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La Comtesse de Ségur.

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Masques de Venise
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MessageSujet: La Comtesse de Ségur.   Mer 7 Mar - 8:53

Je viens de trouver cette intéressante analyse "freudienne" de l'oeuvre de la grande comtesse.

A lire absolument.
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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
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La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Mer 7 Mar - 14:03

Elle est intéressante cette étude de l'oeuvre de la Comtesse de Ségur.

Hormis ce passage, un tantinet éxagéré Laughing :
L'auteur décrit l'univers dans lequel évolue les personnages de la Comtesse de Ségur comme paradisiaque, ce qui est vrai, puis ajoute :
Citation :
À côté de ce paradis se trouve un enfer. L’œuvre de la comtesse recèle un sadisme observé par la plupart des commentateurs. Les enfants battus et fessés ne manquent pas, on flagelle un débile à coup d’orties, le général Dourakine a le knout facile, en Russie on fouette à tout de bras. Les animaux torturés sont nombreux : poissons, abeille, écureuil, chats, chiens, tortue, crapaud et le malheureux Cadichon, auteur des Mémoires d’un âne. Les enfants se battent, se griffent, traversent les ronces, écrasent des fraises sur les jolies robes blanches, tombent dans les étangs ou dans la chaux...
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Masques de Venise
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Jeu 8 Mar - 10:14

C'est vrai qu'on a reproché à la comtesse un certain sadisme. Ceci dit, elle a tout de même souffert dans son enfance. La fameuse robe de percaline de Sophie de Réan qui va bras nus l'hiver dans un pays tempéré comme la France, la jeune Sophie Rostopchine la portait au même âge et en la même saison mais en Russie. Sa mère était complètement cinglée - folie religieuse, entre autres.

Il y a aussi des détails qu'elle ne faisait que rapporter et qui étaient en vigueur à l'époque. Je ne sais pas si tu te rappelles, Lisia : "Comédies et Proverbes" ? Dans l'une de ces saynettes, il y a une "ceinture de bonne tenue" :



Illustration d'Emile Bayard pour "On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre."


Ségur n'a rien inventé : cet appareillage qui aurait pu sortir de l'imagination d'un Sade et dont vous voyez ici deux petites filles essayer d'en débarrasser une camarade, était préconisé dans l'éducation des jeunes filles de bonne famille, afin qu'elles aient, plus tard, un "port de reine."

Vous avez vu la tige sous le menton ? ... Vous imaginez la contracture des muscles de la nuque et du cou ? Sans compter que les petites filles portaient déjà des corsets.
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Ven 13 Déc - 14:06

Je viens de regarder trois anciennes adaptations  télévisées pour la jeunesse réalisées par Claude Santelli du temps de l'ORTF dans les années 60. Elles sont disponibles en DVD. Il s'agit de L'auberge de l'ange gardien, du Général Dourakine et des Deux nigauds.  Ces adaptations en noir et blanc nous plongent dans la société du second empire, ses classes sociales, ses injustices, ses préjugés, ses principes, la conséquence des guerres sur les civils innocents et le problème de l'éducation et de l'instruction des enfants. Dans Les deux nigauds, l'atmosphère d'un collège parisien où le jeune Innocent, tel est son prénom, est victime de brimades m'a fait penser, toutes proportions gardées, aux mésaventures de mon petit fils. ( Il a été victime d'agressions verbales et physiques assez violentes de la part de ses camarades en tant que petit sixième arrivant dans un établissement privé choisi en raison de la proximité du lieu de travail de ma fille. Ne disposant ni de portable ni d'argent de poche et n'étant pas ancien élève en primaire de ce groupe scolaire il était devenu le pouilleux entre autres qualificatifs. Heureusement, il s'exprime volontiers et obtient de bons résultats scolaires. La direction a mis fin aux brimades rapidement. )
J'ai apprécié dans ces adaptations la volonté d'ouvrir les yeux sur quelques notions simples comme l'hypocrisie, les apparences trompeuses, l'escroquerie, la corruption, le respect de la personne même si elle est du camp ennemi ou d'un autre milieu, la nécessité de surmonter les épreuves pour évacuer les idées reçues et surtout l'humour.
Finalement j'ai beaucoup apprécié la Comtesse de Ségur mise en valeur par Claude Santelli ,fine observatrice de son époque et de nos chers petits... Néanmoins, il faudrait que je retourne aux textes pour me faire une idée plus précise.

Il y a toujours des cinglés qui font souffrir inutilement le corps. Adolescente j'avais lu Vent d'est, vent d'ouest de Pearl Buck qui aborde la question des pieds bandés des petites filles pour que les femmes chinoises aient de jolis petons plus gracieux. J'avais été scandalisée. Dans le même temps, j'avais lu des extraits de L'Emile de Jean-Jacques Rousseau. Certes je n'appréciais pas son point de vue sur la future compagne d'Emile, mais ce qu'il disait sur le besoin des bébés de remuer leurs bras et leurs jambes pour les fortifier me semblait plein de bon sens. D'ailleurs, lui-même marchait beaucoup et de mon côté j'allais au collège rural en vélo avec les copines ce qui me plaisait bien
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Ven 13 Déc - 14:58

Oui, on remarque en relisant ces oeuvres de "jeunesse" des détails qui "tirent" l'oeil;
En relisant "Little Women" ( "les Quatre filles du Docteur March") j'ai été frappée par l'apologie du Nord de l'Amérique, même si le Sud et la guerre de Sécession ne sont pas explicitement évoquées; c'est toute une civilisation "morale", sûre de ses valeurs ( l'éducation, la relation dans l'égalité, la charité, la notion "bonne réputation vaut mieux que ceinture dorée" ) qui est glorifiée; rien n'est dit, mais on sent qu'il n'en faut pas beaucoup pour dénigrer les valeurs du Sud ( aristocratie, esclavage, rôle des femmes très secondaire et frivole);

Quant à Sophie Rostopchine, son enfance a été malheureuse, et déjà enfant, j'étais très frappée par ses mésaventures ( celle de Sophie) qui étaient très cruelles pour certaines, et par le fait qu'elle semblait plus livrée à elle-même que Camille et Madeleine;
Néanmoins, comme le fait très justement remarquer Hélène, cette littérature ne bascule pas dans le passé; certains traits de caractère sont éternels, certaines mésaventures très modernes; je sais que Ségur est toujours très lue, et, chose remarquable, impressionne toujours les lecteurs; "les quatre filles du Docteur March" sont toujours très lues aussi, et on vient d'en tirer une adaptation cinématographique qui a eu beaucoup de succès;
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Ven 13 Déc - 18:07

Dans Les deux nigauds, Innocent s'enfuit du collège où il a été escroqué, trahi et battu. Il trouve refuge auprès de Jeannot, un jeune homme de son village de condition sociale modeste et venu à Paris pour travailler comme garçon de café. Il apprend le métier auprès de ce jeune homme qui le protège et Innocent apprend à estimer Jeannot alors qu'autrefois il le dédaignait. Une relation amicale sincère se fortifie entre les deux garçons malgré la différence d'âge.

Or mon petit fils est en train de vivre un peu la même chose. A la sortie des cours il va rejoindre sa mère à l'épicerie fine. Un jour, il reconnaît deux de ses camarades, un garçon et une fille regardant la vitrine.
- Regarde, maman, ce sont mes copains !
Le garçon et la fille entrent alors dans la boutique. Ma fille les salue et s'informe.
- Vous êtes des camarades de mon fils ?
- Oui, il vient nous voir, nous discutons ensemble. C'est notre petit Bastien.
- Mais vous n'êtes pas en sixième je suppose.
- Ah non, je suis en terminale répond le garçon.
- Et moi je suis en première ajoute la fille.
- ???
- Mais oui, nous apprécions la conversation de votre Bastien, Madame.
La-dessus la conversation s'engage sur les brimades infligées aux nouveaux et le garçon de terminale confie les avoir subies et confiées à la direction qui a résolu immédiatement le problème.

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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Ven 13 Déc - 18:19

C'est touchant, ce que tu racontes, je suis désolée pour Bastien; il faudrait se plaindre, non ?
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Ven 13 Déc - 19:21

Cette histoire est réglée depuis une bonne semaine. Bastien se confie facilement. Notre fille a été reçue très vite par le directeur qui a fait son enquêet les trois élèves ont été convoqués et rappelés fermement à l'ordre.
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Ven 13 Déc - 19:31

C'est une heureuse nouvelle, Hélène; François a eu ce problème à l'école et en a été très malheureux;
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Sam 14 Déc - 9:44

Que notre petit fils soit capable de sympathiser et de discuter avec des jeunes, voire des adultes est vraisemblable car il a toujours quelque chose à raconter ce qui lui a déjà valu quelques punitions depuis l'école primaire, punitions approuvées par ses parents.
Malgré tout, il est très rusé et ne manque pas d'humour, capable par exemple d'imiter son prof de maths sans le tourner en ridicule car il adore ce prof. Il voulait distribuer des" flyers" dans son établissement présentant l'épicerie fine de sa mère mais ses parents lui ont expliqué qu'il n'en était pas question et qu'il devait aller au collège pour apprendre et non pour faire de la publicité.
Il a donc renoncé.
Néanmoins je l'imagine assez bien entreprendre une conversation " à bâtons rompus " et glisser habilement quelques détails sur les spécialités vendues par sa mère ce qui expliquerait que ces deux jeunes soient venus au magasin.
Mince comme un fil, ce n'est pas un bagarreur, c'est vrai, mais, car il y a un mais, il proclame sa jalousie envers son frère cadet âgé de 8 ans et demi et comme ce frère, d'une constitution différente et est en mesure de ne pas se laisser faire, les disputes assorties de coups les plus divers sont assez spectaculaires. D'ailleurs les grands-parents ne les prennent plus ensemble en vacances.
Certes, il leur arrive de bien s'amuser et bien rigoler en bonne complicité. Ils font alors un tel tapage que les parents doivent intervenir. Alors ils s'étonnent : " Pour une fois qu'on ne se bat pas ! Faudrait savoir. Vous n'êtes jamais contents."
Sinon, l'un et l'autre sont très respectueux des animaux et très sensibles à la souffrance des autres. Si l'un des deux est malade, l'autre est inquiet. Il convient donc de ne pas dramatiser.


Dernière édition par charpentier hélène le Sam 14 Déc - 9:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Sam 14 Déc - 9:49

Ils sont mignons ces petits, ton portrait me rappelle François que j'appelais "bébé renard" ; il était mince comme un fil aussi; et aimait beaucoup parler avec les plus grands; quant à la "jalousie" entre frères, elle est positive, oui; ils se différencient l'un de l'autre, c'est mieux que fusionnel;
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Sam 14 Déc - 14:06

... L'un des tous premiers livres que j'ai lus, au sortir de mon enfance... j'allais alors sur mes onze ans, c'était, dans la collection de poche cartonnée "la bibliothèque rose", "Les petites filles modèles", de la comtesse de Ségur... J'avais été littéralement passionné... Auparavant, je ne lisais que des illustrés : Pim Pam Poum, les pieds nickelés, Tartine, Bunny, Tom et Jerry, Bibi Fricotin, Akim...
Et j'avais "enchaîné" avec "les malheurs de Sophie", "les grandes vacances"...

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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Sam 14 Déc - 15:41

Mon tout premier de la Comtesse de Ségur fut Les Mémoires d'un âne, avec Cadichon. J'ai tellement aimé que je les ai enchaînés ensuite.
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: La Comtesse de Ségur.   Sam 14 Déc - 18:37

J'ai adoré ce livre, qui m'a beaucoup marquée; je ne crois pas l'avoir relu depuis mon enfance, et je m'en souviens encore l'incendie, la petite maîtresse sauvée, l'âne abandonné....ça m'a marquée, c'était tragique, quand même; de là date ma passion pour les ânes que j'appelle des cadichons; je ne l'ai plus, ce livre, ou alors, il est au grenier, ou je ne sais où;
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MessageSujet: Après La Pluie le Beau Temps   Jeu 25 Aoû - 14:56





Illustrations : J. Gilly
Editions : Librairie Charpentier - Collection Lire & Loisir - N° 49


ISBN : Non Usité A L'Epoque

Extraits

Personnages



Ses parents étant morts tous deux, la petite Geneviève Dormère est confiée à son tuteur, M. Dormère, homme un peu froid, veuf, qui n'a qu'un fils unique, le jeune Georges. Les deux enfants ont à peu près le même âge et la sympathie semble régner entre eux. En tous cas, Geneviève, gentille, douce, bien élevée par sa bonne Pélagie, aime beaucoup son cousin. Celui-ci, étant le fils de la maison, se croit un peu trop tout permis mais il a du charme et sait toujours se faire pardonner.

Son grand défaut : faire une bêtise, en accuser quelqu'un d'autre et surtout Geneviève devant son père. Comme il sait que le domestique injustement accusé sera renvoyé sans même avoir été écouté ou encore que la petite ne le dénoncera pas, voilà notre Georges tranquille. Seul problème qui n'en est pas un et ne concerne d'ailleurs que Geneviève (elle est si sotte, cette fille) : se faire pardonner en restant crédible.

Mais Geneviève finit toujours par pardonner ...

Vient le jour où, ayant probablement atteint ses onze ou douze ans, Georges se voit envoyer au Collège tenu par les Pères jésuites. Il n'y sera pas seul car son cousin Jacques y figure parmi les meilleurs élèves. Seulement, comme il le dit à son père, c'est un peu ennuyeux parce que, avec les Jésuites, on étudie tout le temps ...

Le jour où Jacques vient passer la journée pour accompagner son cousin à Paris, au Collège, à la fin des vacances, Georges, se retrouvant seul dans la serre, s'empiffre de quatre beaux abricots bien juteux que, justement, son père lui réservait pour le voyage - mais cela, il va de soi que le garçonnet ne le savait pas. De fil en aiguille, l'histoire habituelle se déroule avec cette différence que là, il y a un témoin : Georges parvient à faire accuser Geneviève mais, obligé par Jacques de montrer le mouchoir avec lequel il s'est essuyé, les taches du jus d'abricot apparaissent, bien visibles ...

Tout le monde se quitte dans un malaise palpable.


Au lieu de se retourner vers sa nièce avec qui il reste seul, M. Dormère s'en éloigne de plus en plus et se montre tout tout heureux quand sa cousine, Cunégonde Primerose, décide de s'installer chez lui, à Plaisance, pour s'occuper de l'enfant, qu'elle aime beaucoup Là-dessus, on retrouve Ramoramor, ancien serviteur des parents de Geneviève, échappé à un naufrage et, à la bande de crétins angélistes qui taxeraient une fois encore la comtesse de Ségur de racisme, nous nous permettrons de leur faire remarquer humblement que les personnes qui font montre de racisme envers Ram (comme il préfère qu'on l'appelle) sont justement M. Dormère et sa clique ...

Les années passent et là, je vais faire trop de spoilers pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire et à qui l'on a représenté la comtesse de Ségur comme une vraie mégère, capitaliste, sadique, pro-curé, etc, etc ... Qu'ils lisent et voient par eux-mêmes : qu'ils PENSENT par eux-mêmes. La comtesse n'aurait pas souhaité autre chose. Disons simplement que Georges, Geneviève et Jacques grandissent tandis que vieillissent M. Dormère et Melle Primerose et Ram et Pélagie aussi, bien sûr ...

La morale de l'histoire, qui porte sur l'éducation donnée aux enfants (les parents, certes, récoltent ce qu'ils ont  semé certes mais Mme de Ségur n'oublie pas que, en naissant, l'enfant apporte toujours avec lui un petit quelque chose, bon ou mauvais, qui n'est qu'à lui et que son libre-arbitre lui laissera toujours le droit de choisir) est finement amenée et permet à ce roman d'appartenir à ceux que, dans la production de la comtesse, on n'oublie vraiment pas. C'est une peu le pendant de "Quel Amour d'Enfant !" avec Gizelle de Gerville, avec cette différence que, selon nous, le roman dont Gizelle est l'héroïne est plus plus sombre.

Enfin, nous en rediscuterons. Wink

D'ici là, bonne lecture !

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MessageSujet: Le Mauvais Génie   Sam 26 Aoû - 15:40



Illustrations : A. Pécoud
Illustrations hors-texte : non-indiqué


ISBN : inusité à l'époque de parution

Extraits
Personnages



Si nous ne nous trouvons pas ici en présence du meilleur roman de Mme de Ségur, on ne saurait nier qu'elle y a créé un type comique de poids, l'Anglais - ou plutôt l'Irlandais - Mr Georgey, qui me permit, il y a de cela très longtemps, mes chers petits enfants   , d'apprendre mon premier mot de la langue de Shakespeare : celui de "turkey" (ou "turkey-cock") qui signifie tout simplement "dindon" ou "dinde."

Pourquoi y a-t-il donc autant de dindes dans ce roman destiné aux enfants ? Toute cette volaille glougloutante semble pour ainsi dire littéralement pulluler dans les deux tiers du texte et l'on pourrait même aller jusqu'à affirmer que, en un certain sens, dindons et dindes constituent le pivot du roman. En effet, sans ces encombrants et assez contrariants turkeys, qui se faufilent toujours du côté opposé à celui où les cherche leur petit pâtre, jamais nous n'eussions rencontré celui-ci, le jeune et raisonnable Julien, investi de cette délicate mission par ses employeurs, M. et Mme Bonard, pas plus que l'irrésistible et tonitruant Mr Georgey (qui, en bon Victorien, porte un inexpressible et ne prononce jamais le mot dégoûtant qu'est celui de "cuisse"), Mr Georgey qui, soulignons-le puisque c'est cette passion indicible qui déclenche toute l'affaire, éprouve, envers les dindes, une attirance culinaire si prononcée qu'il est capable d'en manger une par jour sans, pour autant, ressentir ne serait-ce que la plus légère lourdeur au creux de l'estomac .

Or donc, Mr Georgey, installé dans ce paysage rural pour un certain temps car il doit y superviser la construction d'une usine, est tout heureux de tomber sur Alcide, le fils du bistrotier du coin, lequel lui promet des dindes à six francs pièce (soient deux francs de plus que le prix normal) autant qu'il en voudra. Vous vous en doutez, ce n'est pas dans le café de son père qu'Alcide compte se procurer les dindons tant espérés . Non, pour réussir sa petite escroquerie, il assure l'ascendant qu'il a pris sur Frédéric, le fils unique de la ferme Bonard, afin que celui-ci devienne son complice dans le vol des dindes que les fermiers ont, nous l'avons vu plus haut, confiées à la garde quotidienne de Julien, un petit orphelin qu'ils ont recueilli et envers lequel, disons-le tout de suite, ils se montrent extrêmement bons. Julien leur en est d'ailleurs extrêmement reconnaissant. 

D'abord réticent, Frédéric se laisse convaincre.
Sa part de "travail" dans l'affaire revient à détourner Julien de la garde des dindons en lui affirmant, par exemple, qu'on le demande à la ferme alors que rien n'est moins vrai, ou encore à prétendre froidement qu'il ne se rappelle absolument pas le décompte du troupeau, pourtant effectué devant lui par Julien avant que celui-ci ne le lui remette lorsqu'il déclare le prendre lui-même en charge tandis que Julien court lui rendre un service.

Au début, cela fonctionne assez bien mais le mécanisme se grippe très vite. Le père Bonard devine assez tôt que quelque chose cloche parce que, jusque là, le petit Julien ne lui a jamais causé de souci et qu'il le ressent comme "un bon et brave garçon." Idem, mais avec un léger retard, pour Mme Bonard, laquelle, bien qu'aimant son fils, se refuse à laisser accuser Julien alors qu'elle le sait innocent. Bientôt démasqué, Frédéric avoue alors avoir agi sous l'influence d'Alcide, que son père lui avait pourtant interdit de fréquenter, et reçoit une raclée maison qui, associée aux piques mauvaises d'Alcide, engendre, chez ce caractère faible, un début de haine envers Julien, ce "petit mendiant qui vit de la charité des autres."

Ajoutons à cela que Julien est devenu ami avec Mr Georgey qui, bien que parlant plutôt mal le français, n'en est pas moins un homme à l'esprit vif. Naïf à certains moments et jugeant les autres sur sa propre nature, foncièrement loyale, lui aussi finit par comprendre la vilaine astuce imaginée par Alcide et exécutée avec la complicité de Frédéric. Il comprend aussi le rôle qu'on voulait y faire tenir à Julien - Alcide cherche d'ailleurs un temps à le corrompre par l'attrait d'un profit illicite - et, après avoir sympathisé avec les Bonard, s'offre comme protecteur de l'enfant.

Cependant, du côté d'Alcide et de Frédéric, haine et désir de vengeance ne cessent de croître. Les deux garçons sont aussi outrés que "ce miséreux" se soit attiré la bienveillance de leur ancienne dupe et ils ont bien l'intention de remettre Julien à sa place en le faisant accuser, à l'occasion d'une foire, d'un vol bien plus grave ...

Comme toujours chez Mme de Ségur, les bons sont récompensés et les méchants punis. L'insistance sur la prière quotidienne et les visites chez Monsieur le curé, plus accentuée que dans "Après la Pluie le Beau Temps" par exemple, gêne par contre plus nettement aux entournures car l'auteur le fait ici sans son doigté habituel. (D'un autre côté, il est bien vrai que Julien, pauvre et orphelin, a plus d'occasions d'implorer le Seigneur que de petits héros plus fortunés.) Pour le reste, on est heureux de relire les scènes comiques lues dans l'enfance (Mr Georgey porte sur lui les deux tiers du livre) même s'il y a trop forte disparité entre le nombre de chapitres consacrés à l'enfance de Julien et de ses ennemis et ceux réservés à leur vie d'adultes.

Bref, un roman qui, à notre sens, a vieilli plus que les autres, mais ne vous gênez pas pour autant pour le lire et le relire.

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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

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Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
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La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
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La Comtesse de Ségur.

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