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François Ier - Christian-Jaque

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MessageSujet: François Ier - Christian-Jaque   Jeu 23 Juil - 18:57



Titre original : François Ier

Premier Titre : Les Amours de la Belle Ferronnière

Réalisateur : Christian-Jaque

Assistant-Réalisateur : François Carron & Jean Manse

Scénario, adaptation & dialogues : Paul Fékété

Image : Marcel Lucien et André Germain

Photographe de Plateau : Léo Mirkine

Montage : André Versein

Son : Jacques Hawadier - Son monophonique

Décors : Pierre Schild

Musique : René Sylvianio

Parolier : Jean Manse

Genre : Comédie

Directeur de Production : Jacques Calamy

Société de Production : Les Productions Calamy

Pays d'Origine : France - 17 février 1937

Durée : 100 mn / N & B - 35 mm - Tous Publics

Audio : français

Sous-titres : néant

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Fernandel (Honorin / Honoré des Meldeuses) - Mona Goya (La Belle Ferronnière / Elsa Cagliostro / Rolande) - Alice Tissot (La Duègne Alfredine / Mme Cascaroni) - Aimé Simon-Girard (François Ier, roi de France) - Alexandre Rignault (Henry VIII, roi d'Angleterre) - Henri Bosc (Hilaire Ferron / Luigi Cascaroni) - Alexandre Mihalesco (Cagliostro, l'hypnotiseur) - René Génin (Rafaele, le forain / M° Carpalin, l'aubergiste)  - Henry Valbel (Le moine inquisiteur)  - Charles Le Montier (M. de La Palice)  - Jean Sinoël (Jules, le fantôme) - Jean Marconi (Lautrec-Montchenu)- Paul Delon (Le duc de Montmorency) - Nicolas Amato (Le chevalier Bayard) - Jacques Vitry (Le connétable de Bourbon) - Paul Delon (Le duc de Montmorency)  - Paul Faivre (Un courtisan) - Pierre Ferval (Le comédien défaillant) - Teddy Michaud (Le Bourreau) - Albert Broquin (Un marchand de sucettes) - Janine Guise (Maria) - Jane Lamy (La duchesse de Montmorency) - Claire Saint-Hilaire (Mme de Montchenu) - Jacques Beauvais - Non crédité (Un figurant)



Que dire sur ce film si ce n'est, peut-être, qu'il est, sans conteste et sans jeu de mots, le "Roi" des "nanars" jamais tournés par Christian-Jaque. L'intrigue commence assez sagement  : un homme à tout faire, Honorin, amoureux de la fille d'une petite troupe ambulante qui va de foire en foire, les Cascaroni, ne rêve que de jouer enfin le rôle du Chevalier (qu'il connaît par coeur ), face à Rolande, la fille des forains. Cette fois -ci, il a bon espoir car celui dont il est la doublure souffre d'un très fort mal de dents . Mais Luigi, le frère de Rolande, ne veut absolument pas de lui dans le rôle et le menace des pires représailles s'il ose en profiter pour agir comme le satyre qu'il est . (On ne peut pas dire non plus que Rolande soit très enthousiaste : elle interdit carrément à Honorin d'utiliser leurs scènes de tendresse pour l'embrasser.) Découragé, l'amoureux en déroute s'en va chercher un peu de réconfort chez les Cagliostro.

Le père, hypnotiseur doué, parvient à endormir Honorin et à l'expédier au XVIème siècle, droit à la Cour de François Ier le Magnifique, alors amant de la Belle Ferronnière. En homme prudent et, ma foi, en pragmatique du XXème siècle, notre Honorin a pris le soin de revêtir le costume de l'époque mais en outre de se munir d'une petite valise qui contient, entre autres, un thermos et ... un Petit Larousse. La trouvaille du Larousse, qui va permettre au héros de prédire leur avenir à plus de la moitié de la cour d'Amboise, a quelque chose sinon de génial, en tous cas d'inspiré. Qui a vu le film n'oubliera jamais Fernandel mouillant son doigt pour chercher, à la demande, dans son Larousse, des noms aussi prestigieux que Montmorency. C'est l'une des rares scènes de la filmographie de Christian-Jaque où celui-ci, consciemment ou non, effleure, de manière quasi géniale, l'Absurde le plus absolu.  drunken

Lorsque Honorin, devenu, pour des raisons que je vous laisse découvrir, Honoré des Meldeuses, frère de la Ferronnière, annonce à un Alexandre Régnault très à son aise dans le rôle d'Henry VIII, roi d'Angleterre et pour l'instant encore marié à Catherine d'Aragon, sa première épouse, qu'il aura en tout et pour tout six femmes, la scène vaut aussi son pesant de pellicule. D'autant que, pour une fois, Honorin se rend compte de la gaffe qu'il vient de commettre en donnant certaines idées folâtres au maître de l'Angleterre. Seulement, bien sûr, cette gaffe historique, il lui est impossible de la rattraper - d'ailleurs, ne s'étale-t-elle pas dans son Larousse ? C'est ce même Henry VIII, l'esprit désormais perdu dans un avenir sentimental et sexuel des plus émoustillants, que le comédien, volontairement ou non, appelle à un certain moment "Laughton", par référence au film britannique d'Alexander Korda sur "La Vie Privée d'Henry VIII", avec effectivement Charles Laughton dans le rôle principal. Lapsus involontaire ou pas, si vous avez la réponse, n'hésitez pas à nous la apporter. lol!

Autre personnage qu'on n'oublie pas : le fantôme de la demeure des Ferron, Jules, condamné à errer avec ses draps et sa chaîne parce que, jadis - il y a très, très longtemps, je crois bien retour des Croisades - il a assassiné son épouse. Joué par un Sinoël plus farfadet que jamais, Jules est un personnage-clef car c'est lui qui viendra tirer Honorin / Honoré des griffes de la Sainte-Inquisition à laquelle l'aura dénoncé son infâme beau-frère, Fréron, interprété pour sa part par Bosc, qui, hors le rêve, est aussi le frère jaloux de Rolande Cascaroni.

L'apparition de l'Inquisition dans l'histoire m'a paru non pas anachronique mais vaguement incongrue. François Ier n'était pas roi à se laisser dicter sa volonté par le Pape et d'ailleurs, le scénariste, prudent, prend soin de souligner que l'enlèvement d'Honoré et sa remise entre les mains de l'Inquisition se déroulent sans que le roi en ait le moindre soupçon. Evidemment, les têtes choisies pour les inquisiteurs sont à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre et F. Murray Abraham, dans "Le Nom de La Rose" d'Annaud aurait eu bien du mal à faire plus sinistre.

Comme de juste, au moment crucial, Honoré / Honorin se réveille et se précipite, persuadé cette fois-ci d'être "vraiment" dans le rôle, lorsque viendra pour lui le moment de monter en scène, dans la miteuse petite foire.

Hélas ! Ce que nous nommerons, faute de mieux, "le Grand Premier Rôle", n'a plus mal aux dents ... Sniffsniff Sniffsniff


Du coup, Honorin retourne chez Cagliostro pour le supplier de le renvoyer chez François Ier ...

Complètement idiot, me direz-vous . Oui, c'est vrai (mais pas plus que certains "nanars" bien français d'aujourd'hui, pour ne rien dire des américains ) et, sans les acteurs, Christian-Jaque aurait eu bien du mal à faire tenir tout ça. Mais que voulez-vous, il y a Fernandel, Mona Goya, un Alain Bosc qui a raté sa carrière d'acteur du muet (il roule de ces yeux, faut voir comme ! ), un Sinoël plus frétillant que jamais et des échanges parfois savoureux, comme ceux d'Honoré des Meldeuses avec M. de La Palice - une véritable anthologie - le comique venant de la connaissance qu'a évidemment le personnage de Fernandel des "lapalissades" opposée au sérieux, à la courtoisie un peu hautaine mais au bon sens aussi imparable que désespérant de M. de La Palice.

Bref, un bon petit-film - l'un des meilleurs de Christian-Jaque, c'est certain. Fernandel n'y donne peut-être pas sa pleine mesure (au contraire de "Fric-Frac" par exemple ou des grands, grands films de la période Pagnol avec, entre autres, "Le Schpountz") mais on est heureux de le voir, avec son grand sourire chevalin, ses oeillades terribles dans un sens ou dans un autre, et cette extraordinaire mobilité des traits qui fit de lui plus qu'un simple comique de music-hall : un très, très grand comédien.

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