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Le Village des Damnés - Wolf Rilla

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MessageSujet: Le Village des Damnés - Wolf Rilla   Jeu 11 Juin - 19:27



Titre original : Village of The Damned

Titre français : Le Village des Damnés

Réalisateur : Wolf Rilla

Scénario : Stirling Siliphant, Wolf Rilla & Ronald Kinnoch (sous le pseudonyme de George Barclay), d'après le roman " The Midwich Cuckoos / Les Coucous de Midwich" de John Wyndham

Photographie : Geoffrey Faithfull

Montage : Gordon Hales

Maquillage : Eric Aylott

Musique : Ron Goodwin

Genre : S. F.

Directeur de Production : Ronald Kinnoch

Production : Metro Goldwyn Mayer

Pays d'Origine : Grande-Bretagne - 17 juillet 1960

Durée : 77 mn / N & B / Son monophonique

Audio : anglais, français, italien

Sous-titres : anglais, français, italien, arabe

Sous-titres pour malentendants : anglais, italien

Distribution : George Sanders (Gordon / George dans la version française Zellaby) - Barbara Shelley (Anthea Zellaby, son épouse) - Martin Stephens (David Zellaby, leur "fils") - Michael Gwynn (Alan Bernard, le frère d'Anthea) - Lawrence Naismith (Le Dr Willers) - Richard Wagner (Harrington) - Jenny Laird (Mrs Harrington) - Sarah Long (Evelyn Harrington)  - Thomas Heathcote (James Pawle)  - Charlotte Mitchell (Janet Pawle)  - Pamela Buck (Millie Hughes) - Rosamund Greenwood (Miss Ogle)  - Susan Richards (Mrs Plumpton) - Bernard Archard (Le vicaire)  - Peter Vaughan (P. C. Gobby) - John Phillips (Général Leighton) -



Petit film à la fin qui arrive bien trop rapidement avec la vue des décombres de la maison où Zellaby a piégé les enfants et s'est fait exploser avec eux, "Le Village des Damnés" est un film de Science-Fiction que les scènes où les regards des "coucous" deviennent hypnotiques ne suffisent pas à qualifier de film d'horreur Evil or Very Mad . Impressionnant, certes, surtout à l'époque mais enfin, depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts ... Signalons au passage que le roman de John Wyndham est évidemment plus riche et est sorti chez Denoël. Personnellement, je l'ai toujours connu sous le titre "Les Coucous de Midwich" mais il se peut que le succès du film ait convaincu certains éditeurs de le sortir par la suite sous le nom de "Le Village des Damnés." Wink

Je rassure les grenouilles de bénitier et punaises de sacristie qui passeraient par là : il n'est JAMAIS question du Diable dans ce "Village des Damnés." Satan n'a rien à voir dans l'affaire  Demonangebalançoire : il s'agit tout simplement de l'une de ces "expériences " extra-terrestre qui auraient comblé d'aise Fox Mulder et incité une fois de plus Dana Scully à chausser ses lunettes pour étudier tout cela sous tous les angles scientifiques possibles et imaginables.

La science ... Hélas ! C'est en son nom tout-puissant que le Pr Zellaby / George Sanders, toujours suprêmement élégant et naturel mais un peu las déjà en ce début des années soixante, parvient à convaincre les représentants, tant civils que militaires, du gouvernement de Sa Gracieuse Majesté que ces bébés conçus de façon si étrange à Midwich et qui, dès dix-huit mois, font preuve d'une intelligence digne d'un enfant de six ans, doivent vivre. On les suppose d'origine extra-terrestre, oui, et alors ? Observons-les, élevons-les, intégrons-les ...

Malgré de fortes réticences, les gouvernants et leurs mandants se laissent convaincre. Pourtant, on le sent bien, cela ne leur plaît guère. Mais qui sait ?  Peut-être les techniques militaires - et autres - pourront-elles, effectivement, tirer profit de l'intelligence et du développement exceptionnels de ces enfants. Bon, d'accord, ce n'est pas dit aussi clairement dans le film mais nous, nous en avons vu d'autres : nous n'allons pas nous laisser prendre pour des imbéciles . Le pays des Bisounours n'existe que dans les dessins animés, c'est bien connu ... (Et d'ailleurs, les Bisounours ont quelque chose d'énervant, à la longue, soit-dit en passant ... 'Trouvez pas ? )

L'invasion des coucous a donc commencé par une matinée de printemps - il me semble  - lorsque tous les habitants de Midwich, sans exception, sont tombés dans les pommes au même moment. Même les animaux sont tombés dans une sorte de léthargie. Plusieurs heures plus tard, alors que les militaires ont encerclé le village, persuadés que c'est une histoire de gaz (peut-être expédié par les Soviétiques mais pourquoi à Midwich, ça reste un mystère ... - tout le monde revient à la réalité avec le naturel le plus parfait. Personne ne se souvient de rien et les examens médicaux menés ce jour-là ne révèlent rien. Deux ou trois semaines plus tard par contre, le Dr Willers, bien embarrassé, voit une jeune fille arriver dans son cabinet en pleurant et en lui disant que, bien qu'elle n'ait rien fait pour cela, elle se retrouve enceinte. Et elle n'est pas la seule ... Certaines vont se confier au pasteur, lui aussi très embarrassé, on le devine. Jusqu'à la femme, jusqu'ici stérile, de Zellaby lui-même qui attend enfin un bébé.

Au bonheur bien légitime du couple, succède une certaine perplexité : les radios montrent qu'on ne peut plus parler d'embryons mais déjà de foetus très bien formés. Idem pour toutes les autres épouses ou simples jeunes célibataires dans le même cas. Les hommes s'exilent au bistrot et je ne vous raconte pas la tête qu'ils font ...  :cheers: Notez, on peut les comprendre : ils savent foncièrement qu'ils ne peuvent rien reprocher à leurs épouses mais tout de même, c'est déjà dur d'être fait cocu par un membre de votre espèce, alors, par un extra-terrestre, imaginez un peu ...

Les bébés viennent au monde. Aucun problème pour les parturientes et des nourrissons superbes, le genre qui pèse 5 kilos à peine le cordon ombilical coupé par le médecin. Tous sont blonds et ils ont ... oui, euh, bien que les yeux des nouveaux-nés restent toujours un peu flous question couleur ... eh ! bien, ceux-là ont quelque chose de doré tout au fond des prunelles. Pour autant, et même si elles ont compris que la "paternité de ces enfants n'est endossable ni par leur époux, ni par leur petit ami, les mères s'attachent bien sûr à ces enfants qu'elles ont portés : que les Extra-terrestres, s'ils existent, le veuillent ou non, les mères, ce sont elles.

Le problème, c'est que ces enfants - une dizaine en tout pour Midwich - ne semblent faire preuve d'aucune empathie.
Ce que nous appelons "émotions", "sentiments", leur est visiblement étranger. Ils préfèrent de beaucoup la pensée sèche, logique, toute nue, toute crue. Et il est clair que, d'une certaine façon, parce que, justement, Zellaby est un scientifique, toujours prêt à étudier n'importe quel phénomène, son "fils" David manifeste envers lui un minimum d'intérêt. Le Complexe d'Oedipe, c'est évident, n'est pas du tout sa tasse de Darjeeling. Cool

Ayant grandi plus vite que la normale, ayant aussi provoqué des phénomènes pas très agréables lorsqu'un autre enfant ou un adulte les prenait à partie, Zellaby, toujours pour tenter de protéger ses objets d'études, convainc les représentants du gouvernement, de retour sur les lieux, de réunir les enfants dans une maison où ils vivront en parfaite autonomie et où lui, Zellaby, viendra tous les jours leur donner des cours.

Traînant les pieds de plus en plus mais toujours dans l'espoir que, peut-être ... enfin, vous m'avez comprise, n'est-ce pas ?  :touille: Vous connaissez tous l'attrait qu'exerce sur les hommes de pouvoir, civils ou militaires, l'idée de trouver une nouvelle arme, de quelque forme, de quelque nature soit-elle ...  bref, les envoyés du gouvernement acceptent.

Mais la situation va devenir incontrôlable ...

C'était évidemment à prévoir mais, je le répète, la fin déboule pratiquement comme un chien dans un jeu de quilles. Problème de budget, peut-être  scratch ? En tous cas, alors que vous êtes en plein dans l'histoire, crac-boum ! le mot "Fin" s'affiche. Et puis c'est tout. Vous ne saurez plus rien des "Coucous de Midwich"  . George Sanders tire évidemment très habilement son épingle du jeu et nous donne un Zellaby convaincant. Les autres font ce qu'ils peuvent mais ... malgré tout, il manque quelque chose : cette flamme - pourtant, je le répète, déjà faiblissante chez Sanders, lequel se suiciderait en 1973 - qui devrait permettre aux spectateurs d'y croire un peu plus. Oh ! Les jeunes comédiens qui interprètent les "coucous" sont aussi à la hauteur, surtout leur chef, le jeune David. Un jeu impassible, froid, avec les effets spéciaux des yeux hypnotiques juste au bon moment - les meilleurs petits aliens que j'aie jamais vus (les plus beaux aussi) drunken drunken . A côté d'eux, même certains enfants ayant joué des rôles de "possédés" peuvent aller se rhabiller. finger

Néanmoins, le film reste fade et la réalisation, à mon sens, manque d'imagination. A noter que, en 1995, Wes Craven réalisera un remake dont je ne peux rien vous dire, ne l'ayant jamais visionné. De plus, en règle générale, je me méfie des remakes. D'un autre côté, je sais que l'imagination constitue justement la qualité majeure de Wes Craven. Alors, peut-être qu'un jour ...

En attendant, je vous laisse avec la version originale, celle de Wolf Rilla - réalisateur britannique dont les parents, d'origine juive, avaient dû fuir l'Allemagne dans les années trente. Je vous garantis une soirée pépère, où vous vous attendrirez sans doute sur ce que l'on réussissait à faire à l'époque, question effets spéciaux. Un brin de nostalgie passera et, si vous êtes curieux, vous lirez le roman de Wyndham qui vous plaira peut-être.

De toutes façons, des films comme "Le Village des Damnés", il en faut. Ils nous rassurent, nous évoquent une époque révolue et cependant tellement proche et nous font aussi découvrir certains petits détails attachants, certaines petites astuces de tournage qui séduisent toujours le cinéphile. Et puis, il y a George Sanders ... L'homme qui rédigea, avant de se suicider, ce simple billet lapidaire : "Je m’en vais parce que je m’ennuie. Je sens que j’ai vécu suffisamment longtemps. Je vous abandonne à vos soucis dans cette charmante fosse d’aisance. Bon courage !"

Rien que pour George Sanders, son flegme et son cynisme, son inoubliable interprétation du critique Addison DeWitt dans "All About Eve" de Mankiewicz, oui, rien que pour lui, regardez "Le Village des Damnés."
Quant à "Eve", je vous le promets, un jour, on en reparlera.

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