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La Fête au Bouc - Mario Vargas Llosa

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Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
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Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
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MessageSujet: La Fête au Bouc - Mario Vargas Llosa   Lun 25 Jan - 19:12



La Fiesta Del Chivo
Traduction : Albert Bensoussan, lequel remercie Lauro Capdevila pour sa "Dictature de Trujillo" chez L'Harmattan en 1998, ainsi qu'Anne-Marie Casès pour sa relecture du manuscrit achevé


ISBN : 9782070314126

Notre Opinion
Personnages


Citation :
[...] ... Mais ce que lui dictait la raison ne convainquait pas ses glandes. Il dut interrompre son habillement, aveuglé d'une fureur qui grimpait par tous les recoins de son corps, des flots de lave lui montaient au cerveau, sa tête était en feu. Fermant les yeux, il compta jusqu'à dix. La rage était mauvaise pour le gouvernement et pour son coeur, elle le menait droit à l'infarctus. L'autre nuit, à la Maison d'Acajou, il était au bord de la syncope. Peu à peu, il se calma. Il avait toujours su se contrôler, quand il le fallait : dissimuler, se montrer cordial, affectueux avec les pires ordures humaines, ces veuves, ces fils ou frères des traîtres, chaque fois que c'était nécessaire. C'est pourquoi il y aurait bientôt trente-deux ans que le poids d'un pays reposait sur ses épaules.

Il était empêtré à la tâche compliquée de fixer ses supports-chaussettes, pour éviter le moindre pli aux chevilles. Quel bonheur maintenant de donner libre cours à sa rage, quand il n'y avait là aucun risque pour l'Etat, quand il pouvait régler leur compte aux rats, crapauds, hyènes et vipères. Le ventre des requins était là pour témoigner qu'il ne s'était pas privé de ce plaisir. Ne trouvait-on pas, là-bas au Mexique, le cadavre du perfide Galicien José Almoina ? Et celui du Basque Jesús de Galíndez, un autre serpent qui piquait la main qui lui donnait à manger ? Et celui de Ramón Marrero Aristy, qui croyait que, parce qu'il était un écrivain célèbre, il pouvait transmettre au New-York-Times des information hostiles au gouvernement qui lui payait ses cuites, ses éditions et ses putes ? Et les corps des trois soeurs Mirabal qui jouaient aux communistes et aux héroïnes, n'étaient-ils pas là pour prouver que, lorsque la rage le prenait, rien ne pouvait plus l'arrêter ? Même Valeriano et Barajita, ces deux cinglés d'El Conde, pouvaient en témoigner. ... [...]

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



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Dernière édition par Masques de Venise le Lun 25 Jan - 20:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Fête au Bouc - Mario Vargas Llosa   Lun 25 Jan - 19:45

Citation :
[...] ... - "Il est resté comme ça, un long moment, à me réchauffer les pieds. Et si vous voulez le savoir, je n'ai pas éprouvé, une seule seconde, le moindre trouble.

- Quelle peur tu devais avoir, cousine !" dit Lucindita en l'encourageant à poursuivre.

- "A ce moment pas encore. Ensuite, énormément."

Laborieusement, Son Excellence se releva et se rassit au bord du lit. Il lui retira sa robe, le soutien-gorge rose qui enserrait ses seins à demi-formés, et son slip triangulaire. Elle se laissait faire, sans opposer de résistance, le corps mort. Alors que Trujillo faisait glisser son slip rose entre ses jambes, elle remarqua que les doigts de Son Excellence se hâtaient : moites, ils embrasaient la peau qu'ils touchaient. Il la fit s'étendre, puis se redressa, ôta son peignoir et se coucha à ses côtés, tout nu. Avec soin, il enroula ses doigts dans le rare duvet pubien de la fillette.

- "Il était toujours très excité, je crois. Quand il s'est mis à me toucher et à me caresser. Et à m'embrasser, en m'obligeant toujours, avec sa langue, à écarter mes lèvres. Sur les seins, dans le cou, dans le dos, sur les jambes."


Elle ne résistait pas ; elle se laissait toucher, caresser, embrasser, et son corps obéissait aux mouvements des mains de Son Excellence et aux positions qu'il lui faisait prendre. Mais elle ne répondait pas à ses caresses et, quand elle ne fermait pas les yeux, elle fixait les lentes pales du ventilateur. C'est alors qu'elle l'avait entendu se dire à lui-même : "Ca excite toujours les hommes de déchirer le petit con d'une vierge."

"Le premier mot grossier, la première vulgarité de la soirée," précisa Urania. "Ensuite, il en dirait de pires. Je me suis rendu compte à ce moment-là que quelque chose n'allait pas. Il devenait furieux. Parce que j'étais inerte, morte, parce que je ne l'embrassais pas ?"

Ce n'était pas cela, elle le comprenait maintenant.
Qu'elle participât ou non à sa propre défloration n'importait pas tellement à Son Excellence. Pour se sentir comblé, il lui suffisait de sentir qu'elle ait son petit con intact et que lui puisse le lui déchirer, en la faisant gémir - crier, hurler - de douleur, en y introduisant sa grosse verge tuméfiée et heureuse, en la sentant bien serrée entre les chairs de cette intimité fraîchement forcée. Ce n'était pas de l'amour, ni même du plaisir qu'il attendait d'Urania. Il avait accepté que la fillette du sénateur Agustín Cabral vienne à la Maison d'Acajou seulement pour se prouver que Rafael Leónidas Trujilla Molina était encore, malgré ses soixante-dix ans, ses ennuis prostatiques et les maux de tête que lui donnaient les curés, les Yankees, les Vénézuéliens et les conspirateurs, un mâle accompli, un bouc avec un chibre encore capable de durcir et de fendre les petites figues vierges qu'on lui présentait. ... [...]

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