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Lettres d'Iwo Jima - Clint Eastwood

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Thomas
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MessageSujet: Lettres d'Iwo Jima - Clint Eastwood   Mer 28 Fév - 15:19

Voici donc le second volet du diptyque consacré à la bataille d’Iwo Jima par Clint Eastwood. Comme je n’ai pas vu Mémoires de nos pères, je me garderai bien de faire une comparaison entre les deux points de vue (sauf si Pierre Bayard écrit bientôt un bouquin intitulé Comment parler des films qu’on n’a pas vus, auquel cas je m’y sentirai autorisé). Reste donc à vous donner mes impressions sur la seule expérience japonaise de ce moment-clé de la bataille du Pacifique pendant la deuxième guerre mondiale.

Resituons un peu le contexte. Si, en Europe, les alliés avaient déjà débarqué depuis une dizaine de mois pour libérer les pays du Vieux Continent du joug nazi, en Asie (tiens, ça me fait penser à la chanson J’ai un homme dans ma vie tirée du dernier album de Sanseverino, dans laquelle il dit notamment « Mon mari est en Asie, euh, mon mari est UN nazi ». Désolé) la guerre continue à faire rage. La petite île d’Iwo Jima est stratégique : que les Américains s’en emparent, et elle pourra leur servir de base arrière pour fondre sur l’archipel nippon. Autant dire que les Japonais ont mis toutes leurs forces – leurs dernières – dans la bataille, et que celle-ci a été sanglante, s’achevant par l’invasion américaine, et la fin de la bataille du Pacifique telle qu’on la connaît.

Le film démarre de nos jours, alors que des chercheurs mettent au jour une sacoche, enterrée au plus profond d’un tunnel creusé dans les monts de l’île. On comprend très vite (même si ça n’est effectivement montré qu’à la toute fin du film) que cette sacoche contient le témoignage d’un gradé sur le déroulement de la défense de l’île par les soldats de l’Empereur.

Ce gradé n’est autre que le général Kuriyabashi, dont les conceptions guerrières sont loin d’emporter l’assentiment du reste de l’état-major présent sur l’île, et notamment de l’amiral responsable de ce qui tient lieu de flotte. Mais les ordres sont les ordres, et les hommes creusent donc des galeries dans les quelques monts parsemés sur l’île, et des tunnels pour les rejoindre. C’est que Kuriyabashi entend défendre Iwo Jima de l’intérieur, laissant les Américains prendre pied sur le rivage, puis s’enfoncer dans les terres, avant de les prendre en tenaille.

La bataille s’engage mal, Iwo Jima ayant été l’objet d’un long bombardement qui a eu pour double effet d’endommager une partie des pièces d’artilleries et de saper le moral des troupes. Pourtant, Kuriyabashi ne change pas son plan d’un iota, et reste terré dans son poste de commande. Il faut dire que cet homme connaît les Américains, pour avoir vécu quelques années dans leur pays, qui l’a d’ailleurs honoré d’un cadeau de marque : un Colt 45 automatique, qu’il porte depuis à la ceinture.

Assez parlé du déroulement de la bataille sur le plan militaire – on en connaît assez le dénouement. Ce n’est d’ailleurs pas ce à quoi s’attache Eastwood. Ce qu’il veut, c’est nous montrer les hommes, la manière dont ils vivent la situation ; aussi il nous présente un petit groupe de soldats : l’un d’eux est un jeune père qui n’a pas encore pu voir sa fille, née après sa mobilisation, un autre est très renfermé, il vient de la police militaire et est soupçonné d’être un espion des officiers, un troisième, lieutenant, lui, est un ancien champion olympique d’équitation… De scène en scène, chacun nous devient familier, les caractères se révèlent, au travers notamment des lettres qu’ils écrivent à leurs proches depuis leur camp retranché.

Evidemment il y a bien quelques scènes difficiles à regarder, mais, comme dirait l’autre, la vérité du film est ailleurs. Elle est dans cette humanité, dans le fait que les Japonais ne sont absolument pas présentés comme les salauds qu’ils ont très longtemps été aux yeux des Américains (les plus salauds des personnages du film sont, au contraire, Américains !).

Eastwood a une fois de plus fait œuvre d’humanisme ; c’est sa tendance depuis quelques films, souhaitons qu’elle se poursuive encore quelques années !
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