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Halloween I / La Nuit des Masques - John Carpenter

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Masques de Venise
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MessageSujet: Halloween I / La Nuit des Masques - John Carpenter   Dim 1 Fév - 21:07



Titre original : John Carpenter's Halloween

Titre français : Halloween ou La Nuit des Masques

Réalisateur : John Carpenter

Scénario :  John Carpenter & Debra Hill

Direction artistique : Tommy Lee Wallace

Direction de la photographie : Dean Cundy

Montage : Tommy Lee Wallace

Décors : Craig Stearns

Effets Spéciaux : Conrad Rothmann

Musique : John Carpenter

Genre : Horreur / Slasher*

Studios : Warner Columbia

Pays d'Origine : USA - 25 octobre 1978

Sortie en France : 14 mars 1979 pour la première sortie avec une interdiction aux moins de 16 ans - Ressorti le 27 octobre 1999, interdit alors aux moins de 12 ans seulement

Durée : 91 mn mais il existe une version avec des scènes coupées au montage, qui dure dix minutes de plus. Avis aux amateurs.

Audio : anglais, français

Sous-titres : néant

Sous-titres pour malentendants : néant

Rôles Principaux : Donald Pleasence (Dr Samuel Loomis) - Jamie Lee Curtis (Laurie Strode) - Tony Moran (Michael Myers adulte) - Nancy Loomis (Annie Brackett) - Kyle Richards (Lindsay Wallace) - Brian Andrews (Tommy Doyle) - Nancy Stevens (Marion Chambers) - Nick Castle (Michael Myers adulte, vu de loin, "La Forme") - Will Sandin (Michael Myers enfant) - Charles Cyphers (Sherif Leigh Brackett) - P. J. Soles (Linda Van Der Klok) - John Michael Graham (Bob Simms) - Arthur Malet (Le gardien du cimetière) - Gabriel Cattand, uniquement en VF (Le narrateur)



Bon, on y va, les enfants ? ... On plonge, on fait le grand saut dans l'horreur parfaite et renouvelable à souhait ? ... On se refait un Carpenter - et pas n'importe lequel, s'il vous plaît ? ... OK ! C'est parti ! ...

"Halloween ou La Nuit des Masques" est, pour tous les amateurs du genre, une icône, un véritable autel devant lequel on s'en vient et on s'en revient régulièrement prier le Dieu du Cinéma d'Horreur d'inspirer les producteurs, hollywoodiens ou pas. Disposant à l'origine d'un petit budget, il fut démoli par les féministes de l'époque (pour ne rien dire de celles d'aujourd'hui) qui y virent une exposition de chairs féminines impitoyablement tailladées ou étranglées par un Tony Moran / Michael Myers parfaitement mutique (tout le contraire de ce bon vieux Freddy, vous voyez ? ) mais qui souffle comme s'il avait passé ses longues années d'internement à fumer au moins quatre-vingt-dix cigarettes par jour  . On se demande d'ailleurs pourquoi les féministes s'en prirent tant à l'oeuvre de Carpenter. Avec la série des "Vendredi 13" par exemple, ces dames devaient assister à bien pire. Et puis, Myers ne tue pas que des femmes. Certes, à l'origine de sa psychose, il semble bien y avoir la haine de sa soeur aînée - sa première victime - mais disons, en gros, qu'il ne fait pas de différence quand il s'agit de tuer un homme ou une femme. Remarquez, à l'époque, en 1978, les gros plans d'un appareil génital masculin étant plutôt rares dans le cinéma non spécialisé, ces dames et damoiselles féministes furent peut-être frustrées de n'avoir que des seins bien féminins à se mettre sous les yeux - seins qui laissent d'ailleurs Myers complètement indifférent. Enfin, on les excusera - pour celles de l'époque. Pour celles d'aujourd'hui, ces oiselles qui se sentent si mal dans leur sexe et dans leur tête, mon commentaire sera : zut zut

Et encore ne suis-je pas agressive : je pourrais très bien aller chercher mon gros couteau de cuisine, les filles ...

Si encore elles avaient attaqué Carpenter sur un scénario hyper-simpliste que l'art et l'imaginaire fabuleux du réalisateur ont transformé en référence incontournable ! Car qu'est-ce que "La Nuit des Masques", à bien y regarder ? Rien qu'une course-poursuite sanglante entre un fou qui symbolise le Mal et une série de jeunes gens, hommes et femmes, qui ne rêvent que de sexe alors que, visiblement, pour le Tueur, et depuis ses huit ans, le sexe est tabou. Carpenter aurait pu trouver mieux comme point de départ. Mais les meilleurs plats sont souvent les plus simples, les plus naïfs - en apparence. De son tueur fou, il va faire l'une des des figures les plus emblématiques du "Mal" que le cinéma ait jamais engendrées - et le tour de force est prodigieux car Myers est, je le répète, mutique : même quand on le blesse, il ne dit rien. Mis à part souffler comme une forge (et tuer tout ce qui bouge), il ne sait rien faire pour s'extérioriser. Même chez les tueurs cinématographiques, c'est un cas, ce cas que le Dr Loomis, fasciné - Donald Pleasance ayant accepté le rôle après les refus successifs de Christopher Lee et Peter Cushing - affirme être le Mal à l'état pur.

La peur rampante que laisse poindre le médecin, l'anxiété d'abord légère, avec une pointe de curiosité qui, chez Laurie Strode, laisse finalement le pas à une terreur insurmontable, l'atmosphère si calme - trop calme - de la ville, la voiture de Myers roulant au pas dans les rues, suivant les trois amies qui ne se doutent de rien, la mise en scène morbide du corps de Linda, morte sur son lit avec, au-dessus d'elle, bien à la verticale, la pierre tombale de la soeur de Myers, que celui-ci est allé déterrer dans le cimetière, les extraits de "The Thing", vesion Howard Hawks en N & B et avec la bande sonore de l'époque, qui se veut effrayante, toutes ces semi-rencontres avec le Tueur qui n'ont pas lieu soit par chance, soit parce que lui-même estime que le moment n'est pas venu, le masque, blanc et inexpressif, dont il choisit de se recouvrir le visage, son silence absolu quand on le blesse et qu'on le laisse, croit-on, raide mort, et bien entendu la "chute finale" - quel humour, mes aïeux ! :grosrire: - tout concourt à faire de "Halloween" non pas le petit film, saignant comme un steak tartare, que les féministes et les imbéciles de la fin des années soixante-dix vouaient aux gémonies mais un chef-d'oeuvre absolu de l'horreur. Respect

Pour la première fois peut-être, l'"esprit Carpenter" s'y donne à plein. Le Mal, ce Mal qui hante le metteur en scène depuis si longtemps - depuis qu'il a vu le film de Hawks peut-être ? Wink - le Mal triomphe ici sans conteste. Pour la première fois, en tous cas avec autant de netteté, Carpenter nous affirme que le Mal ne peut mourir, qu'Il est éternel. Comme le Bien, s'empresse-t-il d'ajouter. Le problème, c'est que les deux entités sont condamnées à se combattre et que nous, nos enfants, nos proches, nous pouvons nous trouver coincés au beau milieu de cette lutte cosmique, même si nous ne l'avons pas particulièrement recherché. Après tout, c'est pour rendre service à son père, agent immobilier qui cherche à vendre la maison des Myers, que Laurie s'y rend afin de déposer la clef sous le paillasson. Sans cela - un acte que l'on peut qualifier de "gentil", d'"aimable" - jamais elle n'aurait été repérée par Myers. Cet action parfaitement innocente la transforme en victime potentielle.

De même, les amies de Laurie, qui trouveront la mort une à une, ne la rencontreront que parce qu'elles sont, justement, ses amies. Une exception cependant pour Annie Brackett, la fille du sherif, jeune fille plutôt "olé-olé", même à cette époque, et qui apostrophe vertement le conducteur de la mystérieuse voiture en l'appelant "Dugland." Ce terme ne pouvant être pris pour un compliment et la voix de la jeune fille se révélant plutôt agressive, Annie s'attire ainsi, sans en avoir conscience, les foudres de celui qui finira par l'étrangler dans sa propre voiture. "Prudence, prudence ..." nous souffle Carpenter, "on ne sait jamais où le Mal peut se nicher ..."

Les deux enfants "baby-sittés" pour la nuit de Halloween par Laurie sont dans le même cas. Tommy s'est contenté d'accompagner Laurie jusqu'à la maison Myers, lorsqu'elle y déposait la clef, et Lindsay, pour permettre à Annie de s'ébattre en paix avec son petit ami, s'est vue expédiée chez Tommy, et donc sous la garde de Laurie, sans avoir jamais vu ou frôlé le monstre. A bien y réfléchir, seul Loomis connaît bien - et même très bien - le Mal incarné en Myers. Il a tenté de le soigner puis y a renoncé et s'est fait son ennemi le plus virulent. Dès sa première entrevue avec le petit Michael, huit ans, à la suite du meurtre de sa soeur, Loomis a compris que quelque chose clochait. Non pas la folie - la folie, en somme, peut passer pour "normale", elle appartient à notre dimension - mais autre chose qui, elle, n'est pas de ce monde bien qu'elle le gouverne.

On ne manquera pas le merveilleux générique, avec le "Jack O'Lantern" se rapprochant peu à peu, sur la musique de Carpenter ni, bien entendu, l'extraordinaire scène d'ouverture où l'on voit, par les yeux du petit tueur, Judith Myers tomber, frappée et encore frappée par son propre frère. Après la violence de la scène, le visage comme vidé de toute expression de l'enfant à qui ses parents retirent son masque, est d'une sobriété qui ne fait que souligner l'horreur de son geste.

Signalons aussi au passage que "Halloween" s'inspire plus ou moins d'un autre film, réalisé quatre ans plus tôt au Canada par Bob Clark et intitulé "Black Christmas." Nul ne l'ignore, il engendra pour sa part un certain nombre de suites (neuf en tout). Sur ces neuf opus, seul "Halloween" de Rob Zombie, sorti en 2007, pulvérisera le record commercial du film original même si, "Halloween, Vingt ans après, Il revient", tourné en 1998 par Steve Miner avait dépassé les 55 millions de dollars au box-office (contre plus de 47 millions pour l'original). Les chiffres sont évidemment à relativiser en fonction du cours du dollar US.

Donc, je l'avoue, j'ai désormais envie de voir si la série des "Halloween", même sans le Grand, le Sublime, le Carpenteresque John Carpenter, m'inspirera autant d'horreur et de ravissement que le fit en son temps - et que continue à le faire - le premier opus. On en reparle plus tard. D'ici là, bonne nuit à toutes et à tous ... Et méfiez-vous : Michael  Myers court toujours ... et le Mal avec lui.


* : un "slasher" est un film où l'assassin a un faible pour les objets tranchants. L'origine du "slasher" - qui vient de "to slash : taillader" - est à rechercher du côté de ... "Psychose", du Maître que fut Alfred Hitchcock. La célèbre scène où Janet Leigh - mère dans la vie de Jamie Lee Curtis - se fait taillader sous la douche est un exemple, il est vrai remarquablement traité, de scène "shlasher." C'est aussi un peu le cas dans "Le Voyeur", de Michael Powell, en 1960. Puis vint "Black Christmas" et ... ensuite, triomphal, "John Carpenter's Halloween." Voilà, vous savez tout - ou presque.  

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