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Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...

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yugcib
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MessageSujet: Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...    Mer 7 Déc - 19:33

... Ou même pas davantage qu'un SMIC net qui, je le rappelle, est de 1128 euro par mois pour -actuellement- 35 heures de travail hebdomadaire...
Dans la libéralisation complète du marché du travail (de l'emploi) envisagé par François Fillon, rien n'empêchera un employeur (en l'occurrence et pour l'essentiel les très grandes entreprises genre VINCI, TOTAL, EIFFAGE, BOUYGUES, LOREAL, COLAS, VEOLIA, SANOFI et j'en passe...) de demander à un salarié de travailler jusqu'à 48 h hebdomadaire...
Et dans le secteur public, du fait de la diminution drastique du nombre de fontionnaires (d'état ou de collectivités territoriales) -de l'ordre de cinq à six cent mille ; cela entraînera automatiquement une forte augmentation du temps de travail pour les salariés demeurant dans le secteur public (fonctionnaires d'état, de collectivités territoriales, enseignants, police, gendarmerie...) ainsi que dans les centres hospitaliers... Certes le temps de travail hebdomadaire n'ira pas jusqu'à 48 h pour l'ensemble des salariés du secteur public, mais il faut s'attendre à des 40/42 heures tout de même... Et cela pour ne gagner qu'à peine -peut-être- 100/200 euro de plus que le SMIC, à condition de ne pas être engagé à temps partiel 20 heures hebdomadaire voire moins...
... "Libérer le marché du travail, réduire les charges, et toutes mesures fiscales et autres pour inciter à l'embauche, à l'investissement"... Lorsque tous les grands groupes et consortiums et lobbyies, ont pour objectif prioritaire d'augmenter leurs profits (dividendes) et de rétribuer leurs actionnaires, au lieu d'embaucher comme ils devraient, au lieu d'investir. Il n'est jamais demandé et encore moins imposé par aucun gouvernement en place, de "contre partie" de création d'emploi et d'investissement en échange de mesures fiscales et de libéralisation du marché du travail. Autrement dit "rateau d'un côté et ceinture de l'autre" !
Les années qui viennent vont être dures, difficiles, pour les femmes de ménage, agents d'entretien, caristes de Bricomarché géant, employés de Banque Postale derrière un guichet, aide-soignant dans un centre hospitalier, enfin de tous ces gens qui font un "travail-travail" (par comparaison à un "travail-activité" ou à une "activité"), un "travail-travail" oui "il faut appeler ça comme ça"... où il faut se lever le matin très tôt, ou bien travailler tard le soir, avec la fatigue, la pression des chefs, le stress...
C'est "ça" le "développement personnel"? Que restera-t-il pour la culture, les loisirs, la famille surtout? (Il n'en reste déjà plus grand chose avec les difficultés dues au chômage, à des emplois précaires et partiels, au temps passé dans les transports... )
Plus de travail c'est surtout plus de "travail-travail" en durée hebdomadaire obligatoire non négociable pour les femmes de ménage, les agents d'entretiens, le cariste de Bricomarché géant, l'employé de la Banque postale derrière son guichet, l'aide soignant... C'est 40/42 heures au lieu des 35 d'avant, et cela pour pas grand chose de plus que le SMIG... Et la retraite à 65 ans (je pense à la femme de ménage de 59 ans qui bosse entre 4h et 10 h le matin dans 3 ou 4 bureaux et le soir de 18 à 22 h dans 3 ou 4 autres bureaux)... pour 1200 euro par mois avec un loyer de 600 euro plus le gaz l'électricité...

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MessageSujet: Re: Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...    Mer 7 Déc - 19:57

... J'ai été agent de guichet du temps où la Poste, qui avait depuis 1991 déjà, cessé d'être "Pététique", était devenu un "EPIC" (un "porc-épic") ... rire...
En 2002 l'année de mes "très gros ennuis" avec ma direction de Groupement, suite à un blâme qui m'avait été infligé rapport à une rébellion, pour me "punir" on m'envoya dans un bureau "impossible" à Seignosse Le Penon, une poste infernale de plage touristique où j'avais affaire à des gens "impossibles", un horaire tout aussi impossible (à la fermeture il fallait pousser les gens dehors), il fallait passer 2h si ce n'est pas 3 à des inventaires à la con (j'étais toujours faux archi faux), à une comptabilité accablante (là aussi j'étais toujours faux)... enfin l'horreur absolue, ce boulot de merde ! Mon chef, un connard "pro système", un "qui se la pétait", celui de Seignosse Bourg, dont je dépendais, il en a tellement eu marre de moi, qu'il s'est plaint au Groupement pour qu'on m'enlève de là et finalement le directeur du Groupement il a accepté de me changer de bureau, j'ai poussé un grand ouf de soulagement et j'ai passé le reste de la saison à Lévignacq (près de Lit et Mixe) un bureau hyper peinard où y'avait pas un chat et où je pouvais pirater l'ordi de la poste pour écrire des "documents pirate" qui faisaient le tour du Groupement (une littérature anarcho provocatrice iconoclaste dans laquelle je pourfendais tous ces mecs et toutes ces nanas qui s'la pétaient dans les coktails de la Boîte et qui couraient après les prix à gagner pour les "campagnes Harpon")... Ces textes étaient lus par tous les "Brigadiers EAR" du Groupement, que j'avais défendus lors de plusieurs grèves et manifs...

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MessageSujet: Re: Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...    Mer 7 Déc - 20:38

... Quatorze ans ont passé depuis ! En janvier 2006 la poste a été séparée en 2 : la Banque Postale et la Poste Courrier...
J'ai quitté le 12 janvier 2005, l'année où Raffarin a inventé le lundi de pentecôte jour normal plus férié soit disant pour les "vieux" par solidarité après l'hécatombe de 2003 quinze mille morts en août la canicule...
C'te année là 2005, y'avait 1er mai 8 mai et Noël Jour de l'An un dimanche ! J'ai loupé ça ! Qu'est-ce que je m'en suis tapé sur le ventre de satisfaction et de rire et de joie ! Avec en plus ce putain de lundi de pentecôte qui entrait en vigueur mai 2005!
... Quatorze ans... On est en 2016... Je pense à tous mes anciens collègues "pro système" et "qui s'la pétaient dur dur bien dans leurs baskets", et qui couraient après la promo pour avoir une retraite plus confortable, après un fin de carrière de cador ! Putain, ces mecs là, si ça se trouve aujourd'hui ils ont à peine cent euro de retraite de plus que moi, y'en a qui sont dans des fauteuils roulants, d'autres qui sont écrabouillés de vieillesse prématurée avec une casquette de pépère sur leur crâne d'œuf, même qu'y en a de morts aussi déjà... Alors que moi, qu'ai eu un blâme, qu'était noté "D" (la plus mauvaise note) et qu'a terminé à 57 balais au lieu des 60 et quelque que certains ont été... Eh beh j'me palpe tout de même 1648 euro net de retraite par mois (après déduction 104 euro de mutuelle assurance maladie)...
... Si j'dis ça à Fillon, il va m'incendier ! (Racaille d'anarchiste et de mauvais poète qu'il va dire!)

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MessageSujet: Re: Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...    Jeu 8 Déc - 8:46

Petite anecdote

... Lorsque je débutai au Centre de Tri Postal PLM en juillet 1967, après avoir été reçu à un concours externe d'Agent d'exploitation des PTT, je gagnais dans les premiers mois en tant que stagiaire (titularisation au bout d'un an) 759,56 Francs par mois.
En ce temps là, le dernier jour du mois, nous "faisions la queue" dans l'escalier menant au "bureau d'ordre" et à la Caisse, pour percevoir en "espèces sonnantes et trébuchantes" nos salaires : un gros billet de 500 francs plus deux billets de cent, un billet de cinquante et la monnaie... Mais très vite cependant, l'on nous fit prendre un compte courant postal sur lequel fut versé notre salaire... Les primes cependant, continuaient d'être versées en espèces à la Caisse (primes d'heures de nuit, primes pour les "Ambulants" train poste wagon poste).
Debout durant une vacation de 6heures (6-12) ou de 8heures (12-20) ou encore de 10 heures (20-6) devant un casier de tri -avec une pause d'une demi heure à mi vacation- je m'étonnais que mon camarade d'à côté qui faisait exactement le même travail que moi, ne gagnait que 600 francs par mois en effectuant le même nombre d'heures. C'était me disait-il, parcequ'il n'avait été embauché que comme auxiliaire.
En effet, la "Poste Pététique" à l'époque, une administration d'Etat, recrutait par concours mais avait besoin aussi pour faire face à un afflux saisonnier de travail (été et période noël nouvel an et autres moments dans l'année), d'employer des gens (souvent des jeunes, des étudiants, des femmes seules) "au pied levé", donc des auxiliaires (sans statut de fonctionnaire)... Il suffisait de se présenter à un bureau d'ordre de centre de tri ou à une direction des PTT ou même au Receveur d'un bureau de poste ; un entretien d'embauche pour s'assurer si le demandant avait au moins l'équivalent d'un certificat d'études ou d'un Brevet élémentaire...
En général la "Poste Pététique" envoyait ces "personnaux" auxiliaires dans les grands centres de tri, les transbordements (arrivée en gare des trains postaux, déchargement des sacs 30 kg et plus, des wagons, et tri des sacs sur d'énormes chariots, horaires "impossibles" (des 3h du matin à midi ou des 8h du soir à 3h du matin)...
Après être resté tout un été (été 1967) dans les Ambulants (trains poste) l'on me plaça au "Transit National" une salle très bruyante emplie d'épaisse poussière, à proximité des quais de transbordement du PLM, en brigade de nuit (20 – 6) avec une pause d'une heure à minuit.
Nous trions des milliers de paquets déversés de sacs postaux sur des tapis roulants, à sept ou huit trieurs autour de batteries circulaires (une cuve qui tournait et se remplissait de colis) et autour des batteries, il y avait des préposés (le grade en dessous d'agent d'exploitation) chargés de "faire des sups" (c'est à dire de mettre les paquets qui débordaient des sacs dans d'autres sacs dits "supplémentaires")... Vu la vitesse, la presse, le tournis infernal des cuves, l'avalanche permanente de paquets de toutes sortes (dont certains crevaient et puaient soit dit en passant)... Pour les "sups" ça allait jamais assez vite et je vous dis pas les engueulades à répétition dans le pire des vocabulaires imaginable!
De 8 h à minuit, y'avait les "17/24" qui s'ajoutaient à nous les vacataires de la brigade de nuit et ces "17/24" c'étaient des auxiliaires, des étudiants... Y'en avait un, ancien journaliste viré de l'ORTF, et un autre, un célibataire très radin, d'Hagetmau dans les Landes, qui lui, la journée travaillait chez un luminaire... Et il y avait aussi "Lovisat" un "pupille de la Nation" "un peu simplet sur les bords", affecté au dépoussiérage des sacs et qui assez souvent se trouvait au Transit avec nous pour "faire des sups"...
A la pause de minuit à une heure on jouait au tarot, après le repas à la cantine. On avait un chef "assez cool" qui nous laissait parfois prolonger d'un quart d'heure la pause...
On avait un objectif minimum de traiter (vider et trier) 1800 sacs par vacation de 10 h (20-6), nous en traitions à vrai dire souvent, des 2000/2200 et nous terminions vers 4h du matin et alors le chef nous laissait partir (inutile de vous dire qu'on passait tout de suite sous la douche avant de quitter le PLM – putain, qu'est-ce qu'on bouffait comme poussière)...
Le hic, c'est que dans les étages en particulier un chef très vache qu'on appellait "Eichmann", savait qu'au Transit on finissait de bonne heure : sur le coup de 3 h du matin, il demandait qu'on lui livre 3 ou 4 trieurs sinon toute la brigade pour aller en haut dans les salles où ça turbinait dur jusqu'à 6h avec l'arrivée ou le départ des avions (aviation postale). Combien de fois j'ai été pris dans cette "rafle" d'Eichmann et de ses sbires sur le coup de 3h du matin !
Le problème c'était -mais je m'en suis accommodé à ma façon avec ma personnalité de poète et de rêveur un peu anarchiste sur les bords- la vulgarité (ça discutait que de sexe, de putes et de foot), l'alcoolisme (on vidait par brigade d'ambulants de sept par wagon, un litre de pastis) et la tabagie impressionnante, y'avait des mecs ils grillaient jusqu'à 2 paquets de clopes par nuit)... Notre chef on le voyait toute la vacation pause comprise sans arrêt la clope au bec, en blouse grise, un mec de plus de 50 balais, qui bossait dur aussi dur que nous, il faisait tout, la répart, le tri, les sups et il était très cool, un mec bien... (il doit être mort depuis longtemps, le pauvre, paix à son âme... ça c'était un vrai chef, pas comme ce salaud d'Eichmann (lui il fumait la pipe) et qui nous en faisait baver...)
J'arrivais, au beau milieu de tous ces mecs, en dépit de cette vulgarité, de cette violence, de cet environnement de bruit et de poussière, à être "écouté", à faire passer ma "philosophie" et ma pensée, à dire ce que j'écrivais... Au début on se foutait de ma gueule mais je devins peu à peu une "vedette"... Il faut dire qu'à ce Transit, y'avait que des "marginaux", des mecs assez allumés, repérés par la direction du Bureau d'Ordre, des saoûlons, des "qui avaient fait de grosses conneries", mais l'équipe était aussi faite, jusqu'à minuit, de ces "17/24" tous des étudiants, des intellectuels, des artistes, auxiliaires à la "poste pététique" pour raison de gagner du pognon assurer leur subsistance...
J'y suis resté à ce Transit, de novembre 1967 jusqu'à décembre 1969... Après je suis allé à "L'avion" en haut, dans les salles, toujours en brigade de nuit...
De cette époque, dans quelques uns de mes écrits, j'ai raconté d'autres anecdotes, entre autres une au sujet de ce Lovisat, ce pupille de la nation, qui faisait exprès toujours le con, qui montrait son cul debout sur le comptoir de la cantine, tout le monde se foutait de sa gueule, mais pour moi, ce mec, c'était "un grand copain" et avec lui, on discutait de bouquins et de films, et de sujets de la vie qu'avec les autres on discutait jamais... J'en ai fait "un monument littéraire" à ma façon, de ce Lovisat ! (il doit être mort, lui aussi, le pauvre, paix à son âme)...


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MessageSujet: Re: Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...    Jeu 8 Déc - 9:13

... Cela peut paraître insolent de ma part, de dire -surtout après la "carrière chaotique et en dehors des clous" que j'ai faite à la Poste- que je gagne 1648 euro par mois de retraite, alors que tant de pauvres gens vivent avec moins de 600 euro par mois... Mais je me dis (je sais pas si c'est une "justification") que cet argent, c'est un peu comme pour moi, une sorte de "salaire" du travail d'écrivain que j'accomplis depuis tant d'années... Oui, "ça vaut bien les 1648 euro par mois que je reçois, de pension de retraite" (Fillon, tu peux pas vraiment dire le contraire, bordel!)... rire...
J'aurais pu, c'est vrai, m'investir dans une association à caractère humanitaire, dans la ville où j'habite, être bénévole à temps quasi complet, être actif dans des restaurants du cœur par exemple, et bien d'autres choses utiles, pour mes frères les humains surtout les "éclopés de la vie"... pour ces 1648 euro par mois ! (ça aurait peut-être été "mieux justifié"!)... Mais bon... "On fait ce qu'on peut" !

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MessageSujet: Re: Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...    Ven 9 Déc - 9:09

... Il y avait, au transbordement et devant la salle haute du bâtiment du Transit, au PLM en 1967/1976, là où étaient rangés les trains de chariots chargés de sacs postaux, le long des quais, entre les quais, tout cela formant une "zone" à l'apparence délabrée, jonchée de toutes sortes de détritus, une "zone" triste et grise, sombre et sale, sans cesse baignée d'une pénombre de poussière à peine traversée de quelques rayons de soleil durant la journée... Qui était l'univers de tout un peuple de minous (il y en avait bien en permanence, de ces minous, de jour comme de nuit, une cinquantaine)... Des tigrés, des tout noirs, des noir et blanc, de roux, des petits, des gros, des éclopés sur 3 pattes... C'étaient les gens chargés de la Cantine qui venaient leur donner les restes (les ruines des repas servis), portés dans des cagettes...
Il y en avait de tous les "caractères", de ces minous : des gentils, qui se laissaient approcher, qui venaient se frotter aux jambes, des timorés, des fuyants, des agressifs... Et souvent durant la pause de minuit à une heure du matin, je venais les regarder, les approcher... Et je me disais que tout ce peuple de minous c'était comme le peuple des humains : cette diversité de caractères et de comportements, formant comme un tableau de peinture, une mosaïque, une fresque gigantesque, en fait le "tableau" me paraissait d'une réalité "surréaliste" parce que justement je trouvais que la réalité était plus surréaliste que le surréalisme des peintres qui "faisaient de l'abstrait"... Il me venait alors l'idée, ou plutôt l'intuition d'une "beauté", d'une sorte de vérité intemporelle du monde, d'une "beauté" oui, même s'il y avait dans cette "beauté", de la violence, de la cruauté...
Un jour je voulus "faire une blague" : je "chopai" (ce fut "épique") un minou "impossible", un tout noir, tout maigrichon, sur 3 pattes, très griffant, fou furieux, et l'enfermai dans l'un des sacs qui allait inévitablement être ouvert et versé sur le tapis de la "répart'"... A la reprise du travail après la pause, ça n'a pas fait un pli : v'là qu'le minou comme un diable sorti de sa boîte, saute sur le tapis au milieu des colis déversés (et de la poussière) et se met à galoper sur le tapis roulant menant aux cuves tournantes, il tombe dans une des cuves, puis de là il saute et se réfugie sous une pile de sacs pliés. Avec Lovisat, le mec du dépoussiérage, je rechope le pauvre minou et on le remet dehors il part en flèche la queue levée bien droite... Quelle crise de four rire ce fut cette histoire !

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MessageSujet: Re: Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...    Ven 9 Déc - 10:41

... Dans ces années là (et aujourd'hui encore je crois bien à la poste courrier depuis 2006) à la "Poste Pététique" d'avant 1974 séparation d'avec les télécoms ; on appelait "californies" (en abrégé "califs") les heures supplémentaires payées une fois et demi l'heure normale (avec en plus le tarif appliqué pour dimanches et fêtes et nuit quand on faisait ces heures de nuit ou un dimanche ou un férié)...
Ce terme de "californies" venait de "Californie états unis d'Amérique durant la ruée vers l'or" (on disait "avec cet argent en plus on va se payer la Californie)...
Ces "califs" il faut dire à l'époque, "ça mettait du beurre dans les épinards" surtout pour les jeunes qu'on était, à vouloir aller en boîte de temps à autre, pour certains "aller voir les putes", à pouvoir s'acheter des fringues à la mode entre autres...
De ces "califs" j'en ai fait qu'une seule fois : le jour où Eichmann le chef vache qu'on avait au PLM, avait proposé aux types de la brigade de venir en "sup" une nuit entière de 10 h dans la brigade inverse (on faisait 2 nuits consécutives sur 4 samedis dimanches compris) durant une période de noël nouvel an. Il nous avait dit "vous voyez ces deux chariots, les mecs? Si vous arrivez à les liquider avant 6h, je vous lâche" (Les chariots étaient hyper archi pleins de rangées de milliers de lettres) et l'Eichmann là il croyait pas qu'on pouvait arriver à liquider tout ça avant 6h...
Eh bien à 4h du matin, à dix qu'on était devant la rangée de casiers de tri, on les avait curés les 2 chariots! Vides tous les deux! Z'auriez vu la tête de l'Eichmann, il était tout déconfit et forcé de tenir sa promesse... Résultat pour 2 h de boulot en moins, on a palpé 10 h de tarif de nuit ! ça faisait un bon pactole!
Au Transit, c'était surtout les "17/24" qui faisaient des califs, en particulier le mec d'Hagetmau qui bossait le jour chez un luminaire, qui était un célibataire endurci la pète de se voir pomper son fric par une femme, radin comme tout, il "rempilait" de 1h à 6h (je me demande quand il dormait)... Et un autre, celui qui avait été viré de l'ORTF et qui était marié avec 3 gosses, un nommé Delattre (il avait 35 ans moi j'en avais 20, bon je peux dire son nom le pauvre il doit être aujourd'hui ou mort ou très vieux)...

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MessageSujet: Re: Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...    Ven 9 Déc - 11:23

... Pour tout vous dire y'avait à ce Transit ainsi d'ailleurs que dans tous les autres services et ambulants du PLM, des mecs absolument épouvantables, qui savaient que j'étais un pur, un poète, un inassimilable, un anti beaucoup de choses, et qui me faisaient chier en n'arrêtant pas de me balancer des histoires de putes et de PD toutes plus horribles les unes que les autres... Y'en avait un, de mon âge, un mec toujours sapé comme un prince avec une belle chemise bien repassée, un visage à faire bander autant un homme qu'une femme, et qui me disait qu'il allait chez "Madame Arthur" une boite de PD hyper branchée à Pigalle, et qu'il se faisait des 500 sacs par nuit avec des vieux milliardaires vicieux... A la fin, je piquais de ces colères légendaires, il fallait m'empêcher de casser la gueule à trois mecs en même temps, me retenir je devenais fou furieux...
"Ils" voulaient me faire passer le "brevet colonial" un truc atroce qui consistait à être traîné à ras du sol retenu par les mains les pieds par 4 mecs et ensuite être déculotté et passé la bite au cirage... Mais j'étais un costaud dans mon genre, et y'avait jamais moyen de m'immobiliser je tapais comme un sourd... (j'étais champion de course à pied, rapide dans le geste, pas épais mais des muscles de fer, et je faisais des dizaines de kilomètres en vélo à des 28 à l'heure voire des 30/35 en pleine vitesse

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MessageSujet: Re: Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...    Dim 11 Déc - 8:42

... Une précision importante au sujet de l'histoire de la Poste (2ème moitié du 20 ème siècle et début du 21ème siècle) :

... Après réflexion je m'en souviens bien : la séparation entre la poste courrier (courrier et colis) et la poste "grand public" (services financiers, guichet) a commencé à se faire en 2003, les deux "entités" courrier et grand public faisant partie du "Groupe La Poste". Mais dans bon nombre de bureaux à partir de 2003 et ce jusqu'en fin 2005 et même encore jusqu'en 2010, les facteurs, les agents du courrier, les services du courrier, des colis, avec le traitement à l'arrivée et au départ du courrier tout cela "coexistait" dans le même bâtiment, avec les services financiers et guichet "grand public". Les directions toutefois des "2 branches" à partir de 2003, furent séparées.
Au 1er janvier 2006, fut créé La Banque Postale, et La Poste, qui dans bon nombre de bureaux, se trouvaient dans le même bâtiment, mais désormais avec deux directions séparées. Puis peu à peu, des centres de traitement du courrier ont été construits (en général dans des zones industrielles en périphérie des villes).
Quant à ce que j'appelle "la poste pététique", jusqu'en 1974 l'administration d'état qu'était cette "poste pététique" avait pour intitulé (sigle) : P.T.T (Postes Télégraphe Télécommunications). Après 1974, l'intitulé de l'administration d'état était devenu "Postes et Télécommunications" (avec un sigle différent). Mais la séparation entre la poste et les télécoms n'a été effective qu'en 1990 lors de la réforme des PTT, et au 1er janvier 1991, la Poste est devenue une entreprise publique autonome.
Pour avoir participé à la grande grève de 43 jours en 1974 (43 jours au PLM, du 17 octobre au 29 novembre), je me souviens qu'à l'époque on parlait beaucoup de ces concurrents des télécoms qu'étaient "Finextel, Codetel", et du projet de séparation de la Poste et des Télécoms, séparation qui, c'est vrai, fut effective en 1990.
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MessageSujet: Re: Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...    Mer 14 Déc - 11:49

... Pour la suite de ce récit anecdotes souvenirs mes débuts au centre de tri postal PLM à Paris été 1967... lire sur mon forum : ICI
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Travailler plus pour ne gagner qu'à peine plus que le SMIG...

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