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L'Exorciste - William Friedkin

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MessageSujet: L'Exorciste - William Friedkin   Ven 6 Mar - 20:29




Titre original : The Exorcist

Titre français : L'Exorciste

Réalisateur : William Friedkin

Scénario :  William Peter Blatty, d'après son propre roman

Direction de la photographie : Owen Roizman et Billy Williams (séquence en Irak)

Montage : Norman Gay, Evan Lottman

Décors : Bill Malley

Costumes : Joe Fretwell

Musique : Krzysztof Penderecki, Hans Werner Henze, George Crumb, Anton Webern, Mike Oldfield, David Borden

Musique additionnelle : Jack Nitzsche ; version intégrale : Steve Boeddeker

Effets Spéciaux : Marcel Vercoutere

Genre : Horreur

Studios : Warner Bros

Pays d'Origine : USA - 26 décembre 1973 et, pour la seconde sortie, 17 mars 2000

Sortie en France : 11 septembre 1974 (Interdit aux moins de 16 ans) et, pour la seconde sortie, 14 mars 2001 (Interdit aux moins de 12 ans)

Durée : 117 mn - 127 mn pour la version 2000

Audio : anglais, français, italien

Sous-titres : anglais, croate, français, grec, hébreu, néerlandais, portugais

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Ellen Burstyn (Chris MacNeil) - Max Von Sydow (le père Lankester Merrin) - Lee J. Cobb (lieutenant William « Bill » Kinderman) - Kitty Winn (Sharon Spencer) - Jack McGowran (Burke Dennings) - Jason Miller (père Damien Karras) - Linda Blair (Regan Theresa MacNeil) - Mercedes McCambridge, doublée en français par Micheline Bona (73), puis Perrette Pradier (2000) (la voix du démon Pazuzu) - William O'Malley (père Joseph Dyer) - Barton Heyman (Dr Klein) - Peter Masterton (Dr Barringer) - Robert Symonds ( Dr Taney) - Arthur Storch (Le psychiatre) - Révérend Thomas Bermingham (Tom) - Rudolf Schündler (Karl) - Vassiliki Marialos (Mme Karras Mère) - Tito Vandis (L'oncle du père Karras)


Film mythique s'il en est, dont j'ai cru, de bonne foi, me procurer la version courte mais qui s'est avérée, malgré les dires du vendeur, oh ! le vilain méchant :fessée: , la nouvelle version longue, soit avec une dizaine de minutes de plus, minutes censées expliquer bien des choses. J'avoue que pour moi, je n'ai toujours pas compris comment la tête sculptée de Pazuzu et le fameux médaillon (une amulette protectrice ?), recueillis en Irak par le père Merrin, se retrouvent enfouis dans les feuilles mortes du quartier de Georgetown, à Washington, quelques années plus tard. Si un fan particulièrement initié passe par ici ... Merci. lol!

Une polémique intense - et digne, sur certains sites, des pires empoignages politiques  - s'est élevée quant à l'ajout de ces dix minutes. "Elles n'apportent rien, elles tuent le film !" affirment les puristes. "Elles sont grandioses, elles expliquent tout !" clament leurs opposants, le tout dans une cacophonie ... euh ... infernale . Alors, sans aller jusqu'à prétendre qu'elles "tuent" le film, sachez que, à mon humble avis, leur ajout a surtout servi à remplir de nouveau les caisses de certains producteurs. Out  Surtout que l'on ne me tirera pas de l'idée que quelques plans très brefs, contrairement à ce qu'il a été affirmé (ceux représentant une sorte d'incarnation physique et masculine, par ailleurs assez échevelée, de Pazuzu), ne sont pas d'époque. Mais passons. Je me suis donc résignée à me taper les dix minutes supplémentaires et, prévoyant mourir de peur comme la dernière fois que j'avais vu "L'Exorciste" (je sais, pour une ressuscitée, j'ai bonne mine, merci à tous ! ), j'avais prié un ami de m'assister.

Et là, énorme et décevante, ô combien décevante surprise : je n'ai pas eu peur. Même les scènes qui m'avaient tant choquée dans ma jeunesse ("Jésus te baise !" avec un crucifix à la place d'un godemichet et bien sûr la fameuse scène de la tête qui effectue un tour complet sur elle-même, 360 degrés, dites-donc, comme, dans le bon vieux temps, la politique du PCF à chaque changement de responsable au Kremlin drunken ) ne m'ont pas arraché un seul frisson. Bien loin de vouloir me cacher sous mes couvertures, c'est avec la plus navrante stupeur que je regardais ce démon, à la qualité incontestable et doté, lui, d'une intelligence redoutable (ce qui, nous en parlions pour"Le Rite" par exemple, est loin, très loin d'être toujours le cas au cinéma) faire tout son cinéma. C'était théâtral à l'excès, c'était horrible (pauvre petite Regan et même pauvre Pazuzu quand il sort de son affrontement avec Merrin car sa souffrance est alors perceptible) mais le Mal, ce n'est pas ça.

En fait, ce nouveau visionnage de "L'Exorciste" m'a fait réaliser combien le Temps avait passé sur moi. Oh ! oui, le Mal existe et il arrive qu'il se livre à des manifestations du type de celles décrites par Friedkin. Mais en réalité, le Mal préfère qu'on l'ignore. Il nous attend : nous avons tous rendez-vous avez lui, aussi sûrement que nous avons rendez-vous avec la Mort. Dans notre vie personnelle d'abord, dont nous espérons qu'elle sera "normale" jusqu'au moment où, au tournant, le Mal nous envoie dans la figure des histoires de gènes mutants, des histoires d'accidents de voiture, des histoires de chômage, d'alcoolisme, des histoires de parents pervers dont vous ne parviendrez jamais à vous débarrasser entièrement, etc, etc ... Et, toujours dans notre vie, mais autour de nous, le Mal est encore, est toujours là, guettant encore son moment pour posséder des hommes déjà affaiblis côtés coeur et intelligence et les acculer à des actes qui leur dénient à jamais leur qualité humaine. Tueurs en série, "fous de Dieu" gavés d'amphétamines et endoctrinés, votre voisin qui vous épie et qui vous dénoncera aux occupants si l'Occupation se représente ...

La vie m'a dévoilé les mille et un visages du Mal, ses visages de tous les jours, ceux sans lesquels il ne pourrait pas agir. Quand j'ai vu "L'Exorciste" pour la première fois, je savais bien que le Mal existait mais j'étais encore si ignorante . Ou plutôt, disons que je me faisais des illusions. Je pouvais encore croire qu'il n'était QUE des phénomènes de possession comme celui de Regan (qui reste cependant impressionnant, je ne nie pas le talent de Friedkin et encore moins la très fertile imagination des créateurs d'effets spéciaux de l'époque). Las ! arrivée à cinquante-cinq ans, je sais que le Mal est bien plus que cela et qu'il est partout. En suis-je plus effrayée ? Non, je ne crois pas. La vie m'a aussi appris à le tenir en respect : il fallait bien même si, comme pour tout être humain en qui demeure une parcelle de la divinité originelle, s'agite aussi en moi un éclat du Mal à l'état pur. Mais plus attristée, oui, certainement.

En revoyant "L'Exorciste", tout cela m'est apparu très nettement. Je l'ai pris en pleine face, comme des phares automobiles qui débouchent de la nuit noire en plein sur vous. C'était triste, c'était mélancolique ... et en même temps, chose étrange, ce fut aussi très doux et plein de compassion.

Du coup, mon conseil sera, à ceux qui ne l'ont pas vu, de tenter de visionner "L'Exorciste" dans sa version primitive tout d'abord (ça, c'est mon avis de cinéphile.) Et puis de se le revisionner trente ans plus tard. Et de vivre cette expérience étrange qui prouve que, quoi qu'il en soit, ce film n'est et ne sera jamais comme les autres. Au risque de paraître ridicule, j'ai l'impression que, sans que l'équipe qui l'a tourné en ait eu conscience, le Bien et le Mal se sont unis pour aider à sa réalisation afin de passer une sorte de message, assez énigmatique. Au-delà de l'horreur du cas Regan, si vous regardez derrière, si vous écoutez, si vous faites attention - et si vous avez vieilli en tentant d'apprendre un peu plus tous les jours - vous en percevrez la teneur, puissante et contradictoire : le Bien et le Mal, unis et désunis, frères et pourtant ennemis, un Bien plus serein mais qui souffre et un Mal qui, lui aussi, est capable de souffrir - un Mal qui, malgré ses anathèmes et ses révoltes, aspire encore à sa lumière originelle.

Bah ! Ce ne sont là que radotages, me direz-vous, tu as trop vieilli.  Peut-être. Mais je tenais à écrire ceci, en dépit de ce que pourront en penser certains. lol!

Sinon, sur le plan purement cinématographique, je le répète, la version de 1973 est largement suffisante : elle éclate, elle "punche", elle vous envoie des directs au visage, elle NE VOUS DONNE PAS LE TEMPS DE PENSER. Les dix minutes supplémentaires de la version 2000, au contraire, ralentissent le film et permettent à votre esprit de prendre un recul qu'il lui est impossible de prendre avec la première version. N'oublions pas la nouvelle post-synchronisation qui gênera aussi sans doute ce qui auront vu la version 74 et visionneront ensuite celle-ci. Certains sont très sensibles aux voix et ne plus entendre celle de Jacques Thébaud (qui post-synchronisait en premier le personnage de Burke), ça laisse un vide. Et puis, il y a ces deux ou trois plans de Pazuzu qui me semblent très suspects parce que implicitement modernes. On n'avait pas besoin de cette face de clown à la Kiss sans le talent et la musique de Kiss. Avec le cinéma comme avec le Diable, faut pas rigoler, Nom de Dieu !

Voilà. Vous savez tout. Non, je ne vous ai pas raconté l'histoire : tout le monde la connaît.  Et si vous ne la connaissez pas, eh ! bien, tant mieux : j'espère que ça vous donnera envie de faire tractation sur tractation pour tenir entre vos mains LA VRAIE, LA SEULE VERSION de "L'Exorciste" qui vaille : celle de 1973-1974. Attention ! Le Diable est rusé : soyez sûrs qu'il placera sur votre route tout plein de vendeurs plus menteurs que des arracheurs de dents. Mais gardez patience et foi : vous finirez par la trouver, cette damnée version !

Et quand vous l'aurez en mains, croyez-moi, vous ne le regretterez pas. Surtout si c'est votre première fois. Wink

Ah ! Ma "première fois" avec "L'Exorciste" ... L'un de mes meilleurs souvenirs cinématographiques - et peut-être le plus effrayant.   affraid


"L'Exorciste" de William Friedkin, sorti en France en 1974 : pour combien d'entre vous, les amis, comme pour moi, c'est la voix de votre jeunesse que vous entendez s'élever en cet instant ? ...

_________________
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