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Un Cyclone A La Jamaïque - Richard Hughes

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Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
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Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: Un Cyclone A La Jamaïque - Richard Hughes   Ven 25 Déc - 19:55



A High Wind In Jamaica
Traduction : Jean Talva


ISBN : ?

Notre Opinion
Personnages



Citation :
[...] ... Margaret et Edward, hésitants, s'attardaient à l'entrée, du côté de l'escalier ; mais John, baissant la tête et se frayant un chemin comme une taupe, ne fut content que lorsqu'il eut atteint l'ouverture béante. De là, regardant au-dehors dans l'obscurité, il vit la vache, tournoyant sur elle-même, qui se débattait dans les airs à un mètre du seuil, tandis qu'à chacune de ses révolutions, un nègre, penché jusqu'à l'extrême limite du possible, s'efforçait de la saisir par la queue et de la faire aborder.

John, dans son enthousiasme, se penchant de plus en plus, perdit l'équilibre et tomba, de quarante pieds de hauteur [= 1 pied = 30 cm environ] sur la tête.

José poussa un cri d'épouvante, sauta sur le dos de la vache, et fut instantanément à terre comme si le cinéma était déjà inventé. C'était certainement très drôle, mais ce qu'il se passait en lui à ce moment-là, il était difficile de le savoir. Une pareille responsabilité ne tombe pas habituellement sur un vieux matelot ; elle ne lui en paraissait sans doute que plus lourde. Quant à la foule assemblée aux abords de la maison, elle ne tenta même pas de toucher le corps avant que José eût terminé sa descente. Tout le monde se tint à distance, lui laissant le temps d'examiner l'enfant, de le palper ... Mais John s'était évidemment cassé le cou.

Margaret et Edward cependant ne s'étaient pas bien rendus compte de ce qui se passait car ils n'avaient pas, de leurs yeux, vu tomber John. Aussi furent-ils assez contrariés quand deux hommes de l'équipage survinrent, et insistèrent pour les emmener coucher tout de suite. Ils voulaient savoir où était John ; mais, plus encore, où était José et pourquoi on ne leur permettait pas de rester. Toutefois, dans l'impossibilité où ils étaient de poser des questions, ils obéirent et rentrèrent se mettre au lit.

Juste au moment de remonter à bord, ils entendirent sur leur gauche une énorme détonation, quelque chose comme un coup de canon. Ils se retournèrent et, jetant les yeux au-delà de la tranquille petite ville, tout argentée entre ses bouquets de palmiers, vers les collines de l'horizon, ils aperçurent un large globe de feu qui voyageait à une vitesse effrayante. Il était tout près du sol ; il n'était pas loin d'eux non plus, juste derrière l'église ; il laissait derrière lui un éblouissant sillage bleu et vert, et des bulles de lumière pourprée. Pendant un instant, il plana ; puis il éclata, et l'air fut aussitôt chargé d'une odeur de soufre. Tous avaient peur, les matelots plus encore que les enfants, et ils se hâtèrent d'embarquer. ... [...]

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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



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MessageSujet: Re: Un Cyclone A La Jamaïque - Richard Hughes   Ven 25 Déc - 20:33

Citation :
[...] ... Au beau milieu de l'histoire, une cohue tumultueuse de matelots avait descendu l'échelle, en discutant beaucoup. Ils s'étaient arrêtés au bas, formant un groupe quelque peu branlant, et se tournant vers l'un d'entre eux. Il faisait si noir qu'on ne pouvait voir qui. Tous le pressaient de faire une chose ... à laquelle il ne se décidait pas.

- "Cré nom ..." s'écria-t-il d'une voix épaisse."Tonnez-moi de la lumière, che ne fois pas où ils sont !"

C'était la voix du capitaine, mais si changée ! pleine d'une sorte d'excitation contenue. Quelqu'un alluma une lanterne et la tint en l'air. Tassé comme un sac de farine, ramassé comme un tigre aux aguets, Jonsen était debout au milieu de la pièce.

- "Qu'est-ce que désirez ?" lui avait demandé Emily gentiment.

Le capitaine, irrésolu, se balançait comme un gouvernail.

- "Non ? ... Vous êtes ivre ?" cria Rachel d'une voix aiguë, indignée.

Mais le plus drôle, c'était Margaret. Pâle comme un linge, les yeux agrandis par la terreur, elle tremblait de la tête aux pieds, comme si elle avait la fièvre. C'était absurde. C'était un accès de frayeur stupide comme celui qu'elle avait déjà eu, Emily s'en souvenait bien, durant la première nuit sur le schooner.

A ce moment, Jonsen s'était approché de la petite fllle en titubant ; et, lui passant une main sur le menton, de l'autre il lui caressait les cheveux. Une sorte de vertige aveugle s'était emparé d'elle ; elle lui avait saisi le pouce et, de toute sa force, l'avait mordu ; ensuite, épouvantée de folie, elle s'était précipitée à travers la cale, vers le groupe effaré des autres enfants.

- "Qu'avez-vous fait ?" avait crié Laura en la repoussant avec colère. "Méchante ! vous lui avez fait mal."

Jonsen allait et venait, frappant du pied, jurant et suçant son pouce. Edward avait sorti un mouchoir ; à eux tous, ils étaient venus à bout de le panser. Pendant quelques instants, il était resté en contemplation devant son bandage ; puis, secouant la tête comme un chien qui sort de l'eau, il avait battu en retraite vers le pont avec un petit halètement de douleur.

Margaret avait été alors si malade qu'ils avaient cru vraiment qu'elle avait la fièvre ; et ils n'avaient pu tirer d'elle une seule parole sensée.


Lorsqu'Emily, avec sa conscience toute neuve des choses, reconstituait cette scène, c'était comme si elle relisait une histoire dans un livre, tant elle se sentait peu responsable de la créature automatique qui avait mordu le capitaine. Et même, cela ne l'intéressait pas énormément. C'était bizarre ; mais maintenant, il y avait si peu de choses dans la vie qui ne fussent pas bizarres !

Elle évitait Jonsen depuis cette aventure ; à vrai dire, ils s'évitaient d'un commun accord. Elle avait d'ailleurs été mise en quarantaine par tout le monde pour l'avoir mordu ; le lendemain, personne n'avait voulu jouer avec lui et elle le méritait bien : c'était fou, ce qu'elle avait fait. Pourtant, Jonsen, tout en l'évitant, avait lui-même l'air plus honteux que fâché ... encore une chose incompréhensible.

Mais ce qui l'intéressait davantage, c'était l'attitude étrange de Margaret pendant les jours qui avaient suivi. Elle s'était vraiment conduite d'une manière bien curieuse. D'abord, elle avait paru avoir une crainte excessive de tous les matelots ; puis, tout à coup, elle s'était mise à les suivre sur le pont, comme un chien, Otto surtout, pas Jonsen ; puis, brusquement, elle s'était complètement tenue à l'écart, et elle avait pris ses quartiers dans la cabine des officiers. Et maintenant, la chose étrange, c'était qu'elle les évitait, eux, les enfants, et passait tout son temps avec les hommes. Et les hommes, de leur côté, semblaient prendre un soin particulier, de ne pas les laisser lui parler, mais même de ne pas la leur laisser voir. ... [...]

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