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Planète Hurlante - Christian Duguay

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MessageSujet: Planète Hurlante - Christian Duguay   Jeu 19 Mar - 19:33




Titre original : Screamers

Titre français : Planète Hurlante

Réalisateur : Christian Duguay

Scénario : Dan O'Bannon & Miguel Tejada-Flores, d'après "Second Variety" ("Nouveau Modèle"), célèbre nouvelle de Philip K. Dick

Direction de la photographie : Rodney Gibbons

Montage : Yves Langlois

Effets spéciaux : Cheryl Bainum & Jacques Levesque

Musique : Normand Corbeil

Genre : Science-Fiction / Horreur

Studios : Franco Battista, Tom Berry, Stefan Wodoslawski & Charles W. Fries

Pays d'Origine : Canada - 8 septembre 1995 / USA - 26 janvier 1996 / Japon - Date non précisée


Sortie en France : 10 juillet 1996

Durée : 108 mn

Audio : anglais, français, allemand

Sous-titres : français

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Peter Weller (Joe Hendricksson) - Roy Dupuis (Becker) - Jennifer Rubin (Jessica Hanson) - Andrew Lauer (Ace Jefferson) - Charles Powell (Ross) - Ron White (Chuck Elbarak) - Michael Calloz (David) - Liliana Komorowska (Landowska) - Jason Cavalier (Leone) - Leni Parker (Caporal McDonald) - Sylvian Massé (Soldat du NBE) - Bruce Boa (Secrétaire Green) - Tom Berry (Un technicien) - Henry Ramer, doublé en français par Joël Martineau (Le narrateur) - Stephen Amell (Guy) - Jana Pallask (Schwartz) - Holly O'Brien (Hannah) - - Dave Lapommeray (Sergent Romulo)


Ce film connut une suite, en 2009. Pourtant, à sa sortie, il ne fit vraiment pas recette en dépit de ses profondes qualités et ce ne fut que peu à peu qu'il devint un authentique film-culte. C'est dire que tout amateur de films de SF se doit de l'avoir dans sa DVDthèque, bien plus que la "suite" de 2009, où les effets spéciaux pullulent certes avec brio mais ont aussi tué, hélas ! cette fraîcheur, cette pureté, pourrait-on même ajouter, qui restent l'apanage de "Planète Hurlante", dont le titre français est pour une fois bien plus poétique que le titre original, lequel signifie simplement "Les Hurleurs."

Le scénario, de très grande qualité, est issu de l'une des meilleures nouvelles d'un maître, excentrique mais révéré, de la Science-Fiction littéraire, à savoir le grand et indépassable Philip K. Dick en personne. Celui-ci plaçait son action sur Terre et, pour la énième fois, on voyait s'y affronter les USA et l'URSS. Or, figurez-vous que les Américains, dans la nouvelle de Dick, avaient eu l'idée de concevoir des robots implacables, de petite taille mais d'action redoutable, nommées les "griffes."  Il se passe tout de même quelque temps avant que les Russes n'envoient un émissaire pour demander la paix. Mais, lorsque les délégations se rencontrent, les Russes apprennent aux Américains que les "griffes" sont devenues parfaitement autonomes, se reproduisent à la vitesse V et, qui plus est, sont parvenues à adopter une forme androïde quasi parfaite. On retrouve ici l'un des thèmes favoris de Dick : qui est humain ? Qu'est-ce que l'humain ? Qu'est-ce qui fait qu'on est humain ? Et ce qui ne l'est pas en apparence ne peut-il pas l'être tout au fond ou le devenir?

Les scénaristes et producteurs ont transporté tout ça sur une planète nommée Sirius6B, que la guerre menée par la NBE (les USA, grosso modo) et l'Alliance (les Russes, toujours pour simplifier) a véritablement ratiboisée. Toutes les armes possibles et imaginables ont été utilisées. Sans oublier que le métal que la NBE était au départ censée exploiter, le Bérynium, s'est révélé très vite lui-même radioactif. Pour vaincre l'ennemi, les gens de la NBE sont revenus à l'arme originelle, l'épée, mais une épée très sophistiquée, sorte de petite machine souterraine qui découpe tout ce qu'elle touche en aussi peu de temps qu'un mixer ultra-perfectionné. Dans le film, ces machines, qui répandent des sons perçants, sont nommées "screamers" ou "hurleurs." (Vous vous rappelez la roulette du dentiste ? Eh ! bien, c'est ça mais en beaucoup, beaucoup plus terrible ... affraid   ) Pour vivre sur Sirius6B, ou plutôt pour y survivre les rares fois où ils sortent de leurs bunkers, les gens de la NBE doivent tous se munir d'un bracelet qui rend illisible leur rythme cardiaque par les Hurleurs. Car ceux-ci repèrent leurs cibles par les battements du coeur. Gare donc, à celle, à celui, qui aurait oublié de régler son bracelet sur la bonne fréquence : à peine sortis, à peine découpés en tranche.

A la suite de certains événements, le chef du bunker où débute l'action, Joe Hendricksson, et un jeune tireur d'élite, s'en vont en patrouille vers le centre de l'Alliance afin d'y signer un armistice. Et c'est sur leur chemin qu'ils s'aperçoivent que beaucoup de choses ont changé ... En mal. Pour eux. Et pour les Humains en général.

En effet, les Hurleurs ont évolué. Comment ? Pourquoi ? On ne sait pas. Ni Dick, ni les scénaristes du film ne fournissent aucune explication. Mais ils peuvent maintenant revêtir différentes formes androïdes dont celles d'un enfant perdu, d'une femme des plus jolies ou d'un soldat blessé qui réclame du secours. (Il y a aussi une cinquième forme mais je vous laisse la découvrir à la fin. Mr.Red  Ne gâchons pas votre plaisir ... Mr. Green Mr.Red )

De leur côté, ces machines à tuer que sont les Hurleurs vont, aussi étrange que cela paraisse, commencer à connaître elles aussi quelques problèmes. Si la race humaine, dont tout le monde connaît le pacifisme inné What the fuck ?!? , est parvenue à instiller aux premiers éléments une agressivité diabolique, il se trouve que, en évoluant et sans s'en rendre compte (enfin, pas plus que nous ne nous en rendons compte nous-mêmes lorsque ce sentiment monte en nous), certains Hurleurs ont muté de telle façon qu'ils vont développer cette émotion étrange, angoissante et parfaitement inexplicable (y compris pour leurs créateurs initiaux) qu'on appelle sympathie, amitié, voire amour, selon le degré qu'elle parvient à atteindre.

L'éternel grain de sable ... Créés par l'Homme, les Hurleurs ne pouvaient y échapper. :rigoltourne:

Film d'une grande sobriété, auquel les paysages enneigés, tournés en extérieur semble-t-il, confère une étrange et fière beauté, "Planète Hurlante" s'interroge sur l'Homme, ce qu'il est, ce qu'il peut créer et aussi sur les créatures auxquelles il donne vie dans un but bien précis mais qui, toujours, finissent par lui échapper tout en restant liées à lui par un cordon ombilical où se mêlent agressivité primitive et implacable d'une part et, d'autre part, besoin de tendresse et de paix. Cette question, que nous nous posons depuis les premières cavernes et peut-être, qui sait, depuis que nous sommes descendus de notre premier arbre, constitue la trame véritable du film mais sans prêchi-prêcha cherchant à convaincre de quoi que ce soit. Le nom de Dieu n'est jamais évoqué, pas même celui du Créateur. Mais l'Homme, à sa manière, n'est-il pas un démiurge et si ce qu'il fabrique est toujours à double tranchant, n'est-ce pas parce que le démiurge qui l'a conçu, lui, n'a pas mieux fait ?

Croyez-moi, "Planète Hurlante" est un film qu'il faut voir, d'autant que l'interprétation, qui ne tombe pas dans les poncifs, est quasiment parfaite (un Peter Weller et une Jennifer Rubin exceptionnels) et que l'on sent, derrière tout cela, la volonté du metteur-en-scène de créer vraiment quelque chose de différent au sein même du genre choisi. En outre, les scénaristes ont suivi Dick pratiquement à la lettre, en tous cas pour la première partie du film et, s'ils ont arrangé la fin à leur sauce, en oubliant l'écrivain amércain, le résultat n'en est pas moins touchant et réussi. Visionnez "Planète Hurlante". Une fois, deux fois si nécessaire. Et venez donc nous en parler.

Et à très bientôt sur Nota Bene, pour parler d'un nouveau DVD - cinéma ou télévision.

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