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Un Drôle de Paroissien - Jean-Pierre Mocky

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MessageSujet: Un Drôle de Paroissien - Jean-Pierre Mocky   Sam 18 Juil - 20:09



Titre original : Un Drôle de Paroissien

Titre Alternatif : Deo Gratias

Réalisateur : Jean-Pierre Mocky

Assistants-réalisateurs : Luc Andrieux, Georges Sénéchal et Francis Girod

Scénario : Jean-Pierre Mocky, Michel Servin & Alain Moury, d'après le roman "Deo Gratias" de Michel Servin

Dialogues : Alain Moury

Directeur de la Photographie : Léonce Henri-Burel

Photographe de Plateau : Roger Forster

Opérateur : Jean-Marie Maillois, assisté de Roger Gleyze

Montage : Marguerite Renoir, assistée de Raymonde Guyot

Son : René Sarazin, assisté de Jean Bareille - Son monophonique

Décors : Pierre Tyberghein, assisté de Jacques Brizzio

Maquette couleurs (pour le rêve) : Rino Mondellini

Affichiste : Clément Hurel & Vaissier

Musique : Joseph Kosma

Costumes : Annie Marlot & Madeleine Chopin

Maquillages : Louis Dor

Ensemblier : André Labussière

Script-girl : Alice Ziller

Régisseuses : Margot Capelier & Suzanne Wiesenfeld

Genre : Comédie

Producteurs Délégués : Henri Diamant-Bergé et Jérôme Goulven

Direction de Production : Ludmilla Goulian & Paul Laffargue

Société de Production : Le Film d'Art - Atica - Corflor

Société de distribution : SNC (Paris Impéria)

Pays d'Origine : France - 28 août 1963

Durée : 92 mn / N & B sauf la séquence de 2mn 26 s du cauchemar qui est en couleur

Audio : français

Sous-titres : néant

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Bourvil (Georges Lachaunaye) - Jean Poiret (Raoul, son ancien condisciple et ami) - Francis Blanche (Inspecteur Cucherat) - Jean Yonnel (Matthieu Lachaunaye, le père) - Véronique Nordey (Françoise Lachaunaye, la soeur de Georges) - Jean Tissier (Inspecteur Bridoux) - Marcel Pérès(Inspecteur-chef Raillargaud) - Solange Certain (Juliette Lachaunaye, l'épouse de Georges)  - Denise Péronne (Claire Lachaunaye, la tante)  - Bernard Lavalette (Le Préfet de Police)  - Jean Galland (Le Supérieur du collège) - Claude Mansard (L'épicier, père de Juliette)  - Lucienne Dutertre (Son épouse)  - Jean-Claude Rémoleux (Inspecteur Bertin) - Rudy Lenoir (Inspecteur Quiqueville) - Roger Legris (Le sacristain de Saint-Etienne-Du-Mont, qui récupère les bouts de chandelle) - Pierre Durou (Le sacristain mécontent et suspicieux) - Albert Michel (Autre sacristain) - Gérard Hoffman (Le pilleur de tronc borgne) - Gloria France (La patronne du café) - Guy Denancy (Le curé de St Etienne du Mont) - Richard Francoeur (Un inspecteur de la brigade) - Max Desrau (Un ecclésiastique) - Dominique Landy (Un Clochard) - Jean-Pierre Mocky & Luc Andrieux (Les Clochards aus Landaus) - Alexandre Randall (L'ecclésiastique à la statue de Ste Cécile) - Willy Bracque (Albert, domestique des Lachaunaye redevenus riches) - Philippe Dehesdn (Autre Pilleur de Tronc) - Michel Nastorg (Le père qui a mal aux dents) - Adrien Cayla-Legrand & Jo Charrier(Deux inspecteurs) - Annick Tanguy (La dame du confessionnal) - Mohamed Jamoussy, André Chanu, Jacques Denoël et Louis-Aimé Théo (Figurants divers)


Plus pataud, moins libéré, trouveront certains, que l'étincelante "Grande Lessive (!) ", ce "Drôle de Paroissien", antérieur tout de même de cinq ans à la seconde, ne s'en caractérise pas moins par une direction d'acteurs tout bonnement exceptionnelle.

Bourvil y tient le rôle d'un grand bourgeois qui, pour obéir à l'injonction de son père ("Chez les Lauchaunaye, on ne travaille pas !" :whip: ) est tout de même bien obligé de nourrir les nombreux membres de sa famille, laquelle comporte, outre l'intraitable géniteur, une tante acariâtre, une soeur sympa et qui étudie à la Sorbonne, et enfin l'épouse, toute douce, toute gentille, toute aimante, de Georges, qui a contre elle ses origines de fille d'épicier mais qui, lorsqu'elle se rend dans la crèmerie de ses parents, fait de louables efforts pour en ramener des vivres gratuites. Tout ce petit monde vit dans un appartement immense mais délabré, dans un immeuble parisien jadis très bien placé mais désormais, lui aussi, en piteux état.

Les Lachaunaye sont, cela va sans dire, de solides pratiquants. Pas un dimanche, ils ne manqueraient une seule messe et la scène où l'on voit les membres de la famille se repasser la même pièce pour la quête avant, de finalement, n'en laisser aucune dans la corbeille ou dans le tronc, est un petit bijou d'ironie féroce. Mais attention ! Si l'on ne saurait préjuger de la foi qui anime les Lachaunaye Père, Tante, Soeur et même Epouse, une chose est par contre incontestable : Georges, lui, la Foi avec un grand F, il l'a ! Doux rêveur en gabardine usée mais qui sent toujours son bon faiseur, il attend désespérément que Dieu lui donne un signe pour l'aider. Les voies du Seigneur étant, nul ne l'ignore, d'une impénétrabilité tout à la fois labyrinthique et baroque, le bruit d'une pièce tombant dans un tronc répond à la prière de Georges et celui-ci, le visage extatique mais sans excès - je veux dire que Bourvil, qui était un fabuleux comédien, ne fait pas ici le pitre et reste d'une sobriété et d'une sincérité renversantes - comprend et remercie avec effusion.

Les troncs ! Oui, les troncs !  Il va prélever la moitié de la recette de tous les troncs des églises parisiennes et sûr, ainsi, il pourra faire vivre sa famille. Et le tout, avec la bénédiction divine, puisque c'est Dieu Lui-même qui lui a donné le feu vert ! preach preach

N'importe quel Mockyphile - et n'importe quel Mockyphobe d'ailleurs - imaginent sans peine comment le cinéaste s'est empressé de traiter pareil sujet. L'empoignade est joyeuse, les Lachaunaye plus grands bourgeois que nature, Bourvil / Georges a tout d'un funambule qui rêve et, pour un peu, on lui verrait de petites ailes lui pousser sur le dos petitange . Incorrigible comme à son habitude, Mocky lui adjoint un acolyte un peu plus sulfureux, Raoul, prothésiste dentaire de son métier et ancien condisciple, son ami le plus proche, qui, très attiré par la soeur de Georges (et ayant, il faut bien le dire, le goût de l'adrénaline dans le sang ), interprété par un Jean Poiret magistral, qui, chaque fois que je le vois dans ce film, avec sa casquette, ses lunettes rondes, son imper en cuir, ses frottement de mains satisfaits et ses ricanements sarcastiques me fait songer, allez savoir pourquoi, à ce qu'il aurait donné dans le rôle de l'enfant de choeur tentateur Garrigou, dans "Les Trois Messes Basses" du bon Dom Balaguère.

Aspirateurs à pièces, troncs sciés, charnière démontées et habilement remises en place, et, bien entendu, la pince perfectionnée et le truc, tout bête, du caramel mou, tout y passe pour assurer le renouveau des Lachaunaye sans nuire à la part du pauvre. Mais nos bonnes âmes, guidées par Dieu le Père, sont poursuivies, implacablement, par toute une brigade de Surveillance des Troncs des Eglises (à vrai dire, le terme exact m'a échappé noluck ), dont le chef n'est autre que Francis Blanche, aussi époustouflant dans le rôle de l'Inspecteur Cucherat qu'il l'était dans celui de "Papa Schulz" - pas celui de la TV américaine, celui du film français avec Bardot ! Revoyez vos classiques, B ... D ... ! Et vous avez de la chance qu'on soit dans une fiche qui parle d'église et de troncs parce que, sinon, j'aurais tout écrit : sans points de suspension.

C'est aussi dans "Un Drôle de Paroissien", que Jean Tissier, qui n'avait plus qu'une dizaine d'années à vivre avant de décéder dans un dénuement que certes, ne méritait pas ce fabuleux comédien, apparaît déguisé en bonne soeur à cornette, image proprement inoubliable, n'importe quel cinéphile digne de ce nom vous le dira ! 👏

Evidemment, la situation ne peut s'éterniser et Cucherat finit par acculer le malheureux Georges tout au fond d'une église où il fait dire une messe d'action de grâces - je vous laisse regarder le film pour connaître les raisons exactes dudit office. Lentement, pied à pied, le cercle infernal des inspecteurs, déguisés ou en civil, se referme sur notre héros ... Va-t-il succomber ? ...

Non ! Car la Providence divine veille - et assume ! Le curé de Saint-Etienne-du-Mont, qui a compté Georges parmi ses élèves, a ordonné à son bedeau de laisser ouverte la porte de la sacristie, lui ménageant ainsi une sortie de secours où il s'engouffre avec l'énergie du condamné à mort, suivi par la ruée énorme des policiers exaspérés. Il saute dans la voiture qui l'attendait - avec le reste des Lachaunaye, les malles et Raoul au volant - et hop ! Le tour est joué !

Ah ! C'est sûr que notre Georges pourra faire donner une autre messe d'actions de grâces lorsqu'il aura passé la frontière ! Le Bon Dieu, il n'y a pas à dire, l'a rattrapé là par la peau du cou !


Alors, c'est totalement fou, avec des moments bien marqués de loufoquerie, un anticléricalisme subtilement mêlé à cette foi absolue en la Providence divine qui caractérise, même s'ils s'en défendent avec vigueur , tant de mécréants, des acteurs qui s'en donnent à coeur joie mais que Mocky dirige quand même sans avoir l'air d'y toucher, et une joie de vivre et de se moquer qui nous font bien défaut aujourd'hui . Seule faiblesse éventuelle : le scénario, moins crédible que celui de "La Grande Lessive (!)" - mais ce n'est là que mon avis.

Quoi qu'il en soit, c'est du Mocky : donc, y a pas à chipoter, ou vous aimerez ou vous vouerez le cinéaste aux gémonies. Comme il est habitué à la chose depuis maintenant bien longtemps, ça ne le gênera en rien, Mocky - bien au contraire, ça lui fera plaisir . Dans les deux cas, comme vous le voyez, de toutes façons, il est gagnant - et c'est tant mieux car cet anticonformiste-né le mérite amplement.

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



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