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Gerald Durrell.

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Masques de Venise
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MessageSujet: Gerald Durrell.   Mar 13 Juin 2006 - 13:21



My Family & Other Animals
Traduction : Léo Lack


J'ai fait la connaissance de la famille Durrell alors que je devais avoir 9-10 ans et par l'intermédiaire de "Télé-7-Jours", revue de programmes télévisés qu'achetaient mes parents et qui, dans les années soixante-dix, publiait régulièrement un feuilleton en encart. Chaque semaine, je recueillais précieusement ces pages spéciales et j'ai longtemps conservé celles de "Oiseaux, Bêtes & Grandes Personnes", autre ouvrage où le naturaliste Gerald Durell met en scène les membres de sa famille.

Je me rappelle encore combien je m'étais amusée à dévorer ce livre qui me dépeignait une île de Corfou chaleureuse et un peu folle, avec de superbes promenades dans la nature et quelques unes des plus belles descriptions du monde animal que - je m'en rendis compte plus tard - j'aie jamais lues. Le tout abondamment saupoudré d'humour et de pittoresque.

Quelques années plus tard, j'appris que l'auteur avait également produit "Féeries dans l'Ile", en anglais : "My Family and other animals" - qui, logiquement, se situe avant "Oiseaux ..." Et je finis par me le procurer chez J'ai lu.

Avec le temps, l'édition d'"Oiseaux, Bêtes & Grandes Personnes" comme celle de "Féeries dans l'Ile" disparurent de ma bibliothèque car j'eus le tort de les prêter. A ce jour, je n'ai pu retrouver le premier - mais je n'ai pas renoncé, les bouquinistes en sont témoins. Le second, je l'ai débusqué chez les Chiffonniers d'Emmaüs, dans une édition vieillie de "La Guilde du Livre" sur laquelle je veille avec l'amabilité d'un pittbull atteint d'arthrose.

Dès le premier chapitre, sobrement intitulé "La migration", on entre de plein pied dans une famille Durell accablée par la maladie : l'un a les oreillons, l'autre une crise d'acné, le troisième enfin un rhume épouvantable. Tous sont alors en Angleterre où, bien que le mois d'août soit en vue, le temps est complètement pourri.

Je vais laisser ici la parole à Gerald Durrell qui, mieux que personne, vous donnera l'idée exacte du ton (inimitable) qu'il a su insuffler à son livre :

[...] ... " Il est temps de faire quelque chose ! [dit Larry.] Comment veux-tu que j'écrive une prose immortelle dans cette atmosphère ?

- Oui, mon chéri," dit Mère d'un air vague.

- Ce dont nous avons tous besoin," dit Larry, revenant à ses moutons, "c'est de soleil ... d'un pays où nous puissions nous épanouir.

- Oui, mon chéri, ce serait bien agréable," dit Mère, qui ne l'écoutait pas.

- "J'ai reçu ce matin une lettre de George ... Il dit que Corfou est merveilleux. Pourquoi ne pas partir pour la Grèce ?

- Oui, mon chéri, si tu veux," dit Mère dans un moment d'inattention.

(Lorsqu'il s'agissait de Larry, Mère évitait généralement de se compromettre.)

- "Quand ?" demanda Larry, assez surpris de cette approbation.

S'avisant qu'elle avait commis une erreur tactique, Mère posa sur ses genoux les "Recette faciles d'après Rajputana."

- "Eh ! bien, tu pourrais peut-être partir avant, mon chéri, pour préparer les choses. Tu m'écrirais pour me dire si c'est agréable et nous te rejoindrions."

Larry lui jeta un regard foudroyant.

- "Tu as déjà dit ça quand j'ai suggéré d'aller en Espagne, et j'ai passé deux mois interminables à Séville, à attendre ta venue. Non, si nous allons en Grèce, allons-y tous ensemble.

- Vraiment, tu exagères," dit Mère d'un ton plaintif. "En tous cas, je ne puis partir ainsi. Il faut que je prenne des dispositions au sujet de la maison.

- Des dispositions ? quelles dispositions ? Tu n'as qu'à la vendre.

- C'est impossible, mon chéri !" dit Mère, scandalisée.

- "Pourquoi ?

- Mais je viens de l'acheter !

- Eh ! bien, vends-la pendant qu'elle est encore intacte.

- C'est ridicule, mon chéri," dit Mère avec fermeté, "et absolument hors de question. Ce serait une folie."

Nous vendîmes donc la maison et, telle une bande d'oiseaux migrateurs, prîmes la fuite, loin du lugubre été anglais. ... [...]"


Pas un instant, ni le rythme de l'action, ni le sens de l'humour ne faiblissent tout au long de ces 280 pages parmi lesquelles, au gré de ses préférences, on retiendra soit l'"attaque" de Larry Durrell (futur auteur du "Quatuor d'Alexandrie" et grand ami de Henry Miller et d'Anaïs Nin) par une maman scorpion enfermée dans une boîte d'allumettes avec tous ses bébés par un Gerry déjà animé d'une ardeur de chercheur, soit le saccage de la chambre de l'écrivain par les Pilles, soit la description malicieuse des amis "artistes" du même Larry débarquant à la Villa Jonquille, soit encore l'évocation des différents "précepteurs" que le souci d'une éducation bien menée poussa Mrs Durrell à donner au plus jeune de ses enfants.

Avec cela, une foule de personnages dits "secondaires" mais que le lecteur n'est pas près d'oublier : Spiro, le chauffeur de taxi qui se posera très vite comme le mentor des Durrell à Corfou ; Lugaretzia, la bonne hypocondriaque, toujours prête à raconter ses problèmes intestinaux ou gastriques, Théodore Stéphanidès, le botaniste lunaire aux mille et une histoires farfelues sans oublier les animaux eux-même : Quasimodo le pigeon, Achille la tortue, les deux abominables Pilles, toujours à l'affût d'un mauvais coup, Geronimo le gecko, Roger, Widdle et Puke (les chiens de Gerry) face à Dodo (la chienne de Mère) plus les innombrables araignées, insectes et autres larves dont l'étude minutieuse comble de joie le jeune Gerry pratiquement depuis le berceau.

Un livre à relire si vous avez la chance de le posséder. Sinon, courez l'acheter : la déprime ne saurait résister à un pareil antidote.

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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

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Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. - Pierre Desproges

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Dernière édition par le Sam 4 Aoû 2007 - 13:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Gerald Durrell.   Lun 19 Fév 2007 - 20:05



Birds, Beasts & Relatives
Traduction : Léo Lack.


Parce qu'il n'avait pas tout raconté sur son enfance à Corfou et que sa famille l'avait, paraît-il Wink, menacé d'un procès s'il complétait son récit, Gerald Durrell décida d'écrire "Birds, Beasts & Relatives", traduit en français sous le titre "Oiseaux, bêtes et grandes personnes."

La famille Durrell n'a pas changé ou fort peu : Larry,
l'aîné, aime toujours l'écriture, le whisky, les originaux un peu dingues et aussi le fait de se sentir incompris ; Leslie est toujours aussi amoureux de la chasse et des sports ; entre ses recettes de cuisine et son jardinage, Mère est toujours un ange de patience. Et si Margo fait - peut-être - un peu moins de régimes pour son acné, Gerry, le petit dernier, est toujours animé par la même volonté farouche de remplir la maison de specimens à la fois rares et instructifs de la faune et de la flore corfiotes.

Autour d'eux, les personnages secondaires sont eux aussi fidèles à leur image : Spiro sauve Leslie des griffes de la justice locale en pratiquant une corruption éhontée ; Lugaretzia, la bonne des Durrell, appelée à témoigner contre ses patrons, prend tous les saints grecs à témoin de la malhonnêteté du paysan qui ose poursuivre Leslie devant la cour ; Théodore Stephanidès distille ses histoires pétillantes d'humour et puis, de nouvelles têtes font leur apparition.

Sven, tout d'abord, un sculpteur homosexuel en plein chagrin d'amour. Puis Max et Donald (sont-ils homosexuels ? ma foi, on n'en sait rien mais ils vivent ensemble) et enfin l'inénarrable capitaine Creech dont l'hétérosexualité débridée ira jusqu'à prendre pour cible une Mrs Durrell absolument furibonde. Tous bien entendu sont des connaissances de Larry Durrell. Ne pourrait-on voir d'ailleurs dans cette passion de l'aîné pour les excentriques de tout poils une préfiguration de l'intérêt de naturaliste qui caractérise son petit frère ?


Les descriptions de l'île, de ses animaux et de ses plantes sont toujours magnifiques. Seul bémol : le livre s'achève sur la déclaration de guerre, en 1939 et cela confère à l'ensemble une douce note nostalgique, celle des années à jamais enfuies et qu'on ne peut revivre qu'en les fixant à jamais dans l'encre et le papier.
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MessageSujet: Re: Gerald Durrell.   Mar 17 Juil 2012 - 20:49

Je viens de lire ce roman "Fééries dans l'Ïle", qui m'a beaucoup plus. D'autant plus que je l'ai lu dans un moment un peu difficile, et donc, il m'a remonté le moral. Et c'est ma mère qui m'en a parlé et je la remercie!

Au tout début du roman, la famille est malade avec ce climat pluvieux qu'il y a en Grande Bretagne. L'un des quatre enfants a un rhume, un autre une crise d'acné, un autre encore les oreillons. Or il se trouve que le quatrième enfant, qui est le narrateur et l'auteur de ce roman semble être le seul, avec sa mère, à ne pas être tombé malade. Pourtant, ce n'est pas lui qui décide d'envoyer toute sa famille en Grèce, mais son frère Larry. Alors que sa mère vient tout juste d'acheter sa maison, Larry lui suggère de la vendre.

C'est ainsi que toute la famille quitte l'Angleterre pour la Grèce. Et c'est vraiment à partir de là que l'on commence à rentrer dans l'action et dans un monde qui semble très mouvementé et chaleureux, alors que le premier passage, plus plat, ne décrit surtout que les différents caractères des membres de la famille : Larry, qui est l'aîné, je crois, est très exigeant envers tout le monde et passe son temps à ronchonner et à faire des critiques, mais ce sont ses défauts qui le rendent drôle dans l'histoire. Le deuxième fils, Leslie, est fasciné par les armes, mais il est plus calme que son frère aîné. Margo, la soeur, surveille surtout sa santé et se passionne pour la mode. Quant à l'auteur, il se passionne surtout pour les animaux. D'ailleurs, il semble par moments se mettre à l'écart de sa famille pour aller observer les animaux et la nature dans le jardin. Son penchant pour la nature nous fait encore plonger dans un autre univers qui est très riche, très amusant et aussi très instructif.

Bien que je n'aie pas tout retenu dans certains chapitres, il y a dans cet univers là, le passages des bébés scorpions que Gerry met dans une boîte d'allumettes. Et quand son frère Larry tente de prendre une allumette dans la boîte abandonnée par étourderie sur le manteau de la cheminée, il se fait mordre par l'un d'entre eux et tous les bébés scorpions se précipitent dans toute la maison et jusque sur la table de la salle à manger au milieu des couverts, alors que Mrs Durell reçoit des invités. C'est l'un de mes passages préférés. Il y également celui d'Achille, la tortue que toute la famille cherche un peu partout à un certain moment mais qui est un peu plus mélancolique. Je pense aussi au passage des Pilles (ce nom m'est resté longtemps en tête, même après avoir terminé le roman : car "Pilles" me fait penser un peu à "Quilles", alors qu'en fait, il est tiré de deux mots: "Pies" et "piller", car les pies vont piller jusque dans la chambre de Larry. Il y a aussi la chienne Dodo qui est amusante aussi et qui attend impatiemment dans la même position et au même endroit le retour de Mrs Durell quand elle s'absente. j'ai moins bien retenu le passage du gecko, mais il m'a plus aussi. J'aime bien également Quasimodo, le pigeon.

Ce que déteste le plus Gerry, c'est quand sa famille tente de le ramener à leur monde en lui annonçant qu'il aura un nouveau précepteur pour lui donner des cours. Mais beaucoup de ses précepteurs, notamment le dernier, semblent tout aussi intéressés que Gerry par la nature.

Le mondes des adultes est également assez riche, avec Spiro qui joue un rôle important dans la famille. Car, en dehors de son métier de chauffeur de taxi, il est très présent et va même jusqu'à conseiller la soeur de Gerry sur ses fréquentations. La bonne, Lugaretzia, est très présente aussi, mais c'est une vraie hypocondriaque : elle ne parle pour ainsi dire que de sa santé. Théodor, le botaniste, raconte souvent de drôles d'histoires mais certaines sont assez dures et comme je n'aime pas voir les autres souffrir, je n'ai pas pu toutes les apprécier .... Théodor est tout de même très humain.

C'est un roman qui vaut le détour pour ceux qui sont tristes et qui ont envie de penser à des choses gaies. Et je le conseille aussi à ceux qui sont gais par nature et qui ne le connaîtraient pas encore !
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MessageSujet: Re: Gerald Durrell.   Mer 18 Juil 2012 - 14:58

Je ne connaissais pas du tout mais je note la référence ! Wink
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MessageSujet: Re: Gerald Durrell.   

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