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The Crow - Alex Proyas

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Masques de Venise
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MessageSujet: The Crow - Alex Proyas   Dim 1 Fév - 19:28



Titre original : The Crow

Titre français : The Crow (Le Corbeau)

Réalisateur : Alex Proyas

Scénario :  David J. Schow  & John Shirley d'après la BD de James O'Barr

Photographie : Dariusz Wolski

Montage : Dov Hoenig & M. Scott Smith

Décors :Alex McDowell

Costumes :Arianne Phillips

Musique : Graeme Revell & Brian Williams

Genre : Fantastique

Studios : Universal Pictures

Pays d'Origine : USA - 1994

Durée : 102 mn

Audio : anglais, français

Sous-titres : français, anglais, néerlandais, portugais

Sous-titres pour malentendants : néant

Rôles Principaux : Brandon Lee (Eric Draven / The Crow) - Sarah (Rochelle Davis) - Ernie Hudson (Sergent Albrecht) - Michael Wincott (Top Dollar) - Baï Ling (Myca) - Sofia Shinas (Shelly Wesbster) - Anna Levine (Darla, mère de Sarah) - David Patrick Kelly (T-Bird) - Angel David (Skank) - Laurence Mason (Tin-Tin) - Michael Massee (Fun Boy) - Tony Todd (Grange) - John Polito (Gideon, le prêteur sur gages) - Bill Raymond (Mickey, le restaurateur) - - Marco Rodriguez (Torres, détective de la Criminelle)


"The Crow" est un film gothique que, à l'origine, l'acteur qui interprète le rôle-titre, Brandon Lee, fils de Bruce Lee, aurait aimé, tout comme d'ailleurs le metteur en scène, Alex Proyas, tourner exclusivement en Noir & Blanc, ce format convenant particulièrement, nous le disions déjà dans "Le Masque du Démon", au genre. Récit d'une vengeance par-delà la Mort, "The Crow" est aussi une romance comme adoraient les ... Romantiques, puisque le couple Eric Draven - Shelley Webster, qui devait se marier la veille de Halloween, est assassiné ce jour-là par une bande de truands tous plus infâmes les uns que les autres et au service de Top Dollar, le roi de la pègre. En principe, les truands ne devaient qu'effrayer Shelley, laquelle avait lancé une pétition pour empêcher l'expropriation de l'immeuble où elle résidait - immeuble que visait Top Dollar - mais le scénario a mal tourné. Eric, arrivant sur le lieu de ce qui est devenu un viol multiple, est abattu et passe par la fenêtre. Les deux jeunes gens sont inhumés côte à côte et, chose curieuse, un corbeau semble veiller sur leurs tombes. (Signalons que le nom "Draven" contient le mot "raven" ou "corbeau" en anglais et que, face au premier homme qu'il va tuer, Eric cite - de manière d'ailleurs approximative - quelques vers de l'immortel "Corbeau" de Poe.)
La pluie, toujours la pluie et rien que la pluie ... Il semble bien que la ville où se déroule l'action mériterait pour sa part le surnom de "Raintown." C'est une ville qui pleure alors que des incendies criminels éclatent çà et là, en particulier lorsqu'arrive le jour de Halloween, rebaptisé dans le coin "la Nuit du Diable." La police est débordée, le lieutenant de service buté et arrogant et seul le sergent Albrecht, interprété par Ernie Hudson, tire son épingle du jeu tout en faisant respecter les quotas raciaux. Le film étant adapté d'une BD bien connue aux USA, Albrecht finit très vite par trouver normale la "résurrection" d'Eric, lequel, je vous rappelle que nous sommes en plein gothique romantique, n'a rien d'un zombi et se contente d'arborer une tenue de cuir noir et un maquillage blanc qui rappelleront aux plus anciens les beaux jours d'Alice Cooper ou alors les membres de "Kiss."
Protégé par un corbeau qui le suit et en même temps le guide, Eric, déjà mort et ressuscité, est désormais indestructible. Le pouvoir magique du corbeau s'étend sur lui et le protège. Oh ! Top Dollar (remarquable et impassible Michael Wincott) essaiera bien d'abattre le volatile de malheur mais celui-ci est lui aussi quasi immortel. C'est donc en toute tranquillité que Draven peut tuer un à un les responsables du viol et du meurtre de Shelley. Le tout permet de superbes scènes d'action pour ceux qui aiment les arts martiaux et les cascades. Mais le plus du film réside dans tous les trucages qui furent nécessaires pour continuer le film alors que son acteur principal, Brandon Lee, s'était fait tuer bêtement d'une balle en pleine tête, sur le plateau même du tournage, alors que l'arme, cela va de soi, aurait dû être chargée à blanc.


Cette mort, accidentelle pour certains, voulue pour d'autre, mit fin à une carrière qui s'annonçait aussi brillante - quoique dans un genre sensiblement différent - que celle du père du comédien, le fameux Bruce Lee, lui aussi décédé dans des conditions étranges.  Mais elle doubla le potentiel du film, tant sur le plan artistique - on sent bien que Proyas, le monteur et les maquilleurs et chefs des effets spéciaux veulent rendre hommage à leur camarade disparu trop jeune - que sur le plan public : les "fans" ne furent pas loin de voir un "signe" dans cette mort d'un comédien qui, dans son dernier film, interprétait un jeune homme assassiné stupidement et qui revient d'entre les morts pour accomplir sa vengeance, dire "au-revoir" à son amie, la jeune Sarah, et remettre un peu d'équilibre dans la vie de celle-ci.
Entièrement dominé par le noir - de la ville, des rues, de la pluie, du cimetière - et le rouge - des incendies, des meurtres et aussi des châtiments - "The Crow" bénéficie d'une beauté formelle incontestable même si, à bien y regarder, son scénario n'est qu'un immense cliché gothique relevé à la sauce moderne. L'interprétation se veut à la hauteur - on sent, là encore, probablement à cause de la mort de Lee, la volonté de tous de "faire quelque chose de bien." Pas un chef-d'oeuvre sans doute mais un film qui marque l'imagination visuelle et recrée son propre univers tout en demeurant fidèle à l'esthétique de la BD originelle, un film aussi où tout le monde dit sa réplique sans grandiloquence mais avec le ton qu'aurait le personnage s'il s'incarnait réellement.
Un film mineur par conséquent mais qu'on ne saurait en aucun cas qualifier de "moyen." Il remporta d'ailleurs le succès commercial auquel on s'attendait et engendra des suites et, si mes renseignements sont bons, une série télévisée. Michael Massee, l'acteur qui, dans le rôle de Fun Boy, tira le coup de feu qui tua Brandon Lee, ne devait par contre jamais vraiment se remettre de la mort de son camarade, même s'il continua sa carrière.
Donc, si vous aimez le gothique, le vrai, les arts martiaux, les BD fantastiques avec, en prime, un montage filmique efficace, une bande musicale somptueuse ("The Cure" entre autres) et aussi le romantisme, visionnez "The Crow." Seule la violence est susceptible de vous effrayer dans ce film, cette violence urbaine que les USA connaissent au quotidien et qui traîne maintenant de plus en plus souvent dans nos rues européennes. Pour le reste, ni vampires, ni zombis : rien que des hommes mauvais - et un justicier immortel - dans un univers qui m'a beaucoup rappelé celui de Batman, avec sa mélancolie, sa tristesse et sa noirceur, la seule qui soit digne de ce côté-ci de l'Enfer.

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