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Nétotchka Nezvanova - Dostoievski

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Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
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Nombre de messages : 58380
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Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: Nétotchka Nezvanova - Dostoievski   Jeu 11 Fév - 20:28



Titre original : Nétotchka Nezvanova
Traduction : André Marcowicz


ISBN : 9782742725298

Notre Opinion

Personnages



Citation :
[...] ... Le lendemain, pendant le repas - c'était déjà la veille du concert - papa était comme complètement anéanti. Il avait affreusement changé et n'arrêtait pas de nous lancer des regards, à maman et à moi. Pour finir, je fus stupéfaite quand il alla jusqu'à adresser la parole à maman - j'en fus sidérée parce qu'il ne lui parlait pour ainsi dire jamais. Après le repas, il se mit à me courtiser avec une espèce d'insistance  ; à chaque instant, sous toutes sortes de prétextes, il me faisait venir dans le vestibule et, en regardant autour de lui, comme s'il avait peur qu'on le remarque, il n'arrêtait pas de me caresser, de m'embrasser la tête, de me dire que j'étais une gentille enfant, une enfant bien obéissante, que, sans doute, j'aimais mon papa et que, sans doute, je ferais ce qu'il me demanderait. Tout cela me plongea dans une angoisse insupportable. Pour finir, quand, pour la dixième fois, il m'eut appelée dans l'escalier, la chose s'expliqua. D'un air angoissé, épuisé, lançant des regards inquiets de tous côtés, il me posa une question : savais-je où maman avait rangé les vingt-cinq roubles qu'elle avait apportés hier matin ? Je fus figée de peur en entendant cette question. Mais à cette minute, quelqu'un fit du bruit dans l'escalier, et papa, prenant peur, m'abandonna et se précipita dehors. Il ne rentra que le soir, troublé, triste, soucieux, s'assit sans mot dire sur une chaise et se mit à me regarder avec une sorte d'air timide. Je fus saisie d'une espèce de frayeur et, sciemment, j'essayai d'éviter ses regards. Pour finir, maman, qui était restée au lit toute la journée, m'appela, me donna quelques pièces de bronze et m'envoya à la boutique lui acheter du thé et du sucre. Nous ne buvions du thé que très rarement : maman ne se permettait ce caprice, selon nos moyens, que lorsqu'elle se sentait vraiment malade, fiévreuse. Je pris l'argent et, sortant dans le vestibule, je me mis à courir, comme si j'avais peur de me faire rattraper. Mais arriva ce que je pressentais : mon père me rattrapa déjà dans la rue et me ramena dans l'escalier.

- "Nétotchka !"
commença-t-il d'une voix tremblante, "ma colombe ! "Ecoute : donne-moi cet argent et, dès demain, je ...

- Papa ! Papa !" m'écriai-je, me jetant à genoux et le suppliant. "Mon petit papa ! je ne peux pas ! ce n'est pas possible ! Il faut acheter du thé à maman ... Ce n'est pas possible de prendre à maman, pas possible du tout ! Une autre fois, je le prendrai ...

- Alors, tu ne veux pas ? tu ne veux pas ?" me chuchotait-il dans une espèce d'état second, "alors, donc, tu ne veux pas m'aimer ? (...) [...]

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



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MessageSujet: Re: Nétotchka Nezvanova - Dostoievski   Ven 12 Fév - 18:33

Citation :
[...] ... Elle finit enfin, la princesse se coucha, et Nastia ressortit de la chambre. En un clin d'oeil, Katia bondit du lit et se jeta vers moi. Je poussai un cri en l'accueillant.

- "Viens chez moi, couche-toi avec moi !" se mit-elle à dire, me faisant lever. Une seconde plus tard, je me retrouvais dans son lit, nous nous étreignions, serrées avidement l'une contre l'autre. La princesse m'étouffait de baisers.

- "Moi, je m'en souviens, comment tu m'embrassais la nuit !" dit-elle, rouge comme une pivoine.


Je sanglotais.

- "Nétotchka !"chuchota Katia à travers les larmes, "mon ange à moi, moi, ça fait si longtemps, mais si longtemps que je t'aime ! Tu sais depuis quand ?

- Depuis quand ?

- Quand papa m'a donné l'ordre de te demander pardon, quand tu avais pris la défense de ton papa, Nétotchka ... Ma petite or-phe-li-ne !" dit-elle, faisant durer le mot et m'inondant de baisers. Elle pleurait et riait en même temps.

- "Ah, Katia !

- Oui, quoi ? oui, quoi ?

- Pourquoi, pendant si longtemps ... mais si longtemps ..." - je ne pus achever ma phrase. Nous nous étreignîmes et, pendant bien trois minutes, nous restâmes sans rien dire.

- "Ecoute, toi, qu'est-ce que tu pensais de moi ?" demanda la princesse.

- "Ah, je pensais tellement de choses, Katia ! Je pensais tout le temps, jour et nuit je pensais.

- La nuit aussi, tu parlais de moi, j'ai entendu.


- C'est vrai ?

- Et tu pleurais si souvent.

- Tu vois ! Et toi, pourquoi tu étais toujours si fière ?

- Mais j'étais bête, Nétotchka ! (...) [...]

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