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Cynthia Ozick.

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Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
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Cynthia Ozick. Vide
MessageSujet: Cynthia Ozick.   Cynthia Ozick. Icon_minitimeSam 28 Juil - 20:55

Cynthia Ozick naît à New-York, en 1928, dans une famille russe d'origine juive. M. et Mme Ozick ont fui la Russie et les pogroms et  tiennent désormais une officine pharmaceutique. C'est là, dans le Bronx, au milieu des histoires, grandes, petites, tristes, gaies ... que se racontent les clients et clientes de ses parents, que la jeune Cynthia prend goût à l'art de conter.

Son premier roman, "Trust", ne sortira cependant qu'en 1966.

Depuis lors, Cynthia Ozick a produit une quinzaine d'ouvrages (essais et romans) qui puisent en général leurs racines dans la tradition juive.


Elle nous a également donné cette très belle définition de l'écrivain :

"Un écrivain est quelqu'un qui ose, qui ne se fixe pas de loi hormis celle de son inspiration, qui doit être un peu fou, et aller à rebours des idées reçues..."


Cynthia Ozick. Cynthi10

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

Jean Hougron

Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. - Pierre Desproges

Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman. - Pierre Desproges


Dernière édition par Masques de Venise le Mar 17 Avr - 11:54, édité 1 fois
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Cynthia Ozick. Vide
MessageSujet: Re: Cynthia Ozick.   Cynthia Ozick. Icon_minitimeSam 28 Juil - 21:40

Cynthia Ozick. Mondevacillantwn0

Heir to the Glimmering World
Traduction : Jacqueline Huet/Jean-Pierre Carasso


Il y a une quinzaine d'années, j'ai visionné le "Kafka" de Soderbergh, avec un Jeremy Irons tout bonnement fascinant. Décrire l'ambiance qui baigne ce film, directement inspiré du "Procès", est impossible. Disons qu'il ressemble à un rêve éveillé particulièrement glauque et brumeux. (Il est d'ailleurs, si mes souvenirs sont bons, réalisés en noir et blanc, ce qui contribua beaucoup à le faire échouer au box-office américain.)

Eh ! bien, l'atmosphère qui règne dans "Un Monde Vacillant" m'a beaucoup rappelé le film de Soderbergh. Non qu'il s'agisse d'un roman noir ou pessimiste : il n'y a même rien de kafkaïen là-dedans. Mais, bien que son action se déroule intégralement aux Etats-Unis, "Un Monde Vacillant" distille de façon déroutante un souffle venu de l'antique Europe de l'Est, celle qui s'abîma dans la guerre de 14.

Nous sommes pourtant en 1935 lorsque l'héroïne - qui est aussi la narratrice - du roman se voit contrainte d'entrer au service de Rudolf Mitwisser, un Juif berlinois que la prise du pouvoir par Hitler en Allemagne a jeté dans l'exil avec sa famille. Rose Meadows, tel est son nom, vient de perdre le seul parent qu'il lui restait : son père. Un père bien insouciant (et même indigne, si vous voulez mon avis !) qui la laisse seule et sans un sou, à la charge d'un cousin maternel (Bertram) certes sympathique mais qui songe à se marier ... Comme Rose, vaguement amoureuse de Bertram, n'apprécie guère celle qui prétend l'épouser, c'est avec soulagement qu'elle accepte l'offre des Mitwisser.

Du premier entretien, Rose a conclu que le poste proposé était un emploi de gouvernante pour les jeunes enfants Mitwisser. Mais elle va se rendre compte très vite que ses attributions sont beaucoup plus éclectiques.

Traumatisée par leur départ d'Allemagne, Mme Mitwisser - Elsa - est tombée dans une espèce de folie à éclipses qui la fait repousser Waltraut, la plus jeune de ses filles, presque un bébé pourtant, et passer toutes ses journées à faire des patiences, allongée sur son lit. Les rênes domestiques de la maison sont entre les mains de la fille aînée, Anneliese, d'un an plus jeune que Rose. Entre les deux filles, quatre garçons turbulents dont les prénoms changent tout le temps, s'américanisant au gré de leurs humeurs et semant le doute dans l'esprit de Rose.

Et puis, bien sûr, dans son bureau, le professeur Mitwisser qui parle un anglais si protocolaire qu'on en sourit bien souvent et qui travaille depuis une éternité sur un vaste ouvrage relatif à l'hérésie des Karaïtes, juifs qui affirmaient que la Torah devaient être lue (et observée) à la lettre.

Au coeur de cette étrange maisonnée qui donne très vite au lecteur l'impression étouffante d'un galop de chevaux déments dans un vase clos, Rose commence par se poser nombre de questions. Surtout celle-ci : qui assure les finances des Mitwisser puisque l'Etat américain ne les a jamais pris en charge ?

Ce roman, on pourrait aussi le comparer à un gros écheveau de laine, se dévidant interminablement mais sans lasser le lecteur curieux. La relativité de l'importance que nous accordons aux choses, les ravages provoqués par l'exil forcé en terre étrangère, l'impossibilité d'oublier le passé et, partant, l'obligation soit de l'intégrer à notre futur, soit de se laisser manger par lui ... voilà quelques uns des thèmes traités ici par Cynthia Ozick. Cela donne parfois l'impression d'un grenier en désordre où il faut, pièce par pièce, rassembler le puzzle de toute une existence mais, si l'on y parvient, on reste admiratif devant la technique de la romancière. D'autant que le livre présente une chute finale pour le moins inattendue.

J'ajouterai qu'Ozick a beaucoup d'humour : son récit de l'hérésie karaïte et des recherches du professeur Mitwesser réjouira tout le monde et tout particulièrement l'athée et l'agnostique.

Un auteur à lire, donc. La prochaine fois, je prendrai néanmoins l'un de ses premiers romans. Ce sera peut-être plus simple de s'y plonger car, je l'avoue, au début du texte, j'ai connu quelques difficultés. A bon entendeur ! Cynthia Ozick. Chapeau2
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