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Délivre-Nous Du Mal - Scott Derrickson

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Masques de Venise
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MessageSujet: Délivre-Nous Du Mal - Scott Derrickson   Lun 13 Avr - 21:05



Titre original : Deliver Us From Evil

Titre français : Délivre-Nous Du Mal

Réalisateur : Scott Derrickson

Scénario : Paul Harris Boardman & Scott Derrickson

Direction artistique : Bob Shaw

Direction de la photographie : Scott Kevan

Montage : Jason Hellmann

Décors : Laura Ballinger & Martin Sullivan

Costumes : Christopher Peterson

Musique : Christopher Young

Genre : Horreur

Production : Jerry Bruckheimer Films ; Screen Gems (coproduction)

Studios : Screen Gems ; Sony Pictures Releasing France

Pays d'Origine : USA - 2 juillet 2014


Sortie en France : 3 septembre 2014 - Interdit aux moins de 12 ans

Durée : 118 mn

Audio : anglais, français

Sous-titres : français, anglais

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Eric Bana (Ralph Sarchie) - Édgar Ramírez(Le père Mendoza) - Olivia Munn (Jen Sarchie) - Chris Coyle (Jimmy Tratner) - Dorian Missick (Goron) - Sean Harris (Mick Santino) - Joel McHale (Butler) - Mike Houston (Nadler) - Scott Johnsen (Lieutenant Griggs) - Daniel Dauli (Salvatore) - Antoinette La Vecchia (Serafina) - Ben Livingtson (Le physicien)


J'eusse aimé écrire que le miracle de "Sinister" s'était reproduit pour moi. Mais hélas ! tel n'est pas le cas et ce "Délivre-Nous du Mal", en dépit d'une bande musicale toujours très travaillée et d'une intéressante utilisation de quelques chansons parmi les plus connues des "Doors" (dont "Break on through to the Over Side" par exemple), patauge bien en-dessous du précédent opus de Derrickson. Mais enfin, ce sont là choses qui arrivent, tant dans le monde cinématographique que dans le monde littéraire. Dans le premier cas, le travail étant avant tout d'équipe, il est certain que le sujet choisi, le scénariste choisi, le scénario définitif tiennent un rôle crucial. Or, pour une raison sans doute dictée par les circonstances actuelles, Derrickson a choisi de s'inspirer de faits réels qui ont incité à un lieutenant de police new-yorkais agnostique de se convertir au catholicisme.

Pourquoi au catholicisme et pas au protestantisme ? Ne me dites pas qu'il faut encore vous le répéter :talkingdevil: : question exorcismes et discussions courtoises ou encore engueulades gratinées avec les démons de tous rangs, les catholiques restent visiblement les meilleurs, surtout aux yeux du cinéma américain, lequel n'est pas loin de les couver avec la même tendresse dont il couvrait jadis ses plus grandes "étoiles", féminines et masculines.

Nous sommes évidemment heureux que l'officier de police américain ait rejoint notre religion natale - de nos jours, plus nous serons nombreux et plus ... Vous m'avez comprise.  lol! Mais Derrickson et son scénariste n'en ont retenu que la vision du démon - un démon qui vient d'Irak, une fois encore, eh ! oui ! et admirez ma grande force de caractère : je m'abstiens ici de tout autre commentaire  - et tout le rituel nécessaire à le contraindre à "libérer" l'homme qu'il possède.

Celui-ci est un vétéran de la guerre en Irak. Avec deux camarades de régiment, sous les tirs de l'ennemi, ils sont entrés tous trois dans une grotte et là, devant un mur tout entier couvert de signes hétéroclites (copte, latin, etc ...), Mike Santino est instantanément possédé. Bon, il faut dire que, pour le Mal qui guettait, tapid dans cette grotte, l'état de stress intense, de peur et de haine dans lequel se trouvait alors le malheureux est idéal. Clic, clac : le tour est accompli. C'est même trop facile.

Revenu au pays, Santino commet évidemment crime sur crime - et pousse les autres à faire comme lui. Il tue entre autres ses deux compagnons de guerre, dont il avait fait ses disciples et pousse à la folie la compagne de l'un d'eux qui offre son bébé en "sacrifice" dans une fosse aux lions. Mais il est traqué à la fois par un prêtre assez anticonformiste, Mendoza (personnage interprété par Édgar Ramírez, très bon) et aussi par un flic agnostique, Ralph Sarchie (en qui l'on reconnaîtra sans peine le "Chopper" du film australien éponyme). Evidemment, impressionner un agnostique, c'est pas de la tarte, pour parler familièrement : démon ou pas, on doit se donner à fond si l'on veut réussir. En outre, nous avons déjà observé que, en tous cas au cinéma, ne croire ni en Dieu, ni en Diable énervait prodigieusement Belzébuth et Compagnie. Comment pousser un individu à croire au Mal si, déjà, il estime que le Bien n'est qu'une billevesée absolue ? Un vrai casse-tête. Et puis, n'est-ce pas un peu vexant, pour une entité maligne, d'avoir d'abord à convaincre un sceptique que le Bien existe afin de pouvoir ensuite lui prouver qu'elle-même est bien réelle ?

L'entité qui s'est réfugiée en Santino donne donc à Sarchie tout le fil à retordre nécessaire. Il en fait même des tonnes - je parle de l'entité et non de l'acteur, Sean Harris, qui joue ici, en dépit de toute l'hémoglobine déversée, avec une sobriété qu'il faut souligner. Mais, coincé entre Mendoza et sa foi d'une part, et de l'autre, Sarchie et une foi qui commence à éclore, l'entité doit s'avouer vaincue et libérer le malheureux Santino.

On ne sait pas si elle regagne l'Irak.

Le film se termine sur le baptême du nouvel enfant de Sarchie qui, selon la Tradition, renonce ainsi officiellement "à Satan & à Ses Pompes."

Comme vous le voyez, ce n'est pas terrible, terrible. Notez que, lors d'un nouveau visionnage, la sobriété relative du film, le point de vue "intellectualisé" que tente d'adopter Derrickson sur les phénomènes de possession (mais il n'est pas hélas ! soutenu par le mysticisme d'un Boorman dans "L'Exorciste II" et cela change tout), ces éclairages sombres et brouillés qu'il paraît affectionner (ou alors, c'est mon téléviseur qui ne fonctionne pas comme il faut ) et le travail accompli sur la bande-son, avec une utilisation des "Doors" qui incite à se poser des questions (il est vrai que Morrison, cette personnalité malheureusement border line, portait pour sa part pas mal de mysticisme au fond de lui-même) sans oublier un générique à mes yeux original, constituent un nombre certain de bons points.

Mais évidemment, après avoir admiré la quasi perfection de "Sinister", il est normal de se sentir déçu.

"Sinister" est le Mal à l'état pur. Un Mal qui ne s'explique pas mais qui vient, lui aussi, de l'aube des temps. Le scénario ne s'inspire pas d'une conversion, quelle qu'elle soit et il n'y a, dans "Sinister", aucun "bon sentiment" qui subsiste. De plus, le film fait intervenir l'enfance - et bien sûr, du coup, cela nous touche (et nous terrifie) beaucoup plus, comme Regan nous avait terrifiés dans le temps ou encore cet enfant possédé dans l'un des épisodes les meilleurs d'"X-Files". Dans "Sinister", l'espoir n'est pas mort : il n'a JAMAIS existé. Dans "Délivre-Nous Du Mal", au contraire, tous les espoirs sont encore autorisés.

En outre, "Délivre-Nous Du Mal" a le mérite, insigne à nos yeux, de placer l'amateur de films d'épouvante devant son éternel dilemme : il est soulagé de voir triompher le Bien ... mais il aime peut-être encore plus les "chutes" glaçantes et noires. "Délivre-Nous Du Mal" est pour ainsi dire un film de commande (en tous cas, il nous a paru l'être), avec un filigrane de propagande que nous ne pouvons qu'approuver. C'est un film idéal pour les mauvais jours que nous traversons, alors que "Sinister", lui, reste ce produit de luxe qu'on ne peut se permettre que quand tout va bien, quand tout est à sa place : le Bien d'un côté, le Mal de l'autre et aucun "possédé corrompu" entre les deux camps.

Mon conseil : si vous n'avez pas déjà visionné "Sinister", regardez "Délivre-Nous Du Mal" avant. Et choisissez. Ou ne choisissez pas. Je pense sincèrement que les deux films méritent de trouver une place dans votre DVDthèque.

Et sachez que, malgré ma déception envers "Délivre-Nous ...", je considère toujours Scott Derrickson comme un réalisateur à suivre. Après tout, le Très Grand John Carpenter lui aussi a connu ses petites traversées du désert ... Et puis, nul n'est parfait.

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