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Sinister - Scott Derrickson

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MessageSujet: Sinister - Scott Derrickson   Sam 31 Jan - 18:56



Titre original : Sinister

Titre français : Sinister

Réalisateur : Scott Derrickson

Scénario :  Scott Derrickson & C. Robert Cargill

Photographie : Chris Norr

Montage : Frederic Thoraval

Décors : David Brisbin

Costumes : Abby O'Sullivan

Musique : Christopher Young

Genre : Horreur / Thriller

Studios : Wild Side Video

Pays d'Origine : USA - 5 octobre 2012

Sortie en France : 7 novembre 2012

Durée : 110 mn

Audio : anglais, français

Sous-titres : français

Sous-titres pour malentendants : néant

Rôles Principaux : Ethan Hawke (Ellison Oswalt) - Juliet Ryance (Tracy, son épouse) - Clare Foley (Ashley, leur fille) - Michael Hall d'Addario (Trevor, leur fils) - Vincent d'Onofrio (Pr Jonas) - Fred Dalton Thompson (Le Sherif) - James Ransome (Le sherif-adjoint) - Tavis Smiley (Le présentateur) - Nicholas King (Ghubul / Mr Boogie)

Eh ! bien, n'en déplaise à certains, je tiens et je tiendrai probablement toujours "Sinister" pour l'un des meilleurs films d'horreur de la décennie 2010. La première fois que je l'ai visionné, il m'a vraiment fait peur. - et croyez-moi, il faut se lever tôt pour ça ...  Bad La seconde fois, il m'a déstressée à bloc et confortée dans l'idée qu'il était l'un des meilleurs de sa génération. Comme tous les bons films, à quelque genre qu'ils appartiennent, "Sinister", c'est d'abord une ambiance. Ici, elle est sombre, oppressante et, le réalisateur (et les producteurs) ayant, semble-t-il, opté pour ce choix, sobre, inquiétante à souhait et plus suggestive que crue. Je rassure néanmoins les amateurs de crudité - et non de gore, attention, ce n'est pas tout à fait la même chose ! - celle-ci reprend ses droits à la toute fin du film, dans la scène des "séquences coupées" que découvre Ethan Hawke dans le grenier de sa nouvelle maison. Et je vous certifie que, avec le "screamer"*, Mr Boogie en personne, qui vous fait un ultra-bref petit "coucou" quand vous croyez que le générique de fin va défiler, vous recevez tout de même un coup au coeur, qu'il s'agisse de votre premier visionnage ou du second.

Même pour le genre Horreur, ce film est d'une rare noirceur. Rien à voir avec "Massacre A La Tronçonneuse" et sa primarité certes efficace mais tout de même simpliste. Rien non plus à voir avec "La Nuit des Morts-Vivants" qui, sous une apparente barbarie, dissimule une redoutable réflexion sociétale. Dans ses débuts pourtant et j'allais écrire, comme d'habitude, "Sinister" se fonde pour ainsi dire sur un cliché archi-connu : l'écrivain ayant remporté un pont d'or pour un ouvrage sur des meurtres commis dans une maison et qui, dix ans plus tard, décide de remettre ça après l'échec de ses autres opus. L'écrivain, c'est Ethan Hawke, très bien dirigé, ce qui n'est pas toujours le cas, mais, quand il l'est, cet acteur est tout bonnement extraordinaire. Cette fois-ci, au lieu de se contenter de louer une maison voisine de celle où ont sévi les horribles meurtriers, notre écrivain a eu l'idée (géniale, n'est-il pas ?   ) de louer la maison même où tout s'est joué. (Seulement, pas suicidaire le mec, tout de même - enfin, il ne sait pas encore qu'il l'est, tout au fond de lui-même Evil or Very Mad - il préfère ne pas le dire tout de suite à son épouse, Tracy, laquelle, on la comprendra, en charge de deux enfants, un ado et une petite plus jeune, en a plus qu'assez d'aller de ville en ville pour que son gentil mari produise à nouveau un best-seller bien sanglant.) Toute la petite famille s'installe donc dans une maison de plain-pied, assez élégante et très moderne, avec un joli parc et tout plein d'herbe et de fleurs. Le problème, c'est que c'est dans ce parc que toute une famille a été retrouvée pendue au même arbre. Enfin, toute, pas exactement. L'un des enfants, une fillette répondant au prénom de Stephanie, avait disparu et, à l'heure qu'il est, elle n'a pas encore été retrouvée. En d'autres termes, il y a de bonnes chances pour qu'elle soit morte, n'importe quel policier digne de ce nom vous le dira.

"Ah ! Une histoire de fantômes ! Encore une !", allez-vous lancer d'un ton méprisant. Eh ! bien, non, mes amis : pas du tout. Les pauvres pendus, que Dieu ait leur âme, ne hantent rien ni personne. Dans Sa grande bonté devant leurs souffrances, Dieu a accordé la paix à leurs âmes immortelles. Non, les événements bizarres qui se passent dans cette maison sont d'une autre nature. Nyarknyarknyark D'abord, le jeune Trevor, près de quinze ans, est repris de terreurs nocturnes tout à fait spectaculaires. La petite Ashley, qui en veut à son père de l'avoir forcée à quitter une école où elle se sentait bien, accepte tout d'abord de peindre sur les murs de sa chambre avant de déborder sur ceux du couloir où elle affirme avoir brossé "le portrait de Stephanie." Je fais l'impasse sur les bruits sourds qui martèlent le plancher des combles quand tout le monde, sauf Ellison (l'écrivain), travaille tard le soir dans son bureau (lequel bureau ressemble, à peu de choses près, entre ses photos macabres épinglées sur un tableau et ses notes innombrables, à un bureau de police criminelle spécialisée dans les tueurs en série). Mais là où je ne peux que "spoiler" - si j'ose me permettre cet horrible néologisme - c'est pour vous parler d'une boîte, remplie de films familiaux tournés en super-8 (dont le plus ancien remonte à 1960, je crois) et que notre auteur découvre dans son grenier après y avoir écrasé un vilain petit scorpion - détail qui a son importance.

Curieux comme le sont tous les écrivains - et vous et moi en général  - Ellison, trouvant le projecteur soigneusement rangé avec les films, s'empresse de se projeter les bobines "familiales." Il comprend très vite que ces films sont tous bâtis sur un schéma similaire : quelques scènes et gros plan d'une famille heureuse avec deux ou trois enfants ; puis gros plan sur la disparition de l'un des enfants - brusquement, alors qu'il jouait, lorsque la caméra revient sur lui, il n'est plus là mais on n'a vu personne l'enlever et les parents ne semblent pas inquiets ; puis des scènes, en général nocturnes, où les parents et les enfants qui n'ont pas encore disparu sont trucidés de diverses manières pendant que quelqu'un - mais qui ? - manie la caméra. Bien entendu, le film concernant la famille ayant précédemment habité les lieux se trouve là. C'est le dernier de la boîte.

Au fur et à mesure qu'il se force à visionner ces films, à grand renfort de gorgées de whisky, Ellison se rend compte que, dans tous les films, à un moment ou à un autre, reflet ou pas, apparaît la forme d'un visage ou d'une silhouette. Squelettique ou quasi, la silhouette. Le visage, une sorte de masque blanc, peint comme une peinture de guerre, avec des yeux très sombres et ... A vrai dire, on ne le distingue jamais avec une netteté absolue. (Non, pas même quand il fait son "screamer". ) Simplement, il est toujours là. Tapi dans un coin. "Mr Boogie", le Croque-mitaine, comme semblent l'avoir surnommé les enfants disparus.

En fait d'histoires de meurtres épouvantables pouvant donner naissance à un best-seller hors-normes, Ellison est servi. Tout autre s'enfuirait immédiatement mais il restera pratiquement jusqu'au bout et, lorsqu'il se décidera enfin à déménager avec toute sa petite famille, le mal sera fait. Car les scénaristes ont fait de l'excellent travail : l'astuce finale est d'une noirceur - et d'une atrocité - de très grande qualité. Le film fut d'ailleurs interdit aux moins de douze ans à sa sortie et, de nos jours, avec les débordements actuels, on devrait même remonter la barre jusqu'à seize ans, si vous voulez mon avis. Pourquoi ? Parce que :

1) "Sinister" est crédible du début jusqu'à la fin ;

2) La violence qu'il diffuse est en lien direct avec le refus de l'enfant ou de l'adolescent, à un certain moment, de l'autorité, quelle qu'elle soit ;

3) La réalisation, le scénario, le montage, le jeu très juste des acteurs peuvent influer, même et surtout de nos jours, où la violence se banalise de façon abyssale, sur des esprits un peu faibles ou qui ne feraient pas la différence entre le fantasme - il nous faut tous des fantasmes, fussent-ils sanglants - et la réalité : si l'on tue quelqu'un, celui-ci ne se relève pas comme dans un jeu-video, par exemple ;

4) L'aspect fantastique du scénario, un cas classique de possession par une entité démoniaque, ici venue de Sumer, reste, lui aussi, très crédible, sans tomber dans le gore ou le ridicule - comme par exemple le "Mal" représenté dans le "Poltergeist" de Tobe Hooper  & Steven Spielberg ;

5) En outre, cette entité ne s'intéresse aux adultes qu'en tant que victimes sacrificielles et elle garde toujours pour elle l'âme d'un enfant car elle ne peut survivre qu'en se repaissant de ces âmes en principe plus pures que celles des adultes.

Si vous osez me permettre cette comparaison, au vu du Mr Boogie de "Sinister", le métamorphe d'"Alien" a tout d'un saint. C'est vous dire.  Direct, dur, franc : l'âme, il s'en fout. Se reproduire, oui mais corrompre des âmes, c'est une chose qui lui est impossible et à laquelle il restera toujours indifférent.

Tandis que le Mr Boogie de "Sinister", c'est une autre affaire ... Nyarknyarknyark Nyarknyarknyark

Non ? C'est pas vrai ? Vous ne dites pas ça pour me faire plaisir ? ... :rigoltourne: Vous n'avez JAMAIS vu "Sinister" ? ... Cool, hypercool ! ... :smokingbanana: Fermez bien vos volets et vos rideaux, prenez une bonne boîte de chocolats, un bon gros bol de popcorn sucré ou salé (les deux, si vous voulez : de toutes façons, vous finirez diabétique et cholestérolé, donc, autant profiter de la vie, hein ?  ), rajoutez une petite bouteille de liqueur ou une grande de whisky, pour ceux qui aiment, prévoyez un ou deux amis pour vous soutenir le moral et lancez-le film.

Au fait, vous n'avez pas de grenier chez vous, j'espère ? ...  

* : j'ai entendu parler de "screamer" pour la première fois sur le Net. Il s'agit d'une image particulièrement frappante, brutale et horrible, comme la petite Régine en plein délire démoniaque dans "L'Exorciste" de Friedkin, qu'on intercale dans une vidéo YouTube ou autre qui parle d'un sujet paranormal - et parfois tout à fait normal. Ca dure un flash, une micro-micro-seconde mais, quand vous n'êtes pas prévenu, ça vous flanque l'une de ses peurs ... A vous écrouler par terre ... Pour ceux qui l'ignoreraient, je précise que "to scream" signifie ... "pousser des cris perçants". Vous avez compris le genre ou il faut que j'intercale un "screamer" à la fin de ce billet ? ...

_________________
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