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Le Paradis - Un Peu Plus Loin - Mario Vargas Llosa

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Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
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Nombre de messages : 58295
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Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
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MessageSujet: Le Paradis - Un Peu Plus Loin - Mario Vargas Llosa   Ven 22 Avr - 16:02



El paraíso en La Otra Esquina
Traduction : Albert Bensoussan, avec la collaboration d'Anne-Marie Casès et le concours de Stéphane Michaud, spécialiste de Flora Tristan


ISBN : 978-2070429295

Notre Opinion
Personnages



Citation :
[...] ... Copuler, non faire l'amour mais copuler, comme les porcs ou les chevaux : c'est ce que faisaient les hommes avec les femmes. Se jeter sur elles, leur écarter les cuisses, y enfourner leur verge dégoulinante, les mettre enceintes et les abandonner à jamais avec leur matrice meurtrie, comme André Chazal l'avait fait avec toi. Car tes douleurs, là, en bas, tu les avais depuis ce mariage de malheur. "Faire l'amour", cette cérémonie délicate et douce, où intervenaient le coeur et les sentiments, la sensibilité et les instincts, où les deux amants jouissaient à part égale, n'était qu'une invention de poètes et de romanciers, un fantasme que ne légitimait pas la prosaïque réalité. Pas entre femmes et hommes en tous cas. Toi, du moins, tu n'avais pas fait l'amour une seule fois durant ces quatre années épouvantables avec ton mari, dans ce petit appartement de la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Tu avais copulé, ou plutôt tu avais été copulée toutes les nuits par cette bête lascive, puant l'alcool, qui t'asphyxiait sous son poids, te tripotait et te barbouillait de salive, pour finir par s'effondrer à ton flanc comme un animal rassasié. Ce que tu avais pu pleurer, Florita, de dégoût et de honte, après ces viols nocturnes auxquels te soumettait ce tyran de ta liberté. Sans jamais chercher à savoir si tu voulais faire l'amour, si tu prenais plaisir sous ses caresses - pouvait-on qualifier ainsi ces halètements répugnants, ces coups de langue et ces mordillements ? - , ou si elles te causaient douleur, tristesse, abattement, répugnance. N'avait été la tendre Olympe, quelle piètre idée tu aurais de l'amour physique, Andalouse ! ... [...]

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



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MessageSujet: Re: Le Paradis - Un Peu Plus Loin - Mario Vargas Llosa   Ven 22 Avr - 16:30

Citation :
[...] ... Ils avaient aussi beaucoup parlé et discuté de religion à Arles. Quelle différence entre l'éducation protestante, puritaine de Vincent et ta formation catholique, toi qui avais passé dix ans, de 1854 à 1864, au petit séminaire de La Chapelle-Saint-Mesmin, près d'Orléans, avec, pour guide spirituel, monseigneur Dupanloup ! Laquelle était la meilleure, Koké, pour affronter la vie ? Celle de Vincent était plus intense, plus austère, stricte et froide, plus honnête mais aussi plus inhumaine. Le catholicisme était plus cynique, plus arrangeant avec la nature corrompue de l'homme, plus créatif du point de vue culturel et artistique, et probablement plus humain, plus près de la réalité, de la vie possible. Te souviens-tu de ce soir de pluie et de mistral où, enfermés tous les deux dans la Maison Jaune, le Hollandais fou s'était mis à parler du Christ comme d'un artiste ? Tu ne l'avais pas une seule fois interrompu, Paul. Le Christ était le plus grand des artistes, disait Vincent. Mais qui avait méprisé le marbre, la glaise, la peinture, et préféré oeuvrer sur la chair vive des êtres humains. Il n'avait pas fait de statues, de tableaux, de poèmes. Il avait fait des êtres immortels, créé des instruments grâce auxquels hommes et femmes pouvaient faire de leur vie une très belle oeuvre d'art. Vincent avait parlé longtemps, en buvant son absinthe à petites gorgées et en disant parfois des choses que tu n'arrivais pas à déchiffrer. Mais tu avais bien compris, sans jamais l'oublier, ce qu'à l'aube, Vincent avait rugi :

- "Je veux que ma peinture réconforte spirituellement les êtres humains, Paul. Comme les réconfortait la parole du Christ. Le "halo" suggérait l'éternel dans la peinture classique. Ce "halo", c'est ce que je tente maintenant de remplacer par l'irradiation et la vibration de la couleur dans mes peintures." ... [...]

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