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Mr Babadook - Jennifer Kent

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MessageSujet: Mr Babadook - Jennifer Kent   Mar 24 Fév - 12:27




Titre original : The Babadook

Titre français : Mr Babadook

Réalisateur : Jennifer Kent

Scénario :  Jennifer Kent

Décors :  Alex Holmes

Costumes :  Heather Wallace

Direction artistique : Karen Hannaford

Direction de la photographie : Rodoslaw Ladczuk

Montage : Simon Njoo

Musique : Jed Kurzel

Genre : Officiellement étiqueté Horreur / Avis de Nota Bene : drame psychologique sur une base fantastique

Studios : Causeway Films

Pays d'Origine : Australie - 22 mai 2014


Sortie en France : 30 juillet 2014, interdit aux moins de 12 ans

Durée : 94 mn

Audio : anglais, français

Sous-titres : français

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Essie Davis (Amelia) - Noah Wiseman (Samuel) - Daniel Henshall (Robbie) - Hayley McElhinney (Claire, la soeur d'Amelia) - Craig Behenna (Warren) - Benjamin Winspear (Oskar) - Barbara West (Mrs Roach)



Si vous vous attendez à un de l'horreur pure, "Mr Babadook" vous décevra, c'est certain. Il faut dire que les étiquettes, quelles qu'elles soient et dans quelque genre qu'on les utilise, sont souvent distribuées de façon un peu trop arbitraire. Certes, il y a bien, dans ce film, quelques éléments "fantastiques" comme la découverte, sur ses étagères, par le jeune garçon, d'un livre anonyme pour enfants intitulé "Mr Babadook" et la réapparition de l'ouvrage après que la mère l'ait déchiré et flanqué à la poubelle. On citera aussi l'appel anonyme avec une voix rauque, apparemment masculine, grognant "Ba - ba - dook !" de façon très déplaisante. Et puis, à la fin, la descente de la mère dans la cave pour "nourrir" le Babadook qu'elle est parvenue à y enfermer.

Mais en vérité, tout peut s'expliquer dans ce film par l'étrange relation existant entre la mère et son garçonnet de six ans, je crois (ou huit). Par une coïncidence détestable, il se trouve que le père de l'enfant a trouvé la mort dans un accident de voiture, alors qu'il emmenait sa femme à l'hôpital pour qu'elle y accouche. Le petit Samuel est donc né à la vie le jour où son père l'a quittée ... On imagine le traumatisme pour la mère qui, bravement, n'en a pas moins essayé de faire vivre à son enfant une vie normale. Une seule exception à la règle : on ne fête jamais son anniversaire au jour même de l'événement mais après puisque célébrer cet anniversaire serait aussi, on le comprend bien, rappeler le décès brutal du père.

La mère, Amelia, s'est à partir de là entièrement consacrée à son fils, un gamin intelligent, sans doute plus que la moyenne, très remuant mais aussi plus sensible qu'il ne le faudrait. Dans l'état fusionnel où ils vivent tous deux, Samuel ressent les angoisses les plus secrètes de sa mère avant même que celle-ci en prenne conscience. Amelia fait tout pour son fils et même trop, au point de s'épuiser littéralement et de faire jaillir de son Inconscient la "Mère négative", celle qui ne souhaite qu'une seule chose : se débarrasser de ce fils dont elle est la seule à s'occuper et qui, de par son besoin impérieux de naître tel jour et à telle heure, lui a assassiné son mari. Le livre du "Babadook" et les incidents étranges qui émaillent l'histoire à partir de son apparition ne sont que des "actes manqués" destinés à attirer l'attention d'Amelia sur la situation, de manière à ce qu'elle la résolve, d'une façon ... ou de l'autre. Samuel en est certainement conscient et, à sa façon, entre lui aussi dans un jeu très dangereux et dont il ne comprend cependant pas toutes les subtilités. Il y a par contre quelque chose qu'il a très bien saisi : c'est qu'une "partie" de sa Mère le hait et voudrait le voir mort à la place de son père ...

En dépit d'un jeu retenu et qui m'a semblé fort juste, je n'ai pas accroché aux comédiens même si, à certains moments, l'intensité des scènes entre l'enfant et sa "mauvaise" mère soit tout à fait remarquable, voire pénible, gênante, surtout pour une spectatrice. L'ambiance est sombre, glauque, sinistre et la maison sombre et glacée à souhait, comme une prison où tourneraient en rond la mère et son fils. Quant aux événements "bizarres", ils n'inspirent guère de peur, pas même la moindre anxiété. En tous cas, c'est mon avis.

Ames sensibles et bien pensantes, rassurez-vous : tout s'arrange et le vilain Babadook, créature frénétique de l'Inconscient maternel, finit par se retrouver maîtrisé ... à la cave, que l'on peut voir aussi comme cette part la plus sombre de nous-mêmes où il existe tout plein de Babadooks et dont ils ne doivent, sous aucun prétexte, chercher à s'évader. Cela dit, le petit Samuel aura-t-il plus tard une vie sexuelle accomplie, là, personnellement, j'ai un gros, gros doute ... Bababook ou pas, son complexe d'Oedipe est loin d'être résolu au moment où s'achève ce film qu'on regarde sans déplaisir mais sans un seul frisson. (Ceci posé, je le déconseille tout de même aux femmes enceintes et aux mères débordées par une marmaille hyperactive : Mr Babadook pourrait bien se manifester à nouveau, mais chez elles - en elles.)

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