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Leonardo Padura Fuentes - (Cuba).

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Julie
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MessageSujet: Leonardo Padura Fuentes - (Cuba).   Mer 1 Aoû - 10:16



Leonardo Padura Fuentes (né en 1955) est un écrivain et journaliste cubain, et même l’un des plus connus, au niveau international, des écrivains cubains contemporains, sous le nom abrégé de Leonardo Padura.

Né à La Havane, il a obtenu un diplôme de littérature latino-américaine à l’Université de La Havane. Il a tout d’abord été reconnu comme journaliste d’investigation, mais est ensuite devenu essayiste, puis auteur de scénarios et de romans policiers. Son roman L’automne à Cuba a remporté le prix Hammett de l’association internationale des auteurs de romans policiers en 1998.

La quadrilogie « Quatre saisons » (Passé parfait / Vent de Carême / Electre à La Havane / L’automne à Cuba), qui fait intervenir le lieutenant Mario Conde, a poursuivi l’œuvre de Padura, suivie de la longue nouvelle Adios Hemingway et du roman Les brumes du passé.
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MessageSujet: Re: Leonardo Padura Fuentes - (Cuba).   Mer 1 Aoû - 10:24

Les brumes du passé

Comme tout bon héros de polar qui se respecte, Mario Conde est un homme en pleine crise existentielle dite « crise de la quarantaine ». Il a quitté la police cubaine pour essayer de se consacrer à l’écriture mais ça ne marche pas vraiment, sa plume est à sec, et pour vivre il s’est lancé dans l’achat de livres d’occasion. Le marché est juteux, de nombreux habitants de l’île vendant, à contrecoeur ou non, leur bibliothèque pour se mettre quelque chose sous la dent.

Conde est assisté par son ami Yoyi « el Palomo » (« le pigeon » en espagnol, c’est pourtant un dur en affaires et il a mérité son surnom plus pour son torse bombé que pour sa crédulité), un jeune homme plein d’allant qui ne recule pas devant les combines les plus douteuses.

Ajoutons ses amis fidèles Carlos « le maigre », son vieil ami, qui s’est lancé dans une autodestruction hédoniste depuis qu’une guerre l’a laissé avec la moelle épinière détruite, El Conejo (« le lapin ») et Candito le croyant, plus Tamara, avec qui Conde a une relation amoureuse distendue mais à qui il pense comme à « sa femme », et on aura un tableau complet de l’entourage affectif du Conde. Cette joyeuse bande famélique mais qui aime toujours les plaisirs auxquels elle n’a pas goûté depuis très longtemps se réunit régulièrement pour médire sur le régime et se rappeler les bonnes choses d’autrefois.

Un jour, Conde, qui propose aussi à domicile ses services sans qu’on ne lui ait rien demandé, va frapper à la porte d’une belle demeure coloniale qui a connu des jours meilleurs. C’est ainsi qu’il fait la connaissance d’Amalia et Demetrio Ferrero, une sœur et un frère squelettiques, et surtout de leur bibliothèque qui regorge de trésors, de premières éditions et d’ouvrages dont la valeur dépasse toutes les espérances qu’ils pourraient avoir. Le Conde conclut un marché avec eux, et emporte quelques livres moyennant finance en proposant de revenir le lendemain avec plus d’argent pour le reste. Il s’octroie au passage un des premiers livres de cuisine édité dans l’île, qui ne ferait pas rougir Dumas par l’opulence de ses plats et décide de dépenser la somme déjà coquette qu’il a sur lui en faisant préparer un menu complet tiré de ce livre pour ses amis dans un des restaurants du quartier.

Problème : le lendemain, la bibliothèque est semble-t-il visitée avant son passage, Yoyi lui passe un savon parce qu’il n’a pas sauté sur l’occasion et emporté des ouvrages qu’il a jugés inestimables, jugeant que leur place serait plutôt dans une bibliothèque nationale, et, entre les pages de son livre de cuisine, Mario Conde découvre la photo d’une femme magnifique qui va lui mettre une idée fixe en tête : savoir qui elle est et si elle est toujours vivante.

Sur ces bases, Padura bâtit un roman très agréable à lire, où il se passe une foule de choses. A la fois peinture réaliste du Cuba d’aujourd’hui où les gens vivotent dans la détresse et la débrouille loin des plages de carte postale, description du monde de la nuit et du spectacle dans les années cinquante, portrait d’un homme attachant aimant son pays mais regrettant son état actuel, descriptions d’amitiés comme on voudrait en avoir et d’intuitions policières qu’on espère voir aboutir à des découvertes (et ça ne manque pas), Les Brumes du passé est prenant à plus d’un titre.

On a vraiment envie de lire les autres volumes que Padura a consacrés à Mario Conde et sa petite tribu… et de conseiller aux amateurs de se plonger dans ce roman.


Les brumes du passé
Leonardo Padura, traduit de l'espagnol par Elena Zayas
Métailié
348 pages
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MessageSujet: Re: Leonardo Padura Fuentes - (Cuba).   Mer 1 Aoû - 10:58

J'ai beaucoup aimé Adios Hemingway de cet auteur.

Dans la note qui ouvre « Adios Hemingway », Padura explique que c’est son admiration pour Ernest Hemingway qui l’a amené à écrire ce livre dans lequel il mêle son flic enquêteur, le Conde, à l’univers du célèbre auteur.
Il s'agit de pure fiction à partir de l'interprétation de dates et de faits de sa vie.

Un cadavre est découvert dans le jardin de la demeure cubaine du célèbre écrivain mort depuis 40 ans. C’est le point de départ fictif d’une enquête qui fouille sa vie, sa relation avec Cuba et ses habitants, le FBI, ses écrits …
Le Conde a quitté la police pour « se mettre à écrire » mais un de ses anciens collègues vient lui demander son aide pour cette enquête.
Quelques coquilles et ce qui m’a semblé être des traductions bancales dans certaines phrases m’ont gênée dans la lecture. L’enquête n’est pas le réel atout du livre, qui ne devient vraiment touchant que lorsque l’on sent surgir à travers le Conde les obsessions de Padura, ses interrogations et réflexions sur la nécessité vitale de l’écriture, que ce soit pour lui ou Hemingway.
Le Conde confronte la construction du mythe à l’existence de l’homme, jusqu’au bout d’une enquête qui lui permet de régler son problème avec l’idole.

"Les médecins voulaient lui faire oublier ce délire de persécution qui le rendait fou et tout ce qu'ils sont arrivés à faire, c'est à lui griller le cerveau, pour ensuite le bourrer de millions de cachets ... Ils en ont fait un mort-vivant. Hemingway ne pouvait plus écrire, parce qu'avec le désir, ils lui ont aussi arraché une partie de la mémoire, et sans mémoire on ne peut pas écrire. Et lui était beaucoup de choses mais avant tout un écrivain. En deux mots : ils lui ont châtré la vie. Et ça, c'est très triste, Ruperto. Que l'on sache, votre Papa n'avait pas le cancer ni aucune maladie mortelle : mais on lui avait enlevé les couilles. Lui qui avait toujours voulu prouver qu'il en avait et qui les a même montrées à beaucoup de monde pour qu'ils les voient, a fini châtré de là (et le Conde se frappa la tempe de sa main ouverte, deux, trois fois avec rage, jusqu'à en avoir mal) et sans cela, il ne pouvait pas vivre."
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MessageSujet: Re: Leonardo Padura Fuentes - (Cuba).   Mer 1 Aoû - 19:34

Tout ça m'a l'air très alléchant ...
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MessageSujet: Re: Leonardo Padura Fuentes - (Cuba).   Lun 20 Aoû - 12:23

J'ai à mon tour lu Les Brumes du passé et j'ai beaucoup aimé.

En fait, j'ai une fois de plus (mais à mon avis, c'est voulu parce qu'il le dit presque en toutes lettres) découvert le nom du coupable une cinquantaine de pages avant la fin, mais ça n'a aucune importance, tellement ce roman est un "faux polar".

Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est la capacité de Padura à nous intégrer dans le cercle des amis du Conde, à nous faire comprendre la relation qui les unit, et les unit d'autant plus que la situation de l'île est difficile.

Les Brumes du passé, c'est tout à la fois un hymne à l'amitié, à Cuba, au bolero, une évocation mélancolique du passé de l'île - avant l'arrivée de Castro, bien que Batista ne soit pas exactement un modèle de président, ni un générateur de bien-être absolu pour les Cubains.

C'est un très beau roman au style coulé, aux personnages qui vous restent collés au fond du coeur, à l'atmosphère tropicale inimitable (franchement, dès les premières pages et les descriptions de la maison, j'ai ressenti des "impressions de jeunesse", remontées de mon enfance à la Réunion ; la description de la végétation a ajouté à ce sentiment. Ah ! les flamboyants...). L'aspect "mystère" est central, bien sûr, mais en un sens il n'est qu'un prétexte à la découverte du "vieux Cuba".

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