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Red Room Lounge - Megan Abbott

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Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
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Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: Red Room Lounge - Megan Abbott   Lun 15 Juin - 18:52



Die A Little
Traduction : Jean Esch

ISBN : 9782253151516

Notre Opinion
Personnages


L'incipit :

Citation :
[...] ... Par la suite, je repenserais à certaines choses. Du style : mon frère ne portait jamais de chapeau. Quand nous étions enfants, il n'en portait même pas pour aller à l'église, alors que ma mère et ma grand-mère l'obligeaient à se couvrir la tête. Dès qu'il le pouvait, il l'enlevait avec ses doigts agiles et doux de petits garçons. Ca lui donnait chaud à la tête, disait-il. Alors, il ôtait le chapeau, il passait ses doigts dans ses cheveux blonds duveteux, et on n'en parlait plus.

Quand il a commencé comme agent de police, il devait porter une casquette pendant le service, mais il trouvait qu'il faisait beaucoup moins chaud en Californie que dans le Sud, alors il supportait ce couvre-chef. Dès qu'il a été nommé inspecteur-adjoint auprès du procureur, il n'en a plus jamais porté. Souvent, les gens faisaient des remarques à ce sujet, mais moi je m'en réjouissais. Voir les cheveux dorés et raides de mon frère, les mêmes qu'à dix ans, me rappelait qu'il faisait toujours partie de notre famille, quels que soient les endroits où nous habitions et les nouvelles personnes qui entraient dans notre vie.

Je lui coupais les cheveux chaque semaine dans notre cuisine. Nous buvions du Coca au goulot, nous écoutions de la musique et étalions des journaux par terre. Je tournais autour de lui, en tablier, et j'appuyais ma main dans son cou, sur son front, je donnais des coups de ciseaux pendant qu'il me parlait de son travail, de ses enquêtes, des autres inspecteurs adjoints et de leurs histoires. Du procureur avide de pouvoir et des lèche-culs aux visages luisants. Des flics courageux et des pourris. De ses journées passées à suivre des témoins qui semblaient se dissoudre comme de la fumée qui monte vers le plafond. De ses journées remplies d'appartements vides, de cigarettes tout juste éteintes, de radios encore chaudes, de rideaux qui dansent devant des fenêtres ouvertes, d'escaliers de secours qui vibrent encore ...

Une fois la coupe terminée, je levais devant lui le miroir à main doré provenant du vieux nécessaire de toilette de ma mère pour qu'il juge le travail. Il disait toujours : "Parfait, soeurette" ou "Tu est la meilleure." Parfois, je repérais un cheveu qui m'avait échappé ou un trou au-dessus de l'oreille, mais lui, jamais. "Bravo, soeurette, tu as le coup de main."

Quelques heures plus tard, je retrouvais des cheveux dorés et fins, vaincus, sur mes doigts et mes bras, même si je faisais très attention. Je les chassais en soufflant dessus, l'un après l'autre.
... [...]

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



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MessageSujet: Re: Red Room Lounge - Megan Abbott   Lun 15 Juin - 19:10

Citation :
[...] ... Comme pour m'arracher à ce spectacle, Alice me prend par le bras et m'oblige à m'asseoir à côté d'elle sur l'impitoyable canapé.

- "Comment te sens-tu ?" demande-t-elle à Lois qui fait les cent pas devant nous, nerveusement, vêtue d'un kimono à l'aspect coûteux, cousu en appliqué.

-"Comment vous me trouvez ?"


Elle se tourne vers nous, avec ses yeux de raton-laveur, la sueur marbre son visage et son cou. J'entends à nouveau le bruit de glace que l'on pile. Et un robinet qui goutte lentement dans la salle de bains.

Lois
regarde Alice.

- "Pourquoi tu l'as amenée ?"


Gênée, je me tourne vers Alice.

- "Tu m'as appelée pour me dire que tu avais quarante de fièvre. J'ai pensé qu'elle pourrait être utile."

Alice est d'un calme étrange, inquiétant. Elle ouvre son sac pour prendre une cigarette.

Lois plisse les yeux.

- "Je sais pourquoi tu l'as amenée."

Alice allume sa cigarette, secoue l'allumette et la lance sur la table basse.

Dressée sur les orteils de ses pieds blancs et brillants, Lois attend.

Alice se contente de sourire et de souffler une longue volute de fumée.


Le silence devient insoutenable, alors je hasarde :

- "Alice se faisait du souci."

Lois me regarde un court instant, puis reporte son attention sur Alice, la froide et implacable Alice.

- "C'est pas pour ça qu'elle t'a amenée, ma jolie," dit Lois comme si elle ruminait une idée. "Elle veut me mettre au pied du mur, voilà tout."

Elle frotte le côté de son visage avec sa main, puis ajoute :

- "Tu pourrais nous laisser une minute ?" ... [...]

_________________
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