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Robert Graves (Grande-Bretagne)

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MessageSujet: Robert Graves (Grande-Bretagne)   Lun 10 Avr - 12:32

La microbiographie de cet auteur vous attend ici.
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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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MessageSujet: Moi, Claude, Empereur (Tome I)   Lun 10 Avr - 14:17



I, Claudius
Traduction : Mme Rémond-Pairault


ISBN : 978-2070378135

Extraits
Personnages



De santé fragile, bègue, méprisé par sa mère, Antonia (elle-même nièce d'Auguste) et littéralement haï par sa grand-mère par alliance, Livie, la dernière et toute puissante épouse d'Octave-Auguste, Claude, qui fut, parmi les "Douze Césars" de Suétone, le prédécesseur de Néron, fut probablement l'un des meilleurs administrateurs qu'eût connus l'Empire romain, administrateur qui plus est érudit et à tendances républicaines affirmées - eh ! oui. Auteur de nombreux livres qui demeurent accessibles aujourd'hui pour ceux que cela intéresse, il devint empereur sur le tard, contre sa volonté, et poussé en avant par la Garde prétorienne et par ceux qui en avaient assez de son neveu, Caligula (fils de son frère, Germanicus), lequel venait de périr, au creux le plus abyssal de sa folie, assassiné par ceux-là mêmes qui l'avaient porté au pouvoir.

Nous ne nous étendrons pas ici sur les délires de Caligula, fils, nous l'avons dit, du grand et noble Germanicus et de son épouse, Agrippine dite l'"Ainée", et frère, entre autres, de Drusilla et d'Agrippine la Jeune, avec lesquelles il entretint des relations incestueuses. De Drusilla, décédée en pleine jeunesse, il fit même une déesse, que ses commensaux et sujets divers se voyaient forcés d'adorer. Mais après pareil personnage aux commandes de l'Empire, on comprend que les Romains aient trouvé grâce auprès de l'humanité et de la tolérance de Claude.

La trilogie de Robert Graves, que le personnage a littéralement fasciné, est entièrement écrite à la première personne. C'est donc Claude lui-même qui nous raconte sa vie, depuis sa triste enfance jusqu'à cette fin qu'il prévoit, assenée par sa quatrième épouse, sa nièce Agrippine, qui, de fait, l'empoisonnera afin de lui faire succéder le fils qu'elle a eu de son premier mariage, Nero, et qu'elle a fait adopter par Claude le Trop Faible - que domine aussi peut-être à ce moment-là un intense sentiment de lassitude. Sous la plume fine et grandie dans le sérail du futur Empereur, défilent la prodigieuse et cynique figure de Jules César, celle, bien plus pâle mais pourtant singulièrement vigoureuse, d'Octave, devenu Octave Auguste, puis Auguste tout court, dont la seule faiblesse fut sa troisième et dernière épouse, Livia.

En quelque sorte, on peut même dire que ce premier ouvrage est dominé presque tout entier par le personnage de Livia, éminence grise d'Auguste, qui ne prenait jamais une seule décision sans l'avoir préalablement consultée. Qu'Auguste ait accepté sans rien dire le recours systématique au poison dont fit usage bien trop souvent son épouse bien-aimée, Claude ne l'affirme pas. Mais il laisse entendre très clairement que, s'il eut des soupçons, Auguste détourna la tête, même lors de la mort de Germanicus que Livia fit tout bonnement assassiner alors qu'il se trouvait encore en campagne dans les épaisses forêts germaniques, mais s'apprêtait à revenir à Rome.

Etrange portrait d'un Auguste en somme bien plus crédule que ne l'affirment certains historiens, dressé par son propre petit-neveu, lequel était aussi le petit-fils de ... Marc-Antoine, le pire ennemi d'Octave. Mais portrait en somme conforme à ce que fut Auguste et à ce qu'il donna à Rome et à l'Empire. Claude reconnaît aussi, derrière la plume de Graves, les qualités éminemment politiques de Livia. Tout comme il affirme que les tics et les comportements hyper-nerveux sans oublier les infirmités qu'il accentuait à dessein étaient pour lui une manière de survivre au sein d'une "famille" impériale (les Julio-Claudiens) dont les membres, obsédés par le pouvoir, passaient leur temps à s'entretuer ...

Signalons que Graves a soutenu également la thèse comme quoi Claude aurait souffert dans son enfance de la poliomyélite, maladie qui, bien sûr, lui aurait laissé d'importantes séquelles. De nos jours, on penche plutôt pour le syndrome de Gilles de La Tourette qui aurait provoqué, chez Claude, des périodes de "crises" où les tics et la faiblesse l'emportaient alors que, en période calme, c'était un homme charmant, fin, très intelligent, tout aussi instruit et fort avisé.

Pour en revenir à ce premier tome, il évoque bien plus, répétons-le, Octave et la personnalité malveillante de Livie - qui parviendra à faire succéder à Auguste le seul enfant qu'elle avait eu, issu de son premier mariage, Tibère - que tout autre personnage. Derrière la fascination éprouvée par le narrateur devant celle qu'il appelle sa "grand-mère" bien que, génétiquement parlant, elle ne le fût en rien, perce celle de Graves pour un couple (Auguste / Livie) et une famille (les Julio-Claudiens) qui, de Jules César à Néron, a façonné, en bien comme en mal, la destinée de Rome et de l'Empire. Le choix de Claude pour raconter cette histoire - on m'objectera que vinrent, après Néron, quatre autres "Empereurs", dont le dernier fut Vitellius, mais, même si Suétone les évoque, ils n'étaient pas des Julio-Claudiens et c'est seulement avec Vespasien que se créera une nouvelle dynastie, celle des Flaviens - avant-dernier empereur lucide de cette étonnante épopée - est fort bien trouvé : habitué à se dominer dès l'enfance, habitué à dissimuler, diront certains avec raison, il ne tombera pas pour autant dans les pires excès et sera certainement l'un des meilleurs gouvernants de l'Empire romain. L'érudition reconnue du personnage historique se double ici de celle, tout aussi indéniable, de Robert Graves et l'on dévore ce premier tome avec passion en constatant, non sans un certain étonnement, que la femme romaine, quand elle atteignait à certaines hauteurs, pouvait en fait tout se permettre, elle qui, pourtant, était techniquement tenue pour "mineure" devant la loi.

L'erreur d'Auguste, comme celle de Livia, fut de sous-estimer Claude, de le juger sur son physique débile et sur sa timidité. Ce n'est qu'à la toute fin de leur passage sur cette terre que leurs yeux se dessillent. Et, curieusement, c'est à ce "petit-fils" dont elle ne supportait pas la vue que Livia demandera à veiller à sa déification posthume car, elle ne le dit pas en ces termes mais cela revient au même, elle sait que, s'il lui donne sa parole, il la tiendra. Belle victoire pour le "pauvre Clau- Clau- Claude" sur un Destin que, dès son berceau, on juge malveillant et s'acharnant à plaisir sur lui même si, par certains présages (comme celui de l'aigle, qui frappe tellement Antonia, sa mère), l'individu qui voit plus loin que les apparences peut subodorer le triomphe final de l'enfant, puis de l'homme méprisé et dont tout le monde se moque.    

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