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Le Fantôme de l'Opéra - Dwight H. Little

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Masques de Venise
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MessageSujet: Le Fantôme de l'Opéra - Dwight H. Little   Mer 4 Fév - 19:29



Titre original : The Phantom of the Opera

Titre français : Le Fantôme de l'Opéra

Réalisateur : Dwightt H. Little

Scénario :  Gerry O'Hara & Duke Sandefur, d'après le roman éponyme de Gaston Leroux

Musique : Misha Segal

Costumes : John Bloomfield

Genre : Epouvante / Horreur

Studios : 21st Century Film Corporation

Pays d'Origine : USA - 04 novembre 1989

Sortie en France : 7 mars 1990

Durée : 93 mn 

Audio : anglais, français, espagnol

Sous-titres : espagnol, anglais, français

Sous-titres pour malentendants : néant

Rôles Principaux : Robert Englund (Eric Destler, le Fantôme de l'Opéra) - Jill Schoelen (Christine Day) - Alex Hyde-White (Richard Dutton) - Bill Nighy (Martin Barton) - Stephanie Lawrence (La Carlotta) - Terence Harvey (Inspecteur Hawkins) - Nathan Lewis (Inspecteur Davies) - Peter Clapham (Harrison) - Molly Shannon (Meg - New-York) - Emma Rawson (Meg - Londres) - Yehuda Efroni (Le Chasseur de Rats) - Terence Beesley (Joseph Buquet, le machiniste) - Ray Jewers (Elise) - Robin Hunter (Roland)


Le célèbre roman de Gaston Leroux (qui, d'ailleurs, a plutôt mal vieilli quant au style) a inspiré et plus qu'inspiré producteurs et réalisateurs hollywoodiens. La version la plus illustre, jusqu'ici imbattable en raison à la fois du maquillage et du jeu exceptionnel de son interprète (qu'il faut bien entendu remettre dans les conditions du cinéma muet), c'est l'adaptation de Rouben Mamoulian, avec l'immortel Lon Chaney. Nous la traiterons un de ces jours.  Wink La version, plus récente, de Dario Argento, n'a pas apporté grand chose à l'affaire, sinon, selon les mauvaises langues, beaucoup de ridicule. Quant à la comédie musicale, nous n'en dirons rien, ne l'ayant pas encore visionnée ... Néanmoins, il nous semble très difficile, après Lon Chaney et Robert Englund, de faire mieux. Car Englund, même si son maquillage (qui était le maquilleur du film, merci de me l'indiquer si un "fan" traîne par ici ) évoque en partie celui de Freddy, fait ici une prestation remarquable. Il est même le seul à sortir son épingle du jeu - avec peut-être Terence Harvey, dans le rôle de l'inspecteur Hawkins. Sa partenaire, Jill Schoelen, bénéficiait, c'est certain, d'un physique parfait pour le rôle et d'une voix qui impressionne mais les scénaristes ont, une fois de plus, buté sur la douceur du personnage, la transformant en une "oie blanche"d'une impossible niaiserie lorsqu'elle s'aperçoit de la véritable identité du Fantôme.

En bonne logique, et même dans le roman de Leroux qui, lui aussi (à moins que mes souvenirs ne me trahissent), n'ose pas franchir le pas, Christine Daë (orthographe originale du roman) est une ambitieuse, possédée par la musique. Pour elle, il n'y a rien de plus beau, de plus merveilleux. Or, malgré son visage (défiguré par le Diable en personne dans le film de Little), Erik Destler EST la Musique. Toute femme sensée, avec une voix comme celle de Christine et le désir de devenir une diva unique, ne saurait faire qu'une seule chose en présence de Destler : c'est fermer les yeux et se laisser aller. Après tout, défiguré ou pas, il a encore belle allure et puis, il l'Aime. Elle pourrait faire un effort au lieu de faire sa mijaurée et de lui préférer un propriétaire de théâtre au physique banal et d'une rare mièvrerie.

Or, JAMAIS, aucun scénariste, aucun réalisateur, aucun producteur ne s'est risqué à suivre cette voie, la seule logique pourtant. Little a cependant fait un grand pas en avant en insérant dans son film la notion de "pacte pour l'Eternité" entre l'Amour et la Musique. Et on a bien l'impression que les deux personnages principaux n'arrêtent pas de s'incarner et de se chercher l'un et l'autre. La fin du film est d'ailleurs énigmatique : Christine croit avoir tué Erik en déchirant les feuillets de son opéra, qu'il avait achevé pour elle, "Don Juan Triomphant". Mais, après qu'elle ait donné une pièce à un violoniste qui joue dans la rue new-yorkaise, plongée déjà dans la nuit, celui-ci la laisse passer puis se détache de l'ombre et se met à jouer les premières mesures du "Don Juan ..." La jeune femme se retourne, regarde un instant, puis ... s'en va. A moins qu'elle ne s'enfuie ? Car la musique de Destler, en ce XXème siècle finissant, elle est aussi, elle est avant tout sur les disquettes qu'il a enregistrées avec le matériel de haute technologie qu'on n'a aucun mal à imaginer. Les feuillets antiques, les feuillets originaux, sont peut-être déchirés en morceaux et voguent dans un égout ...

... Mais la Musique n'est-elle pas immortelle ?


Signalons que la fin du film suppose un "sequel." Lequel était en effet bel et bien prévu. Mais le succès relativement faible remporté au box-office annula le projet. On ne peut que le regretter quoique, si l'on regarde le "sequel" du "Silence des Agneaux", avec les "fins" guindées et horriblement morales et WASP concoctées par les scénaristes US (alors que le roman, "Hannibal", sur ce plan, possède une fin horrible et géniale ), on en vient à penser que, peut-être, cela vaut mieux comme cela. J'avoue être toujours très étonnée par le "refoulement" du cinéma américain sur nombre de plans : le comble fut peut-être à mes yeux de faire de Junon-Héra la mère d'Hercule / Héraklès dans la version Walt Disney, tout cela pour éviter que les chères têtes blondes yankees n'apprissent que Jupiter avait trompé sa femme (et soeur) avec Alcmène. C'est d'un ridicule achevé et le fait qu'on me souligne : "Le film est pour des enfants", n'enlève rien à la chose. "Hannibal", lui, est loin d'être pour les enfants et ces (censuré) de producteurs et de scénaristes n'en ont pas moins sucré une fin GE-NI-A-LE même si complètement amorale, je l'admets.

Revenons à nos moutons. Englund, donc, est au sommet. Son apparition au bal, dans son costume de "La Mort Rouge", référence manifeste à Poe ainsi qu'au film de Mamoulian, est fastueuse et d'un romantisme exacerbé. Car le film de Little ne renie en rien le romantisme de l'intrigue même si, parfois, il se laisse déborder par lui. Le plus souvent ganté et botté de cuir noir, Robert Englund exsude une sensualité et un érotisme qui sont comme l'aboutissement de la sexualité brute et bien plus sanglante, qui marque son "Freddy". Sur ce plan-là, la beauté personnelle de sa partenaire eût pu, sans conteste, lui répondre magnifiquement mais le scénario, répétons-le, en a décidé autrement, et l'on ne cessera jamais de le déplorer. Pour bien faire, il eût fallu Robert Englund tenant dans ses bras une Barbara Steele innocente qui, brusquement, s'éveille à l'érotisme - et à une certaine déviance mais non perversion, j'insiste. Chose impossible, bien sûr ...

Les décors, surtout les décors souterrains et ceux du cimetière, sont hallucinants d'onirisme et de réalisme. L'"Antre" du compositeur, tout illuminé par mille et une bougies ... Cet orgue gigantesque et hautain ... Ces rats qui trottinent ... Ce noir, ce rouge, ce vert glauque qui alternent ... Avec la prédominance du rouge, couleur de la Passion et du Sang ... Et ces flammes, comme un refrain visuel lancinant ... Avec l'ombre finale de la rue new-yorkaise, où l'on aperçoit un petit brasero rougeoyant et puis les lumières qui clignotent, clignotent, aux fenêtres, aux vitrines ... avant de laisser le champ libre à l'ombre. De nouveau.

Vous l'avez compris : c'est ma version pour ainsi dire préférée du "Fantôme de l'Opéra." Malgré son "étiquette", ce n'est pas vraiment un film d'horreur. On le rangera plutôt dans le fantastique exprimant une variation sur l'amour malheureux et incompris. Un échec commercial, soit, mais une véritable réussite visuelle et l'une des meilleures prestations de Robert Englund. Si vous êtes amateur du genre et si vous fondez rien qu'à voir Robert Englund, dans les "bonus", en train de subir le long maquillage de "Freddy", vous aimerez "Le Fantôme de l'Opéra", version 1989, de Dwight H. Little. C'est un film qui fait rêver. A l'Amour avec un grand "A", aux pulsions les plus secrètes de notre imaginaire et à l'apparence véritable des choses ... et des êtres. "Tout ce qui brille n'est pas or", nous rappelle ce film : pourquoi échanger de l'or pur contre de la monnaie de singe sous prétexte qu'il est terni et ne ressemble pas à de l'or ? ...  drunken drunken

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