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Ted Bundy, L'Esprit du Mal - Michael Feifer

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MessageSujet: Ted Bundy, L'Esprit du Mal - Michael Feifer   Sam 2 Mai - 20:20



Titre original : Bundy, A Legacy of Evil

Titre français : Ted Bundy, l'Esprit du Mal

Réalisateur : Michael Feifer

Scénario : ?

Direction artistique : ?

Direction de la photographie : ?

Montage : ?

Décors : ?

Maquillage : ?

Costumes : ?

Musique : ?

Genre : ?

Production : ?

Studios : ?

Pays d'Origine : USA

Sortie en France : ?

Durée : ?

Audio : anglais, français

Sous-titres : français

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Corin Nemec (Ted Bundy)


Bon, les p'tits clous - comme disait le regretté Marc Toesca au temps du "Top 50" de Canal+, quand cette chaîne valait encore quelque chose - on ne s'affole pas. Eh ! oui, je sais, c'est la première fois que je vous sers si peu de renseignements sur un film mais apparemment, celui de Michael Feifer n'a pas eu l'heur de plaire à nombre d'internétiens, trop occupés à rechercher de l'horreur là où il n'y a que tragédie et erreur de la nature.

Ted Bundy, tout le monde a entendu parler de lui - enfin, je crois . Il fut, paraît-il, le premier criminel à se voir officiellement qualifié de "serial killer" même s'il est loin, bien loin, d'être le premier à appartenir à cette espèce plus répandue qu'on ne le pense, et ceci depuis la nuit des temps. Il reste à ce jour également, avec Edmund Kemper, (lequel est, pour sa part, toujours en vie), l'un des tueurs de ce type à avoir possédé un QI extrêmement élevé. Côté enfance, comme la majorité des tueurs (et tueuses) en série, il présente des failles : il était le fils incestueux que son grand-père, un protestant en principe très sévère mais passionné en sous-main de BD bondage et nécrophile, avait fait à sa propre fille. Incestueux et illégitime. A cinq ans environ, l'enfant comprit (ou on lui révéla) que celle qu'il appelait sa soeur était en réalité sa mère. Pour l'identité de son père, il n'en aurait eu une confirmation éclatante qu'à dix-sept ans. Dans l'un comme l'autre cas, on peut admettre que sa personnalité s'en soit trouvée assez ébranlée .

Mais enfin, toutes les personnalités ébranlées ou martyrisées dans leur enfance n'en arrivent pas fatalement à la chaise électrique, après avoir accompli un nombre de crimes qu'il est à peu près impossible de chiffrer dans le cas de Bundy, le tout accompagné de tortures, de viols ... et de nécrophilie. Sur la fin - l'une des rares phrases apparemment sincères jamais prononcées par Ted Bundy l'avoue avec une sorte de soulagement : "Heureusement que vous m'avez arrêté : j'étais devenu comme un vampire" - Bundy buvait sans doute le sang de certaines de ses victimes et il laissa son empreinte dentaire sur le corps de l'une des dernières jeunes filles qu'il massacra.

Si vous voulez en savoir un maximum sur Ted Bundy - et il le faut avant de visionner les nombreux films qui lui ont été consacrés - je vous recommande l'excellent ouvrage d'Ann Rule : "Un Tueur Si Proche".

Tout d'abord parce que les deux films que j'ai visionnés ici sur le sujet partent visiblement du principe que le spectateur connaît son Ted Bundy sur le bout des doigts - et que c'est la même chose pour les autres productions tournées, dont celle avec Mark Hamon dans le rôle-titre (mais si, vous le connaissez : "NCIS" !   ). Ensuite, bien sûr, parce qu'un film ne peut pas tout saisir, tout raconter : question de temps, de pertinence du scénario et aussi, sans doute, de droits relatifs à l'utilisation de certains personnages ayant participé à l'enquête ou ayant compté au nombre des victimes et actuellement encore en vie.

Tel quel, ce "Legacy of Evil" vaut avant tout pour la prestation de l'acteur principal, Corin Nemec. On surnommait souvent Bundy "le Caméléon" et Nemec parvient à merveille à restituer cette incroyable capacité d'adaptation qui servit tant au tueur pour s'insérer - à tout le moins pour tenter de s'insérer - dans la vie sociale. Sous quelques éclairages particuliers, avec deux ou trois touches probables de maquillage par-ci, par-là mais toujours avec un naturel qui fait vraiment froid dans le dos, Nemec se glisse dans la peau du Bundy-Hyde avec une ferveur, une intensité qui laissent baba. Oui, je sais, certains n'ont pas aimé la scène où il se met à quatre pattes pour hurler comme un loup devant le corps à demi-inhumé de l'une de ses victimes. Ils trouvent ça grotesque. Ma foi, ça l'est peut-être. Mais l'acteur, lui, y croit et ça passe. En tous cas, pour moi, c'est passé même si je n'aurais sans doute pas proposé de tourner cette scène.

Autre scène remarquable,
Nemec restitue non seulement Bundy mais l'instinct meurtrier primitif de tout être humain : celle où, armé de la batte de base-ball avec laquelle il va massacrer des étudiantes endormies, il paraît "danser" en ombre chinoise sur les murs de la chambre. C'est bref mais c'est incroyable. A la limite, ce n'est plus Ted Bundy : c'est le Mal, c'est la Folie meurtrière aussi qui s'incarnent devant nous, une folie dont le chroniqueur judiciaire Paul Lefèvre aime à rappeler dans ses livres qu'elle sommeille en tout être humain.

Bien sûr, vous allez me dire que, dans ces conditions-là, ce film doit être terriblement gore. La première scène, c'est vrai, est plutôt dure. Mais ne l'est-elle pas par dessus tout parce que nous savons que ce n'est pas totalement de la fiction ? Il y a un peu de fiction puisque ni le metteur en scène, ni l'équipe du film, n'assistaient évidemment pas à la scène réelle mais la réalité fut certainement assez proche de cette horreur. Encore Feifer ne nous en montre-t-il que très peu, surtout si vous songez à des films comme "Henry - Portrait d'un serial killer", pourtant largement antérieur (1986) à "L'Esprit du Mal" mais que je n'ai jamais réussi à visionner en entier, ou le remarquable "Funny Games" de Michael Haneke, réalisé en 1997 et que seul le recul proprement glacial, un peu à la Kubrick, qu'a pris le réalisateur avec son sujet, permet de regarder, avec malaise certes, mais au moins jusqu'à la fin.

Sinon et bien qu'il ait tourné en 2008, Feifer reste assez soft. Il ne s'attarde pas trop sur ce qui nous horrifierait et guide son interprète principal sur un chemin relativement sobre. (Oui, je sais, il y a la scène où il se prend pour un loup, mais c'est au début, faut-il le répéter  :paix: et, pour peu que vous lisiez Ann Rule, vous verrez bien que Bundy a fait bien pire et bien plus dingue ! Evil or Very Mad ) Dingue, oui. Un QI aussi élevé, s'il n'est pas loin du génie dans certains cas, peut aussi basculer dans la folie. Pour un tribunal, si l'on garde la conscience du Bien et du Mal, on n'est pas considéré comme fou. Mais Bundy-Jekyll admirait son côté Hyde et trouvait quasi normal ce que celui-ci accomplissait. Ce qui ne l'empêchait pas, en parallèle, d'admettre que cela n'était pas toléré par la société. Strictement parlant, Ted Bundy avait son libre-arbitre et n'a ni su, ni voulu, ni pu (?) l'appliquer dans le bon sens. Séduisant, manipulateur, capable d'études brillantes et d'un comportement social relativement normal - ce film ne fait pas mention de la relation amoureuse et sexuelle qu'il entretint pendant de longues années avec une jeune femme avec laquelle il vivait sans problème - doté d'un profond charisme, Ted Bundy n'en était pas moins un tueur impitoyable, "un salaud" (selon ses propres dires) et qui, toujours selon ce qu'il déclara à la fin de sa vie, ne ressentait aucune culpabilité, aucune émotion sincère. Curieusement, dans le même entretien, il ajoute qu'il éprouve de "la peine" pour les personnes qui se croient coupables et qu'il n'est pas, il le sait, tout à fait "normal."

Si l'on a tout lieu de le croire sincère à la fin de la traque, quand il se sait arrêté pour toujours, on ne peut nier sa lâcheté. Devant la chaise électrique, bien sûr (mais ce n'est que peu montré dans ce film-là) mais aussi parce qu'il ne chercha jamais à se livrer. Edmund Kemper, lui, s'est livré une première fois, à quatorze ans, après avoir tué ses grands-parents maternels et une deuxième et dernière, bien plus tard, après avoir tué sa mère. C'est une différence de taille qui montre que, même chez les tueurs en série, l'égalité n'existe pas.

"Ted Bundy, l'Esprit du Mal" de Michael Feifer est donc un film que je recommanderai avant tout à ceux qui ont étudié l'Affaire Ted Bundy sur d'autres supports. Le film est loin d'être parfait mais le metteur en scène a fait de son mieux. Quant à Corin Nemec, on déplorera seulement qu'on ne l'ait pas un peu "rajeuni" lors des scènes censées se passer à l'Université où Ted Bundy commence son Droit. Pour le reste, son interprétation d'un personnage qui reste énigmatique à plus d'un titre est intéressante et originale, sans jamais tomber dans le Grand-Guignol. Un petit mot encore sur l'ambiance du film : des moments presque inspirés, une fluidité qui trébuche un peu çà et là mais, dans l'ensemble, elle aide à souligner l'ambiguïté du thème traité et aussi du personnage. Je rassure les plus inquiets : il ne s'agit en rien d'une hagiographie de Ted Bundy. On se demande d'ailleurs comment on pourrait produire un film à sa gloire . Simplement, les questions restent posées - questions auxquelles l'intéressé lui-même n'a jamais été capable de répondre : "Qui était vraiment Ted Bundy et pourquoi tout ce gâchis, tant pour ses victimes que pour lui-même ?" lol!

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