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Bundy - Matthew Bright

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Masques de Venise
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MessageSujet: Bundy - Matthew Bright   Ven 8 Mai - 19:22



Titre original : Ted Bundy

Titre français : Bundy

Réalisateur : Matthew Bright

Scénario : Stephen Johnston & Matthew Bright

Direction de la photographie : Sonja Rom

Musique : Kennard Ramsey

Genre : Thriller basé sur des faits réels: )

Production : Hamish McAlpine & Michael Muscal

Studios : ?

Pays d'Origine : USA - 2003


Sortie en France : ?

Durée : 99 mn

Audio : anglais, français

Sous-titres : français

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Michael Reilly Burke (Ted Bundy, né Theodore Robert Cowell) - Botti Bliss (Lee) - Stephanie Brass (Julie) -[b]Jennifer Tisdale (La Jolie fille) - Tricia Dickson (Barbara Vincennes) - Matt Hoffman (Arnie) - Tracey Walter (Randy Meyers) - Zarah Little (Patricia Garber) - Juliana McCarthy (Le Professeur) - Michael Santos (L'Homme A La Fenêtre) - Meadow Sisto (Suzanne Welch) - Alison West (Shawn Randall) - Anna Lee Wooster (La Jeune Femme Agressée en Pleine Rue) - Natasha Goodman (Suzanne Moore) - Danielle Parris (Le bourreau) - Katrina Miller (Jane Gilchrist) - David Schroeder (Le gardien) - Tiffany Shepis (Tina Gabler) - Tom Savini (Le policier de Salt Lake City)
- Alexa Jago/b] (Betty)
[/b]


Film certainement plus nuancé et, en quelque sorte, plus complet que celui de Michael Feifer, le "Bundy" de Matthew Bright permet là encore à un comédien de donner son interprétation personnelle de l'un des tueurs en série les plus redoutables du XXème siècle. Et tout comme pour la mise en scène, la nuance, une nuance que nous saluons, prédomine aussi en ce domaine. Le Bundy incarné par Michael Reilly Burke nous rappelle la larme d'humanité qui existait encore en la créature monstrueuse. Attention ! Cela ne veut pas dire que le film s'attendrit sur le personnage, loin de là Evil or Very Mad . Au contraire, la fin, qui est glaçante - autant par le rituel qui précède l'exécution de tout condamné à mort sur la chaise électrique que par la "ronde" des jeunes enfants venant dire devant la caméra, avec le même air candide : "Je suis Ted Bundy" - indique, sans qu'on puisse s'y tromper, que, pour le cinéaste, chaque enfant peut abriter en lui un Ted Bundy - la "ronde" ne compte qu'une seule petite fille et il est exact que les tueuses en série demeurent malgré tout moins nombreuses et en général moins violentes que leurs homologues de sexe mâle.

Mais cela ramène au problème suivant : un enfant, quel qu'il soit, ne se forme pas tout seul. Si le petit Ted n'était peut-être pas à la naissance tout à fait comme il le fallait (ce qui n'a encore jamais été prouvé), sa mère, qu'il crut si longtemps être sa soeur, et son père, qui n'était autre que son grand-père, ont certainement tenu un rôle primordial - et négatif - dans son évolution. Si, comme on le soutient, tout est dit, ou presque, à partir de cinq ans, Ted Cowell Bundy est devenu une sorte de vampire cannibale dès cet âge-là. L'une des scènes les plus violentes de ce film est d'ailleurs celle où Bundy se répand en invectives contre les femmes dont le principal défaut est, pour lui, d'être des "menteuses." Comme le furent sa mère - bien contre son gré, il est vrai - et la fille qui se joua de lui à l'université, Stephanie. Si les actes meurtriers de Bundy sont ceux, terribles, d'un adulte qui a de la force et de la suite dans les idées (sans oublier un QI très élevé), son attitude quand il essaie de s'intégrer à la société, de jouer le jeu - ses rapports avec Lee (Meg dans la réalité) sont "normaux" et, selon Anne Rule, il ne se montra jamais violent avec elle : en ce sens, la scène où on le voit tenter de l'étrangler est inventée de bout en bout ; une fois, une seule, c'est vrai, la jeune femme s'est réveillée et l'a surpris, avec une torche électrique, en train d'observer son corps sous les draps mais, si elle en ressentit une impression bizarre, il ne se passa rien de plus - révèle par contre un Quotient Emotionnel plus proche de l'enfance et de l'immaturité absolue que de tout autre chose. Et le déséquilibre entre QI & QE est ici immense.

Cet aspect, qui faisait partie également de la personnalité de Bundy et qui explique une partie de la facilité avec laquelle il séduisait, Feifer l'a complètement occulté mais Bright le met en valeur. Comme il le déclare à un certain moment, Bundy "cherche" à "être normal." Mais, en lui, palpitent cette ombre profonde, cet abysse - ce Jekyll qui finira par dévorer l'essentiel de lui-même. "Pourtant, je suis tellement plus que ça ..." dit encore le personnage, tout à la fin, avant l'exécution ...

Eh ! oui, Ted, vous étiez tellement plus que ça ... 

Comme chez Feifer, on voit la tension qui va crescendo, le désir de torturer et de tuer qui s'affirme, les fantasmes qui ne suffisent plus ... Bright souligne discrètement la nécrophilie qui accompagnait aussi la perversion de Ted Bundy. Discrètement mais enfin, cela peut tout de même heurter. Il est clair que ce film n'est pas à mettre entre toutes les mains : Bundy n'est jamais parvenu à se connaître lui-même et, à la fin du film de Bright - comme d'ailleurs chez Feifer - on en est à peu près au même résultat : on peut comprendre certains de ses actes mais non les justifier, demeurer dans l'épouvante absolue en songeant aux autres mais tous, nous nous posons la question : "Qui était Ted Bundy ?"

Film après film, livre après livre, on en revient toujours là. Malgré sa vive intelligence, Bundy a toujours refusé de nous faire part de son auto-analyse - s'il a eu le courage d'en pratiquer une. Il est le parfait contraire d'un Peter Kürten par exemple, alias "le Vampire de Düsseldorf", d'un Edmund Kemper (nous l'avons déjà dit ici) et même d'un Albert DeSalvo qui, certainement plus rustre et moins intelligent, a cherché de l'aide avant de devenir "L'Etrangleur de Boston" parce que, comme il disait volontiers par la suite : "Je sentais bien que ça ne tournait pas rond, chez moi."

Pour en revenir au film proprement dit, eh ! bien, le décryptage de Bundy - ou plutôt la tentative de décryptage de sa personnalité - est mené de façon plus approfondie, moins brutale que dans le film de Feifer. Corin Nemec et Michael Reilly Burke jouent de façon très différente mais il est vrai qu'ils n'ont pas du tout le même genre de scènes à tourner. Nemec doit se donner plus physiquement parce que, dans son rôle, on le voit bien passer à l'acte. Les scènes de Reilly Burke se concentrent surtout sur le pré-acte ou le post-acte. Quand il apparaît, le "Monstre" le fait donc de manière très différente. On le voit notamment ici lorsque Bundy assomme la pauvre Kimberly Leach (la pom-pom girl). En outre, si le film de Feifer a tendance à le montrer comme toujours supérieur à ses victimes, celui de Bright rappelle qu'une femme au moins parvint à lui échapper en lui rendant coup pour coup (il s'agit de Shawn). Non, la "réussite" ne fut pas toujours au rendez-vous pour le "Monstre" et il est bon de le rappeler.

Cependant, son tableau de chasse reste l'un des plus terribles et des plus sanglants jamais enregistrés aux Etats-Unis. Fallait-il absolument le faire passer par la chaise électrique ? Eût-il mieux valu l'enfermer à vie et l'étudier comme le "phénomène" qu'il était ? ...

Mais toujours, simples spectateurs, cinéastes, comédiens ou écrivains et lecteurs, nous achoppons tous sur la même pierre : qui était Ted Bundy ? S'il ne le savait pas lui-même, comment, nous, pourrions-nous le savoir ?

Un film sans prétention, à ne réserver, comme la majeure partie de ces films, qu'à ceux qui connaissent déjà l'affaire. Comme Feifer, Bright a été obligé de modifier maintes circonstances et une grande majorité de noms de personnes : difficile donc, pour le néophyte, de se retrouver dans une histoire par ailleurs épouvantablement complexe.

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