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P. Dewaere

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Séraphine
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MessageSujet: P. Dewaere   Ven 18 Aoû - 19:10

Je souhaitais depuis longtemps rendre un hommage à Patrick Dewaere, qui m'a toujours beaucoup fascinée et qui serait devenu, s'il était encore en vie, l'égal d'un Depardieu.

Né à St Brieuc d'une famille d'artistes, il avait un talent polymorphe : acteur de théâtre (Café de la gare et la bande à Coluche), de cinéma, musicien complet (pourtant sans succès)…

Emane du personnage un magnétisme unique et ses rôles trahissent toujours son côté anticonformiste. S'y ajoute une sensibilité qui n'appartenait qu'à lui.

Je ne citerai pas ici les dizaines de films qu'il a tournés, "les Valseuses" – 1972, étant peut-être le plus connu.

Cet acteur a pourtant souffert d'être le paria des medias français (suite à une violente rixe avec un journaliste), et sera boudé injustement jusqu'à sa mort.

En juillet 1982, il clôt ses 35 années d'existence en se tirant une balle en pleine bouche, face à un miroir.

On dit pudiquement que les raisons de son acte demeurent inconnues.

Mais son étoile brille encore...
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André B.
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MessageSujet: Re: P. Dewaere   Sam 19 Aoû - 4:06

Oui, Patrick Dewaere était sûrement promis à un avenir glorieux. A vrai dire, autant je l'appréciais lorsque j'avais une quinzaine d'années, autant maintenant j'ai presque honte pour lui lorsque je vois ( à travers ses rôles ) son incapacité à se contrôler et à garder son sang-froid. Dans la plupart de ses films il est hypersensible et réagit au quart de tour. Certes on ne peut pas l'accuser de ne pas être sincère mais on peut très bien faire passer les sentiments et impressions en gardant son calme par des sourires discrets ou des petites remarques humoristiques en apparence anodine. On est alors là dans le domaine du " charme ". Mais les comportements de Patrick Dewaere évoquent désormais pour moi l'immaturité et le fait d'être esclave de ses propres passions, l'horreur !!!

En me relisant je me trouve un peu sévère puisqu'en réalité je ne déteste pas l'acteur.
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MessageSujet: Re: P. Dewaere   Sam 19 Aoû - 10:47

Non, pas sévère car je ressens aussi cette hypersensibilité de "gosse". Voilà pourquoi il m'aurait bien plu ce gars là, si je l'avais rencontré...

Mais quand tu parles d'esclavage aux passions, c'est bien vrai. Il avait tabassé un journaliste qui avait osé dévoiler sa vie privée. (Un peu genre Zidane, quoi. Tu me cherches, tu me trouves.) Rappelons que Depardieu s'est montré violent à plus d'une reprise aussi...

Des impulsifs...
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MessageSujet: Re: P. Dewaere   Sam 4 Avr - 16:06

Bonjour

Je voudrais aussi parler de Patrick Dewaere, que j’apprécie énormément.
Patrick Dewaere, né Patrick Bourdeaux le 26 janvier 1947 à Saint-Brieuc est le fils de Mado Maurin, actrice décédé récemment en 2013. Il utilisera d’ailleurs ce patronyme durant sa carrière artistique jusqu’en 1968, date à laquelle il prendra une partie du nom de sa grand-mère, Dewaere, qui veut dire Le Vrai en flamand. Cela ne s’invente pas...

Patrick Dewaere ne connaitra jamais son père biologique, un chef d’orchestre qui ne l’avait pas reconnu à sa naissance.


Aussi loin que remontent mes souvenirs d’enfance, j’ai toujours beaucoup aimé ce comédien. Peut-être à cause d’une vague ressemblance physique avec mon père, cheveux bouclés et moustache.
Je me souviens encore de l’annonce de de son suicide ce 16 juillet 1982. J’avais 5 ans et étais en vacances dans la maison de campagne familiale cévenole. Je jouais à l’étage et je me remémore la voix de ma grand-mère répétant à voix haute l’information entendue à la télévision.

La France se souviendra de ce maudit mois de juillet 1982 entre la défaite historique en demi-finale du Mundial face à la RFA, le suicide de Patrick Dewaere et le dramatique accident d’autocars, près de Beaune sur l’autoroute A6, tuant 53 personnes dont 46 enfants originaires de Crépy-en-Valois dans l’Oise…

J’ai parlé un peu plus haut de comédien et non d’acteur. En effet, Dewaere, au-delà du fait qu’il fit partie de la troupe du Café de la Gare, était, selon la définition de Louis Jouvet du comédien, habité par les personnages qu’il jouait.
Il suffit de le voir - ou revoir - dans des films comme La meilleure Façon de Marcher, Coup de Tête, Beau-Père, Le Mauvais Fils ou encore le si bien intitulé Série Noire sur lequel je reviendrai un peu plus bas, pour s’en convaincre.

Dewaere a débuté sa carrière jeune et commencera à être remarqué grâce à son rôle principal dans la série télévisée Jean de la Tour Miracle. Toutefois, il cherchera rapidement à remettre son jeu en question.
Après l’épopée du Café de la Gare avec Romain Bouteille, Henri Guybet ou encore son épouse de l’époque, Sotha, le succès cinématographique arrive avec Les Valseuses de Bertrand Blier avec Gérard Depardieu et Miou-Miou.
Ah, Depardieu !!! Leur relation sera particulière, amicale certes, mais Dewaere fera toujours un complexe d’infériorité face au « gros » comme il l’appelle parfois. Si certains réalisateurs font appel à lui, il pense que le rôle a d’abord été proposé à Depardieu et que ce dernier a refusé.

Dewaere était fragile, du cristal comme certains aimaient à dire. Un écorché vif, entier, qui détestait l’injustice et qui avait aussi des fêlures en lui, un père qui ne voulait pas de lui et qu’il ne connaitra jamais et, selon la dernière biographie parue en 2012, Patrick Dewaere : Une vie de Christophe Carrière, il aurait été abusé dans son enfance.

Et puis, il y a la drogue dans laquelle il s’enfonce de plus en plus, surtout depuis sa rencontre avec sa dernière compagne, Elsa, dont il aura une fille Lola. Il essaiera à plusieurs reprises de décrocher mais son environnement fera qu’il replongera, toujours ou presque.

Il y aura aussi ces six nominations aux Césars sans qu’il ne soit récompensé. Dewaere est aimé par le public mais pas par la profession qui déteste ces personnages qu’ils ne savent pas gérer à l’envi. Il y a aussi ce coup de poing au journaliste Patrice de Nussac car ce dernier n’avait pas tenu sa promesse de ne rien révéler de son futur mariage avec Elsa. Il fut ainsi boycotté par les journalistes…

Il y aurait eu enfin ce coup de téléphone d’Elsa ce fameux 16 juillet 1982 aux alentours de midi. Quelques heures plus tard, Patrick Dewaere mettra fin à ses jours avec la carabine 22LR que Coluche lui avait offert… Étrange cadeau de la part d'un ami...

Son meilleur film, à mon avis, reste Série Noire d’Alain Corneau, sorti en 1979.
Tiré du roman de Jim Thompson A Hell of a Woman et adapté notamment par Georges Perec, ce film est un petit bijou de noirceur, de cynisme et de désespoir. Tout est sombre, glauque, sale et sans issue.
Pas un personnage pour rattraper l’autre : un VRP minable, une épouse pathétique, une prostituée de 16 ans exploitée par sa vieille tante et un patron cynique et sans scrupules. Ensuite, cette banlieue francilienne de la fin des années 70, en construction, emplie de chantiers aux grues monstrueuses, ces vieux pavillons lépreux en meulières, ces terrains vagues vides qui rappellent les longues plages du Nord hors-saison…
Ici les couleurs sont froides, passant du vert au bleu à l’exception de quelques touches de rouge…
Quant à la musique, hormis le Moonlight Fiesta de Duke Ellington, tout n'est que "tubes" insignifiants d'époque distillés à travers un transistor au son nasillard ou presque...
Enfin, il y a la performance de Dewaere, entre le coup de tête dans la voiture, la scène d’introduction ou encore celle dans laquelle il s’enfonce dans le bain.
De longues minutes après la fin du générique, on reste encore abasourdi par ce film.


Je laisserai le mot de la fin à Mado Maurin : « Pauvre petit enfant, il te faut pardonner à ce père qui t'a tué avant de te faire vivre. Par sa faute et par la mienne aussi, tu allais porter comme une blessure, tout au long de ta courte vie, le poids de cette carence… qui, peut-être, te fera mourir ».
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