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Amityville - Stuart Rosenberg

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Masques de Venise
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MessageSujet: Amityville - Stuart Rosenberg   Mar 17 Fév - 19:34



Titre original : The Amityville Horror

Titre français : Amityville : La Maison du Diable

Réalisateur : Stuart Rosenberg

Scénario :  Sandor Stern, d'après le roman de Jay Anson

Direction artistique : Kim Swados

Direction de la photographie : Fred J. Koenekamp

Montage : Roger Brown

Musique : Lalo Schifrin

Genre : Horreur

Studios : Metro Goldwyn Mayer

Pays d'Origine : USA - 27 juillet 1979


Sortie en France : 20 février 1980, interdit aux moins de 12 ans

Durée : 117 mn

Audio : anglais, français, italien, espagnol

Sous-titres : danois, néerlandais, norvégien, suédois

Sous-titres pour malentendants : anglais

Distribution : James Brolin (George Lutz) - Margot Kidder (Kathie Lutz) - K. C. Martel (Greg, le fils aîné de Kathy) - Meeno Peluce (Matthew, le cadet) - Natasha Ryan (Amy, leur jeune soeur) - Michael Sacks (Jeff) - Rod Steiger (Le Père Delaney) - Don Stroud (Le Père Bolen) - Murray Hamilton (Le Père Ryan) - John Larch (Le Père Nuncio) - Helen Shaver (Carolyn) - Amy Wright (Jackie) - Val Avery (Le Sergent Gionfriddo) - Elsa Raven (Mrs Townsend) - Irene Dailey (La tante Helena) - Mark Vahanian (Jimmy) - Eddie Barth (Agucci) - Jim Dukas (Le voisin) - James Tolkan (Le médecin-légiste)


C'est simple : j'ai toujours de l'arthrose (même si je me soigne Wink ) mais j'ai visionné, cet après-midi, un film tourné avec intelligence. Et ça change diablement - oh ! pardon ! - de ce que j'avais vu hier, ce sous-navet arthritique dénommé "Amityville 2005" qui connut cependant - et cela ne m'étonne pas, notre époque est si stupide - un succès raisonnable au box-office.

"Amityville : La Maison du Diable" reste pourtant inégalé, en dépit d'une fin un peu abrupte, calquée d'ailleurs sur celle de l'ouvrage de Jay Anson. Pas ou peu d'effet spéciaux, des comédiens qui y croient, un scénariste inspiré (ce qu'il ne sera plus dans "Amityville 2005", où il a, c'est vrai, à supporter un co-scénariste) et un metteur-en-scène qui pense. Nous sommes en 1979 et, malgré cette simplicité, le film fonctionne parfaitement.

Dès la scène qui voit l'agent immobilier quitter précipitamment la cuisine où un souffle, venu d'on ne sait où mais qui l'inquiète visiblement, vient d'agiter les feuillets du contrat de vente, le spectateur sent que Stuart Rosenberg a la situation bien en main et qu'il est bien décidé à distiller une ambiance qui inquiète, trouble et effraie. Et ça, on peut le faire sans effets spéciaux  : il nous le démontre avec brio tout au long de ces cent-dix-sept minutes d'angoisse savamment graduée.

Les comédiens, notamment le trio Brolin-Kidder-Steiger, tiennent leurs rôles avec une redoutable efficacité : ils jouent "simple" et c'était bien ce qu'il y avait à faire pour atteindre au résultat souhaité. Brolin, tout particulièrement, sait faire monter la tension, parvenant, sans aucun effet de maquillage, à nous faire comprendre quand il est "envahi" et quand il ne l'est pas : pas un seul instant, il ne sombre dans l'excès. Il n'est pas jusqu'à la jeune Natasha Ryan, dans le rôle de la petite Amy, qui ne parvienne à nous inquiéter à certains moments. Et sans grimaces superflues - ou marque de balle de revolver dans la tempe !

"Jodie" n'apparaît qu'une fois : la fulgurance de deux yeux rouges qui, contrairement à ce qu'affirme George Lutz pour tenter de calmer sa femme, n'ont absolument rien de félin. Rompant cette fois-ci avec le récit initial, Rosenberg a préféré nous donner d'elle, par l'intermédiaire de la petite Amy, un portrait plus que vague - et il n'est pas question du fameux dessin prétendument réalisé par la petite Lutz dans la réalité et qui confère à "Jodie" l'apparence d'un cochon plus ou moins menaçant.

Quant à la maison, elle vit. Il ne s'agit pas, bien sûr, de l'original mais le modèle en fut repris pour le tournage, avec une insistance voulue sur les verrières de l'étage supérieur, lesquelles, dans la réalité comme dans le film, donnent l'impression que la maison voit, regarde, épie. Rien qu'avec les jeux de lumière sur la façade et les verrières, le metteur en scène obtient des effets troublants qui ont dû certainement coûter bien moins cher à la production que tous les effets spéciaux d'"Amityville 2005."

Si l'on devait qualifier ce premier opus de la série par un seul mot, il faudrait utiliser celui de "sobriété."
Tout, dans ce film, est pensé, posément mis à sa place, filmé dans une intention bien précise, sans aucune connotation gore, sans rien d'excessif. Certes, après "L'Exorciste", sorti six ans plus tôt, le spectateur n'étouffe ni d'horreur, ni de répugnance et, à l'exception d'un essaim de mouches qui se manifeste par deux fois, le démon qui hante Amityville reste d'une élégance et d'une discrétion remarquables. Mais on frissonne, on s'arrête au moment de prendre un bonbon dans la boîte ou même de faire une pause avec le lecteur DVD pour quelque autre besoin, on se demande : "J'y vais ou j'y vais pas ?" Ce  n'est pas de la terreur : c'est du malaise, un malaise insidieux, comme la plus minuscule et la plus venimeuse des araignées qui vous courrait sur le cou sans que vous puissiez déterminer avec exactitude où elle se trouve au moment où vous ressentez le désagréable chatouillis de ses huit petites pattes.

J'ignore - et nous ignorerons probablement toujours - ce que Rosenberg pensait de l'histoire des Lutz. Mais il a su en tirer quelque chose de réellement inquiétant, que le spectateur ne parvient pas à appréhender avec exactitude, qui reste flou tout en se révélant incroyablement présent. Finalement, n'est-ce pas cela, l'épouvante ? Un coulis d'air froid sur les épaules alors que toutes les portes sont bien closes, un rêve qui se répète alors qu'on ne voit réellement pas quel rapport il a avec soi, quelque chose enfin d'impalpable et pourtant de pesant, si pesant ... ?

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MessageSujet: Re: Amityville - Stuart Rosenberg   Ven 20 Fév - 11:21

Ce film m'avait enthousiasmé aussi.

Ensuite, j'ai fait quelques recherches, et il semble bien qu'après les Lutz il y a eu plusieurs acquéreurs de la maison, et que plus rien ne s'est passé jusqu'à nos jours. Alors, coup de pub des Lutz (et de Anson, l'écrivain) ? Peut-être qu'un jour nous aurons des confessions ?
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MessageSujet: Re: Amityville - Stuart Rosenberg   Ven 20 Fév - 12:10

Oui, il semble bien que les Lutz aient inventé pas mal de choses - d'autant qu'ils avaient pas mal de problèmes financiers. Cela dit, franchement, si j'en avais les moyens, je n'irai pas vivra là-bas - et pourtant, la maison vaut le détour.
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