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Claude Chabrol

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Dinou
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MessageSujet: Claude Chabrol   Mer 15 Mar - 1:10

Nouvelle mouture de Chabrol, et pour une fois, le mot "nouveau" est bien choisi.

Car non! Chabrol ne s'attaque pas à la petite bourgeoisie incestueuse de Province comme à son habitude, mais à un gros groupe pétrolier, et à ses magouilles pour le moins vereuses.

Vous l'aurez reconnu, c'est au scandale de ELF que s'attaque Chabrol sur un ton qui n'est pas loin de celui de Moore outre-atlantique, quoiqu'un tantinet plus talentueux (cocorico).


Isabelle Huppert incarne avec brio (moi qui la trouve ordinairement sèche, là, elle respire le pouvoir, l'assise, et la féminité à la fois) la juge Charmant-Kilmane, chargée d'instruire le dossier FMG (décalage d'une lettre). François Berléand incarne LLFP, ou presque... Tout y est, même la maladie de peau de LLFP.

Ce qu'on retient, ce n'est pas la fidélité à l'Histoire, mais bien plutôt la réalisation, et les dialogues. Ils sont ciselés, et les voir jaillir de la bouche d'Isabelle Huppert, de Berléand, de Dumas, de Bruel, sont un réel plaisir.

On rit, et de toutes sortes de manière : dans nos moustaches (sic), en coin, à gorge déployée, et jaune...

Tout pour plaire finalement...



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MessageSujet: L'ivresse du pouvoir - Claude Chabrol   Ven 5 Mai - 14:33

Je ne sais pas ce que vous avez pensé de ce film, mais pour ma part il m'a vraiment déçue. Vous me direz que qui aime bien châtie bien et que la chabrolmaniaque que je suis place sans doute la barre haut pour son Claude adoré. Il n'empêche que c'est un film faible.

Le début du film laisse planer le doute : sur les premières images apparaissent deux lignes ironiques disant que les personnages sont fictifs et que "toute ressemblance avec des personnages réels serait, comme on dit, fortuite". Tout le monde sait que Chabrol s'est inspiré de l'affaire Elf. Mais ce n'est pas un documentaire ou un film sur le milieu des escrocs qu'il nous propose, ni une chronique judiciaire. C'est le portrait d'une femme, Jeanne Charmant-Killman (Isabelle Huppert), la juge chargée d'instruire l'affaire, et le récit des conséquences intimes qu'a l'affaire sur sa vie personnelle. C'est, dit Chabrol, un film sur le pouvoir et la perte de contrôle de soi qu'il peut induire s'il génère une ivresse. Intentions fort intéressantes, qui promettaient un film fouillé, une descente dans le moi profond de personnages comme Chabrol sait le faire (Voir Merci pour le chocolat ou Au coeur du mensonge).

Hélas, les attentes sont déçues. Le film reste en surface, le procédé qui donne à la juge un confident en la personne de son neveu et nous permet de savoir ce qu'elle ressent est superficiel et ne marche pas, surtout qu'il est utilisé un peu trop systématiquement. Jeanne Charmant-Killman reste assez impénétrable et on se lasse d'elle et de son désir de "faire un exemple" en coinçant les hommes d'affaires véreux qu'elle cuisine dans son bureau. La fin est ambiguë et bien trouvée, mais comme on est resté sur sa faim pendant tout le film on en retire un sentiment de frustration déplaisant.

En bref, Chabrol semble avoir fait des erreurs de débutant (un comble pour un réalisateur aussi prolifique et aussi soucieux du détail et de l'effet créé par l'ensemble du film) en en faisant parfois trop, parfois pas assez.

down


Ce film pas très réussi a suscité chez la juge Eva Joly une réaction que je trouve complètement déplacée, voire primaire et dangereuse venant de quelqu'un dont le métier consiste en grande partie à démêler la vérité du mensonge et à remettre les choses à leur juste place : elle a cru se reconnaître dans le personnage de la juge et a assigné Chabrol en justice pour utilisation de sa vie privée. Elle lui en veut également de transformer en "théâtre bourgeois" une affaire qui a été une grande première et une grande réussite judiciaire. Personne ne conteste qu'elle ait fait un travail colossal et très louable, mais personnellement je ne vois pas en quoi elle aurait le droit de décider que Chabrol n'a pas à centrer son film sur la description d'un personnage et qu'il faut qu'il représente l'affaire Elf dans un style de docu-fiction. Quant à l'utilisation de sa vie privée, personne ne s'en serait préoccupé mise à part elle-même si elle n'avait pas fait le rapprochement dans la presse (et pas n'importe quel journal : Le Monde). Qui s'intéresse à la vie de couple d'Eva Joly, franchement ?

On a là un exemple supplémentaire de la tendance qu'ont certaines personnes aujourd'hui à confondre fiction et mensonge (ou diffamation), et à contester le droit aux créateurs de puiser dans le réel pour raconter des histoires. Ca me navre ; on s'inspire toujours de quelque chose pour écrire, faire un film, écrire une chanson ! Le pauvre Flaubert aurait de nos jours un procès sur le dos pour Madame Bovary, non pas pour outrage aux bonnes moeurs, mais pour utilisation de la vie privée d'autrui (Il s'est inspiré de l'histoire tragique d'une connaissance de son ami Louis Bouilhet)... Que pensez-vous de tout ça ?
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Dinou
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MessageSujet: Re: Claude Chabrol   Lun 8 Mai - 1:23

J'avais déjà ouvert un fil sur ce film il y a quelque temps, j'imagine que MDV pourra fusionner l'ensemble...

Pour ce qui est du film, j'avais bcp aimé, et donc suis pas tout à fait d'accord avec ce que tu dis. Même si ce film est peut-être un cran en dessous de ce que fait Chabrol habituellement, c'est aussi un genre nouveau pour lui... Et je trouve que ce coup d'essai est un coup de maître.

En revanche, je te rejoins parfaitement sur la seconde partie de ton analyse. Aujourd'hui, une juge devrait savoir, elle plus qu'une autre, que les procès pour tout et n'importe quoi sont légions...et surtout discréditent souvent le plaignant bien davantage que l'accusé...

Certains devraient sans doute prendre pleinement la mesure de l'expression "donner l'exemple"...


^^
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MessageSujet: La fille coupée en deux - Claude Chabrol   Ven 17 Aoû - 16:53



Charles Saint-Denis, écrivain à succès, vit reclus dans sa propriété des environs de Lyon avec sa femme Donna. Capucine, son éditrice, le convainc de participer à une émission littéraire diffusée par la chaîne de télévision locale. Dans les studios, il fait la connaissance de Gabrielle Deneige, la jeune présentatrice de la météo. Quelques jours plus tard, lors d’une séance de signature de son dernier ouvrage dans une librairie du centre-ville, il rencontre de nouveau la jeune femme, dont la mère travaille dans la librairie (je me demande même si ce n’est pas SA librairie, mais bon, passons). Il retombe sous son charme, et lui propose de se rendre en sa compagnie à une vente aux enchères de raretés bibliographiques. Charles offre à Gabrielle l’édition originale d’un roman de Louÿs acheté à la vente, puis l’emmène dans son appartement. Elle lui tombe dans les bras.

Mais un autre homme a été ébloui par la jeune présentatrice : il s’agit de Paul Gaudens, l’héritier du laboratoire Gaudens, qui la poursuit de ses assiduités bien qu’il sache qu’elle a une liaison avec l’écrivain. Paul est un garçon un peu bizarre, tantôt très assuré et très immature. Ses relations avec sa mère et ses sœurs sont exécrables, et il est sans cesse accompagné d’un garçon de son âge, dont on se rend très vite compte qu’il est autant là pour lui tenir compagnie que pour canaliser ses débordements...

La fille coupée en deux est le meilleur film de Claude Chabrol depuis fort longtemps ! J’y ai pris autant de plaisir que lors de la sortie de Merci pour le chocolat, plus que quand j’ai vu La demoiselle d’honneur (qu’il faudrait que je revoie, cependant, j’ai l’impression de le sous-estimer a posteriori) et infiniment plus qu’avec La fleur du mal ou L’ivresse du pouvoir.

Si l’argument de ce nouvel opus est simplissime (le triangle amoureux, la jalousie), le scénario le complique à souhait par la nature des personnages, les divers milieux dans lesquels ils évoluent. La direction d’acteur, la réalisation, la photographie sont parfaites, le sens du suspense qu’on connaît à Chabrol est une fois de plus totalement maîtrisé, et l’on ressort groggy après une dernière pirouette !

Le scénario s’inspire, en transposant l’histoire en France et à notre époque, d’un fait divers qui a eu lieu au début du XXème siècle à New York. Il me semble que Ragtime, de E.L. Doctorow, était aussi une variation sur ce thème.
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"La sensualité est la condition mystérieuse, mais nécessaire et créatrice, du développement intellectuel." Pierre Louÿs, Aphrodite
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