Nota Bene

Nota Bene

Nota Bene : La Qualité, Non La Quantité - Forum Atypique Pour & Par la Littérature - Le Forum Que Vous N'Oublierez Pas De Sitôt - Histoire & Cinéma Sont Aussi Sur Nos Etagères - Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés - Extrémistes & Trolls S'Abstenir
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  Évènements  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

 

L'Armoire Volante - Carlo Rim

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Auteur Message
Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
avatar

Féminin
Verseau Rat
Nombre de messages : 62607
Age : 58
Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: L'Armoire Volante - Carlo Rim   Ven 15 Mai 2015 - 17:44




Titre original : L'Armoire Volante, parfois sous-titré ou distribué comme "M. Puc Aux Enfers"

Réalisateur : Carlo Rim

Assistant-Réalisateur : Bernard Borderie

Scénario, Adaptation & Dialogues : Carlo Rim

Opérateur : Noël Martin

Direction de la photographie : Nicolas Hayer

Décors : Emile Alex

Montage : Henri Taverna

Son : Jean-Roger Bertrand - Sur système Western Electric

Musique : Georges Van Parys

Genre : Comédie macabre

Production : Raymond Borderie pour la Compagnie Industrielle & Commerciale du Cinéma (CICC)

Directeur de Production : Jean Darvey

Société de distribution : Films Corona

Pays d'Origine : France - 29 octobre 1948

Durée : 90 mn / Noir et blanc

Audio : français

Sous-titres : néant

Sous-titres pour malentendants : français

Distribution : Fernandel (Alfred Puc, percepteur et neveu de Mme Lobligeois) - Berthe Bovy (Mme Léa Lobligeois, tante d'Alfred Puc) - Pauline Carton (Mme Ovide, concierge des Piégeois) -Germaine Kerjean (Mme Couffignac, concierge de M. Puc) - Marcel Péres (M. Fréjus, un déménageur) - Louis Florencie (Le notaire) - Henry Charrett (M. Caillot, le second déménageur) - Gaston Modot (Le voleur de camion) - Annette Poivre (Mimi, la servante de l'Hôtel des Innocents)  - Antonin Berval (Grand Charles, un truand)  - Albert Dinan (P'tit Louis, un autre truand)  - Yves Deniaud (M. Martinet, le patron de l'Hôtel des Innocents) - Paul Demange (Le Frisé, le truand assassiné)  - Christiane Sertilange (Mme Piégeois, la jeune mariée)  -  Jean Daurand (M. Piégeois, son mari)  - Edmond Beauchamp (Le commissaire de la perquisition) - Maximilienne (La commandante de l'Armée du Salut) - Nina Myral (Une commère, voisine de M. Puc) - Robert Pizani (Dr Rastouin) - Zélie Yzelle (Deuxième commère, voisine de M. Puc) - Jean Toulout (Richaud, le comédien) - Rivers Cadet (M. Boirot, le patron-déménageur) - Frederic O'Brady (Le second inspecteur à la perquisition) - Katherine Kath (La comédienne au sandwich) - Palmyre Levasseur (Une vieille actrice) - François Richard (Le premier commissaire) - Jacques Tarride (Le commissaire-priseur) - René Hell (Le metteur-en-scène de la pièce) - Albert Michel (L'un des agents-cyclistes qui aident à remonter la malle) - Jean Termerson & Luc Andrieux (Deux habitués du café) - André Bervil (Un habitué du café / Le second agent-cycliste qui aide à remonter la malle) - Marcel Loche (M. Cornu, un employé du fisc) - Albert Broquin (Un inspecteur) - Henry Gerrar (Un employé) - René Lacourt (Un salutiste) - Emile Riandreys (Un acheteur à la salle de ventes) - Odette Barencey (Mme Pouladoux, une employée du fisc) - Georges Sauval (Le cafetier) - Albert Malbert (L'homme de la consigne ferroviaire) - Marcelle Monthil (Une cliente chez le notaire) - Marcel Melrac (Un voleur de camion) - Tristan Sévère & Raymond Gitenet (Les partenaires de Richaud) - Noël Robert (Le cafetier au bottin téléphonique) - Georgé (L'antiquaire) - Edouard Francomme (L'accessoiriste sur la scène du théâtre) - Pierre Duncan (Un déménageur) - Emile Prudhomme (sous toutes réserves) (L'accordéonniste à l'Hôtel des Innocents) - Rôles non crédités : Lilian Charpentier, Paola Manelli, Emile Mylos, Jacques Chevalier, Charles Lavialle et les déménageurs Bedel



C'est probablement le film le plus curieux qu'ait tourné Fernandel, utilisé ici, de manière très subtile, à contre-emploi. Comme on le sait, le physique de l'acteur l'avait enfermé dans des rôles essentiellement comiques, du pire comme le piou-piou de ses débuts, au plus savoureux comme les films de Carmine Gallone où il donne la réplique à un Gino Cervi-Peppone plus vrai que nature.

Fernandel, c'est aussi l'admirable interprète de Pagnol qui lui écrivit maintes fois des rôles où les aspirations tragiques du comédien trouvaient enfin à s'exprimer : "Le Schpountz", "Naïs", "Angèle", le deuxième "Topaze", etc ... Ou encore le héros de "Meurtres" ou du "Voyage du Père." Mais plus jamais il ne devait incarner un héros similaire à Alfred Puc, le percepteur parisien qui vit avec sa tante, Léa Lobligeois (Berthe Bovy, remarquable) et n'a, il faut bien l'admettre, aucune vie propre en dehors de sa perception et de cet appartement tranquille qu'il partage avec la vieille dame. L'on a d'ailleurs un soupçon de ses regrets devant la santé inébranlable de sa tante lorsque, au tout début du film, il s'entretient avec M. Cornu, son sous-chef de bureau. Fernandel joue très fin et ce n'est qu'au deuxième visionnage que le spectateur se dit que, peut-être, sous l'affection de convenance qu'il porte à son étouffante parente, M. Puc rêve sans doute d'autres horizons ...


Or, un jour, alors que la température hivernale se fait de plus en plus froide, Mme Lobligeois, qui, entre parenthèse, est une sacrée bourrique , se met en tête d'aller récupérer des meubles dans sa maison de Clermont. Nous sommes dans l'immédiate après-guerre (le film fut tourné entre mars et juin 1948), on parle encore de marché noir, les camions ferraillent à petite vitesse sur les routes quasi désertes comme ils ne pourraient plus le faire aujourd'hui et, tapies au fond de leurs loges parisiennes, les concierges sont encore toutes puissantes.

En dépit des supplications de son neveu, qui redoute pour elle un voyage éreintant, dans un camion pourri et par une température largement au-dessous de zéro, la tante Léa met son projet à exécution. Et bien que, de toute la journée, elle n'ait cessé de tousser et de s'étrangler entre les deux déménageurs qui l'accompagnent, elle n'exige pas moins de ceux-ci, à leur arrivée à Clermont, qu'ils chargent sans plus attendre ses meubles. Soyons francs  : c'est à peine si elle leur laisse un minimum de repos pour mieux repartir à l'aube vers Paris.

L'inévitable finit évidemment par se produire : dans un ultime hoquet et dans la cabine du camion brinquebalant à qui mieux mieux, tante Léa rend son âme à Dieu, au grand dam de ses deux compagnons qui, pour éviter les ennuis, décident non pas de demander de l'aide aux deux gendarmes soupçonneux qui, comme surgis de nulle part, veulent voir leurs papiers mais de renvoyer le corps chez lui, à Paris.

Pour plus de commodité, un déménageur - celui que toucher un mort ne révulse pas - installe le cadavre dans l'armoire à glace chargée dans le fourgon ... 👻


Arrivés à Paris, les deux hommes se précipitent à toutes jambes chez Alfred Puc, tout heureux de revoir sa bonne tante et lui apprennent la triste nouvelle. "Elle est morte de froid !" lui assènent-ils - et il faut voir ce que les comédiens tirent alors comme effet de ce dialogue surréaliste. Mais, quand ils redescendent sous les yeux soupçonneux de la concierge, l'horrible Mme Couffignac (irrésistible Germaine Kerjean, figure centrale d'un trio de commères que les éclairages de Nicolas Hayer transforment plus d'une fois en Parques affamées), c'est pour constater que des malfaisants ont volé le camion et son chargement.

Le malheureux Alfred, qui a besoin de faire constater légalement la mort de sa tante, passera tout le film à rechercher l'armoire et le cadavre et je ne vous en dirai pas plus sur les péripéties qui sont les siennes dans cette poursuite vouée à l'échec. Si vous êtes cinéphile - c'est-à-dire si peu vous dérange l'âge du film pourvu qu'il soit de qualité - vous apprécierez. Quant à la chute, c'est un sommet d'humour noir dans un film voué, de toutes façons, au macabre.


Car, dans ce film étrange, dont les ombres et les lumières, les personnages aussi, évoqueront au même cinéphile certains films de Cocteau, le "Liliom" de Fritz Lang et, bien sûr, tout l'univers onirique des Surréalistes, c'est la fin qui reste la plus insidieuse, la plus ambiguë - et certainement la plus noire. De Fernandel, proprement inquiétant lorsqu'il ne tient pas son habituel rôle de comique, jusqu'aux salutistes (parmi lesquels la grande Maximilienne, qui interprète la victime Melle Cuq - ben oui ! coïndicence plutôt curieuse - du célèbre assassin qui "habite au 21", de Clouzot) qui récupèrent l'Hôtel des Innocents - hôtel de passe où l'armoire échoue un temps - en passant par le ballet des déménageurs, transportant par les étages les 17 armoires que, faute de savoir laquelle est la bonne, Puc s'est vu obligé d'acheter en gros dans une vente aux enchères, tout et tous apparaissent insolites et comme distordus, brouillés, énigmatiques. Et c'est en forçant à peine qu'on trouverait à "L'Armoire Volante" une ambiance digne de l'Expressionnisme allemand.

Une curiosité du cinéma français, à voir et à revoir pour ne pas en perdre une miette. A souligner : la remarquable bande musicale, signée Georges Van Parys, qui fait beaucoup pour soutenir le rythme endiablé de l'intrigue et des dialogues.

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron


Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. 
Pierre Desproges

Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman. 
Pierre Desproges

https://www.notabeneculturelitteraire.com/

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://blog.bebook.fr/woland/index.php/

L'Armoire Volante - Carlo Rim

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum: Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nota Bene :: CINEMA, DVD, TELEVISION & C° :: Ciné-Club & DVD -