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Dorothy - Agnès Merlet

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Masques de Venise
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MessageSujet: Dorothy - Agnès Merlet   Dim 29 Mar - 18:57



Titre original : Dorothy Mills

Titre français : Dorothy

Réalisateur : Agnès Merlet

Scénario : Agnès Merlet & Alexia McSebmnnmam

Direction de la photographie : Yórgos Avanitis

Montage : Monica Coleman

Décors : Catherine Hardwicke

Costumes : Suzanne Cave

Musique : Nathaniel Mechaly

Genre : Drame / Thriller

Production : Olivier Delbosc, Nicolas Delval, Pierre Escande, James Flynn, Eric Jehelmann, Jérôme Lateur, Marc Missonnier & Jean-Luc Ormières

Studios : ?

Pays d'Origine : France - République d'Irlande


Sortie en France : 6 août 2008 - Interdit aux moins de 12 ans

Durée : 102 mn

Audio : anglais, français

Sous-titres : français, anglais

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Carice Van Houten (Jane Van Dopp) - Jenn Murray (Dorothy Mills) - David Wilmot (Colin Garrivan) - Ger Ryan (Eileen McMahon) - David Ganly (Aiden Kearsley) - Gary Lewis (Le Pasteur Ross) - Rinagh O'Grady (Miss McCllellan) - Jo Hanley (Paul Fallon) - Gavin O'Connor (John McCarthy) - Charlene McKenna (Mary McMahon) - Louise Lewis (Maureen Kearsley) - Ned Dennehy (Le garagiste) - Mary Mullen (La Femme du garagiste) - Sean Stewart (Duncan McClennan) - Jady Pertin (Kurt)



Probablement l'un des meilleurs thrillers psychologiques réalisés pendant la première décennie du XXIème siècle. Pour une fois, il s'agit d'un film européen , et même franco-irlandais, avec une équipe mixte : réalisatrice française, directeur de la photographie grec et comédiens irlandais sauf l'actrice qui interprète la psychiatre et qui est d'origine néerlandaise. Le tout a été tourné en ... plein été, sur une île proche de l'Irlande, même si l'on s'en rend très peu compte, l'action du film se situant en plein hiver irlandais, avec lames gigantesques, pluie teigneuse et giboulées diverses. Des paysages magnifiques, apaisants en dépit du côté angoissant de l'histoire et un mysticisme général qui glisse un peu vers le fantastique mais ne laisse pas ce dernier tout envahir à tort et à travers.

Le sujet traité est en effet avant tout celui des personnalités multiples que certains individus mettent en place pour survivre aux aléas de l'existence, et ce, en général, dès leur enfance. Le phénomène a été reconnu scientifiquement, certains (notamment des tueurs en série) ont tenté d'en abuser et les USA en ont parlé en long, en large et en travers ... La psychiatrie française, en tous cas sa vieille garde, toujours aussi novatrice, déclare, les lèvres pincées et d'une seule voix, que tout cela relève de l'hystérie, y compris lorsque le phénomène s'attaque aux hommes. N'empêche qu'il existe certains cas bien reconnus. Le principe est le suivant (grosso modo) : la fameuse trinité psychanalytique (le Moi-le Surmoi-le Ca) n'est qu'une "base", par elle-même très complexe, qui suffit en général à "contenir" les différents aspects de la personnalité. Mais il se trouve que, sous l'effet d'un choc émotionnel ou physique très profond, tout cela "éclate" et laisse parler au minimum une dizaine d'aspects de la personnalité réelle : l'enfant que nous étions, une personnalité créée de toutes pièces pour recevoir les coups par exemple, une autre pour la défendre, etc, etc ... La célèbre patiente de Freud, Anna O., semble avoir fait partie de ces cas reconnus. Plus proche de nous, il y eut l'affaire Billy Milligan dont vous trouverez l'étonnant récit sous la plume de Daniel Keyes.

Selon la réalisatrice Agnès Merlet, ces cas de "personnalités multiples" seraient plus importants dans les milieux particulièrement répressifs sur le plan religieux. Elle pose d'ailleurs son film au sein d'une communauté protestante très austère, mâtinée à la sauce "Adventistes du Septième Jour." Elle confère également à Dorothy un incontestable talent "mediumnique" dont use d'ailleurs sans remords une bonne partie de la communauté, sans se soucier, semble-t-il, des interdictions bibliques poutant des plus sévères concernant l'évocation des morts. En aucun cas, je le précise, il ne s'agit d'un film de possession, au sens classique du terme. Nul esprit mauvais, nul démon tapi derrière les agissements et le regard limpide de Dorothy. Le "final", qui explique tout, prouve simplement qu'une âme désireuse de se venger de ceux qui lui avaient nui de son vivant, aurait mis à profit le don de Dorothy mais tout en s'efforçant de protéger celle-ci.

Bien qu'il ne s'agisse ni d'horreur, ni d'épouvante, "Dorothy" n'en demeure pas moins un film impressionnant, à l'ambiance particulièrement prenante, oppressante, dominé par le jeu des deux actrices principales et soutenu par une équipe de comédiens impeccables. Pour les "âmes en peine", les effets spéciaux ne dépassent pas quelques touches de maquillage supplémentaire. La cascade de la voiture poursuivie est spectaculaire et en même temps très crédible. Quant à la scène de la fête plus ou moins païenne, où, dix ans plus tôt, se crée le drame, elle est filmée avec un grand naturel et rend un hommage discret à la culture celte pré-christique.

Un film de très grande qualité et d'une infinie richesse spirituelle (en tous cas à mon sens), qu'on déconseillera aux natures impressionnables, lesquelles passeront donc à côté de quelque chose qui vaut vraiment le détour. Enfin, si elles essaient de regarder en compagnie, elles tiendront sans doute le coup : essayez toujours. Je le répète, en dépit des assertions de la jaquette DVD, "Dorothy" n'est pas un film d'horreur : c'est simplement un drame humain, celui d'une petite fille, puis d'une adolescente douée de certains pouvoirs issus de son seul cerveau et qu'elle n'a pas sollicités. Dorothy s'est créé ses personnalités comme d'autres "font le noir" sur un trauma de leur enfance. Pourquoi le cerveau réagit-il ainsi et en fonction de quels critères choisit-il, la science est encore bien loin de pouvoir y répondre. Mais tous ceux qui auront connu l'une ou l'autre des expériences citées vous certifieront leur réalité - ainsi que les souffrances engendrées par elles pour leur éviter, semble-t-il, des maux bien pires comme la folie absolue ou le suicide.
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