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Mario Vargas Llosa - (Pérou).

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kscades



Nombre de messages : 7
Date d'inscription : 07/07/2005

MessageSujet: Mario Vargas Llosa - (Pérou).   Jeu 7 Juil - 21:00

Mario Vargas Llosa - Tante Julia et le scribouillard

Une petite merveille !! Les amours compliquées du jeune Mario avec sa jolie tante dans le Lima des annees 50 rythmées par la grande passion des sud américains : les feuilletons radiophoniques. Jubilatoire !

Citation :

A dix-huit ans, « Varguitas », autrement dit l'auteur, fait mollement des études de droit, travaille un peu à la radio, écrit des nouvelles et est éperdument amoureux de la tante Julia, belle divorcée de quinze ans son aînée. Malgré les obstacles, leur amour triomphera.
En même temps, Vargas Llosa raconte l'univers fabuleux des feuilletons radio auxquels est suspendue toute l'Amérique latine. Et, à travers cet univers de mélo et de kitsch, il nous peint toute une société.

_________________
Anne
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rotko
Invité



MessageSujet: Re: Mario Vargas Llosa - (Pérou).   Jeu 7 Juil - 21:16

bonne idée Anne d eparler de cet auteur et de ce livre que , moi aussi, j'aime bien :-)

Mario Vargas Llosa « la tante Julia et le scribouillard » Folio
Deux récits pleins de verve alternent dans ce roman : les épisodes de Pedro Camacho, stakhanoviste du feuilleton, et les tribulations amoureuses du jeune Varguitas avec sa tante Julia.
Pedro, le scribe bolivien, concocte pour la radio des histoires haletantes qui passionnent son auditoire péruvien, aux dépens des Argentins ! il fournit 2 à 3 feuilletons quotidiens, avec des personnages pittoresques (extrait) :
« Ainsi l‘apprenti curé se mit-il à propager parmi les séminaristes la thèse selon laquelle il fallait ressusciter les croisades, reprendre la lutte contre Satan, non seulement avec les armes féminines de la prière et du sacrifice, mais avec les viriles (et assurait-il plus efficaces) du coup de poing, du coup de tête, et si les circonstances l’exigeaient, du couteau et des armes a feu. »
Mais bientôt la machine s’emballe, et tout se mélange dans la cervelle du pauvre scribe surmené, qui ressuscite dans le deuxième feuilleton du jour ceux qui venaient de périr dans le premier !
Quant à Varguitas, subjugué par sa tante, écartelé entre études, travail et rendez- vous amoureux clandestins, il affronte sa famille et la bureaucratie des mariages « vite expédiés » dans un tourbillon plein de saveur et de sentiments. Un régal !
Du même auteur :
  « l’éloge de la marâtre » 
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rotko
Invité



MessageSujet: Re: Mario Vargas Llosa - (Pérou).   Jeu 7 Juil - 21:22

et celui-ci, Anne, le connais-tu ? Wink
Mario Vargas Llosa « Eloge de la marâtre » Folio.
Rigoberto a toutes les veines : un enfant adorable de son premier mariage, et une seconde épouse dont il est amoureux fou. Aussi, le soir, passe –t-il beaucoup de temps dans sa salle de bains pour le cérémonial de sa toilette, avant de célébrer avec Dona Lucrecia la cérémonie de l’amour.
C’est un rite inventif et sacré que les peintres ont glorifié dans leurs œuvres et dont Vargas Llosa détaille l’inventaire avec une gourmande minutie. Ces tableaux hédonistes et érotiques sont pour Rigoberto le menu quotidien. Comble de bonheur, son fils, le petit Alfonso, adorable Cupidon, n’a d’yeux que pour sa marâtre et on dit même qu’il grimpe sur le toit pour la mieux voir dans son bain…
Enfin un récit qui n’a pas le sens du péché, qui est le triomphe de l’esprit et des sens. On goûte tous ces plaisirs avec une grande innocence...
Le paradis est chez Vargas Llosa, à moins que ne s’y trouve, bien caché dans un pommier, un esprit et un corps malin…. (rire)
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kscades



Nombre de messages : 7
Date d'inscription : 07/07/2005

MessageSujet: Re: Mario Vargas Llosa - (Pérou).   Jeu 7 Juil - 21:23

oui mais j'ai moins aimé. Mais il faut dire que "la tante Julia et le scribouillard" m'avait vraiment séduit.
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Anne
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coline
Invité



MessageSujet: Re: Mario Vargas Llosa - (Pérou).   Ven 8 Juil - 0:55

Comment ne pas évoquer "El paraiso en la otra esquina" (nom d'un jeu d'enfant)... La traduction est "Le paradis dans l'autre coin" mais je ne me souviens plus du titre qu'on lui a donné en français.
L'histoire de deux vies: celle de Flora Tristan qui a mis tous ses efforts dans la lutte pour les droits des femmes et des ouvriers et la vie de Paul Gauguin, l'homme qui découvrit sa passion pour la peinture et abandonna son existence bourgeoise pour voyager à Tahiti à la recherche d'un monde non contaminé par les conventions.
Quel lien unit ces deux êtres? Flora était la grand'mère maternelle de Paul !
Deux personnages qui optent pour deux modes de vie différents du leur et révèlent un goût commun: celui d'atteindre le Paradis où sera possible le bonheur pour les êtres humains...Le Paradis étant...dans l'autre coin...ailleurs...
Un livre passionnant!....Je vous cherche le titre exact en français...
"Le Paradis , un peu plus loin"
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Cécile prozac
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MessageSujet: Re: Mario Vargas Llosa - (Pérou).   Lun 25 Juil - 19:00

Mario Vargas Llosa, un des écrivains les plus lus en Amérique latine, et plus particulièrement au Pérou. J'ai beaucoup aimé la tante Julia qui nous apporte une fraîcheur péruvienne exceptionnelle et également un certain suspens.
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MessageSujet: Les cahiers de Don Rigoberto   Mar 8 Mai - 17:08

C’est un livre pas commun, ces Cahiers de Don Rigoberto. Parfois on ne sait pas trop qui parle. Les chapitres sont courts, les titres baroques ("La petite culotte de la professeur", "Lettre au lecteur de « Playboy » ou traité minime d’esthétique") et la base de l’histoire on ne peut plus simple... en apparence. Don Rigoberto, fou amoureux de sa femme Doña Lucrecia, s’est séparé d’elle à regret après qu’elle a fauté avec Alfonso, dit Fonfon, son fils né d’un premier mariage et, donc, le beau-fils de sa seconde épouse (Turpitudes racontées dans Eloge de la marâtre, qu’on n’a pas besoin d’avoir lu pour apprécier ce roman et comprendre ce qui s’y passe). Depuis, dans sa maison près de la mer à Lima, il passe la majeure partie de ses nuits dans son bureau, au milieu de ses livres, estampes et tableaux bien-aimés à recréer dans ses cahiers des scènes de bonheur perdu, ainsi qu'à méditer sur des citations qu’il a relevées dans les livre qu'il a aimés et qui le ramènent toujours à Lucrecia qu’il ne parvient pas à oublier. Le tout parsemé de souvenirs de lectures qui constituent une mine pour le lecteur ! De son côté, Lucrecia, elle, vit toujours à Lima, mais dans un autre quartier, avec sa domestique Justiniana. Et elle reçoit un jour, effarée, la visite de Fonfon. Le jeune garçon se dit animé des meilleures intentions possibles et elle le laisse entrer chez elle. Dès lors, il va laisser libre cours à ses deux obsessions : réconcilier son père et sa belle-mère et s’identifier à Egon Schiele, son peintre favori dont il connaît par cœur, et de manière un peu inquiétante, la vie et l’œuvre.

Le roman se découpe en parties différentes, entre le récit « réel », le récit qu’on soupçonne fortement d’être une rêverie ou le fantasme d’un des personnages et les extraits des carnets de Don Rigoberto, composés surtout de lettres délirantes, malicieuses et furieusement libertaires, qu’il adresse à des destinataires imaginaires dont il fait la cible de sa colère. Il y a enfin de mystérieuses lettres d’amour, très personnelles et très inventives.

Pour vous donner une idée du style vigoureux de Vargas Llosa dans ce roman et de l’originalité du personnage de Don Rigoberto, voici un extrait de la fameuse lettre au lecteur de Playboy :

« Ma haine pour Playboy, Penthouse et les autres n’est pas gratuite. Ce spécimen de revue est un symbole de l’encanaillement du sexe, de la disparition des beaux tabous qui l’entouraient d’ordinaire et grâce auxquels l’esprit humain pouvait se révolter, exerçant la liberté individuelle, affirmant la personnalité singulière de chacun, et l’individu souverain se créer peu à peu dans l’élaboration, secrète et discrète, de rituels, conduites, images, cultes, fantaisies, cérémonies qui, ennoblissant éthiquement et conférant une catégorie esthétique à l’acte amoureux, l’avaient désanimalisé progressivement jusqu’à en faire un acte créatif. Un acte grâce auquel, dans l’intimité réservée des alcôves, un homme et un femme (je cite la formule orthodoxe mais, évidemment, il pourrait s’agir d’un monsieur et d’une palmipède, de deux femmes, de deux ou trois hommes, et de toutes les combinaisons imaginables à condition que la distribution ne dépasse pas le trio ou, concession maximale, deux paires) pouvaient rivaliser pour quelques heures avec Homère, Phidias, Botticelli ou Beethoven. Je sais que vous ne me comprenez pas, mais n’importe ; si vous me compreniez, vous ne seriez pas bête au point de synchroniser vos érections et orgasmes sur la montre (en or massif et sûrement étanche) d’un monsieur appelé Hugh Heffner. » Et voilà, Don Rigoberto a parlé !

Le personnage est posé, un esthète extrêmement individualiste, attaché à ses arguments, amoureux de sa femme, de la vie et de sa liberté, qui écrit des diatribes qu'il n'envoie pas à la bureaucratie en lui disant que sans sa médiocrité son monde intime serait moins beau en comparaison parce que le contraste donne plus de relief à ce qu'il oppose. Vargas Llosa donne très bien à voir la part de jeu qu’il y a dans la relation amoureuse, l’univers secret qu’on se bâtit à deux et dont aussi bien Rigoberto que Lucrecia ont la nostalgie. Entre ces deux moitiés séparées vogue Fonfon en eaux troubles, et, bien qu’étant encore un enfant, il paraît bien plus pervers que les adultes et fait penser à un mauvais génie à l’air inoffensif.

On a au final une très belle apologie de l’imagination, de la vie secrète qu’on vit grâce à ses amours et à la contemplation d’œuvres d’art, mâtinée d’une joie malicieuse et de la grande nostalgie du mari à qui seule sa femme perdue importe. Hédonistes de tout poil, vous devriez vous régaler avec ce livre !


Mario Vargas Llosa
Les cahiers de Don Rigoberto
Folio



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MessageSujet: Re: Mario Vargas Llosa - (Pérou).   Sam 3 Oct - 18:47

J'ai lu le mois dernier La Tante Julia et le scribouillard. Contrairement à un intervenant sur ce fil, je ne dirais pas que c'est un régal car les amours de Julia et du narrateur m'ont passablement ennuyée. Sans doute la construction de l'oeuvre qui alterne vie du narrateur et récits du scribouillard bolivien Pedro Camacho y est-elle pour beaucoup : j'ai lu avec grand plaisir les histoires du scribouillard et à chaque changement de chapitre, je regrettais un peu de revenir à la vie du narrateur, à ses amours avec tante Julia que je trouvais assez insipides.

Je relirais volontiers ce livre si je n'avais rien d'autre à lire en m'attachant plus précisément à étudier le thème du double, l'auto-dérision, les effets de miroir, la mise en abime, le jeu entre le réel et le réalisme, la réalité et la fiction.

Tout en proposant une extraordinaire galerie de monomaniaques, l'auteur peint la société liméenne. C'est une oeuvre qui paraît légère en raison de l'humour qui affleure bien souvent mais dans chaque chapitre le lecteur est confronté à la dureté des rapports sociaux et sociétaux entre Péruviens. Ainsi, le "génocide" des personnages effectué par P. Gamacho empêtré dans ces multiples récits est comique mais il marque l'aboutissement de la déchéance psychologique du scribouillard. Le récit se termine sur une impression assez sombre puisque le dernier chapitre montre une société où les rapports humains sont typiques d'un système dictatorial : des hommes de faible constitution morale, au bord de la déroute professionnelle et matérielle, humilient, sans que leur comportement soit réprouvé par quiconque, plus faible et plus déchu qu'eux.

Cette oeuvre originale offre donc à la fois une peinture de la société péruvienne et une réflexion sur l'écriture, la littérature et le statut de l'écrivain.
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