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Mama - Andrés Muschietti

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Masques de Venise
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MessageSujet: Mama - Andrés Muschietti   Lun 2 Fév - 23:01



Titre original : Mama

Titre français : Mama

Réalisateur : Andrés Muschietti

Scénario :  Neil Cross, Andrés & Barbara Muschietti

Direction artistique : Anastasia Masaro

Direction de la photographie : Antonio Riestra

Montage : Michele Conroy

Décors : Luis Sequeira

Musique : Fernando Velázquez

Genre : Horreur / Fantastique

Studios : De Milo & Toma 78

[b]Pays d'Origine : Espagne & Canada - Sorti le 18 janvier 2013 au Canada et le 8 février 2013 pour l'Espagne


Sortie en France : 15 mai 2013

Durée : 100 mn

Audio : anglais, français

Sous-titres : français, néerlandais

Sous-titres pour malentendants : anglais

Rôles Principaux : Jessica Chastain (Annabel) - Nicolaj Coster-Waldau (Lucas, l'oncle des fillettes) - Megan Charpentier (Victoria) - Isabelle Nélisse (Lilly) - Javier Botet (Mama) - David Fox (Burnsie) - Morgan McGarry (Victoria toute petite) - Jane Moffat (Jean Podolski, tante maternelle des fillettes)


D'accord, bon, c'est vrai : il y a là-dedans quelques belles scènes sinon d'horreur, en tous cas fantastiques. Mais "Mama" est avant tout un film sur la folie et sur l'instinct maternel. Un de plus, me direz-vous, tout dépités. Oui, mais celui-ci adopte un point de vue assez original.

Le scénario est simple et, à mon avis, parfaitement crédible. Ayant perdu toute sa fortune lors de la crise des subprimes, le père de Victoria et Lilly, dans une crise de dépression intense, abat sa femme et veut également tuer leurs deux petites filles. Mais il recule le plus possible le moment où il en arrivera là et roule, roule, à travers la neige, un peu sans savoir où il va. Finalement, il déniche une cabane abandonnée où il tente de mettre fin à la vie de la petite Victoria. C'est alors que se manifeste une puissance terrifiante, dont on ne voit pas grand chose mais qui prend visiblement la défense des enfants.

Pendant cinq longues années, cette entité, appelée "Mama" par les deux petites, prend soin d'elles du mieux qu'elle peut, les nourrissant notamment, ce qui n'est pas une mince affaire mais les laissant grandir évidemment comme des enfants sauvages. Quand un enquêteur payé par l'oncle des petites a la chance de les retrouver, la plus jeune, Lilly, semble même avoir oublié comment s'exprimer. Ramenée doucement avec sa soeur à la vie "normale", Victoria, l'aînée, qui a plus de souvenirs de sa vie d'avant, revient assez vite à un comportement normal. Mais, comme Lilly, qui, elle, continue à se déplacer à quatre pattes et préfère dormir sous plutôt que sur son lit, elle parle souvent de "Mama" au psychiatre de service. Celui-ci est d'abord convaincu, dans la grande tradition freudienne, que cette "Mama" n'est qu'une projection, à la fois protectrice et possessive, de l'inconscient de Victoria. Mais il comprend assez vite qu'il n'en est rien ...

Comment continuer sans vous révéler toute la fin ? Disons que Mama existe bel et bien et est réellement attachée aux deux enfants. Si attachée qu'elle les veut pour elle toute seule jusqu'à ce que, dans l'entre-deux où elle navigue - vous l'avez deviné, Mama est une âme en peine :bougie: - elle recouvre la raison et accepte de laisser au moins l'une des enfants à Annabel, la compagne de Lucas.

Le comédien qui interprète Mama, Javier Botet (qui est aussi illustrateur) est d'autant plus "présent", à la fois inquiétant, terrifiant et en même temps émouvant, qu'il est lui-même atteint du syndrome de Marfan, maladie qui provoque une hyperlaxité des tissus. Ainsi, les longs doigts de Mama ne sont pas un trucage mais appartiennent bel et bien à celui qui tient le rôle. Le travail réussi par l'équipe de la photographie sur le personnage de Mama et sa manière d'évoluer est tout à fait remarquable et explique sans doute en partie le prix reçu par le film au Festival de Gérardmer en 2013. Bien que plutôt habitué à jouer zombies et tueurs de toute sorte - Javier Botet mesure plus de deux mètres et possède une silhouette très particulière, son squelette ayant souffert lui aussi de sa maladie - le comédien parvient à rendre ici, avec un minimum d'effets et en dépit de la violence parfois terrible de son personnage, toute la tendresse de l'instinct maternel qui a survécu à la folie. La fin, qui comblera les amateurs de bons sentiments  drunken - il en faut, mes amis : il y a trop de violence autour de nous ces temps-ci down - serait ridicule sans le grand talent de Botet et des fillettes, magnifiquement dirigés et immergés dans leurs rôles respectifs. Mention spéciale également à Jessica Chastain, dans le rôle d'Annabel, une rockeuse qui, brusquement, découvre en elle ce fameux instinct maternel qui empêche "Mama" de trouver la paix et que, pour sa part, elle se croyait à mille lieues de pouvoir éprouver. Car l'instinct maternel, Elisabeth Badinter a tout à fait raison sur ce point, n'est pas inné. Non, messieurs. C'est bien triste, mais c'est comme ça. Crying or Very sad

Maintenant, attention ! Les amateurs d'horreur pure seront certainement déçus. En revanche, tous ceux qui estiment que le genre peut lui aussi, tout comme le genre policier par exemple, véhiculer des questions essentielles et qui n'ont rien à voir avec Jason planchant sur la manière dont il va assassiner sa prochaine victime , sortiront satisfaits et émus du visionnage de ce film qui, malgré ses grandes qualités, a le mérite de se montrer encore fier d'appartenir, par sa genèse, au fantastique.

Un bon film hispano-canadien donc, qui mérite à mon sens les distinctions reçues. Une ambiance lourde et qui stimule le spectateur, lequel a compris d'office que l'esprit, quel qu'il soit, qui avait suivi les enfants, ne leur voulait absolument que du bien. Une photographie qui insiste, non sans talent et sans raison, sur le Noir & Blanc - ah ! on l'aime bien, le N & B, dans ce genre de film : il est plus vivant que la couleur. :clégal:

Cerise sur le gâteau : vous irez vous coucher avec la certitude de ne faire aucun cauchemar. Avouez que, pour un film étiqueté "horreur", c'est plutôt une bonne surprise - ou alors une énorme déception. A vous de voir.

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