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Ernest Le Rebelle - Christian-Jaque

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MessageSujet: Ernest Le Rebelle - Christian-Jaque   Mar 23 Juin - 20:31



Titre original : Ernest le Rebelle

Réalisateur : Christian-Jaque

Assistant-Réalisateur : Jean Darvey

Scénario : Jacques Prévert & Jean Manse, d'après le roman éponyme de Jacques Perret

Dialogues : Jacques Prévert

Image : Robert Le Febvre, Raymond Agnel, André Germain et Roland Juillard

Montage : William Barache

Son : Maurice Menot

Assistant-Son : René Lécuyer

Décors : Pierre Schild

Musique : Henri Verdun & Casimir Oberfeld

Parolier : Jean Manse pour "Ma Créole" et "Ernestito"

Genre : Comédie / Aventure

Producteur: Jean-Pierre Frogerais

Directeur de Production : François Carron

Société de Production : Les Films Sigma

Société de distribution : Les Films Vog

Pays d'Origine : France - 8 novembre 1938

Durée : 92 mn / N & B - 35 mm - Tous Publics

Audio : français

Sous-titres : néant

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Fernandel (Ernest Pic, steward et accordéoniste malchanceux) - Pierre Alcover (Tonio, son "sauveur" et exploiteur) - Robert Le Vigan (Le Général-Gouverneur de Mariposa) - Mona Goya (Suzanne Gringue) - Guillaume de Sax (Emmanuel Gringue) - Rosita Montenegro (Rosita) - Marcel Rouze (Un Collègue d'Ernest sur le bateau) - Arthur Devère (L'Amiral)  - René Génin (Démosthène, le faux sourd-muet)  - Raoul Marco (Sam, l'homme de main)  - Montero (Le barman et chanteur noir) - Georges Irving - Non crédité (M. Hamilton)



Les hasards de la Vie veulent que cette fiche soit dédiée à ma mère qui, à sa façon, m'a appris à apprécier le cinéma, et tout spécialement les vieux films du cinéma français avec leurs acteurs, grands et petits rôles souvent prodigieux, qu'elle avait vus sur grand écran pendant sa jeunesse.



Ne vous méprenez pas : "Ernest Le Rebelle" est un vrai "nanar" :gorgedéployée: . Si le roman dont il est tiré est signé Jacques Perret (mais je ne l'ai pas lu  ), si un autre Jacques, Prévert celui-là, est aux commandes essentielles à la fois du scénario et des dialogues, si les chansons sont tout bonnement idiotes mais tout aussi inoubliables , rien de tout cela ne tiendrait sans la double performance - effarante - d'un Fernandel qui crève l'écran et d'un Robert Le Vigan qui donne, pendant toutes ses scènes, l'impression d'avoir fumé du hash dans une pipe à eau où l'on aurait remplacé l'aqua simplex par la plus forte des tequilas :smokingbanana: :drugpeace: . On ne voit qu'eux, on n'entend qu'eux, on ne pense qu'à eux, quoique, pour être juste, Alcover fasse un traître parfaitement répugnant tandis qu'Arthur Devère, dans un invraisemblable uniforme pseudo-napoléonien, campe un Amiral désireux de faire fusiller tout le monde mais qui verra se justifier la parole biblique : "Qui a vécu par le glaive ..." Sniffsniff

Ne vous y trompez pas non plus : tout ça, c'est une comédie. Non pas étincelante, non pas fignolée - à côté, le "François Ier" du même Christian-Jaque est un authentique chef-d'oeuvre - mais bonne enfant, tranquillette (enfin, c'est une façon de parler car Robert Le Vigan tire absolument sur tout ce qui bouge et aussi sur ce qui ne bouge pas   Bad ), où l'on sourit avec paresse mais où l'on rit de bon coeur à la fois devant les inénarrables mimiques de Fernandel chantant "Ernestito" et la composition, complètement allumée et rigolarde, de Le Vigan.

Le scénario - un steward, qui s'est attardé dans le lit d'une prostituée locale, rate son embarquement et se retrouve, sans passeport, dans un petit pays d'Amérique du Sud où se présente à lui un "sauveur" qui cherche en fait des sortes d'esclaves pour une plantation de bananes, est donc exploité jusqu'à la corde et échoue dans la fameuse plantation dont le gérant n'est autre qu'un passager du navire qui le poursuivait déjà de sa vindicte parce qu'il était persuadé que le pauvre Ernest faisait les yeux doux à sa femme - est invraisemblable et saute avec allégresse de cliché en cliché, le cliché incontournable étant représenté en l'espèce par le général-gouverneur du pays, interprété par Le Vigan. Les dialogues, bien qu'ayant jailli de la plume de Prévert, assurent le strict minimum et heureusement que les acteurs sont là pour leur donner du poids. Mr.Red

Mais le rythme est vif bien que certains gags soient un tantinet répétitifs - Ernest / Fernandel, régulièrement mené à l"infirmerie" de la plantation pour y être rossé - les comédiens se débrident avec bonne humeur, Fernandel en fait des tonnes pour masquer la pauvreté de l'ensemble et Robert Le Vigan n'est pas en reste, avec son accent latino-américain parfait (ni trop, ni trop peu), son sombrero délirant, son amour pour les alcools forts et les armes qui font du bruit, son cynisme aussi (normal chez un politique) et ses boucles d'oreilles de pirate qui vient de débarquer pour semer la terreur et tout conquérir.

Très sincèrement, j'ignore si les comédiens et l'équipe se sont amusés lors du tournage mais ils nous en donnent en tous cas la nette impression. Ce sont de vrais professionnels, habitués à servir n'importe quel texte, n'importe quelle situation, même si l'ensemble ne vaut pas lourd, ce qui est le cas ici. Le plus étonnant sans doute est que, après tant d'années et après tant de vrais chefs-d'oeuvre vus et revus, le spectateur-cinéphile trouve encore le moyen de rire aux éclats avant même que le gag qu'il connaît par coeur se soit déchaîné, avant que Fernandel n'ait imploré le Ciel de le secourir, avant que Le Vigan ne se soit mis à sa poursuite en vantant les mérites du poteau d'exécution, avant ...

Un vrai "nanar", c'est ça Very Happy . Ce n'est pas une nullité absolue, oh ! non ! C'est un scénario tout pauvret porté à bout de bras par des acteurs formidables et filmé par un bon artisan - ce qu'était Christian-Jaque. Un vrai "nanar" n'a pas forcément de bons dialogues ou une photographie éblouissante, pas même un montage musclé : un vrai "nanar" est comme un petit ectoplasme sympa et rondouillard, jailli tout à fait par hasard de la pellicule et de la réunion d'un groupe de personnes. Un vrai "nanar" survit au temps : on se rappelle son titre, ses chansons, sa musique, ses comédiens, la gaieté qu'il a su nous insuffler (car un vrai "nanar", même s'il s'agit d'un "nanar" fantastique par exemple, nous procure toujours de la joie) et cette façon unique qu'il possède, lui et pas un autre, de nous faire remonter le temps et de nous replonger dans la douceur, dans la chaleur d'un moment de grâce.

Le vrai "nanar", c'est l'opposé du chef-d'oeuvre mais c'est aussi son petit frère débrouillard et en même temps bancal, avec quelque chose de bizarre et de déjanté - un petit frère que tout cinéphile est toujours content de revoir, aussi content que lorsqu'il s'apprête à se revisionner un chef-d'oeuvre. Le vrai "nanar" nous rappelle toute la complexité de notre nature cinéphilique, capable tout à la fois de s'émerveiller devant la beauté de "La Strada", la folie hallucinée mais géniale d'"Apocalypse Now" ou encore les OVNI du genre "Harold et Maud", et de rire de l'insanité foncière d'un "Ernest le Rebelle" ou des maladresses lamentables des films d'Ed Wood.

C'est ça, un vrai "nanar."  Respect Certains snobs les renient et font la fine bouche. Ce n'est pas mon cas : le cinéma, c'est comme la littérature : chaque film qui vous a donné un peu de joie, si modeste et si mal foutu qu'il soit, vous a donné un peu de vous-même. Ne l'oublions pas et que vivent à jamais les "nanars" - les vrais !

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MessageSujet: Re: Ernest Le Rebelle - Christian-Jaque   Mer 24 Juin - 12:04

J'aime les nanars moi aussi. Il ne me semble pas avoir vu celui-ci.
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Ernest Le Rebelle - Christian-Jaque

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