 12 septembre 1979

Durée : 117 mn version cinéma contre 116 pour la "director's cut"

Audio : anglais, français

Sous-titres : français, anglais

Sous-titres pour malentendants : néant

Rôles Principaux : Tom Skerritt (Capitaine A. J. Dallas) - Sigourney Weaver (Lieutenant Ellen L. Ripley) - Veronica Cartwright (J. M. Lambeth) - Harry Dean Stanton (S. E. Brett) - John Hurt (G. W. Kane) - Ian Holm (L'Officier scientifique Ash) - Yaphet Koto (J. T. Parker) - Bolaji Badejo & Eddie Powell (non crédité) (L'Alien) - Helen Horton, post-synchronisée par Perrette Pradier (La voix de l'ordinateur "Maman")


Hélas ! Notre cher Dr Who - que nous finirons bien par évoquer dans la rubrique voisine sur la télévision :touille: - n'est pas là. Mais tant pis !  Vous êtes prêts ? Mr.Red Alors, c'est parti, mon kiki : on se laisse glisser dans le temps et au coeur du navire commercial "Nostromo" où l'Alien ne s'est pas encore infiltré. (Laissez-lui le temps, tout de même, bande de petits impatients !  )

Un générique très sobre, minimaliste pourrait-on dire mais qu'on garde toujours en mémoire avec ces lettres qui se bâtissent peu à peu, auquel succède un vaisseau spatial qui reprend vie peu à peu, ce qui signifie, en bonne logique, que la Terre est proche. Des couleurs qui clignotent gaiement sur un ensemble au départ endormi et un peu sinistre, tout de même. Une équipe dont tous les membres sortent de leur biostase avec la tête que nous avons tous le matin, quand nous nous prenons les pieds dans la carpette de la salle-de-bain, et puis qui échangent des plaisanteries stupides autour de la table du petit-déjeuner. L'officier scientifique Ash - doublé par l'immense Jacques Thébault - on le notera, manifeste un grand amour pour le lait, caractéristique que nous retrouverons quand viendra sa dernière heure. 

Et puis, c'est la catastrophe. En fait, on est bien loin de la Terre. "Mother", surnom donné à l'ordinateur de bord, a sonné le branle-bas de combat parce qu'elle avait repéré un signal dans l'espace. Peut-être est-ce un SOS. Il faut aller voir.

Et ils y vont, bien sûr - sans ça, je vous laisse imaginer la frustration chez les spectateurs et plus encore chez les producteurs. Ce ne sont pas des mauviettes et puis, c'est dans le contrat qui les lie à une Compagnie qui fait là sa première apparition mais dont les amoureux d'"Alien" et de ses "suites" n'ont pas fini d'entendre parler. Le reste, tout le monde le connaît. (Non, c'est pas vrai ?  Confused Vous n'avez jamais vu "Alien" ? Voulez-vous courir me corriger cette lacune honteuse tout de suite ! Et au trot ! Au galop, même ! Et sachez bien que je vous envie de ne l'avoir encore jamais vu ! lol! )

Le miracle d'"Alien", c'est qu'il a trente-cinq ans aujourd'hui et que, l'eût-on regardé, re-regardé, re-re-regardé à en devenir aveugle, il est toujours aussi glaçant, une perfection de rigueur et de beauté visuelles, ne serait-ce déjà qu'avec les décors imaginés (le vaisseau "alien" sortant d'une brume que le soleil de la planète ne parvient jamais à réduire, l'aspect à la fois goudronneux et reptilien des couloirs qu'explorent Lambeth, Dallas et Kane, le bleu si troublant, à la fois attirant et malsain, de la couche - gazeuse ? nuageuse ? - qui protège les "oeufs") et bien entendu les deux créatures-clefs du film : le "Gardien des Etoiles", découvert momifié et le thorax éclaté, immobilisé à jamais sur son fauteuil de contrôle dans le vaisseau "alien" ou supposé tel (lors de la projection de "Prometheus", du même Ridley Scott, qui se veut un "prequel" d'"Alien", ce gardien fera couler beaucoup d'encre parce que son destin apparent dans le film de 79 ne "colle" pas avec celui que lui ont concocté - hélas ! ils ont oeuvré à plusieurs mais de manière successive et non simultanée - les scénaristes de "Prometheus") et tadam !  thumleft l'Alien lui-même, "le Fils de Kane", comme dit l'une des deux actrices principales à un certain moment, une conception d'une hideur là aussi si parfaite qu'elle confine à la beauté pure et simple. Rappelons d'ailleurs que l'acteur qui incarne le plus souvent l'Alien, Bolaji Badejo, d'origine massaï, mesurait à l'époque près de 2, 18 m, avec la silhouette filiforme propre aux représentants de cette ethnie. D'où sans doute l'extraordinaire "vérité" de l'Alien qui n'est pas un pantin mais bel et bien un être vivant se déplaçant d'ailleurs avec une grâce innée. (Oui, je trouve l'Alien gracieux ? Et après ? )

Le scénario est aussi d'une cohérence rare - surtout pour un film de S. F., même pimenté d'horreur. Par la suite, en raison de l'énorme succès du film, il y aura bien des "sous-Aliens" dans le même genre, à Hollywood. Mais toujours, dans ces films-là, quelque chose coince au niveau du scénario ou alors des effets spéciaux, ou du doublage, ou du jeu des acteurs.

C'est que, si l'on réfléchit un peu - et sans être pour autant une Femen en délire ou une simple pseudo-féministe obsédée par le "mademoiselle" Demonangebalançoire - on se rend compte que, en filigrane du thème de l'Inconnu, de l'Etranger qui s'introduit chez vous pour vous tuer, "Alien" ramène au thème de la matrice originelle. Le "Nostromo" est un organisme vivant qui réveille ses "bébés" lorsque ceux-ci doivent l'être et sortir alors de leur matrice personnelle (les sarcophages de biostase). L'ordinateur central, qui décide de tout, s'appelle "Mother" et non "Father". Si les plaisanteries sexuelles de Parker et Brett sont surtout là pour alléger l'histoire, on voit bien que le rapport de force  qui s'installe entre Ripley et Ash (et même si celui-ci est un androïde) implique une forte connotation sexuelle. Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont Ash essaie de liquider Ripley, d'ailleurs ... Enfin, le final du film, entre la Belle en blanc (Ripley) et la Bête (ou le Fils de Kane") tout en noir, exprime également une tension qui n'est pas seulement celle de l'instinct de conservation - beaucoup en ont parlé à l'époque. Et, à l'extrême fin, dans la navette qui est elle-même une matrice, Ripley (et Jones, le chat roux, oui, il est sauf : je pense que le réalisateur a dû comprendre qu'il ne pouvait pas nous faire ce coup-là affraid et puis, qui sait, peut-être les Aliens aiment-ils les chats, mais pas dans leur assiette ) retournent tout au fond de la matrice, dans la capsule de biostase.

"Alien", c'est du compact, du solide, du réfléchi, du pensé, du travaillé (avec les admirables maquettes du Suisse Giger, mort l'an dernier, je crois, tant pour le vaisseau inconnu que pour le Gardien des Etoiles et, bien sûr, l'apparence de l'Alien), l'un de ces films qui ont marqué le cinéma au même titre que "Les Rapaces" de Stroheim, fût-ce dans sa version charcutée par Irving Thalberg, "La Grande Illusion" de Renoir, "Les Enfants du Paradis" de Carné et Prévert ou encore "Freddy" de Wes Craven (mais oui, ne faites donc pas la moue What the fuck ?!? !) ou "Le Silence des Agneaux" de Jonathan Demme. Ce sont tous, à leur niveau et exhalés, façonnés par l'inconscient de leurs réalisateurs, scénaristes, décorateurs ... de toute leur équipe en fait, de véritables moments de grâce qui se figent dans le temps et qui sont plus rares au cinéma qu'en littérature parce que le cinéma est un travail d'équipe, justement. L'"esprit" du film doit descendre sur tous, sinon, cela marche pas. L'esprit du livre, lui, n'a besoin que d'illuminer son auteur.

"Alien", c'est presque l'indicible. Et pourtant, voyez, j'en ai encore écrit bien long sur ce film unique. Et il y a encore beaucoup à en dire. On y reviendra. Laissez-moi seulement recharger mes accus. A demain et ... ne rêvez pas de l'Alien : rêvez plutôt de Sigourney Weaver. Bon Dieu, comme cette femme est belle ! Si j'avais été un homme et si j'en avais eu l'opportunité ... Mais chut ! ceci est une autre histoire ... Wink

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