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Angel Heart - Alan Parker

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Masques de Venise
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MessageSujet: Angel Heart - Alan Parker   Mar 10 Mar - 18:05




Titre original : Angel Heart

Titre français : Angel Heart : Aux Portes de l'Enfer

Réalisateur : Alan Parker

Scénario :  Alan Parker, d'après le roman "Falling Angel" de William Hjorstsberg

Direction de la photographie : Michael Seresin

Montage : Gerry Hambling

Décors : Brian Morris

Costumes : Aude Bronson-Howard

Musique : Trevor Jones

Genre : Thriller / Fantastique

Studios : Carolco

Pays d'Origine : USA - 06 mars 1987


Sortie en France : 08 avril 1987 - Interdit aux moins de 12 ans

Durée : 113 mn

Audio : anglais, français

Sous-titres : français

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Mickey Rourke (Harry Angel) - Robert de Niro (Louis Cypher) - Lisa Bonet (Epiphany Proudfoot) - Charlotte Rempling (Margaret Krusermark) - Stocker Fontelieu (Ethan Krusemark, son père) - Brownie McGhee (Toots Sweet) - Michael Higgins (Dr Albert Fowler) - Elizabeth Whitcraft (Connie) - Eliott Keener (Sterne, le détective) - Charles Gordon (Spider Simpson) - Dann Florek (Herman Winesap) - Kathleen Wilhoite (L'infirmière) - George Buck (Izzy) - Judith Drake (La femme d'Izzy) - Gerald Orange (John, le pasteur)


Sans être de ces films qui marquent à jamais le cinéma, "Angel Heart" est une production à la fois intéressante et d'excellente qualité que je vous recommande vivement . Avec cela, une bande musicale de très haut niveau et une interprétation impeccable avec un Robert de Niro si inquiétant, si "authentique" en Ange des Ténèbres venu réclamer son dû que la légende veut que le réalisateur, Alan Parker, impressionné par son "investissement" dans les scènes où il apparaît, préférait ne pas le diriger, le laissant agir à son gré. Vous retrouverez aussi un Mickey Rourke qui n'avait pas encore eu l'idée particulièrement stupide de se faire faire le lifting qui a donné les tristes résultats que l'on sait (et encore, qu'il ne se plaigne pas : quand on voit les conséquences de celui de la duchesse d'Albe, on n'a plus qu'une envie : tourner le dos et fuir cette horreur. Cette princesse, si jolie dans sa jeunesse, a désormais tout de l'une de ces "Vieille" cauchemaresques de Goya Mr.Red ). Rourke qui, avec de meilleurs choix de scénario et surtout un peu moins d'addictions, aurait pu devenir un très grand acteur, assume ici avec puissance et fermeté un rôle pas facile : d'un moment à l'autre, il peut déraper, il risque de manquer de crédibilité mais non : il tient jusqu'au bout. Enfin, prometteuse et surtout connue, en tous cas en France, pour son interprétation dans le "Cosby Show", la jeune Lisa Bonet, touchante, attendrissante, dans le rôle d'une pauvre jeunette qui couche avec son père sans que l'un ni l'autre connaisse leur lien de parenté et qui finit par trouver la mort dans cette étreinte incestueuse. Charlotte Rampling, inquiétante, racée et glacée à souhait, y fait aussi une apparition marquante, de même que le musicien noir Brownie McGhee et son envoûtante musique.

Le thème ? Eh ! bien, ça commence comme un bon vieux film noir des années quarante, avec un privé de seconde zone, Harry Angel, qui vivote à New-York, parmi les dossiers de boîtes d'assurances que l'on a fraudées et les éternels divorces qui se passent mal. Un jour, il est contacté par l'avoué Herman Winesap (Dann Florek, avec un peu plus de cheveux que dans sa composition, récurrente et bien connue des aficionados, dans "New-York Police Judiciaire") car l'un des clients de celui-ci, Louis Cypher (Robert de Niro, impérial et un peu trop bien manucuré , mais le rôle l'exige), ne veut qu'Angel pour rechercher un type qui lui a filé entre les doigts sans avoir rempli la mission qu'il lui avait confiée. Après avoir bien fait remarquer que ce n'est pas là le genre d'affaires qu'il traite d'habitude, mais alléché par les émoluments promis, Angel prend finalement rendez-vous avec Winesap et Cypher.

Celui-ci recherche un chanteur de charme, Johnny Favorite, avec lequel il avait passé un contrat, contrat que Favorite n'a eu ni le temps (ni la volonté ?) de remplir parce que, les USA étant entrés en guerre, il est parti au combat et en est revenu complètement amnésique avant de s'évanouir dans la nature. Or, tel un banquier suisse tout ce qu'il y a de plus embourgeoisé, Louis Cypher n'a qu'une règle : l'ordre absolu dans ses comptes. Johnny Favorite n'a pas respecté la règle : Mr Angel aurait-il l'obligeance de le retrouver afin que cesse cette situation scandaleuse ? A la clef, cinq mille dollars - de 1955, précisons.

Mettez-vous un instant à la place de Harry Angel et méditez scratch . Qu'eussiez-vous fait ? ... Bingo : vous aussi, vous auriez accepté le marché. D'autant que ce Mr Louis Cypher, bien qu'un peu étrange dans ses manières (et quels ongles impeccables ! et cette scène si subtile de l'oeuf que je vous laisse découvrir ! ), laisse clairement entendre que, si l'on est régulier avec lui, il l'est en retour. Sinon, gare !

Angel se lance donc dans une enquête très pluvieuse qui, contrairement à ce qu'il se passe dans le roman, va le mener jusqu'en Louisiane, domaine du vaudou et de la bonne cuisine africo-franco-américaine. Il découvre vite que Johnny Favorite, envoyé pour soigner son amnésie dans un centre spécialisé, a disparu de ce centre peu de temps après, emmené dans une voiture par un homme et une jeune femme. L'homme a réglé le médecin qui traitait Favorite, un certain Dr Fowler, afin que, à toutes les questions qu'on lui posât par la suite, il affirmât que Favorite était toujours son patient ... Quand il retrouve la piste de Fowler, Angel se trouve face à face avec un vieillard morphinomane qu'il laisse un peu mijoter dans son jus, en espérant que la privation de sa piqûre de rappel l'aidera à lui en dire un peu plus. Mais quand il revient, Fowler a reçu une balle en pleine tête. Et pourtant, Angel avait pris la précaution de l'enfermer dans sa chambre ...

Et ainsi de suite ... D'indice en indice, de piste en piste, Harry Angel, rencontre des vivants qui, immanquablement après l'avoir croisé, prennent le chemin de la salle d'autopsie. La poisse, voilà ce qu'il pense (ou ce qu'il veut penser ? ), car, malgré toutes ses rodomontades, il commence à baliser pas mal. Et puis, tout ça le fait mal dormir. Il a des rêves, des flashes ... Il a ... oui ... Harry finit par avoir peur - très peur.

La chute est grandiose et, je le répète, on se surprend à rêver à ce qu'aurait pu faire Mickey Rourke s'il n'avait pas, un peu comme Johnny Favorite, choisi la mauvaise voie. Il est tout simplement prodigieux, mais avec un tel naturel, une telle authenticité que le spectateur néophyte, surtout s'il appartient à la race des lecteurs de "Gala" et autres niaiseries, restera stupéfait de découvrir un si grand comédien dans la peau d'un homme dont le nom est avant tout synonyme d'alcool, de rixes, d'injures aux forces de l'ordre et de drogues.

"Angel Heart" : courez vite vous le procurer. Un excellent thriller, un scénario impeccable, une bande-son, je le répète pour les mélomanes, merveilleuse, des interprètes dont aucun ne cabotine mais joue impeccablement son rôle ... l'un de ces rêves noirs et amers que  le cinéma américain est capable de produire quand il choisit, pour sa part, la voie de l'efficacité et du talent.

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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
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La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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